Le lit et le berceau

26 Octobre 2010

Je tourne depuis plus de 3/4 d’heure a pied dans les rues de Chiang Rai dans un rayon de 500m. Impossible de trouver la station de bus, et ceux que je rencontre ont un sens de l’orientation tres mauvais. Ils n’ont pas l’habitude de lire les cartes que je leur presente et m’indiquent 1 fois sur 2 le sens oppose. Et niveau zero en anglais pour la majorite. Tout le monde sait lire le Thai, mais pas forcement notre alphabet. Du coup, meme en montrant une indication traduite phonetiquement sur le plan, ca ne fait pas avancer les choses !
Et quant a la prononciation, et bah j’apprends… j’apprends…
Heureusement je tombe sur un anglais qui vit a Chiang Rai depuis 4 ans. Coup de bol. J’aurais jamais trouve la station sans lui.
Ma carte etait fausse…

Je prends le bus jusqu’a Chiang Saen, quasiment la pointe Nord de la Thailande. Je n’aurais pas d’autres occasions de voir le mythique fleuve Mekong, qui fait la frontiere avec le Laos.

 

triangle

Le Triangle d’Or
On appelle le Triangle d’Or la region ou se rejoignent le Laos, la Thailande et le Myanmar (ex-Birmanie), avec en gros, comme limite sud-thailandaise, Chiang Rai.
C’est dans ce triangle que la moitie de l’opium consomme dans le monde transite – encore aujourd’hui -, malgre le durcissement de la politique anti-drogue.
Chiang Mai en est la plaque tournante.

Arrive a Chiang Saen, je loue un velo pour me rendre 3km plus au sud. Je roule le long du fleuve Mekong, je traverse un bout de jungle et des plantations jusqu’au Wat Phra That Pha Ngao (ne vous sentez pas oblige de retenir son nom…), un des plus beaux de la Thailande du Nord.
Je pose mon velo a l’entree.
Je n’aurais pas du : le Wat est assez vaste ; on a meme construit des routes pour relier plus rapidemment les temples entre eux. Et entre les temples, la jungle !

L’un des premiers temples en entrant

Je monte une colline sur 400m pour atteindre un second temple. Le nombre de touristes se compte sur les doigts d’une main.
On croise les moines qui circulent librement.
Je monte encore d’une centaine de metres.

Bouddha dit « l’Eveillé »

Finalement, et en arpentant la colline quelques centaines de metres encore, j’arrive a la grande stupa du monastere.

Stupa dominant le Wat

Vue imprenable sur le Mekong. De l’autre cote du fleuve, le Laos.

Vue sur le fleuve Mekong et le Laos, de l’autre cote

Au moment de reprendre mon velo, crevaison !
Et je suis a 3km a pied de Chiang Saen.
Pour autant, ces derniers temps, j’ai plutot de la chance : mes pepins s’arrangent facilement et rapidemment (pourvu que ca dure).
Et cette fois, ce sont 2 belges qui me sauvent la mise. Il placent le velo a l’arriere de leur pick-up, je paye un leger supplement pour le pneu creve et je reprends le bus direction le sud.

Dans le bus

Signes d’adoration
En parlant du bus, lorsqu’on passe devant un temple en roulant, la plupart des thailandais baissent la tete, les mains jointes sous le menton.
On retrouve ce geste au quotidien, et notamment lorsqu’on est en presence du roi : la Thailande est une monarchie constitutionnelle. Le roi est tres respecte. On trouve sa photo dans les bus, les guesthouses, a l’entree des batiments administratifs, au rond-point, dans les garages autos, bref, partout.
L’adoration du roi se traduit au quotidien lorsque l’hymne national retentit et que sa photo apparait, quelque soit le lieu : tout le monde doit alors se lever. Cette monarchie reste toutefois a tendance autoritaire : critiquer le roi est passible de prison.

Me voici de nouveau a Chiang Rai. Je prends un bus jusqu’a Sukothai ou je passe la nuit.

27 Octobre 2010

 

siam

Syams et Khmers
Qu’on s’y retrouve un peu dans cette multitude d’ethnie :
Pour faire court, outre les nombreuses tribus encore tres presentes dans toute la partie Nord du pays, les premieres peuplades thaies avaient emigres vers la Chine. A l’epoque, ce sont les Khmers venus du Cambodge qui occupaient le Nord-Est et le Centre de la Thailande actuelle.
Ensuite les Thaies sont repartis dans le sens inverse, et on quitte la Chine ; une partie d’entres eux fonderont le Laos ; et l’autre partie, surnomme les « Syams » par les Khmers (ce qui signifie « basanés ») livrerent combat contre ces derniers pour fonder Sukothai, le premier royaume, considere comme le berceau du peuple Siam, situe en plein coeur de la Thailande.

