20 Octobre 2010 (suite et fin)
Je retourne chez Vish, content de le retrouver. Nous sommes 9 couchsurfeurs ce soir a dormir dans l’appartement et franchement, tant mieux parce que j’avais besoin de compagnie. Americains, allemands, australiens, tous vont ou reviennent d’un trekking ou de plusieurs jours de Yoga dans les montagnes (a faire, parait-il).
Je retourne dans le quartier du Thamel pour manger un morceau.
Je me rehabitue a la cohu de la ville.
21 Octobre 2010
Je passe la journee a rassembler mes affaires, trouver un bureau de poste, laver mes vetements (15 jours de sueur et quelques jours de pluie, il y’a du boulot) et prevoir la suite des evenements.
Me voici pret a poursuivre l’aventure, alors allons-y !
J’ai laisse Janga a Lukla mais il doit arriver demain.
Seulement demain, j’ai mon avion pour Bangkok. Je decide de lui laisser un petit mot lui souhaitant bon courage pour le lodge qu’il aimerait construire dans le Solu Khumbu. A cela j’ajoute un pourboire pour ces 15 jours inoubliables, pour m’avoir guide et m’avoir soigne. Sans lui, je ne serais jamais monte jusqu’au sommet du Mont Gokyo. C’est certain.
Je donne toutes mes affaires « d’hiver » a Vish et Sophie pour leur association au profit des enfants du Nepal.
La ou je vais, je n’en ai plus besoin.
Au moment ou Sophie nous prepare une de ses specialites, arrive un nouveau couchsurfeur. Son histoire est pour le moins passionnante : Il s’appelle Okhwan Yoon, il est sud-coreen et parcourt le monde a velo. Il roule pour la paix et l’unite entre les 2 Coree. Il a traverse 191 pays a velo et roule depuis…10 ans. Il lui reste 4 pays a traverser, le dernier sera la Coree du Nord. Il a l’intention de monter l’Everest, velo sur le dos, mais pour le moment, il attend son visa pour l’Inde, pays moins cher, le temps d’obtenir un peu plus d’argent, car le droit d’entree pour gravir l’Everest est onereux. Ca m’inquiete un peu, l’Everest est destine aux alpinistes confirmes. Ca n’a rien a voir avec du trekking et encore moins du cyclisme.
A cela, il a repondu : « Everything is possible ».
Ca, j’aime !
Ce soir, il dort avec nous dans la chambre prevue pour les couchsurfeurs, apres m’avoir raconte une infime partie de ces 10 ans de voyage.
Il vient de me redonner definitivement le gout d’avancer.
Apres avoir quitte mon regrette Solu Khumbu, c’est exactement la rencontre qu’il fallait au bon moment ; et c’est une superbe rencontre.

22 Octobre 2010
Je me reveille assez tot. Okhwan aussi. Je lui offre un cafe au coin de la rue, juste en face de l’ambassade de France. On parle de son voyage, du mien, de la France, de Napoleon, du couple franco-allemand sur la scene internationale. Je lui demande s’il est conscient que son aventure touche a sa fin. Il le sait, mais il ne sait pas s’il tient a la terminer.
10 ans sur les routes… Est-ce qu’on a encore une mentalite de sedentaire apres tout ce temps ?
Je lui dis qu’il peut faire beaucoup de choses pour son pays lorsqu’il sera de retour. La politique l’interesse beaucoup.
Avant de le quitter, je le felicite pour ce qu’il a entrepris, pour le message qu’il porte a travers le monde ; et je lui dis qu’il est necessaire d’avoir des projets pour apres, car nos vies ne s’arreteront pas a la fin de nos voyages.
Longue accolade avant de nous separer. Chacun reprend sa route…
Je prends le vol Kathmandu-Bangkok quelques heures plus tard, confiant pour tout ce qu’il me reste a parcourir…
Et me voici a Bangkok en milieu d’apres-midi. Je decide de prendre un bus qui m’amenera jusqu’a la gare en direction du Nord du pays. Je suis toutefois etonne en arrivant dans la capitale. Certes les voitures et les mobylettes sont partout, le bruit et la pollution aussi, du coup. Pourtant, on entend aucun coup de klaxons. Grand respect entre les usagers. Et les rues sont etonnament propres : 100 euros d’amende si tu craches ou jettes un papier par terre. Ca change de l’Inde…
Je rencontre une Reunionnaise dans le bus. Elle aussi vient de Kathmandu, elle non plus ne tiens pas a visiter cette immense capitale bruyante et elle
aussi, a decide de partir pour Chiang Mai, au Nord, en train.
On a quand meme le temps de s’en apercevoir a l’aeroport, dans le bus ou a la gare : les thailandais sont adorables. Toujours le sourire. Dans le train qui m’amene au Nord, 3 policiers armes sont dans le couloir. Au moment ou je m’approche d’eux pour les depasser, 2 se collent contre le mur, le 3eme fait meme quelques metres pour se placer dans un compartiment, afin de me laisser passer. Et bah c’est pas l’Inde ! (vous allez m’entendre souvent dire ca…).
Sauver « la face »
En Thailande, montrer des signes d’enervement ou hausser le ton est percu comme totalement deplace : cela traduit un signe de faiblesse de ta part et la personne en face peut se sentir menacee dans cette societe ou perdre son sang-froid est considere comme la pire des hontes.
Ici, on se salue les deux mains jointes (le wai) , comme au Nepal. C’est toujours au plus jeune de « waier » en premier ou a « l’inferieure » comme par exemple la femme de chambre lorsque tu es client d’un hotel.
Mais cela reste l’expression d’une inegalite.
Du coup, le plus souvent, c’est le sourire qui prime chez tous les Thais et c’est tant mieux.
La gare est tres propre (c’est pas l’Inde). Personne n’est couche sur les bancs ou par terre (c’est pas l’Inde) et les poubelles servent a quelquechose (pas comme en Inde. J’arrete…).
Le train est tres propre lui aussi, mais ce oir, il avance quasiment sur l’eau par endroit : il a enormement plu ces derniers jours. La situation s’ameliore mais nous sommes obliges de prendre a nouveau le bus durant 2h car une partie de la voie ferree est completement inondee au Nord de Bangkok.
Neanmoins, j’ai une tres bonne impression de ce pays pour un premier jour (et pourtant le premier jour dans un pays, c’est rarement le meilleur).
23 Octobre 2010
J’arrive au petit matin a la gare de Chiang Mai apres avoir traverse plusieurs centaines de kilometres de jungle et de rizieres. Je peux confirmer a nouveau, les Thailandais ne sont pas agressifs du tout. Ils te proposent des « guesthouses » ou des hotels pas chers mais ils ne te collent pas pendant des heures. Au premier « no, thank you », ils n’insistent pas. Tout comme les chauffeurs de « tuk-tuk » (les rickshaws thailandais : petits vehicules motorises a 3 roues), ils t’accostent sympatiquement et la encore, au premier « non » de ta part, ils te laissent tranquille, et avec le sourire. Et bah c’est pas l’Inde (c’est sorti tout seul…) !
Je trouve une guesthouse tenues par un couple franco-thai et quelques centaines de metres plus loin, un cyber-cafe tranquille ou je vous ecris ces quelques lignes a propos de Kathmandu, de l’unite entre les 2 Coree, de mes premiers pas en Thailande et de toutes les belles rencontres que l’on fait lorsqu’on parcourt cette immense planete.
Tout va pour le mieux, il fait beau et la chaleur moite de ce climat tropical reste toutefois supportable, PAS COMME EN INDE (promis, c’etait la derniere fois…).
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !