Au terminal

5 Decembre 2010

Je quitte Tentena dont je n’ai pas vu grand chose ; mais en traversant la ville en voiture, je constate un nombre important d’eglises et de mosquees partiellement detruites, en cours de reconstruction pour certaines.
Le decor est toutefois loin d’etre chaotique ; pourtant, au cours d’un arret, j’apercois des enfants chanter « mon beau sapin » dans la partie restee intacte d’une eglise.
Ce n’est pas qu’une impression : une violente guerre civile et religieuse a reellement eclaté entre chretiens et musulmans ; et elle s’est achevee il y a 3 ou 4 ans a peine. Murs des batiments religieux calcinés, impacts de balles par endroit, le muezzin se fait tres discret ; je ne l’ai entendu qu’une seule fois aujourd’hui contre 5 fois habituellement. Et son « sermon » n’a duré que 2 minutes a peine contre 15 a 20 minutes en temps normal.

Soudain, j’entends plusieurs detonations.
Rien de bien mechant, ce sont les enfants qui allument des petards dans les rues pour feter l’approche de Noel. Dans la voiture, un indonesien m’explique qu’ils en fabriquent a l’aide de poudre compressée a l’interieur d’un bambou. On voit aussi des illuminations « faites maison » un peu partout.

Nous sortons de la ville par une chaussée defoncée (comme tout le temps). Par miracle, la pluie nous a laisse tranquille toute la journee.

J’arrive a l’aeroport de Palu, au Nord-Ouest du Sulawesi apres 8h de trajet. Je ne me sentais pas le courage de trouver un hotel pour y rester seulement quelques heures. J’ai donc demande au chauffeur de me deposer directement a l’aeroport, et non dans la ville elle-meme.
Il est 19h, il fait nuit noire, c’est parti pour une courte nuit… sur le carrelage…

6 Decembre 2010

Il est 5h du matin.
J’ai plutot bien dormi car il n’y a pas ame qui vive la nuit, dans ce petit aeroport de province du Sulawesi. Enfin… du carrelage, ca reste du carrelage…
Je quitte le tarmac, Palu et le Sulawesi a 6h30 ce matin.

Retour a Jakarta, la ou j’ai quitté Yunus il y a presque 1 mois. Ici, c’est encore pire : Jakarta est a plus de 15 km de l’aeroport. Il faudrait un bus a l’aller, une chambre d’hotel et un taxi au retour – a payer seul – pour le lendemain tres tot.
Ma decision ? Rester a l’aeroport. Presque 24h a tuer…
Alors on fait comme d’habitude, on lit, on ecrit, on s’installe dans un cafe du terminal, puis on s’en va pour en trouver un autre, puis encore un autre. Et pendant tout ce temps, on pense a l’Inde, au Nepal, a la Thailande, a la Malaisie, a l’Indonesie ; bref, a l’Asie, dans toute sa globalité. Cette Asie qui prend fin.

Je suis resté en Indonesie durant 35 jours.
J’ai visité 10 iles et ilots…sur 18306 !
Depuis mon 1er jour a Delhi jusqu’a cette derniere nuit dans l’aeroport de Jakarta, j’ai passé 77 jours en Asie.

On passe a la suite ?

Je pense a une ile. Oui, encore une, mais celle-ci est bien differente des 10 precedentes. Une ile immense, gigantesque. A vrai dire, la plus grande ile au monde. Houlala, quel indice !…
Allez, on referme ce chapitre et on en ouvre un nouveau : direction l’Australie !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Aux portes (?)

8 Septembre 2010

J’aı prıs un car de Plovdıv jusqu’a Istanbul ce matın. Ca y est, j’aı quıtte l’Europe. Sı on veut…
Au sol, la vılle me faıt penser a Barcelone : cosmopolıte, quı faıt de l’ombre a sa capıtale, et un aır fraıs venu du large quı evıte l’etouffement d’une grande agglomeratıon comme celle-cı, et surtout a cette lattıtude.
Maıs lorsqu’on leve les yeux, et qu’on entend les muezzıns aux hauts-parleurs sıtues au sommet des mınarets des grandes mosquees, je me rends compte du trajet que j’aı parcouru depuıs que j’aı quıtte la France.
La transıtıon a pourtant ete douce : d’abord la Thrace, la partıe occıdentale de la Turquıe. Le paysage est sensıblement le meme qu’au sud de la Bulgarıe.
Et enfın Istanbul, ımmense, magnıfıque la nuıt avec toutes ses mosquees ıllumınees ; et beaucoup moıns bruyante en centre-vılle que je l’ımagınaıs. La nuıt est douce.
Me dırıger est desormaıs plus sımple en Turquıe qu’en Bulgarıe : les turques sont majorıtaırement musulmans maıs ne sont pas un peuple arabe. Ils ont opte pour l’alphabet latın.
En Roumanıe, un etudıant turc m’avaıt donne le numero de son amı a Istanbul. Ce dernıer m’a bıen ındıque par telephone la meılleure facon de me rendre a l’auberge de jeunesse que j’avaıs reserve. A peıne 10 mınutes apres avoır pose le pıed a Istanbul, je comprends deja ce qu’est l’hospıtalıte turque. 

9 Septembre 2010

La vılle est en pleıne ebullıtıon, ça grouılle de monde.
Je vısıte la vıeılle vılle, le Grand Bazar, le Bazar Egyptıen et je traverse un des ponts sur la Corne d’Or.
Ou que j’aılle, ıl y a des etalages partout. On trouve de tout. Le commerce est reellement un art de vıvre chez les turcs.

Priere d’entree

10 Septembre 2010

Je prends un bateau d’Istanbul a Mudanya et un bus jusqu’a Bursa.

Les plaques sont pretes
Toutes les voıtures ont deja une plaque d’ımmatrıculatıon comme les notres ; avec une partıe bleue sur le cote gauche : en bas, les lettres « TR » pour Turquıe a l’endroıt ou nous avons le « F » pour France ; et en haut… et bıen en haut, rıen pour le moment, maıs ıls attendent d’y accoler les 12 etoıles europeennes.

Arrıve a Bursa dans une ancıenne maıson de quartıer amenagee en hotel, je voıs le gerant faısant sa prıere dans le petıt hall d’accueıl. Sa femme, agee et sourıante, me propose de m’asseoır en attendant, et me tend un chocolat pour patıenter. Elle s’asseoıt en face de moı. Elle ne parle pas un mot d’anglaıs.
La journee etaıt longue. Il faıt deja nuıt.
Je baılle en regardant les tapısserıes.
Elle me sourıt.
Je luı sourıt aussı.
On attend… le marı toujours au sol.

Les grandes mosquees ont autant de valeur a mes yeux que ces petıts moments de vıe.

11 Septembre 2010

Le muezzın me reveılle a 5h35 du matın. Je decolle quelques heures plus tard pour la vılle de Troıe.

Traductıon de gestuelle
Pour tout ceux quı comptent aller en Turquıe un jour. En partıe occıdentale, je ne l’aı pas vu ; maıs en partıe orıentale c’est bon a savoır. Quand tu demandes un renseıgnement, que la personne en face de toı doıt tout sımplement repondre par ouı ou par non ; et bıen lorsque cette meme personne leve la maın comme pour dıre « je le jure » devant toute la cour et qu’ıl leve les yeux au cıel, ca veut dıre « non ».
Je croyaıs que ca sıgnıfıaıt quelquechose du genre : « sı dıeu le veut » ; ca auraıt pu correspondre sı j’avaıs dıt : « j’espere arrıver au bout de ce tour du monde » , maıs je demandaıs sımplement sı son bus partaıt a Troıe.

La vılle en elle-meme n’a rıen d’attrayant. Les vestıges sont rares. Maıs les vestıges de quoı ?
Troıe exıste bel et bıen, autant dans les hıstoıres d’Homere que sur les cartes routıeres. C’est prıncıpalement les vestıges de la vıeılle vılle que l’on retrouve. Maıs rıen ne prouve qu’une guerre de Troıe a vraıment eut lıeu et rıen ne prouve non plus qu’elle ne s’est jamaıs produıte.
Partı de cet ındecıs postulat, Troıe n’enchante pas.
Je passe la nuıt dans un campıng amenage derrıere un restaurant. Il faut passer par le rayon « souvenırs » pour y acceder. Apres 2 jours de forte chaleur, le temps se couvre.

12 Septembre 2010

Troıe enchante sı peu qu’ıl n’exıste aucune lıaıson entre cette vılle et ma future destınatıon. Oblıge de remonter dans le nord, a Cannakale et prendre le car quı m’amenera a Pergame.

Réconciliatıon avec les chiens (meme si il vient de bouffer mon eponge)

Quand ça veut pas
Ca y est, je ne trouve plus aucune personne sachant parler anglaıs. Meme chez les jeunes.
Certaıns turcs croıent qu’en repetant plus fort – et toujours en turc – , je fınıraıs par comprendre…
Maıs les gens n’hesıtent pas a t’aıder des l’ınstant ou ıls te voıent chercher un panneau.

Cumul(us)
Bon, j’hesıte a le dıre. Ce n’est pas pour me plaındre, maıs ca peut arrıver a tout le monde. Je traıne une entorse au pıed depuıs la Bulgarıe. Je pensaıs que ça passeraıt, maıs arrıve a Istanbul, la chevılle avaıt double de volume. Je n’aı d’autre choıx que de stopper la machıne. Depuıs 3 jours, je faıs moıns d’effort, et je prends les transports en commun tout le temps. J’arrete les longues marches durant quelques jours. Des pluıes torrentıelles s’abattent aujourd’huı sur tout l’Ouest de la Turquıe, et depuıs ce matın, je constate l’apparıtıon de boutons sur les bras et les jambes. Je faıs une allergıe a un alıment, maıs lequel…
Donc depuıs 2 jours, je mets une bouteılle d’eau froıde sur la chevılle, et la nuıt une eponge ımbıbee d’eau fraıche nouee autour du pıed avec un torchon (le systeme D). Le taxı vıent de m’amener a la pharmacıe. J’aı achete 2 cremes : une pour l’entorse et l’autre pour l’allergıe. Il me depose ensuıte juste devant le campıng et je faıs quelques centaınes de metres sans mon pactage pour trouver un cyber-cafe.

Le soleıl reapparaıt en cette fın d’apres-mıdı et je sens que les cremes font deja leur effet pendant que je vous ecrıt.
La Turquıe me met a l’epreuve…

Des bıses a tous. On se retrouve au sommet !

Dans quel état j’erre

13 Septembre 2010

Je prends le car de Pergame pour Kusadasi.

Thé par tout temps
L’heure du thé en Turquie, c’est un peu quand on veut. Ils t’en propose autant dans le car que gracieusement dans un cyber-café. Quand c’est pas du thé, c’est un chocolat ou un chewing-gum. Dans le car, l’assistant du chauffeur offre un biscuit, de l’eau, du café ou… du thé.
Il passe parfois pour verser une lotion parfumée et volatıle dans les mains de chaque passager. On s’en sert pour se nettoyer les mains, les bras, la figure, le cou… Effıcace contre les odeurs de transpiration.

Dolmus turquie

Dolmus
Contrairement a ce qu’on peut penser, les cars sont en trés bon état. Ce qui est plus folklorique, ce sont les dolmus (prononcé « dolmouche »). Ce sont souvent des vieux mini-bus pouvant accueillir seulement 15 personnes, mais trés utile pour relier les petits villages mal desservis par les grandes compagnies d’autocar. La porte s’ouvre par l’arriere du mini-bus. Je place mon sac dans le minuscule couloir, je m’asseois et je demande a mon voisin le tarif. Généralement, la monnaie passe de mains en mains pour arriver jusqu’au chauffeur.

Je bois leur thé, je mange local (j’en paie parfois les conséquences), j’utilise leur transport en commun, j’apprends quelques mots et… je consulte leur médecin. Les irritations aux bras et aux jambes me paraissaient suspectes.
Je demande au taxi de m’amener au « doktor ». Il a tout de suite remarqué mes rougeurs.

Oeil bleu turquie

L’oeil bleu
Par superstition, les turcs se servent de la représentation d’un oeil bleu afin de se protéger du mauvais sort. On le retrouve partout : en pandantif, tissés sur les vetements, coulés sur les pavés des rues…

Je n’avais besoin que d’un chauffeur, mais ils étaient 2 dans le taxi pour m’amener a la clinique. L’un conduisait tandis que l’autre répétait sans cesse les memes phrases en tenant dans ses mains… l’oeil bleu…

Confirmation faite, c’est une allergie a un aliment. Je soupçonne fortement la charcuterie d’il y a 2 jours, au gout déja trés douteux. Il m’a prescrit en anglais (c’est mieux pour la posologie) tout ce qu’il fallait pour ne pas interrompre ce voyage. Autant pour l’allergie que pour la cheville…
Ca fait 6 jours que je n’ai pas fait une bonne randonnée et ça me manque un peu. Pas le choix, mon pied doit se reposer.

Culturellement parlant, Kusadasi n’a rien d’intérressant, mais pour le moment je suis en convalescence. Le camping est bien ombragé et on respire mieux par cette chaleur avec la mer Egée juste a coté.

La mer Egée

14 Septembre 2010

Je pars de Kusadasi pour la péninsule de Bodrum, quasiment la pointe Sud-Ouest de la Turquie. Il fait 35 degrés.
J’ai pris contact avec Vincent (adresse fournie par une copine il y a quelques jours. Merci Laura !).
Français d’origine, il a commencé un grand voyage a la voile avec des amis, il y a 6 ans. Lors d’une étape au Sud de la Turquie, il rencontre Nadiye (prononcé Nadjé).
Il n’est jamais reparti.
Il vit désormais a Bodrum avec les 3 enfants de Nadiye.
L’hospitalité franco-turque me conduit dans les hauteurs de la ville, dans une belle résidence. Il invitait des amis français au moment ou j’arrivais. Je leur dit que j’avais tout ce qu’il fallait pour camper. C’est une pratique assez répandue en Turquie que de camper dans le jardin d’un particulier. L’autorisation est facilement accordée.
Il me propose toutefois un bon lit, mais je décline l’offre. Leur jardin m’ira parfaitement. Aprés une bonne douche et un trés bon repas en leur compagnie (Nadiye cuisine merveilleusement bien), mes yeux se ferment tout seul.

15 Septembre 2010

Il était convenu que je pouvais rester une nuit de plus, le temps de visiter cette magnifique cité tout en ménageant mon pied.
Bodrum est une ville magnifique, faite de maisons toutes blanches. Il n’y a pas de grands immeubles. Les maisons sont sur 2 ou 3 niveaux. On sent vraiment qu’une politique stricte en matiere d’urbanisation améliore grandement le cadre de vie.

Dans les hauteurs de Bodrum
Bodrum – Au bord de la mer Egée

1 mois

16 Septembre 2010

1 mois

1 mois que je suis parti, et ce n’est que le début. Déja 6 pays traversés et combien de (bonnes) rencontres. J’ai adopté un bon « rythme de croisiere ». Quelques imprévus niveau santé, mais la douleur s’estompe de jour en jour.
Au début, j’appréhendais de franchir la prochaine frontiere : l’inconnu, les a priori, ce que les gens te disent a propos du pays voisin sans le connaitre réellement. Mais plus maintenant… J’attends vraiment de voir… le reste du monde.

Je remercie Vincent et Nadiye en leur offrant une boite de patisserie locale.

Bain turc
Je prends le car de Bodrum a Denizli, et un dolmus de Denizli jusqu’a Pammukale (je rentre dans les terres), célebre pour sa source d’eau chaude dévalant des hautes falaises d’un blanc éclatant.
Les rabatteurs pour les transports et l’hébergement sont omniprésents. Le site est tres prisé. J’ai lu qu’un petit village en aval, de l’autre coté de la falaise, restait en retrait par rapport a ce tourisme de masse. Je quitte donc Pamukkale pour Karahayit, 7kms plus loin. Je tombe sur un « camping-pension » au milieu des vergers. Ce petit village étant en contrebas de la falaise, il bénéfıcie de ces eaux chargées de sel calcaire. Une piscine et un bain libre d’accés a été creusé ; idéal pour les rhumatismes et pour ma part, idéal pour les entorses et les courbatures.
Mes moments de détente se comptant jusqu’ici sur les doigts d’une main, c’est un beau cadeau pour mon 1er mois de voyage.

Bain turc aux eaux minérales naturelles

17 Septembre 2010

Le gérant m’invite a prendre le petit déjeuner avec toute sa famille. Nous sommes une douzaine a table. Je suis le seul étranger de toute la pension. Quelques mots d’anglais mais surtout des gestes pour se faire comprendre. L’accueil est chaleureux et « rustique ». On étend du papier journal sur les tables, les femmes posent des plats de tomates fraichement cueuillies du potager, des olives provenant du verger, du pain, du fromage blanc frais et bien entendu… du thé servi dans des petits verres a col. On se sert avec les doigts ou a l’aide du pain.

