La quête du « pur »

25 Septembre 2010 (suite et fin)

Je continue ma visite de Jaipur.

Les rois de la recup’
Ici comme en Turquie, on trouve de nombreux « Bazar ». La moindre piece trouvee dans la nature ou issue d’un appareil obsolete est reutilisee. On repare les velos, les scooters, on rafistole les chaussures, on cree de nouveaux vetements a partir d’anciens. Dans la rue, on les voit frapper au marteau la ferraille, clouer une semelle, coudre, faire de la soudure.

Je dine le soir a Jaipur dans un restaurant assez repute. Quand on y met le prix (6 euros au lieu de 2 euros 80… quand je vous dis que l’ordre des prix est chamboule ici…), on a affaire a un autre style de restaurant.
Je retrouve la classe moyenne que je croise parfois dans les rues, dans les musees  et dans les premiers wagons des trains.
Les ventilateurs bruyants du plafond ont fait place a l’air climatise ; pas une bestiole, pas une mouche, pas une ligne de fourmis qui fait la jonction entre leur taniere et le pot de sucre ouvert sur la table.

Pour les femmes, jupon et corsage laissant apparaitre le bas du ventre nu ; et dessus, une sari, cette longue etoffe brodee qui mesure entre 5 et 10m de long, aux superbes couleurs. Voila pour les plus traditionnelles d’entres elles.
Mais pour la majorite, c’est pantalons en toile, polo, chemises aux manches soigneusement retroussees et stylo sur la petite poche de devant ; lunettes de soleil, montres, bracelets et portables.
La fourchette refait desormais son apparition (avant, c’etait la cuillere, et encore, il fallait souvent la demander).
En Orient, au gout et a l’odorat, le toucher est le 3eme sens utilise traditionnellement lors du repas.
La classe moyenne s’occidentalise.

26 Septembre 2010

Je prends le train de Jaipur a Jodhpur.

Groupir
Je l’ai constate en montant dans les bus, les trains, et en faisant la queue pour le metro a New Delhi (si, si, il y a un metro flambant neuf dans la capitale). Si tu ne te colles pas a ton voisin de devant, quelqu’un s’inserera dans les 50cm qui le separe de toi. C’est monnaie courante. A la longue, on s’y fait. Je me sens pas etouffe, je fais 3 tetes de plus que tout le monde. L’indien est petit.

Je ne parviens pas vraiment a m’extraire de ces klaxons et de la frenesie des grandes villes. Jaipur etait vraiment bruyante, elle aussi.
J’ai pris la decision de retourner dans ces grandes villes uniquement pour prendre le train. Quitte a prendre un hotel en peripherie, a l’ecart du bruit, autant le reserver vraiment en retrait.

Je m’enfonce un peu plus dans le Rajasthan.

Les heures defilent dans le train. Je m’endors et me reveille a repetition.
Le soleil assomme tout le monde. Finalement, je m’endors plusieurs heures d’affiles.
Au reveil, un homme me tape doucement sur l’epaule. Je suis en sueur.
Il a un parler different de celui de Delhi. Ca s’entend. Habille uniformement, coiffe d’un turban, il a une voix qui respire la superiorite ; comme un « garde du sultan » jadis ; et pourtant, il a un sourire rassurant derriere sa longue moustache enroulee et sa barbe bien entretenue.

sikh inde

Les Sikhs
Voila comment on les appelle. Ils ne sont pas uniquement presents au Rajasthan (j’en ai croise beaucoup depuis mon arrivee), et ce n’est pas non plus une nouvelle mode vestimentaire indienne. C’est une religion a part entiere. Peu de pratiquants, seulement 20 millions… (2% de la population indienne).
Cette religion a pour doctrine l’honnetete et le service envers la societe. Ils ont la reputation d’etre une valeur sure, particulierement recherches dans le secteur de l’economie et dans les transactions financieres.
Ils arborent fierement leurs signes distinctifs : moustache, barbe et turban en-dessous duquel se cache une longue chevelure roulee en chignon.
Ils sont parfaitement integres dans la societe hindouiste : militaires, policiers, chauffeur de taxi, et pour celui qui est en face de moi, controleur de train.

Sleeper Class – On voyage assis ou couche. C’est comme on veut

Le train poursuit sa route. Il fait desormais moins chaud et le soleil se couche sur un magnifique paysage : des arbres et des plantations a perte de vue. Relief plat. Des troupeaux de vaches, de chevres, conduits par des bergers, chemises et pantalons de couleurs unies, tantot blanches, tantot beiges. Voici l’Inde rurale, l’Inde qui ne klaxonne pas et c’est ce que je recherchais.

J’arrive a Jaipur dans la nuit. J’ai passe la journee dans le train
On vient me chercher en voiture jusqu’a une petite ville en retrait, Mandore.
Je viens de faire 313kms…en 9h30.

27 Septembre 2010

Je savais qu’en insistant un peu, je trouverais les bons cotes de ce pays.
L’Inde ne m’a pas cache sa misere, elle ne dissimule pas non plus sa beaute.
Je suis dans une superbe « guesthouse », a l’ecart de Johdpur.

Mandore Guesthouse
On repeint le sol tous les ans
Fait main

Je visite les jardins de Mandore. Temples, vaches, chiens errants et singes. Le cocktail du Rajasthan.
J’ai croise quelques chameaux elephants dans les rues de Jaipur, j’espere bien les voir d’encore plus pres…

Les jardins de Mandore

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

This is India

28 Septembre 2010

Jaipur, Jodhpur et maintenant Udaipur (la quete du « pur », vous saisissez ?). Contrairement au reste, le sud du Rajasthan est tres valonne. Le bus peine a monter. A certains endroits, on pourrait aller plus vite a pied.

Traduction de gestuelle (edition indienne)
Lorsqu’un indien tourne la tete de droite a gauche comme pour dire « non », et bien , ca veut dire « oui ». Mais l’inverse ne marche pas…
C’est bon a savoir.

J’ai pris une « guesthouse » a 8km au sud d’Udaipur. Le gerant vient me chercher a la station de bus… en moto. Comme « a l’indienne », on evite les rickshaws, les voitures, les chiens errants, les vaches…

C’est une bande de jeunes qui tiennent les renes de cet « hotel de campagne ». Je dis « renes » pour les 19 chevaux qui leur appartiennent ; mais aussi chiens, autruches, perroquets, poules, coq et quelques grenouilles qui s’invitent dans les chambres.

Pratap Country Inn
Hotel de campagne peinard

Il me propose un « night camp » au bord d’un lac pour rencontrer les autres residents, apprecier le coucher de soleil et manger de la bonne cuisine indienne. Arrive au Lac du Lotus, je rencontre une anglaise et un couple de francais. Celine, la francaise tient une boutique d’importation sur le theme de l’Inde. Je trouve son concept sympa : elle se rend assez souvent dans ce pays pour ramener des vetements, des objets en tout genre, des idees pour cuisiner et servir a l’interieur meme de sa boutique, situee dans un petit village en Gironde.

Lotus Lake

On passe la soiree au bord du lac. Les indiens boivent quelques verres d’alcool. Parmi eux, un musulman, qui essaye vainement de se justifier sur sa consommation quotidienne. On mange tres bien et a la belle etoile. Soudain, on entend une enorme explosion. C’est la carriere de marbre situee a quelques kilometres. On l’extrait a la dynamite. Il faut le savoir…

Les indiens ne tiennent pas du tout a l’alcool, et commencent a nous donner 2 ou 3 lecons de vie qu’ils sont loin de respecter eux-memes. Ca en devient lourd. Ils parlent de leur dieu. Il en existe environ 300000 dans la religion hindouiste et chacun en a un qu’il venere particulierement. Mais ils en parlent longtemps, tres longtemps… Heureusement que les francais etaient la, on a pu poser une barriere linguistique.

Avant de partir, ils laissent beaucoup de detritus sur place. C’est vraiment choquant pour un aussi bel endroit. Encore une fois, c’est un probleme d’education (dans les gares ou dans la rue, quand tu prends la peine de te deplacer quelques metres pour mettre un papier dans une poubelle, ils te regardent bizarrement).

Pour legitimer ce comportement, leur maniere de vivre et, d’une maniere generale, la situation de leur pays, ils sortent souvent cette phrase : « This is India ».

Le gerant nous ramene la nuit en Jeep. Il n’est pas tres frais et ses phares ne fonctionnent plus. On donne une lampe a l’un de ses collegues qui se met assis sur le nez de la voiture pour eclairer le chemin ; tandis que les 2 autres associes tiennent les chaises et les tables vite repliees a l’arriere du vehicule. Tout est bancal, on passe par des sentiers escarpes, ronges par les mois de mousson ; et nous, touristes, on est au milieu a en rire tout en se posant quelques questions sur l’issue du trajet.

L’un d’eux se retourne, nous sourit (avec toute la fraicheur qu’on peut avoir apres avoir vide une bouteille de whiskey), et nous repete ces quelques mots simplistes et teintes de fatalisme : « This is India ».

29 Septembre 2010

Balade a cheval de quelques heures. Rien de mieux pour apprecier tranquillement le paysage.

Vous les femmes
Si les signes tactiles d’amitie entre hommes sont frequents (comme en Turquie), les couples indiens ne s’autorisent aucune marque d’affection en public. On le voit dans l’extreme pudeur du cinema bollywoodien. Ici, entre hommes et femmes, s’embrasser ou se tenir par la main en pleine rue ne se fait pas, c’est comme ca.
En resume, dans la rue, les couples ne se touchent pas (quelle frustration !) et les hommes se tiennent la main entre eux.

C’est definitif, je ne vivrais jamais en Inde.