Et Sukothai, c’est la ou je suis en ce moment. Je me leve tot le matin (encore) pour arriver avant les hordes de toutristes. En plus les couleurs sont plus belles au petit matin. Il est 7h, le parc historique est pour moi tout seul.

Plusieurs Wat :

Le Wat Mahathat – Le plus imposant du parc historique
Wat Mahathat – Encore Bouddha. Il est partout
Encore le Wat Mahathat
Toujours le Wat Mahathat
Une derniere pour la route. Le Wat Mahathat etait reserve a la famille royale donc forcement, il faut que ca impose
Bassin au lotus
Le Wat Trapang Ngoen
Le Wat Sri Sawai, fonde par les khmers
Le « prang » principal du Wat Sri Sawai
Le Wat Sosarak. En Thailande, l’elephant est le plus aime et le plus respecte de tous les animaux

Je prends un songthaew puis un bus jusqu’a Phitsanulok, et encore un autre jusqu’a Nakhon Ratchasima.
Je traverse toute la Thailande centrale ; les paysages sont magnifiques et je peux a present voir de jour ce que je n’avais pas vu de nuit lorsque j’avais pris le Bangkok-Chiang Mai des mon arrivee en terre Siam.

Dans le bus, tout est calme, personne ne s’excite et personne ne hausse la voix. Par contre, je sais pas ce que j’ai prefere comme programme a la tele depuis mon depart. « Agence tout risque » en Thailandais (ce qu’ils nous passent dans le bus en ce moment) ?, « Iron Man 2  » en turc ? A moins que ce ne soit « Dr House » en roumain…
Dehors les rues sont plutot propres, le reseau ferre et autoroutier est tres correct, les trains sont a l’heure, les bus sont frequents et propre eux aussi.
Sincerement, je ne pensais pas que la Thailande etait autant developpee et qu’elle avait autant d’atouts.

En revanche, il a beaucoup plu il y a 3 semaines dans les montagnes, et l’eau a devalle la pente jusqu’a inonder les alentours de Phimai. La ville est legerement surelevee. Du coup, a l’exterieur, les champs sont totalement inondes et Phimai se retrouve comme une ile. On empile des sacs de sable un peu partout dans les rues et devant les maisons. Je vois des camions de pompage. Certains ont meme dresse un mur en parpaing devant leur commerce ou leur habitation. Par endroit, on marche sur des bancs mis bout a bout (comme a Venise).

J’arrive tard le soir a Phimai.

28 Octobre 2010

Le plus gros de l’inondation est passe. La tendance est la baisse mais l’armee continue d’empiler les sacs de sable. On ne sait jamais.
Je me leve tot pour me rendre au Prasat Hin Phimai.
Nous sommes sur la route des citadelles khmeres. On a vu que leur zone d’influence ont largement depassee la frontiere cambodgienne. (cf. Le Wat Sri Sawai de Sukothai). Mais pour moi, c’est l’occasion de voir celui qui, dit-on, aurait ete le modele du temple d’Angkor. Un lot de consolation pour tout ceux qui, comme moi, ne passeront pas par le Cambodge.

Le Prasat Hin Phimai
Le « prang » principal du Prasat Hin Phimai
Une petite derniere avant de decoller

Je m’apprete a quitter l’Isan (nom donne a la region Nord-Est de la Thailande) pour partir vers le Sud.
Mon voyage en Thailande a ete court, mais je dois imperativement etre en Indonesie debut novembre. Question de visa (si je chope celui qui a invente les frontieres…).
J’aurais seulement quelques jours devant moi pour la Malaisie.

Comme on dit : « Choisir, c’est renoncer ». Par contre, des que j’arrive en Indonesie, j’aurais tout mon temps.
Je pourrais souffler un peu. J’ai longuement hesite, mais finalement, j’ai decide de traverser toute la partie sud de la Thailande (connue uniquement pour ses plages) sans m’arreter. Mais des plages, ne vous inquietez pas, il y en aura en Indonesie.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

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