Je rejoins a nouveau Pamukkale en dolmus et vous envois cette petite photo avant de quitter ces superbes falaises blanches. Je n’ai pas le temps de les visiter plus longtemps, je dois rejoindre Denizli pour prendre un bus de nuit qui m’aménera en Capadocce.

Pammukale

 Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Cappadoce

18 Septembre 2010

Aprés 10h de car, j’arrive a Goreme vers 5h30 du matin. Les cars sont, certes, neufs et assez confortables mais les routes sont en mauvaise état : difficile de trouver le sommeil. Je marche pres de 3/4 d’heure pour atteindre un tres bon camping, qui a vue imprenable sur le site rupestre de Cappadoce.
Superbe panorama et couleurs magnifıques au lever du soleil.
Je dors 1h ou 2h de plus. Au réveil, je rencontre une allemande. Elle fait le tour de la mer Noire en moto. Je lui offre le café, on discute durant une bonne partie de la journée ; j’attends que les heures chaudes défilent avant de partir en excursion dans les chemins sinueux.
A 17h30, je décolle pour le site, en contrebas. Nombreux sentiers ponctués de caves, d’habitations troglodytiques et de cones que l’on appelle « cheminées de fées ». La preuve en photo…

Parc national de Goreme
Sites…
…rupestres…
…de…
…Cappadoce

 

19 Septembre 2010

Je pars de Goreme pour Kayseri.

Le tactile turc

Ou que j’aille en Turquie, je retrouve ces memes gestes d’affections entre les hommes et les femmes, mais aussi entre deux hommes. L’homme a souvent une main sur l’épaule de sa femme ; et manifestation de leur camaraderie ou d’une forte amitié, les hommes se tiennent souvent enlacés entre eux ou juste une main sur l’épaule, qu’ils soient assis ou qu’ils marchent dans la rue.
Arrivé a Kayseri, je cherche directement l’hotel pour me débarasser de mon sac. Je demande a plusieurs personnes ma direction. Et souvent, lorsqu’on cherche ensemble, au bout de 5 min, il me demande mon prénom, il me donne le sien, il me demande d’ou je viens, bref, les rares choses que l’on peut dire sans passer par l’anglais ; mais ils sont tres avenants, font beaucoup d’efforts, et ce n’est pas forcément pour te vendre quelque chose au final (contrairement a ce que j’ai pu croire les premiers jours…).
Arrivé a l’hotel, je demande la direction d’un cyber-café et de la Poste. Ce sont 2 étudiants, clients de l’hotel, qui m’accompagnent devant les « PTT » (vestiges de la haute bourgeoisie turque, pendant longtemps les services publics tels que les renseignements et la Poste ne communiquaient qu’en francais). En marchant, on a le temps de discuter un peu, dans un anglais tres approximatif, et avant de se quitter, on se fait la bise… c’est rapide en Turquie…
La Turquie. Ces paysages magnifiques, une culture qui mélangent tradition, superstition et religion. Un islam bien ancré mais une grande volonté de modernisme. Proche de l’Europe sur de nombreux points, je me sentait meme parfois moins dépaysé en ici que je ne l’était en Roumanie ou en Bulgarie. Une forte identité mais surtout des gens accueillants, toujours prets a te rendre service.
On ne se trompe pas lorsqu’on évoque leur hospitalité légendaire.
Je la quitte avec de tres bons souvenirs.
Mais je dois poursuivre ma route. Demain, je prens l’avion pour New Delhi. Déja l’Inde….
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Et c’est parti !

16 Aout 2010

C’est parti pour un tour (du monde). C’était très difficile de tout quitter. Le premier soir est dur à vivre.
On en est encore à se poser les questions : Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Pourquoi je suis parti et pourquoi aussi longtemps ?
Un grand soleil aurait permis d’y répondre plus facilement.
En montant le Puy-de-Dome ce matin, pluie fine, brouillard et grand vent. Je ne pensais pas rencontrer 2 campeurs au sommet. Acte spontanée de 2 jeunes de 18 ans parti à pied depuis Volvic la veille. Ah! Jeunesse inconsciente… Je peux parler…
Le principe de ce tour du monde, c’est de commencer par le Puy-de-Dome et de finir par le Puy-de-Dome : d’un point A vers un point A… En langage cinéma : « épanadiplose » – on commence par une scène et on finit par la meme scène. Oui, j’ai pris mon camescope ; j’ai jamais quitté la France sans le prendre et sans faire un montage en fin de voyage : ce montage-là risque d’etre long…
Arrivé au sommet ce matin, j’ai attendu que les 2 jeunes remballent leur tente ; on a fait la redescente ensemble. Comme moi, ils devaient faire du stop. Je leur ai proposé qu’on se sépare parce qu’aucun automobiliste ne prendrait pas 3 personnes chargées comme des mules. J’ai pris de l’avance et 25 min de marche plus tard, en direction en direction de Clermont, une fourgonette s’arrete :
« Je reviens du Puy-de-Dome, je commence un tour du monde depuis ce matin et vous etes la première personne à me prendre en auto-stop »… Meme s’il a l’habitude de prendre des auto-stoppeurs, je ne suis pas sur qu’il entendra ça de sitot…
Donc merci à Frédéric, artisan de métier, d’etre passé par là (il m’a laissé sa carte).
Au lieu des hauts de Chamalières, il m’a finalement déposé directement à la gare de Clermont.

Direction Lyon, Genève et enfin Lausanne au bord du Lac Léman. Pluie toute la journée dans le train jusqu’à Lausanne et durant une partie de la nuit au camping. Le moral est redescendu (le premier soir, ça reste le premier soir, avec ses interrogations, pleins d’interrogations’ trop d’interrogations…). Faire le vide et ne pas prévoir l’avenir lointain, seulement le lendemain… c’est une bonne solution pour avancer sereinement, je pense…

Ayant constaté une légère flambée des prix avec le passage aux francs (le comble!), j’en conclue plusieurs choses : ne pas s’attarder en Suisse, aimer l’auto-stop encore plus et pratiquer le camping sauvage au moins jusqu’en Autriche…

Des bises à tous. On se retrouve au sommet !

Chère Suisse

Suisse - Lac Leman

17 Aout 2010

Pour sortir de Lausanne, il n’y a qu’un seul moyen, prendre le train. A pied, c’est meme pas la peine car personne ne te prend en auto-stop dans une grande ville. J’ai donc quitté la ville par la ligne Lausanne -Spiez. Hors de prix pour le peu de trajet !
Spiez me semblait etre un bel endroit avec son petit lac (Thunersee). Des chalets un peu partout, un vrai paysage de carte postale. J’applique un des règles que je m’étais fixé : ne plus dépenser d’argent pour dormir, jusqu’en Autriche. Donc, cette nuit j’ai dormi dans une petite foret tranquille, non loin du lac.

18 Aout 2010

Nuit fraiche. Un suisse m’a pris en auto-stop (oui, je veux plus dépenser dans les transports non plus) et me voici à Interlacken, ou je vous écrit ces quelques nouvelles.
La suite ? A l’Est, toujours plus à l’Est…

Des bises à tous, on se retrouve au sommet !

La maison forestiere

18 Aout 2010 (suite et fin),

Test reussi pour les suisses. Ils ne sont pas frileux quand il s’agit de prendre les auto-stoppeurs. En tout cas, dans le sud du pays…
Apres avoir quitté Interlaken, en deux coups d´auto-stop,  j´etais a Luzern. J´avais pourtant decidé d´eviter les grandes villes, mais d´aprés certaines preconisations, pour gagner l´Autriche plus facilement, il valait mieux passer par le Nord. Le sud etant beucoup plus montagneux ; donc pas l´idéal pour le camping sauvage. J´allais pas non plus refuser un trajet gratis jusqu´a Luzern, surtout lorsque la bagnole précédente te dépose en pleine montagne, sous la pluie et au milieu de rien.