Ceci n’est que la partie emergee des profondes traditions encore bien ancrees aujourd’hui en Inde.
La partie immergee se situe dans la religion et inevitablement, dans les moeurs indiennes : une femme n’a reellement d’existence qu’au travers du pere et du mari.
Il y a de grandes differences entre la ville et la campagne, mais quelque soit l’endroit, l’epouse n’a generalement pas le droit a la parole (il est d’ailleurs conseille pour les occidentaux de ne pas trop leur parler). Lorsque l’epouse devient veuve, c’est comme si elle n’existait plus : elle est censee porter malheur a l’eventuel pretendant.
De ce fait, elle est souvent rejetee par la famille et la societe ; on la retrouve souvent dehors placee au meme rang que les vieillards et les infirmes qui bordent les trottoirs.
Humiliation, mauvais traitements, avortements (il manquerait 60 millions de femmes en Inde), elle ne sont qu’un tiers a frequenter l’ecole (la moitie par rapport aux hommes).

Comme il ne faut jamais mettre tous les oeufs dans le meme panier, les mauvais chiffres varient selon les regions (agricoles ou plus developpees). Pour le coup, c’est le Rajasthan qui figure en tete sur la liste noire. Dans le Kerala, tout au sud de l’Inde, tres peu de discrimination entre hommes et femmes.
Mais partout en Inde, la classe moyenne echappe peu a peu a ces sombres coutumes. De plus en plus autonomes et entreprenantes, on les retrouve dans les associations militantes, les ONG autant que dans le monde des affaires.

Ca avance, ca prend son temps, mais ca avance…

Je quitte le Rajasthan en fin d’apres-midi pour me diriger vers l’Est.

30 Septembre 2010

Longue route de nuit (et de jour) qui me conduit « presque » jusqu’a Kajuraho, dans la vallee du Gange.
C’est l’histoire de 2 mexicains, un tcheque, un australien et un francais (moi) qui tombent en plein conflit religieux suite a de recentes tensions entre hindous et musulmans. Tous se retrouvent a la ramasse parce que le transfert entre 2 bus est impossible : la police a interdit le passage des cars jusqu’a notre destination. Le groupe « esperanto » prennent la decision de monter a 6 dans un taxi pour rejoindre Kajuraho.

Nous arrivons tres tard dans la nuit. Je viens de passer plus de 24h dans les transports !
Les conflits attendront, je m’en preoccuperais apres avoir dormi…

1er Octobre 2010

J’apprends a l’instant que la situation s’est calmee. Ca arrive souvent. This is India !
Je passe la matinee a visiter quelques temples en rickshaw, le matin, a l ‘est et au sud de la ville.

caste inde

Les castes
Contrairement a notre systeme social basee sur l’egalite, l’hindouisme est fondee sur une societe inegalitaire.
Il existe principalement 4 castes, qui representent un peu plus de 60 pour cent de la population. Ces castes se livrent a des activites dites « purs » qui les feront acceder plus facilement vers la « moksha » (la fin du cycle de reincarnation).
Ceux qu’on appelle les intouchables ou « parias » , qui representent 20 pour cent de la population, se livrent genenalement a des taches (nettoyage des ordures, vidangeur, mendiant, chasseurs, pecheurs, etc.) qui les rendent encore plus impurs et sont donc, voues eternellement a changer de corps. Il n’appartiennent a aucune caste, et on ne sait pas franchement d’ou ils viennent et pourquoi ils le sont devenus. Le reste de la population, exclus de ces castes, sont les non-hindous.
Ce systeme, malgre son abolition il y’a pres de 60 ans, reste toujours ancre chez les hindous, et souvent tres respectes dans beaucoup de villages. Il a pour avantage d’encourager l’entraide et la solidarite entre les castes. Pourtant, meme si une personne appartient a une tres haute caste, elle peut rester pauvre toute sa vie ; de meme qu’un intouchable peut s’enrichir a la tete d’une manufacture.
Malgre tout, les prejuges persistent et on continue a attribuer des quotas d’intouchables dans les postes administratifs ou les usines.
On ne se separe pas en 50 ans d’un systeme vieux de plusieurs millenaires…

autre religion inde

Les autres religions
L’hindouisme est la religion de la majorite des indiens (environ 900 millions). Vient ensuite l’islam, avec 100 millions de pratiquants, les chretiens (25 millions), les sikhs (20 millions, on en a parle) et le reste etant partages entre bouddhistes, juifs, parsis (adorateurs du soleil) et jainistes.
Les jainistes sont non-violents et adherent a 5 regles majeures notamment ne pas tuer, ne pas voler et se detacher des biens materiels.
Souvent, on le voit dans la rue, les jains portent un foulard devant la bouche pour eviter d’avaler une bestiole (respect scrupuleux de la 1ere regle). Ils n’utilisent d’ailleurs jamais les moyens de transports ; et oui, les vehicules roulent sur les bebetes…

Les temples jains et hindous que j’ai visite ce matin ont l’avantage d’etre situe en pleine nature. Kajuraho est une ville tranquille et on a perdu l’habitude d’etre en centre-ville tout en restant a 2 pas de la campagne.
Je profite de l’apres-midi pour regler certains details concernant la suite de mon voyage, manger quelques plats epices, comme d’habitude (ils lancent les epices par poignees – quand je veux un plat sans epice, j’ai l’impression de leur demander de se couper une jambe – dans tous les cas, meme sans epice, il y’en aura toujours un peu – ils peuvent pas s’empecher) et pour vous ecrire ces quelques lignes.

Ce soir, spectacle de sons et lumieres sur les temples situes a l’ouest de la ville (les plus interessants parait-il, et cela sont payants). Je m’octroie ce petit plaisir parce que la reserve naturelle, a 30kms de Kajuraho, est fermee. J’ai meme pas droit a un petit tour a dos d’elephant…
Peut-etre enThailande.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Gange

1er Octobre 2010 (suite et fin)

Je suis reste un peu trop longtemps sur Internet et j’ai comme qui dirait… completement loupe le spectacle de son et lumiere. J’apprends qu’il y a un second « show », malheureusement il n’y a pas suffisamment de gens pour y assister, donc pas rentable, donc annule. Pas assez de gens… en Inde… le comble !
Je me satisfait des temples que j’ai vu ce matin. Tant pis. En pleine nature, loin du bruit, ca m’allait parfaitement.

Temple jain de Parshvanath
Temple Jain d’Adinath
Temple hindou de Javari
Paysage de la plaine du Gange

Je prends le train de 23h pour Varanasi.

2 Octobre 2010

J’arrive a Varanasi en fin de matinee avec 3h de retard (ne jamais faire confiance aux horaires d’arrivee en Inde !) ; ce qui a tout decale dans ma journee. J’avais prevu de visiter les bords du Gange (et pourtant, j’avais prevu large) pour admirer les ablutions hindous (immersion purificatrice du corps et de l’ame) qui ont lieu uniquement le matin.

 

gange inde

Mourir ici
Impossible toutefois de voyager en Inde sans faire un detour (meme bref) par l’un de ses symboles les plus forts : le Gange.
Varanasi est le lieu saint de l’hindouisme. Tout hindou qui meurt dans cette ville peut etre sur de voir son ame monter au ciel pour l’eternite.
Les vieillards arrivent en grand nombre de toute l’Inde et attendent la mort, au bord du Gange.
La cremation fait partie integrante de ce rituel vers l’au-dela. On charge les barques de rondins, on y place le corps, et apres une ceremonie respectant scrupuleusement un rituel tres precis, le corps est confie a l’eau sacree du Gange, ou il brule durant plusieurs heures. Le spectacle est, parait-il, tres impressionnant.

Je decide de prendre de la hauteur pour admirer (malheureusement que de loin) les eaux du Gange. J’apercois quelques barques de rondins encore fumantes.

Le Gange

Je dois repartir pour Gorakhpur. Ces 2 derniers jours ont ete un peu « express » mais je dois respecter un certain timing quand je serais au Nepal.
Et oui, deja le Nepal !
Gorakhpur n’a, en soi, rien d’interressant ; seulement qu’elle est la ville de transition pour rejoindre la frontiere indo-nepalaise en bus, plus au nord.

Pour tout ceux qui se soucie de mon allure un peu rapide, promis, j’ai prevu au Nepal de prendre un peu de temps pour moi (l’acclimatation est d’ailleurs vivement conseille lorsqu’on marche en altitude).
Ces 12 derniers jours ont ete les plus eprouvants depuis mon depart.

Entre nous, j’avais prevu 20 jours en Inde, et je suis reste seulement 12 jours. J’avais prevu 9 jours au Nepal, je vais rester finalement 3 semaines.

La raison ? Au Nepal, Y’A PAS DE KLAXONS !!!

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Kathmandu

2 Octobre 2010 (suite et fin)

Le chauffeur d’un rickshaw passe me chercher a pied dans les ruelles du Chowk, la ou je me suis engouffre et d’ou il est impossible de s’en extraire sans quelqu’un qui connait reellement le quartier. Le Chowk, c’est la vieille ville de Varanasi. Il y regne une atmosphere particuliere, surtout lorsque les membres de la famille du defunt, venus se recueillir une derniere fois dans un des nombreux temples du quartier, ressortent dans l’etroite ruelle avant de conduire le corps au bord du Gange.
Au sol, les detritus et les bouses de vaches se melent aux fleurs tombees des corteges funebres.
Une fois sorti de la vieille ville, le chauffeur m’emmene vers la gare, accompagne de 2 policiers, fusil a l’epaule et long baton a la main.
Varanasi etant consideree comme la capitale de l’hindouisme, le risque de conflit religieux y est plus important que dans certaines autres villes du pays. Et l’attaque d’un touriste etranger, ca fait mauvais genre.
J’en demandais pas tant, mais c’etait sympa de leur part de m’escorter.
Ca ne les empeche pas de deconner ensemble ; le conducteur entammant meme une petite chanson sous une pluie de klaxons a eviter les autres vehicules, les vaches et les cochons « domestiques ».

Je quite Varanasi pour Gorakhpur. J’ai eu le temps de changer de monnaie : des roupies nepalaises et quelques dollars pour le visa.
Mais par peur d’etre a court de monnaie indienne avant de passer la frontiere, je choisis un hotel pas cher.
J’ai commence a Delhi par une « quasi-cellule de degrisement », je finis part la meme chose a Gorakhpur, avec en prime quelques nouveautes : mille pattes, cafards, chiotte a la turque, et si je mets ne serait-ce qu’une main sur le lavabo, il s’effondre.
C’est pour dormir 3 ou 4 heures, ca fera l’affaire.

3 Octobre 2010

Je n’ai jamais autant transpire que dans cette chambre d’hotel. Une chaleur suffocante dans certainement l’une des pires chambres d’hotel d’Inde.
Je prends le bus a 4h du matin. Je suis en sueur. Mes vetements collent sur la peau en plus d’etre dans un bus noir de monde. J’essaye de dormir un peu. Apres plusieurs « micro-siestes », j’arrive au lever du soleil a Sunauli, la frontiere indo-nepalaise.
Brume au petit matin, on respire legerement mieux. Je remplis quelques formalites avant que le douanier me rende mon passport et me dise avec un grand sourire : « Welcome to Nepal ».
Je suis creve, et ce n’est que le debut.

Contrairement  a ce qu’on peut penser, a la frontiere, le relief est plat. On apercoit quelques petites montagnes au loin, mais sans plus. C’est la plaine du Terai. Elle s’etend d’Est en Ouest sur toute la longueur du Nepal et sur seulement 40 kms de largeur avant de butter sur les massifs pre-himalayiens. Une sorte de prolongement de l’Inde. Climat subtropicale… il fait encore tres chaud.
J’ai le temps de dejeuner avant que le mini-bus m’amene a Kathmandu. 9h de route et de zig-zag plus tard, j’arrive a Katmandu, moins bruyante que n’importe quelle autre ville de l’Inde. On respire !

Je parviens non sans difficulte a rejoindre le quartier du Thamel, le coeur economique de Kathmandu. Je telephone a mon tout premier Couchsurfeur depuis le debut de ce voyage : Vish, nepalais d’origine, et sa compagne, Sophie, recemment expatriee au Nepal pour une duree indeterminee (disons qu’elle n’a aucune intention de rentrer un jour en France).

Mais au fait, le Couchsurfing, c’est quoi ?
Le Couchsurfing, c’est une grande communaute de routards ou d’autochtones desireux de rencontrer des routards, qui te prete l’espace d’une nuit (ou plus) leur canape ou un simple matelas. L’avantage ? c’est gratuit, on rencontre reellement les habitants et ils te filent des bons tuyaux sur quoi voir, quoi manger, quoi faire et comment survivre dans un pays dont tu viens a peine de fouler le sol…
C’est un tres bon « premier contact ».

Vish est un Couchsurfeur, il adore rencontrer les gens des 4 coins du monde et les aider a organiser leur sejour au Nepal dans les meilleures conditions. Et sincerement, je sais pas comment j’aurais fait sans lui. Je debarque a Katmandu en short, en Tee-shirt, avec une vague idee du coin que je veux arpenter mais, avouons-le, sans rien connaitre du trekking en haute montagne.
Ils passent me chercher a moto au point de rendez-vous en fin de soiree.
Vish est guide et organise de nombreux trek plusieurs fois dans l’annee.
Il m’a dit que mon itineraire etait un tres bon choix, qu’il adorait ce coin-la. Il m’a repete plusieurs fois : « This is heaven » (C’est le paradis). Apres avoir bu un alcool de riz dans leur resto favori, a quelques pas de chez eux (mon 1er verre d’alcool depuis un mois et demi – je ne pouvais pas refuser quand meme !), je dors chez eux, content d’avoir termine cette longue, tres longue journee, depuis Gorakhpur ce matin.

4 Octobre 2010

Journee tres chargee. Beaucoup de choses a regler. Heureusement que Vish est la pour parfaire les details…que dis-je… pour organiser mes 3 semaines de trek.
Il me conseille dans les achats de vetements chauds, dans les choses essentielles a emporter, reserve mon billet aller-retour pour le vol interne Kathmandu-Lukla, me fait rencontrer le guide qui va m’accompagner pendant 15 jours en montagne, et il me reserve meme un billet pas cher pour mon prochain pays. J’ai la conscience tranquille pour les 3 prochaines semaines et sincerement, ca fait du bien, surtout apres ces 12 jours de folie passees en Inde.

Et aujourd’hui, avec un peu de hasard dans le calendrier, je retrouve a Kathmandu mon pote Matthieu, parti lui aussi faire un trekking dans l’Annapurna, a l’Ouest. Pour moi, ce sera l’Est, aux abords de l’Everest. C’est lui qui m’a fait connaitre Vish par le biais du Couchsurfing. Pour ca Matthieu, je te remercie. On passe l’apres-midi ensemble a courir a droite, a gauche.

My friend Matthieu

Et en ce debut de soiree, nous sommes fin pret pour attaquer les montagnes de l’Himalaya.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le silence

5 Octobre 2010
1er jour dans le Solu Khumbu

Je depose toutes les affaires qui ne sont pas necessaires pour le trek chez Vish. Au petit matin, je souhaite bon courage a Matthieu pour l’Annapurna ; et je fais la connaissance de Janga, mon guide pour les 14 jours a venir.
Il est ne dans un petit village nepalais non loin de Lukla (la ou debutera mon trek). Et pour le coup, le mot « guide » prend ici tout son sens.
Il est celui que je vais ecouter attentivement tout au long de ce trek dans le Solu Khumbu, le secteur de l’Everest, l’un des endroits les plus isoles au monde.
L’Everest fascine tellement de gens. Et j’en fais partie. C’est un lieu d’accomplissement, de fascination, de drame aussi, pour les alpinistes les plus temeraires et les trekkeurs les moins chanceux. Neanmoins, octobre et novembre, c’est la meilleure saison pour arpenter les sentiers, traverser les cols et les quelques glaciers presents seulement en tres haute altitude.

Un petit avion pouvant seulement accueillir 15 personnes decolle de Kathmandu pour Lukla (2840m), plus a l’Est. C’est la ou debute generalement les treks dans le Solu Khumbu.
L’avion a 2h de retard. Trop de vent pour partir. Nous decollons finalement et pendant une trentaine de minute, nous survolons un superbe paysage de « basses montagnes ». Un petit avant-gout. Mais je serais beaucoup plus haut dans quelques jours.
L’avion atterit a flanc de montagne ; la piste est courte, 800m de plat ont ete creuse avant de buter sur le mur qui retient la montagne.
Apres l’extinction de l’appareil, j’entends quelquechose qui m’avait manque, j’entends le silence…
Kathmandu etant la capitale, elle n’echappe pas au bruit, pas meme dans l’un des pays les plus recules au monde.

Pour les nostalgiques ou ceux qui regrettent de ne pas etre alle a Kathmandu
Pour les quelques baba-cools qui sont revenus de Kathmandu a la « grande epoque », autant que pour ceux qui souhaitaient s’y rendre a cette meme epoque, et bien c’est trop tard ! Ce que vous recherchiez n’existe plus. Kathmandu est une ville bruyante ou circulent les taxi et les mobylettes qui petaradent dans des rues assez etroites, bordees de magasins « attrape-touristes ». Pour les nostalgiques, gardez l’image du Kathmandu des annees 60-70, ca vaut mieux.

Avec le retard de l’avion, nous avons le temps de marcher seulement 1h30 a 2h jusqu’a Phakding. Mais deja, un certain temps d’acclimatation s’impose : a peine sorti de l’avion, je parle a Janga quelques secondes a peine tout en marchant. Je m’essouffle tres rapidemment et pourtant, nous marchons lentement et sur du plat. Il faut s’adapter et trouver son rythme de respiration.
Nous arrivons dans un « lodge » en pleine nuit (on a fini le trajet en s’eclairant a la lampe frontale). Les temperatures tombent tres vite.
Objectif : ne pas tomber malade des la 1ere nuit.

Lodge

6 Octobre 2010
Phakding (2610m)
2eme jour dans le Solu Khumbu

Phakding
Phakding – Sur la route de Namche Bazar

Nous partons de Phakding en debut de matinee. On apercoit le Mont Himchauly sur la droite.
On croise des porteurs, des yacks. Il y a encore enormement de verdure et de forets a cette altitude.

Mont Himchauly

Nombreux temples et sanctuaires sur le chemin.

Janga, mon guide

Janga est un type sympa. Il a 27 ans, 5 freres, 4 soeurs repartis dans tout le Nepal. Il parle un anglais tres approximatif (ca en fait 2) avec un tres fort accent. Il prononce 3 ou 4 phrases quand une seule suffirait mais il n’est pas bavard pour autant, et ca ne l’empeche pas non plus de me parler de la vie au Nepal et de sa famille. Je le suis toujours quelques metres derriere et souvent, je l’entends souvent chanter en nepalais pendant qu’on marche.

 

Sherpa nepal

Les Sherpas
Le Solu Khumbu est la region des Sherpas.
Mais les sherpas, c’est bien des porteurs ? Mettons les pendules a l’heure. Sherpas signifie « ceux qui viennent de l’Est ». Ce sont des refugies qui ont quitte le Tibet il a 400-500 ans. Ils etaient autrefois connus pour le metier de porteur mais un Sherpa n’est pas forcement un porteur et un porteur n’est pas obligatoirement Sherpa.
Si Junga est ne dans le Solu Khumbu, alors il est Sherpa ? Non plus. Sa famille est originaire du Terai (prononce « Teraille »). Son nom est Junga Magar. Magar etant le nom de sa caste (il me la dit).
Sa caste ? Le Terai s’est fortement impregne du systeme hindouiste de caste. En revanche, plus on monte dans le Nord, plus le systeme de caste disparait.
En fin de matinee, nous entrons dans le Parc National de Sagarmatha (le Parc National le plus haut du monde) et mangeons dans un petit restaurant a Jarsalle. Janga me conseille d’acheter de l’eau car on en trouvera pas pendant 3 ou 4h durant notre ascension (600m de denivele) jusqu’a Namche Bazar.

Il fait un peu frais mais grand soleil et suffisamment bon pour marcher en tee-shirt. Nous passons pres du Mont Thamsherku.

Arrivee a Namche Bazar

J’ecoute toujours les conseils de Janga, comme celui de rester un jour complet a Namche le temps de s’adapter. Et franchement, j’en avais besoin. Pas de blessure, pas d’entorse et pourtant, ici, le danger est plutot invisible. Difficile de comprendre quand on ne vit pas en haute montagne mais le manque d’oxygene se fait vraiment sentir. Tous les mouvements ou les pas que j’effectue trop vite m’essoufflent. J’ai l’impression d’etre un gros fumeur. Ma tete est lourde.

7 Octobre 2010
Namche Bazar (3440m)
3eme jour dans le Solu Khumbu

Journee d’acclimatation. Je me reveille vers 8h. J’ai la tete qui tourne. Je prends quelques cachets et je me rendors jusqu’a 11h30. C’est bien la premiere fois depuis le debut de ce voyage que je me reveille aussi tard, mais impossible de me lever. Apres le repas, ca commence a aller legerement mieux. Les cachets font leurs effets. Je retourne a nouveau dans ma chambre. Janga frappe a ma porte et me demande si ca va. Je lui dit que j’ai encore la tete qui tourne et que cette journee a rester a Namche n’etait pas de trop : j’aurais ete incapable de partir ce matin.
Il me conseille de ne pas me rendormir pendant la journee (j’en avais bien envie, mais il a raison), et de marcher lentement dans les rues de Namche.
Je prends quand meme le temps d’aller dans un petit cyber-cafe pour vous ecrire ces quelques lignes.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Pourtant, que la montagne est belle

8 Octobre 2010

Namche Bazar (3440m)
4eme jour dans le Solu Khumbu

Nous partons de Namche Bazar. Apres 3h d’ascension tres difficile (plus de 500m de denivele), nous mangeons a Mong-La (3975m).
J’ai quand meme reussi a choper un rhume et une toux persistante.
Les medicaments ont l’inconvenient de me fatiguer. Il faut lutter pour ne pas s’endormir apres le repas.
Nous repartons pour 3h de plus en direction de Dhole.
J’ai encore la tete qui tourne (ce qui n’est pas forcement recommande lorsqu’on marche chaque jour a moins d’un metre du ravin).

En haut a gauche, l’Everest

 

Nous arrivons a Dhole (4110m). Je suis vraiment fatigue. Ma tete tourne encore.
J’en parle a Janga. Il me dit que peut-etre on ira pas aussi haut que prevu si je suis toujours autant malade.Je lui dis quon verra demain. Pour l’instant, je veux dormir et je ne mange rien le soir (c’est pas bon signe).

9 Octobre 2010

Dhole (4110m)
5eme jour dans le Solu Khumbu

Je suis cloue au lit.
Impossible d’ouvrir les yeux. Les medicaments ne font pas du tout leurs effets. Janga frappe a ma porte a 7h. Je lui dis que j’ai tres mal au crane et encore la tete qui tourne. Je n’ai toujours pas faim.
Il m’apporte un cachet contre le mal de tete.
Je me rendors.
30 min plus tard, il m’apporte un medicament contre le mal d’altitude.
Je me rendors a nouveau.
Il me dit que l’hopital le plus proche est a 3h de marche. Le mal des montagnes peut prendre un certain temps avant de disparaitre.
Janga me conseille de boire beaucoup d’eau chaude, de la soupe lorsqu’on s’arretera, et aussi de manger… de l’ail ! (ca tombe bien, je comptais embrasser personne aujourd’hui). C’est un remede asez efficace contre le mal des montagnes. Vish m’en avait donne avant de partir.

Nous marchons en direction de Machherma (300m de denivele). J’ai moins mal au crane, mais ma tete tourne encore.
L’eau chaude, la soupe, le the, les medicaments de Janga, l’ail commencent a faire leurs effets.
Janga me dit que je ne suis pas le seul a avoir le mal des montagnes et que plusieurs personnes ont abandonne a Dhole.
Sincerement, je ne sais pas jusqu’ou je suis capable d’aller. Le manque d’oxygene fatigue tres vite… Je respire fort, je perds mes reflexes, mes gestes sont maladroits et j’ai l’impression de reflechir « au ralenti ».
Mais rien a declarer au niveau musculaire (encore heureux).

Apres 3h de marche, nous apercevons en contrebas le village de Machherma perche a 4410m.
C’est ici qu’en 1974, le Yeti aurait tue 3 yaks et attaque une femme sherpa (les sherpas croient encore dur comme fer en l’existence du Yeti).

Village de Machherma

Je vois les enfants nepalais s’amuser et courir sur le peu de surface qu’il y a avant le ravin. Mais comment font-ils pour courir autant ? Heritage genetique.
Nous, occidentaux, n’avons plus qu’a nous incliner face a ce peuple des montagnes : mon sac de 24kgs est ridicule compare a ce que transportent chaque jours les porteurs (parfois jusqu’a 60kgs !) ; nous, on arrive au Nepal durant la « bonne saison ». Eux, affrontent toute l’annee cet endroit hostile.
Et quelle solidarite entre les nepalais !
Un peu comme on peut en trouver personnes de meme caste en Inde, ici, on voit de l’entraide partout.
C’est comme si tout le monde se connassait, comme si les enfants etaient les tiens, comme si on se sentait responsable de ne pas laisser passer les porteurs lorsqu’on les croise ou les yaks transportant du materiel precieux pour les villags les plus recules.
De les voir, ou plutot, de les admirer, me donne de la force pour continuer.
J’arrive dans le restaurant de Machherma. Je commande un menu et recommande a nouveau (ca, c’est bon signe).
On file tout de meme a l’hopital, mais ca va deja mieux.
Un des guides me montre un tableau des symptomes qu’on peut avoir en altitude : perte d’appetit, grosse fatigue durant la journee, mal de crane, difficulte respiratoire, augmentation du rythme cardiaque, sommeil agite la nuit.
C’est bon, je les ai tous eu ! (ca aurait ete dommage de se louper…).
Diagnostic : Taux d’oxygenation normal, rythme cardiaque un peu eleve. Mais le medecin me dit que ca devrait se calmer des demain.
Verdict : Pas de contre-indication pour la suite.

J’ai mon ticket pour le Mont Gokyo.

Le soir, on dine avec quelques touristes dans la piece commune : allemands, americains, italiens (j’aurais jamais pense parler italien au Nepal a plus de 4000m d’altitude).
Tous ont pour destination le Mont Gokyo. Un objectif pour tout ceux qui n’ont pas abandonne la partie.
Ca tousse, ca renifle, ca se mouche. Personne n’est franchement en tres grande forme.

10 Octobre 2010

Machherma (4410m)
6eme jour dans le Solu Khumbu

On apercoit le Mont Chuly

Le Mont Chuly

Sur la route, on depasse certains touristes qui font une pause, puis ils nous depassent quand on en fait une a notre tour ; et enfin, on les retrouve dans les lodges. On mange ensemble, on dine ensemble, on commence a se connaitre.

Apres 3h de marche, nous atteignons le village de Gokyo (4790m) au bord d’un superbe lac d’un bleu turquoise.
Nous sommes au pied du Mont Gokyo.

11 Octobre 2010

Gokyo (4790m)
7eme jour dans le Solu Khumbu

Reveil a 5h30 et depart a 6h pour le Mont Gokyo.
3h de marche tres lente et douloureuse. L’air est de plus en plus rare. Le soleil commence a peine a se lever. Il fait froid. Avec la brume, on ne distingue ni le pied du Mont ni son sommet.
Plus de 600m de denivele.

Mont Everest, Mont Lhotse : la vue est deja saisissante

30min avant d’arriver, le ciel se degage enfin pour laisser place a une vue splendide sur les glaciers, les lacs en contrebas et quelques uns des plus hauts sommets du monde.

Vue sur les lacs de Gokyo

Et enfin, j’arrive au sommet !

En face, le Mont Cho Oyu
Le Mont Gaurishankar

Pour tout ceux qui ont vu le film « 7 ans au Tibet », imaginez admirer ce paysage avec dans la tete la musique « Clair de Lune » de De Bussy. Magique !

Mais ca se merite. Le Mont Gokyo etait mon objectif pour le Nepal. Ma tete est a nouveau lourde, il est temps de redescendre.
Je passe a nouveau la nuit dans le village de Gokyo.
12 Octobre 2010

Gokyo (4790m)
8eme jour dans le Solu Khumbu

Nous traversons le glacier Ngozumpa et amorcons notre lente redescente par des sentiers differents de ceux de l’aller.
Le soleil est la, mais un vent glacial penetre au creux des deux massifs montagneux dans lequel nous nous sommes engouffres.
Nous arrivons a Thare (4300m).

La plupart des lodges et des maisons ont un petit emplacement dans leur piece commune dedie au culte bouddhiste :

Une pensee pour le Tibet

Nous passons la nuit a Thare.

13 Octobre 2010

Thare (4300m)
9eme jour dans le Solu Khumbu

Thare

Nous continuons notre descente (et c’est pas pour autant qu’il y a uniquement de la descente… – ca descend, ca monte, c’est le principe de la montagne !).
Le paysage lunaire des hautes montagnes laisse place a l’herbe rase.

Yak

 

Une affaire de famille
Les lodges dans lesquels nous nous arretons pour manger et dormir sont souvent tenus par toute la famille. La mere et la fille (ou le fils) font la cuisine et le service ; tandis que le pere s’occupe d’aller chercher du bois (on le verra, c’est pas systematique…).
Excellent combustible et quasi-inodore, ils recoltent les bouses de yaks, les applatissent, les font secher durant plusieurs heures au soleil avant de les mettre au feu.
A l’interieur du lodge, souvent tres peu de chambres mais la piece commune est toujours conviviale.
Les banquettes sont alignees le lond des fenetres, le poele a bois toujours au centre de la salle. Sur les murs, quelques tapisseries, mais surtout des photos de la famille, de divinites protectrices des sherpas, des photos de la construction du lodge…

Nous arrivons a Phortse (3810m).

Ici, sur les murs, les diplomes du proprietaire, son certificat d’etude scolaire et medical ainsi que la photo et l’attestation de son ascension de l’Everest il y a 2 ans, masque a oxygene au visage.
Je suis le seul touriste.
Janga essaie desesperement de faire marcher son portable a cette altitude (moi j’ai abandonne depuis longtemps) ; je suis assis a cote du poele tandis qu’a quelques metres, le jeune fils fait ses devoirs d’ecole sur l’une des tables vides destinees a l’accueil des touristes.
Il n’y a pas un bruit, le village est relativement peu frequente puisqu’on est plus sur la route principale qui mene a Gokyo ni sur le chemin qui mene a l’Everest.
C’est comme ca depuis mon retour de Gokyo et c’est vraiment agreable.
Le garcon vient de terminer ses exercices de mathematiques. Il me dit qu’il prefere ca aux autres matieres. L’ecole n’a pas lieu tous les jours et les cours sont dispenses soit dans un hotel proche, soit a l’ecole Hillary a Khumjung (il faut marcher longtemps) ; inauguree par Sir Edmund Hillary en personne, le premier homme a avoir gravi l’Everest.
Le garcon parle un anglais plutot correct pour son jeune age. Il me dit qu’il souhaite apprendre le francais parce que beaucoup de francais viennent dans leur lodge et ne parlent pas anglais (ca nous suit partout !!! j’ai honte…).
Je lui dis que c’est une langue difficile mais pas insurmontable ; et qu’une fois rentre en France, je dirais aux francais de faire un effort en anglais lorsqu’il viendront au Nepal.
14 Octobre 2010

Phortse (3810m)
10eme jour dans le Solu Khumbu

Nous poursuivons notre redescente. Ma tete ne me fait presque plus mal.
Le voyage est rythme par des « Janga, one minute, please » (ce qu’on peut traduire par : « j’arrive plus a te suivre, on fait une pause ? ») ; et des « Janga, toilet » (ce qu’on peut traduire par : « j’ai la vessie qui se comprime a cause du froid, j’vais pisser au bord du ravin »).
Lorsqu’on fait une pause, j’ai a peine le temps de reprendre mon souffle que Janga commence deja a siffler ou a chantonner. Et quand il ne chantonne pas, il se regarde dans le miroir (un retroviseur de mobylette).
C’est calme, on entend pas un bruit. Et petit a petit, l’herbe rase laisse place a l’herbe haute, puis a la foret de sapin.
Plus de douleur a la tete. On respire bien a present.

C’est dans un lodge de la foret de Deboche que nous passons la nuit.

 

15 Octobre 2010

Debuche (3820m)
11eme jour dans le Solu Khumbu

Nous remontons legerement pour nous rendre dans le village de Tengboche (3860m).

 

Religion sherpas

La religion des sherpas
Les sherpas sont un peuple tres religieux, adepte du bouddhisme lamaiste (alors que la religion dominante au Nepal est l’hindouisme).
Les stupas, les monasteres, les drapeaux et moulins a prieres (cylindriques) sont presents partout. On trouve egalement des murettes ou les textes sont graves a-memes la pierre.

Belle recompense apres 11 jours dans le Solu Khumbu : j’ai la chance d’assister a une ceremonie de prieres bouddhiste dans le monastere de Tengboche, construit dans les annees 20, a l’initiative d’un celebre lama (qui, dit-on, utilisait la levitation pour se deplacer et transformait les chiens en tigres. A sa mort, il se serait change en arc-en-ciel…)

 

Monastere de Tengboche
Dans la cour du monastere
Moine bouddhiste se rendant a la priere

Je pensais que c’etait interdit pour les touristes et uniquement reserves aux lamas (moines bouddhistes). Par contre, interdiction formelle de prendre des photos a l’interieur, je n’ai que du texte a vous offrir :

Je me place dans un coin. 2 rangees de 5 ou 6 moines se font face, assis, clochette a la main, recitant des textes bouddhiques en prenant chacun une voix tres grave, dont on a l’impression qu’elle ne vient pas de leur emetteur.
Le rimpoche (« grand precieux ») est assis au milieu de la salle, entre les 2 rangees. Il est sureleve par rapport aux autres et recite lui aussi les dogmes bouddhiques, tout comme celui qui est debout, le seul : il porte une coiffe de plume en forme de crete et tient lui aussi une clochette a la main.
Ambiance sereine, les voix qui resonnent sont rythmee par le bruit de ses clochettes a chaque fin de verset.
Toutefois, un ou deux moines semblent distraient et me regardent tout en priant. C’est peut-etre mes cheveux en bataille qui les intrigue (eux qui ont tous le crane rase), a moins que ce ne soit ma barbe de 12 jours…
Ici, les lamas ne vivent pas reclus dans ce monastere (abritant une cinquantaine de moines). Certains suivent des etudes de lamas avant de retourner dans la vie laique.
C’est la grande difference qui existe entre ces « lamas de village » (la plupart maries et exercant des taches laiques) et les lamas de monastere recules, ayant prononce le voeu de chastete et consacrant leur temps a la priere.

Apres ce moment vraiment particulier au milieu des lamas, 1h ou 2h suffisent a rejoindre Khumjung ou nous passons la nuit.
16 Octobre 2010

Khumjung (3780m)
12eme jour dans le Solu Khumbu

Je pars de Khumjung. En chemin, nous nous arretons a l’Hotel Everest (l’un des seuls veritables hotels du Solu Khumbu).
Normalement, il y a ici une tres bonne vue sur l’Everest. Malheureusement, trop de brouillard ce matin.
Avant de partir de Khumjung, j’ai quand meme le temps de prendre une photo. J’ai bien mis Janga a contribution, mais impossible d’allumer les bougies a 3780m d’altitude. Vous m’excuserez…

2 mois !

 

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

L’aventure dans l’Aventure

17 Octobre 2010

Namche Bazar (3440m)
13eme jour dans le Solu Khumbu

Je suis arrive a Namche hier en fin de matinee, la ou j’ai pu vous raconter tout ce qui s’etait passe depuis mon depart de Namche justement, 8 jours auparavant.

 

Humeur sherpas

L’humeur des sherpas
Et bien elle est plutot bonne l’humeur des sherpas, a 2 ou 3 choses pres. Certains nepalais qui tiennent un petit commerce dans les villages de montagnes ne sont pas vraiment « commercialement agressifs ». L’autre jour, je demandais des piles a un commercant ; il m’a repondu que ce qu’il vendait n’etait pas efficace et qu’il valait mieux les acheter chez l’autre commercant plus haut.
C’est une situation qui ne se serait jamais produite en Inde !
Les sherpas ont de grandes qualites physiques : force, resistance au froid et a la douleur, endurance…
La plupart des trekkers (et moi aussi) ajouterons volontiers : sensibilite, sens de l’humour, courtoisie, tolerance, gaiete…
Un sens collectif anime les sherpas et c’est du aux conditions de vie particulierement rigoureuses dans lesquelles ils vivent.
Cela va de la simple generosite (invitation a boire le the, participation aux travaux de l’autre famille) jusqu’au sauvetage de trekkers en detresse.
Lors de l’immigration tibetaine qui a suivi l’invasion chinoise, nombreux sherpas du Khumbu ont prete assistance aux refugies tibetains.
Pour autant, on ne peut pas dresser non plus un portrait trop idyllique du sherpa. Ici, l’homme reste le maitre de maison. La femme travaille toute la journee tandis que le mari s’accorde des haltes pour boire du raksi (alcool de riz traditionnel tibetain et nepalais) ou lire des prieres.
Les femmes que je voient ne sont pas malheureuses. La gaiete est presente a tout moment. On les entend souvent rire entre elles. Mais il n’empeche qu’ici, une fille n’allant pas a l’ecole n’a pas d’importance. En revanche, le fils doit recevoir une education et avoir ete souvent en contact avec les occidentaux.
On est loin de la deplorable condition feminine indienne, neanmoins, on reste dans une societe traditionnelle sherpa des hautes terres : education stricte des enfants, respect des traditions, superiorite de l’homme sur la femme.

Nous quittons Namche.
Desormais, nous sommes sur la meme route qu’a l’aller. Nous redescendons tranquillement.
Les touristes que je croise me demande d’ou je viens. Ils me posent plusieurs questions sur le Mont Gokyo. Je n’hesite pas a leur donner quelques conseils : boire de l’eau, manger de l’ail (ils font une drole de tete quand je leur dis ca), boire de la soupe, du the et ne pas negliger les 24h d’acclimatation a Namche Bazar.

