29 Octobre 2010
J’arrive le matin a Surat Thani, une ville du sud de la Thailande qui n’a absolument aucun interet ; a part si on veut prendre le bateau pour les iles paradisiaques de Ko Samui, Ko Pha Ngan ou Ko Tao.
Non seulement je n’ai pas le temps d’y aller, mais en plus, une grosse averse s’abat sur moi en arrivant, et le temps reste tres instable.
Ca ne me donne aucune envie de visiter.
J’ai eu tres peu de pluie dans le nord du pays. La roue tourne. Et me voila a errer dans les rues de Surat Thani en attendant mon train de…00h10.
Ca me fait toutefois une etape pour simplement souffler et ne rien faire, a part rester dans les snacks qui disposent au minimum d’un toit et d’un bon menu thai. Je lis, j’ecris, je patiente tranquillement ; de toute facon il pleut ; et la pluie tropicale, c’est vraiment comme une grosse douche !
J’achete aussi chez les vendeurs ambulants qui preparent les aliments devant toi. Il y a toujours 2 ou 3 tables prevues. Les clients ne sont pas nombreux. Du coup, pour patienter, ils sortent les rallonges et mettent la tele dans la rue. Je regarderais bien avec eux si leur serie tele n’etaient pas aussi niaises.
Un peu de retenue (mais pas trop)
Ici encore, on ne se tient pas la main dans la rue ; et aucun signe d’affection non plus (je vois quand meme quelques « transgressions » chez certains jeunes).
Mais rien ne les empeche de rire ensemble, et les tenues des hommes et des femmes sont tellement decontractees qu’elles font diminuer cette impression de retenue.
Les comportements des thailandais s’occidentalisent de plus en plus. On le voit surtout dans la capitale.
Averses a repetition. J’attends dans la gare…
30 Octobre 2010
Beaucoup de retard au depart de Surat Thani, mais ca a l’avantage de me faire arriver a Hat Yai de jour, vers 7h.
Il est plutot deconseille de faire une etape dans cette ville, region frappee par de nombreux attentats lies aux troubles religieux et ethnique dans l’extreme sud de la Thailande.
A 90% sunnites, le sud profond est ethniquement plus malais que thai ; et les mouvements autonomistes musulmans ont multiplies les bombes dans le secteur ces derniers temps.
Pour ma part, je n’ai pas le choix, Hat Yai est le noeud ferroviaire incontournable du sud de la Tailande.
La police est partout dans la gare et dans les rues, et je ne vais pas faire un immense detour pour 2 ou 3 illumines.
En tout cas, avant de partir, je tiens a dire que la Thailande est une formidable destination pour tout ceux qui souhaitent partir en famille. Je ne le dis pas systematiquement, mais c’est le meme constat pour l’Europe centrale, la Roumanie (faites attention aux chiens errants quand meme…), la Bulgarie, la Turquie. NON, pas l’Inde ! A part si vous tenez a ce que votre enfant vienne a Varanasi au bord du Gange, pour voir le fils aine fracasser le crane du pere defunt afin de liberer ce qu’il reste de son ame…
Pour le Nepal, je ne conseille pas le Terai ; c’est vraiment le prolongement de l’Inde. Mais pour le reste du Nepal (et tant que c’est en-dessous d’une certaine altitude !!!), pas de soucis pour les enfants.
Mais sincerement, venez en Thailande en famille et privilegiez le Nord dans votre programme, surtout si ils aiment les z’animaux. Le seul endroit qui peut craindre, c’est la ou je suis ; donc pour etre sur, evitez Hat Yai – de toute facon, il n’y a rien a voir ici – meme si la ville est assez vivante et les gens sympas. A part ca, il n’y a absolument aucun danger.
Je prends le train qui m’amenera jusqu’en Malaisie.
31 Octobre 2010
Il est 5h du matin, la gare de Kuala Lumpur est deserte.
Je trouve une anglaise qui ne sait pas franchement ou aller. Nous partageons le taxi jusqu’a arriver dans une superbe auberge de jeunesse. Ca ressemble plus a un spacieux loft bien entretenu qu’a une suite de cellule similaires tenues par un « marchand de sommeil » comme on en trouve habituellement dans chaque capitale. Le gerant nous offre le petit dejeuner avec notamment du beurre de cacahuetes. L’anglaise tombe des nues lorsque je lui dis que c’est la premiere fois de ma vie que j’en mange.
Nous sommes a Chinatown. Mais alors, que faire a KL (comme on dit ici) ?
Ce n’est pour le moment qu’une petite metropole, assez propre dans l’ensemble. On relie plutot facilement les points a pied. La ville se traverse en voiture en 15 minutes sans bouchons.
Je dois prendre tout de meme le bus pour me rendre aux Batu Caves, 15kms au nord de Kuala Lumpur.
C’est un monument assez connu. L’entree est gardee par une immense statue de 42m de haut representant Murugan, une divinite hindoue.

