24 Aout 2010
Gédéon… Petite blague bidon pour détendre en entrant en Hongrie parce qu´il pleut depuis que j´ai quitté Graz.
Normalement en s´éloignant des montagnes et en se rapprochant des plaines, le temps sera meilleur.
Arrivé á Szombathely, mission principale : chercher un distributeur de billet juste en sortant de la gare, sans carte de ville, sans savoir oú est le camping, et cette nuit qui tombe de plus en plus vite, puisque c´est la meme heure ici qu´á Brest ! (avec plus de 1500 kms d´écart). Fini l´Euro, c´est le Forint et tous les soucis de conversion qui s´en suivent.
D´aprés un wallon rencontré sur place, un euro vaut « deux cents septante-six » forint. Et d´aprés ce meme wallon, ils devaient passer á l´Euro depuis 2008, mais la crise les ont fait sortir des critéres d´adhésion. Donc, stand by…
25 Aout 2010
Train (pas cher du tout) de Szombathely á Gárdony (j´ai choisi cette destination parce qu´elle était simple á retenir et á prononcer). J´ai bien le souvenir d´avoir vu ce genre de train il y a 20 ans en France : en état de marche mais vétuste, austére avec le noir, le marron foncé et le verdatre des siéges comme couleurs dominantes.
Les logements sont á 3 ou 4 niveaux, les murs plutot décrépis ont toutefois chacun de jolies couleurs pastel.
Il y a de nombreux travaux et de projets de rénovations. On a pas le sentiment que la ville est laissée á l´abandon.
Le centre-ville a un gros potentiel : pavé, entiérement piéton, propre et coloré avec ces memes couleurs pastel.
Tabac, loto et droguerie á chaque coin de rue cotoient les grandes enseignes.
La transition est assez saisissante avec l´Autriche. Je n´aurais pas cru un tel écart de richesse entre deux pays qui ont longtemps formé qu´un.
Le ciel est gris aujourd´hui mais tout le monde a le sourire. Les gens que j´ai rencontré sont agréables et t´aident volontiers á trouver ton chemin meme si ils sont trés peu á parler anglais. C´est le moment de sortir mon arme ultime : un carnet entiérement remplit d´images universelles.
Reperes élémentaires
Outre les reperes spatio-temporels (oú je suis, oú je vais, de combien de temps je dispose pour arriver avant la nuit, est-ce que j´ai un plan B ?), lorsqu´on voyage avec sa maison sur le dos, on est capable d´etre totalement autonome ne serait-ce que pour la nuit.
Meme si tous les jours sont différents, des repéres, il en faut quand meme. Les premiers jours sont difficiles parce qu´on a du mal á connaitre ses limites, ce qu´on a sur le dos, et du mal á apprivoiser ses craintes, sa timidité envers les autres.
Quand on connait tout ce qui compose notre sac á dos, c´est déja plus simple : oú sont placées les choses, comment ne pas les mélanger, les maintenir au sec, ce qu´on a besoin la veille pour le lendemain.
En total autonomie, je sais qu´il me faut 3 litres d´eau et quelques aliments á faire cuire et á conserver pour le lendemain : 1/2 litre pour faire cuire, 1/2 litre pour la vaisselle, 1/4 de litre pour le café du lendemain (mon seul moment de plaisir…), 1/2 litre pour la vaisselle, 1/4 de litre pour les dents (important pour ceux qui sont en face de toi) et le reste pour rejoindre la prochaine ville á pied (ou en auto-stop si on est chanceux).
Pour ce qui est des limites, on les repousse. Le sac devient moins lourd, les bruits dans la foret ne sont pas forcement la sorciére du « Projet Blair Witch » ; la timidité s´efface dés le premier jour quand il s´agit de demander son chemin, changer de monnaie, faire de l´auto-stop ou tout simplement discuter avec les gens curieux.
Tous les problémes qu´on rencontre dans la journée ne s´appellent plus des problémes. Ca devient des « habitudes-de-voyageur ».
Des bises á tous. On se retrouve au sommet !