Points de reperes
Lorsqu’on juge les montagnes nepalaises, on a tendance a vouloir les comparer trop facilement avec celles d’Europe.
Dans les montagnes europeennes, les forets s’arretent a 1800m. Dans le Solu Khumbu, elles peuvent atteindre 4200m. En Europe, les villages sont rares au-dessus de 2000m. Dans le Solu Khunbu, vous avez vu qu’elles sont perchees en moyenne a 4000m d’altitude. Dans les Alpes et les Pyrennes, les alpages sont entre 2000 et 2500m d’altitude. Dans le Solu Khumbu, ils atteignent 5500m par endroits.
De ce fait, de nombreux trekkers ne prennent aucune precautions et finissent par se faire rapatrier pour cause de graves problemes de sante allant jusqu’a l’oedeme pulmonaire ou cerebral.
Il est conseille de ne pas venir avec un adolescent, plus sujet que les adultes aux oedemes. Emmener des enfants en bas-ages ou des nourissons peut etre considere comme criminel.
La montagne est dangereuse, une trentaine de mort par an dans l’Himalaya (source : Vish).

Et pourtant, que la montagne est belle !…

Au moment d’une pause, je m’installe sur un banc en pierre, sac a dos en premier ; au meme moment qu’un porteur, sa cargaison en premier.
Expiration synchronisee.
Il est vieux et porte le double du poids de mon sac. Avec le sourire, on se fait un signe de tete. Objectifs differents, effort commun…

Nous arrivons a Phakding en debut d’apres-midi

18 Octobre 2010

Phakding (2610m)
14eme jour dans le Solu Khumbu.

Nous restons 24h de plus a Phakding. Nous avons 1 jour d’avance.

Temps grisatre a Phakding

Et il s’en passe des choses quand on s’attarde au meme endroit. Janga me presente a sa famille et ses amis. Ils m’invitent a prendre le the dans leur maison. Une partie est amenagee pour le commerce. On y trouve de tout. On discute du Nepal, de Bouddha, de Zidane qui viendra au Nepal, parait-il, dans quelques temps.
On a le temps de se battre avec la machine a carte bleue. On a convenu d’une combine pour que j’ai quelques billets sur place avant d’arriver a Kathmandu. La transaction dure une eternite (en meme temps, Phakding-Kathmandu-Clermont-Ferrand-Kathmandu-Phakding peut prendre un certain temps…).
A l’interieur de la maison, on trouve des casseroles, des soupieres, des theieres, le feu toujours allume, une grande table en bois pour accueillir toute la famille, une photo de divinites, une autre d’une star de la television nepalaise, un calendrier et un vieux poster des Beatles.
Un des amis de Janga me propose de rester pour manger, mais je refuse. Je n’ose pas. Je me sens redevable apres.
En retournant a mon lodge, je croise un autre ami de Janga, assis sur un banc, entamant un morceau de guitare : « Where did you sleep last night » de Nirvana ! Ca change des musiques nepalaises a l’eau de rose.

C’est vraiment un petit village ou tout le monde se connait. Janga m’avait laisse le choix entre rester 24h a Namche ou rester ici, a Phakding : j’allais pas lui priver de sa famille et de ses amis (la plupart vivent ici) sous pretexte qu’il y a plus de vie a Namche et que la ville est plus grande.
Ca m’a permis d’entrer dans des chaumieres, de voir a travers leurs fenetres les quelques touristes passant dehors.
Etrange impression que d’etre « de l’autre cote ».

19 Octobre 2010

Phakding (2610m)
15eme jour dans le Solu Khumbu

Nous faisons quelques metres dans le village pour que Janga dise au revoir une derniere fois a sa famille.
On entre dans le lodge familial. On m’offre un the.
Toute la famille sait que je fais un tour du monde.
Avant de partir, une de ses soeurs me tend une echarpe blanche.
Je me penche pour qu’elle la place autour de mon cou.
Je me redresse puis me repenche a nouveau, les mains jointes sous le menton.
C’est comme ca qu’on accepte un cadeau au Nepal…
Et c’etait un superbe instant.

Nous partons.

En chemin, Janga semble triste. Il me dit que peut-etre, il ne reviendra pas a Phakding pendant tres longtemps. S’il est guide en haute montagne, tous les groupe qu’il encadre n’ont pas forcement le Solu Khumbu pour destination.
En guise de compassion, je lui dis que moi non plus, je ne reverrais pas ma famille et mes amis pendant plusieurs mois.
Ca finit par passer en marchant (tout fini par passer quand on marche…).
Le soleil etait present ce matin mais il se met a pleuvoir a nouveau cet apres-midi.

Sur la route de Lukla

Nous arrivons a Lukla.

20 Octobre 2010
16eme (et dernier) jour dans le Solu Khumbu.

Et voila, apres un rhume, une toux, le mal des montagnes, 190 mouchoirs et 4 stick a levres, me voici de retour a Lukla, juste a cote de l’aeroport.
Les nepalais se bouchent les oreilles lorsqu’un avion approche.
Au pied de leur maison de pierre, c’est le monde moderne qui decolle et atterit sans cesse.
Le monde moderne : du bruit…
J’en avais perdu l’habitude ces 15 derniers jours.

L’avion a quelques heures de retard a cause d’un temps qui varie d’heures en heures.

Et finalement, me voici de retour a Kathmandu.

Comment supporter un tel choc ?! Tout ce que j’entendais dans le Solu Khumbu, c’etait les cloches des yaks, les voix des moines priant Buddha, et le son de la toute petite brise qui faisait voler cette longue echarpe blanche…
J’arrive a Kathmandu beaucoup trop couvert. Il y a du bruit partout ; les voitures, les taxis et tous ces klaxons. Il fait chaud.
Je n’ai qu’une envie, retourner dans les montagnes. Celles que j’avais pourtant deteste au debut, qui m’ont rendu tellement malade et que j’ai fini par aimer.
Un taxi me depose dans le quartier ou habitent Vish et Sophie. J’en profite pour manger quelque chose avant d’aller les voir.
Ils vont devoir me consoler car je vis la pire apres-midi depuis le debut de ce voyage.

Comment trouver le courage de continuer…

Les 2 Corees

20 Octobre 2010 (suite et fin)

Je retourne chez Vish, content de le retrouver. Nous sommes 9 couchsurfeurs ce soir a dormir dans l’appartement et franchement, tant mieux parce que j’avais besoin de compagnie. Americains, allemands, australiens, tous vont ou reviennent d’un trekking ou de plusieurs jours de Yoga dans les montagnes (a faire, parait-il).
Je retourne dans le quartier du Thamel pour manger un morceau.
Je me rehabitue a la cohu de la ville.

21 Octobre 2010

Je passe la journee a rassembler mes affaires, trouver un bureau de poste, laver mes vetements (15 jours de sueur et quelques jours de pluie, il y’a du boulot) et prevoir la suite des evenements.
Me voici pret a poursuivre l’aventure, alors allons-y !

J’ai laisse Janga a Lukla mais il doit arriver demain.
Seulement demain, j’ai mon avion pour Bangkok. Je decide de lui laisser un petit mot lui souhaitant bon courage pour le lodge qu’il aimerait construire dans le Solu Khumbu. A cela j’ajoute un pourboire pour ces 15 jours inoubliables, pour m’avoir guide et m’avoir soigne. Sans lui, je ne serais jamais monte jusqu’au sommet du Mont Gokyo. C’est certain.
Je donne toutes mes affaires « d’hiver » a Vish et Sophie pour leur association au profit des enfants du Nepal.
La ou je vais, je n’en ai plus besoin.

Au moment ou Sophie nous prepare une de ses specialites, arrive un nouveau couchsurfeur. Son histoire est pour le moins passionnante : Il s’appelle Okhwan Yoon, il est sud-coreen et parcourt le monde a velo. Il roule pour la paix et l’unite entre les 2 Coree. Il a traverse 191 pays a velo et roule depuis…10 ans. Il lui reste 4 pays a traverser, le dernier sera la Coree du Nord. Il a l’intention de monter l’Everest, velo sur le dos, mais pour le moment, il attend son visa pour l’Inde, pays moins cher, le temps d’obtenir un peu plus d’argent, car le droit d’entree pour gravir l’Everest est onereux. Ca m’inquiete un peu, l’Everest est destine aux alpinistes confirmes. Ca n’a rien a voir avec du trekking et encore moins du cyclisme.
A cela, il a repondu : « Everything is possible ».
Ca, j’aime !
Ce soir, il dort avec nous dans la chambre prevue pour les couchsurfeurs, apres m’avoir raconte une infime partie de ces 10 ans de voyage.
Il vient de me redonner definitivement le gout d’avancer.
Apres avoir quitte mon regrette Solu Khumbu, c’est exactement la rencontre qu’il fallait au bon moment ; et c’est une superbe rencontre.

Okhwan Yoon

22 Octobre 2010

Je me reveille assez tot. Okhwan aussi. Je lui offre un cafe au coin de la rue, juste en face de l’ambassade de France. On parle de son voyage, du mien, de la France, de Napoleon, du couple franco-allemand sur la scene internationale. Je lui demande s’il est conscient que son aventure touche a sa fin. Il le sait, mais il ne sait pas s’il tient a la terminer.
10 ans sur les routes… Est-ce qu’on a encore une mentalite de sedentaire apres tout ce temps ?
Je lui dis qu’il peut faire beaucoup de choses pour son pays lorsqu’il sera de retour. La politique l’interesse beaucoup.
Avant de le quitter, je le felicite pour ce qu’il a entrepris, pour le message qu’il porte a travers le monde ; et je lui dis qu’il est necessaire d’avoir des projets pour apres, car nos vies ne s’arreteront pas a la fin de nos voyages.

Longue accolade avant de nous separer. Chacun reprend sa route…

Je prends le vol Kathmandu-Bangkok quelques heures plus tard, confiant pour tout ce qu’il me reste a parcourir…

Et me voici a Bangkok en milieu d’apres-midi. Je decide de prendre un bus qui m’amenera jusqu’a la gare en direction du Nord du pays. Je suis toutefois etonne en arrivant dans la capitale. Certes les voitures et les mobylettes sont partout, le bruit et la pollution aussi, du coup. Pourtant, on entend aucun coup de klaxons. Grand respect entre les usagers. Et les rues sont etonnament propres : 100 euros d’amende si tu craches ou jettes un papier par terre. Ca change de l’Inde…
Je rencontre une Reunionnaise dans le bus. Elle aussi vient de Kathmandu, elle non plus ne tiens pas a visiter cette immense capitale bruyante et elle
aussi, a decide de partir pour Chiang Mai, au Nord, en train.

On a quand meme le temps de s’en apercevoir a l’aeroport, dans le bus ou a la gare : les thailandais sont adorables. Toujours le sourire. Dans le train qui m’amene au Nord, 3 policiers armes sont dans le couloir. Au moment ou je m’approche d’eux pour les depasser, 2 se collent contre le mur, le 3eme fait meme quelques metres pour se placer dans un compartiment, afin de me laisser passer. Et bah c’est pas l’Inde ! (vous allez m’entendre souvent dire ca…).

Sauver « la face »
En Thailande, montrer des signes d’enervement ou hausser le ton est percu comme totalement deplace : cela traduit un signe de faiblesse de ta part et la personne en face peut se sentir menacee dans cette societe ou perdre son sang-froid est considere comme la pire des hontes.
Ici, on se salue les deux mains jointes (le wai) , comme au Nepal. C’est toujours au plus jeune de « waier » en premier ou a « l’inferieure » comme par exemple la femme de chambre lorsque tu es client d’un hotel.
Mais cela reste l’expression d’une inegalite.
Du coup, le plus souvent, c’est le sourire qui prime chez tous les Thais et c’est tant mieux.

La gare est tres propre (c’est pas l’Inde). Personne n’est couche sur les bancs ou par terre (c’est pas l’Inde) et les poubelles servent a quelquechose (pas comme en Inde. J’arrete…).
Le train est tres propre lui aussi, mais ce oir, il avance quasiment sur l’eau par endroit : il a enormement plu ces derniers jours. La situation s’ameliore mais nous sommes obliges de prendre a nouveau le bus durant 2h car une partie de la voie ferree est completement inondee au Nord de Bangkok.
Neanmoins, j’ai une tres bonne impression de ce pays pour un premier jour (et pourtant le premier jour dans un pays, c’est rarement le meilleur).

23 Octobre 2010

J’arrive au petit matin a la gare de Chiang Mai apres avoir traverse plusieurs centaines de kilometres de jungle et de rizieres. Je peux confirmer a nouveau, les Thailandais ne sont pas agressifs du tout. Ils te proposent des « guesthouses » ou des hotels pas chers mais ils ne te collent pas pendant des heures. Au premier « no, thank you », ils n’insistent pas. Tout comme les chauffeurs de « tuk-tuk » (les rickshaws thailandais : petits vehicules motorises a 3 roues), ils t’accostent sympatiquement et la encore, au premier « non » de ta part, ils te laissent tranquille, et avec le sourire. Et bah c’est pas l’Inde (c’est sorti tout seul…) !
Je trouve une guesthouse tenues par un couple franco-thai et quelques centaines de metres plus loin, un cyber-cafe tranquille ou je vous ecris ces quelques lignes a propos de Kathmandu, de l’unite entre les 2 Coree, de mes premiers pas en Thailande et de toutes les belles rencontres que l’on fait lorsqu’on parcourt cette immense planete.
Tout va pour le mieux, il fait beau et la chaleur moite de ce climat tropical reste toutefois supportable, PAS COMME EN INDE (promis, c’etait la derniere fois…).

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

La jungle

24 Octobre 2010

Excursion a VTT organisee par une agence. Le pick-up (1 thailandais sur 3 possede un pick-up ou un songthaew, qui est un pick-up amenage, faisant office de taxi moyenne distance) nous amene quelques kilometres au Nord-Ouest de Chiang Mai, dans la montagne Suthep avec son Parc National protege.
Nous sommes une douzaine. 90 pour cent sont des americains surentraines, adorant la vitesse. Le parcours est difficile. La boue des pluies passees et les ornieres n’arrangent rien a l’etat des sentiers.
On est au milieu de la jungle. A peine tu te distances des autres velos, des que tu poses le pied par terre au moment d’une montee trop raide, tu entends le bruit des insectes qui grouillent a gauche, a droite, derriere toi ; et au-dessus de toi, perche dans les arbres, des chauve-souris. On voit les branches des arbustes bouger ; un cochon sauvage traverse le chemin a toute allure : il y a de la vie dans cette foret.

La jungle

Nous passons a cote de quelques plantations et un petit village au sommet de la montagne.
Paillottes, maisons en bois, on vit ici en communion avec la jungle.

Le Parc National Doi Suthep

Nous redescendons a velo jusqu’aux abords du lac Huay Tung Tao. Nous dejeunons dans des paillottes sur pilotis. Les enfants se baignent plus loin. Ici, c’est calme.

Le lac Huay Tung Tao

Bonne fin d’apres-midi apres avoir roule pluieurs heures dans une jungle boueuse, aux chemins escarpes, en plus d’une averse en fin de parcours : nous sommes en zone tropicale, il peut pleuvoir a n’importe quel moment !
Je rentre trempe et boueux dans la guesthouse de Chiang Mai.
Plus tard dans la nuit, je dis au revoir a la Reunionnaise que j’avais rencontre a Bangkok. Elle avait finalement pris la meme guesthouse que moi, et reste 3 jours de plus a Chiang Mai pour apprendre le massage des pieds. L’art du massage thailandais est connu dans le monde entier.
C’est une technique longue a apprehender ; il faut plusieurs semaines voire plusieurs mois pour savoir masser tout le corps.

25 Octobre 2010

Nuit courte.
Je prends un tuk-tuk a 6h30 du matin au carrefour pour la gare routiere. Ils sont beaucoup moins nombreux que les rickshaws en Inde. Chiang Mai a beau etre la 2eme ville du pays, elle est 50 fois moins peuplee que Bangkok, du coup, on a du mal a negocier le prix de la course.
Mais ce qu’il y a de sympa, c’est que meme si les thailandais restent ferme sur les prix, toujours il sourira ou rira. Il faut, parait-il, rire plus fort que lui pour le destabiliser. Moi qui avait l’habitude en Inde de parler sechement et de froncer les sourcils quand il s’agissait de negocier la course en rickshaw, ici, j’ai tout a reapprendre.
Pour ma premiere tentative de negociation, je ne suis pas parvenu a faire baisser le prix d’un seul baht (monnaie thailandaise).
Mais il a rie. Ca a l’avantage de detendre (faudra pas trop pousser quand meme…).

Je prends le car jusqu’a la ville de Thaton, plus au Nord.
J’ai le temps de prendre quelques photos avant de descendre la riviere Kok a pirogue.

La riviere Kok

Ici comme dans la jungle, il y a toute une vie au bord de cette riviere : des pecheurs a canes, a filet (sur des barques), des habitations de bois et de paille, les enfants qui se baignent ; les vaches aussi d’ailleurs.
J’apercois plusieurs elephants venus du centre de dressage – place juste au bord du cours d’eau -.

Descente de la riviere Kok

Nous faisons une halte dans un village.

Arret dans un village, au bord de la riviere Kok

Les hommes regardent un match de boxe thaie. Je regarde un moment le combat avec eux. Quel contrate entre leur courtoisie quotidienne et la violence des coups portes sur l’adversaire durant un match ! On se sert des genoux, des coudes, des poings et des pieds. J’irais bien voir un combat, mais les dates sont aleatoires. Il faut tomber au bon moment et dans la bonne ville.
Les femmes me presente leur collection de serpents en cage. Ils ont une texture tres particuliere quand tu les caresse.
Le truc a touriste est de se faire photographier avec le boa autour du cou ; pour ma part (et pour bien moins cher), j’ai une meilleure idee :

Boa

La descente de la riviere Kok s’acheve. Je debarque a Chiang Rai.
Il  reste quelques heures avant le coucher du soleil.
Arrive a la guesthouse, je leur loue une bicyclette pour faire le tour de la ville et visiter quelques « wat ». Quelques What ??? Quelques « wat ».
Petit cours de bouddhisme :

 

bouddhismethai

Le bouddhisme thailandais
En Thailande, 94 pour cent de la population est bouddhiste. Chaque thailandais doivent, au moins une fois dans leur vie, mener une vie de moine pour une duree plus ou moins longue, et chaque thailandais bouddhistes travaillent soit a la construction ou a la renovation des temples, apporte des offrandes ou bien de quoi subvenir aux besoins des moines.
C’est ainsi que les « wat » sont des lieux conviviaux ou chacun est le bienvenu.
Le wat (monastere bouddhique) regroupe en fait un ensemble de batiments, de styles variees et tres souvent, d’epoque differente.
Chaque batiment a une fonction particuliere. Pour n’en citer que quelques-uns, on organise la vie monastique dans le « bot », on ecoute les sermons dans le « vihara », on se reunit dans le « sala » et les moines dorment dans des « kutis » (petites huttes). Comme au Nepal, on trouve aussi une stupa dans chaque wat.