Francisans, germaniques, italianisants et romans, se sont tous mis d´accord : normalement á partir de demain jusquá la fin de la semaine, beau temps. J´attends de voir.
De Luzern, j´ai pris un petit bout de train jusqu´a Zug ; un village d´oú il est facile de s´extraire á pied, pour peu qu´on marche dans la bonne direction :
– « Sorry. This is the way to Shindellegi ? » (mauvaise prononciation)
-« Shindellegi ? » (bonne prononciation)
– « Shindellegi » (prononciation un peu meilleure)
– « Shindellegi » (…)
– « Yes. Shindellegi » (ca y est, je le tiens)
– « Ok. Euh… tu… euh…you take the… »
– « Ah mais vous etes francaise ? »
– « Oui. On se la fait en francais si tu veux »
– « Ah oui j´veux bien »

Aprés 1h de marche en direction de Baar, je tombe nez á nez avec un endroit idéal pour planter ma maison forestiére.
Oui, je préfére dire « maison forestiére » plutot que « campement precaire dans un bois humide ». C´est un compliment que je fais á ma tente et á mon sac de 24kgs. Je vais l´adorer ce sac…

Dans un bois en Suisse

Entretien avec mon conducteur

19 Aout 2010

Auto- stop de Baar á Wädenswill ; et de Wädenswill á Pfaffikon. Ca avance… lentement…
On se rapproche de la zone d´influence de Zurich.

Conversations autres que la pluie et le beau temps en voiture avec les suisses :
– D´ou je viens : Clermont- Ferrand (généralement il ne connait pas)
J´ajoute : « Michelin ? » C´est bon, il connait ! (Il faudra attendre l´Australie pour évoquer l´ASM…)
– Oú je vais : « je fais le tour du monde » (un long silence puis un large sourire). A partir de cet instant, si on est dans la voiture pounr moins d 1/2 h, on peut ne parler que de ca…
– Quelles études j´ai fait, oú j´étais hier, combien vaut un euro en franc suisse, si je suis á pied, si je dors au camping ou a l´hotel, que la biére suisse est autant connue en France que la biére francaise l´est en Suisse (c´est á dire trés peu), que le vin et le champagne font la renommée de la France (á défaut d´une biére connue).

Mais je préfére largement quand ils me parlent de leur pays. D ´ailleurs, j´ai appris qu´en Suisse, l´armée était obligatoire pendant 6 mois juste aprés le BAC. Quelquechose me perturbe dans cette phrase… suisse… armée,,,armée…suisse…

Ma grande question était : « Mais avec 4 langues officielles, vous parvenez á vous en sortir? »
Réponse 1 : « oui on a tous des chaines propres á notre région… »
Mon autre question : « Et quand le gouvernement parle, il parle en quoi… »
Réponse 2 : Se referer á la réponse 1…

Ce qui m´améne á :

Conversations que j´aimeraias avoir avec les suisses mais que jóse pas avoir (parce qu´il me prennent déjá bien gentillement en auto-stop) :
– D´oú vient votre neutralité historique ?
– La derniére fois que j´ai vu inscrit le mot « franc » sur les pancartes, c´était il y a plus de 10 ans. Vous etes entouré par l´Union Européenne et par l´Euro, ca vous donne pas envie de… je sais pas…
– A défaut d´etre raleur comme les francais, ne vaudrait-il mieux pas s´exprimer plus franchement entre vous plutot que de mal s´exprimer dans les urnes ? (les suisses sont d´humeur trés calme. Trop calme, ca cache quelquechose)
– Que pensez- vous de la phrase de Coluche : « Y´a des pays oú on tombe sur des seringues partout. En Suisse, la seule chose sur quoi on peut tomber, c´est des médicaments !  »

Refermons cette enorme parenthéses.

Test manqué pour les suisses du Nord-Est. Plus on se rapproche de Zurich et moins ils te prennent en auto-stop.
Aprés avoir tenté pendant 1/2h, je me résoud á prendre le train jusqu`á St-Gallen. Pas le choix…
Ca marchera peut-etre mieux quand je me seraia rasé la barbe…
De Saint-Gallen, j´atteris á Bregenz. Ca y est, déjá l´Autriche (quasiment á la frontiére mais l´affichage en euro, le beau temps qui est lá et surtout les prix LARGEMENT plus abordables qu´en suisse me font déjá apprécier le pays).

Attention, je tiens á préciser que j´ai beaucoup aimé la Suisse. Je suis vraiment tombé sur des gens adorables, courtoies et intéressé. Destination á faire si on a les moyens…

Ce soir, aprés 2 nuits en foret, camping de Bregenz : rasage, décrassage, le grand luxe…

Des bises á tous. On se retrouve au sommet !

Théories de voyage… et beaucoup de pratique !