Ensuite, il faut monter 272 marches pour atteindre un ensemble de grottes.
L’interieur est gigantesque mais j’arrive beaucoup trop tard dans la matinee, et je n’ai pas la joie de visiter le site seul ou en « comite restreint ». Je tenais quand meme a venir ce dimanche car c’est les week-ends qu’ont lieu les baptemes hindous. Les enfants ont le crane rase et la tete enduite d’une creme jaune.
En y reflechissant, je me dis que cette ceremonie aurait ete meilleure dans plus d’intimite.
D’un cote, un bapteme dont les pratiques sont vieilles de plusieurs millenaires ; de l’autre, les touristes, nombreux a deambuler.
Meme si peu de gens s’arretent pour regarder la ceremonie, l’atmosphere me deplait. Je m’en vais.
Je prends le bus jusqu’a un monument beaucoup plus recent (et histoire de dire que je l’ai vu). Fierte nationale et symbole de la reussite economique de tout un pays, les Petronas Towers culminent a 451m. Ce sont les 5eme plus hautes tours au monde.

Apres avoir longtemps deambule dans la ville, je retourne a ma tranquille auberge de jeunesse. Coup de fatigue apres ces nombreuses nuits courtes a repetition depuis 8 jours.
Apres une sieste de quelques heures, je decide de passer ma soiree dans les ruelles de Chinatown.
J’avais besoin d’un lieu vivant apres la froideur du quartier des affaires.

La valeur de la paix
La Malaisie, c’est 50% de malais musulmans, 30% de chinois, 10% d’indiens et moins de 100000 aborigenes.
Ce sont les chinois qui detiennent majoritairement les pouvoirs economiques du pays ; en consequence, il y a une cinquantaine d’annees, d’importants affrontements inter-ethniques et religieux se sont produits. Grace a un plan du gouvernement, l’ecart de pouvoir s’est un peu reduit, mais les chinois subissent beaucoup de discriminations, surtout ces derniers temps, avec la montee de l’integrisme musulman.
Pour autant, la prosperite economique de la Malaisie a fait taire les conflits, chacun cherchant a s’enrichir le plus possible. Les chinois restent largement en tete.
La colonisation britannique a laisse quelques traces, notamment la langue. Meme si l’anglais n’est qu’une des quatre langues officielles du pays, elle reste largement parlee (et utilisee pour le commerce), et a pour vocation de rassembler ce pays heterogene compose de 4 etats, 9 sultanats et 2 territoires federaux.
En gros, tant que l’economie va, tout va.
Kuala Lumpur n’est pas une ancienne cite malaise comme on pourrait le croire. Ici, pas de vieille-ville mais quelques monuments d’epoque colonial : on passe devant sans pour autant s’y arreter…
La ville n’etait qu’un vaste terrain de boue jusqu’a ce qu’on y decouvre de l’etain a la fin du XIXeme siecle. Quelques annees plus tard, on la designe capitale du pays.
Ce soir, je reste dans cette auberge de jeunesse vraiment conviviale, mais je ne tarderais pas a partir demain : il faut l’avouer, a Kuala Lumpur, on a vite fait le tour.
Des a bises a tous. On se retrouve au sommet !