Le Wat Phra Kaeo, l’un des plus interessants de la ville
A droite, le sala
Statue de Bouddha

Il est 19h. C’est l’heure d’ouverture du Night Bazaar.
Je decide de m’y rendre puisque j’ai un velo sous la main. Il fait nuit, j’essaye de m’habituer au fait qu’on roule a gauche en Thailande ; mais la ville a l’avantage d’etre plate et les thailandais sont de nature calme au volant.
J’arrive au marche de nuit de Chiang Rai. Ici, on trouve un peu de tout.
Mais il est surtout interessant de venir ici pour l’immense variete de fruits vendus dans les gargotes. Je me gave de pasteques, de mangue et de papaye.
Plus loin, je prends quelques beignets de crevettes, et dans un autre stand, des brochettes de viande et de poulets qu’ils chauffent a nouveau 5 minutes sur le grill avant de te les donner. Bref, un repas complet pour a peine plus de 2 euros.
Je rentre a velo, cheveux au vent. Peu de circulation. Il fait doux ce soir.
J’ai le temps de vous ecrire ces quelques lignes dans la guesthouse avant d’aller me coucher. La journee a ete longue.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le lit et le berceau

26 Octobre 2010

Je tourne depuis plus de 3/4 d’heure a pied dans les rues de Chiang Rai dans un rayon de 500m. Impossible de trouver la station de bus, et ceux que je rencontre ont un sens de l’orientation tres mauvais. Ils n’ont pas l’habitude de lire les cartes que je leur presente et m’indiquent 1 fois sur 2 le sens oppose. Et niveau zero en anglais pour la majorite. Tout le monde sait lire le Thai, mais pas forcement notre alphabet. Du coup, meme en montrant une indication traduite phonetiquement sur le plan, ca ne fait pas avancer les choses !
Et quant a la prononciation, et bah j’apprends… j’apprends…
Heureusement je tombe sur un anglais qui vit a Chiang Rai depuis 4 ans. Coup de bol. J’aurais jamais trouve la station sans lui.
Ma carte etait fausse…

Je prends le bus jusqu’a Chiang Saen, quasiment la pointe Nord de la Thailande. Je n’aurais pas d’autres occasions de voir le mythique fleuve Mekong, qui fait la frontiere avec le Laos.

 

triangle

Le Triangle d’Or
On appelle le Triangle d’Or la region ou se rejoignent le Laos, la Thailande et le Myanmar (ex-Birmanie), avec en gros, comme limite sud-thailandaise, Chiang Rai.
C’est dans ce triangle que la moitie de l’opium consomme dans le monde transite – encore aujourd’hui -, malgre le durcissement de la politique anti-drogue.
Chiang Mai en est la plaque tournante.

Arrive a Chiang Saen, je loue un velo pour me rendre 3km plus au sud. Je roule le long du fleuve Mekong, je traverse un bout de jungle et des plantations jusqu’au Wat Phra That Pha Ngao (ne vous sentez pas oblige de retenir son nom…), un des plus beaux de la Thailande du Nord.
Je pose mon velo a l’entree.
Je n’aurais pas du : le Wat est assez vaste ; on a meme construit des routes pour relier plus rapidemment les temples entre eux. Et entre les temples, la jungle !

L’un des premiers temples en entrant

Je monte une colline sur 400m pour atteindre un second temple. Le nombre de touristes se compte sur les doigts d’une main.
On croise les moines qui circulent librement.
Je monte encore d’une centaine de metres.

Bouddha dit « l’Eveillé »

Finalement, et en arpentant la colline quelques centaines de metres encore, j’arrive a la grande stupa du monastere.

Stupa dominant le Wat

Vue imprenable sur le Mekong. De l’autre cote du fleuve, le Laos.

Vue sur le fleuve Mekong et le Laos, de l’autre cote

Au moment de reprendre mon velo, crevaison !
Et je suis a 3km a pied de Chiang Saen.
Pour autant, ces derniers temps, j’ai plutot de la chance : mes pepins s’arrangent facilement et rapidemment (pourvu que ca dure).
Et cette fois, ce sont 2 belges qui me sauvent la mise. Il placent le velo a l’arriere de leur pick-up, je paye un leger supplement pour le pneu creve et je reprends le bus direction le sud.

Dans le bus

Signes d’adoration
En parlant du bus, lorsqu’on passe devant un temple en roulant, la plupart des thailandais baissent la tete, les mains jointes sous le menton.
On retrouve ce geste au quotidien, et notamment lorsqu’on est en presence du roi : la Thailande est une monarchie constitutionnelle. Le roi est tres respecte. On trouve sa photo dans les bus, les guesthouses, a l’entree des batiments administratifs, au rond-point, dans les garages autos, bref, partout.
L’adoration du roi se traduit au quotidien lorsque l’hymne national retentit et que sa photo apparait, quelque soit le lieu : tout le monde doit alors se lever. Cette monarchie reste toutefois a tendance autoritaire : critiquer le roi est passible de prison.

Me voici de nouveau a Chiang Rai. Je prends un bus jusqu’a Sukothai ou je passe la nuit.

27 Octobre 2010

 

siam

Syams et Khmers
Qu’on s’y retrouve un peu dans cette multitude d’ethnie :
Pour faire court, outre les nombreuses tribus encore tres presentes dans toute la partie Nord du pays, les premieres peuplades thaies avaient emigres vers la Chine. A l’epoque, ce sont les Khmers venus du Cambodge qui occupaient le Nord-Est et le Centre de la Thailande actuelle.
Ensuite les Thaies sont repartis dans le sens inverse, et on quitte la Chine ; une partie d’entres eux fonderont le Laos ; et l’autre partie, surnomme les « Syams » par les Khmers (ce qui signifie « basanés ») livrerent combat contre ces derniers pour fonder Sukothai, le premier royaume, considere comme le berceau du peuple Siam, situe en plein coeur de la Thailande.

Et Sukothai, c’est la ou je suis en ce moment. Je me leve tot le matin (encore) pour arriver avant les hordes de toutristes. En plus les couleurs sont plus belles au petit matin. Il est 7h, le parc historique est pour moi tout seul.

Plusieurs Wat :

Le Wat Mahathat – Le plus imposant du parc historique
Wat Mahathat – Encore Bouddha. Il est partout
Encore le Wat Mahathat
Toujours le Wat Mahathat
Une derniere pour la route. Le Wat Mahathat etait reserve a la famille royale donc forcement, il faut que ca impose
Bassin au lotus
Le Wat Trapang Ngoen
Le Wat Sri Sawai, fonde par les khmers
Le « prang » principal du Wat Sri Sawai
Le Wat Sosarak. En Thailande, l’elephant est le plus aime et le plus respecte de tous les animaux

Je prends un songthaew puis un bus jusqu’a Phitsanulok, et encore un autre jusqu’a Nakhon Ratchasima.
Je traverse toute la Thailande centrale ; les paysages sont magnifiques et je peux a present voir de jour ce que je n’avais pas vu de nuit lorsque j’avais pris le Bangkok-Chiang Mai des mon arrivee en terre Siam.

Dans le bus, tout est calme, personne ne s’excite et personne ne hausse la voix. Par contre, je sais pas ce que j’ai prefere comme programme a la tele depuis mon depart. « Agence tout risque » en Thailandais (ce qu’ils nous passent dans le bus en ce moment) ?, « Iron Man 2  » en turc ? A moins que ce ne soit « Dr House » en roumain…
Dehors les rues sont plutot propres, le reseau ferre et autoroutier est tres correct, les trains sont a l’heure, les bus sont frequents et propre eux aussi.
Sincerement, je ne pensais pas que la Thailande etait autant developpee et qu’elle avait autant d’atouts.

En revanche, il a beaucoup plu il y a 3 semaines dans les montagnes, et l’eau a devalle la pente jusqu’a inonder les alentours de Phimai. La ville est legerement surelevee. Du coup, a l’exterieur, les champs sont totalement inondes et Phimai se retrouve comme une ile. On empile des sacs de sable un peu partout dans les rues et devant les maisons. Je vois des camions de pompage. Certains ont meme dresse un mur en parpaing devant leur commerce ou leur habitation. Par endroit, on marche sur des bancs mis bout a bout (comme a Venise).

J’arrive tard le soir a Phimai.

28 Octobre 2010

Le plus gros de l’inondation est passe. La tendance est la baisse mais l’armee continue d’empiler les sacs de sable. On ne sait jamais.
Je me leve tot pour me rendre au Prasat Hin Phimai.
Nous sommes sur la route des citadelles khmeres. On a vu que leur zone d’influence ont largement depassee la frontiere cambodgienne. (cf. Le Wat Sri Sawai de Sukothai). Mais pour moi, c’est l’occasion de voir celui qui, dit-on, aurait ete le modele du temple d’Angkor. Un lot de consolation pour tout ceux qui, comme moi, ne passeront pas par le Cambodge.

Le Prasat Hin Phimai
Le « prang » principal du Prasat Hin Phimai
Une petite derniere avant de decoller

Je m’apprete a quitter l’Isan (nom donne a la region Nord-Est de la Thailande) pour partir vers le Sud.
Mon voyage en Thailande a ete court, mais je dois imperativement etre en Indonesie debut novembre. Question de visa (si je chope celui qui a invente les frontieres…).
J’aurais seulement quelques jours devant moi pour la Malaisie.

Comme on dit : « Choisir, c’est renoncer ». Par contre, des que j’arrive en Indonesie, j’aurais tout mon temps.
Je pourrais souffler un peu. J’ai longuement hesite, mais finalement, j’ai decide de traverser toute la partie sud de la Thailande (connue uniquement pour ses plages) sans m’arreter. Mais des plages, ne vous inquietez pas, il y en aura en Indonesie.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Théories de voyage… et beaucoup de pratique !