25 Aout 2011
Matinée a fagoter les branches de la clairiere. Des allers-retours jusqu’a 13h.
En milieu d’apres-midi, nous tentons avec Alison et Joan de faire de l’auto-stop jusqu’a Bovec, histoire de faire quelques courses au supermarché. Un local nous récupere sur la route apres 1/2h de marche sans apercevoir le moindre véhicule.
Nous sommes en fait attendus a Zaga, le village d’a-coté, pour un barbecue au bord de la riviere.
Nous tentons alors a nouveau l’auto-stop a la sortie de Bovec. Beaucoup de voitures passent ici, et pourtant, aucune ne s’arrete. Slovenes, italiens, autrichiens, allemands, espagnols… personne !
Nous partons a la petite station-essence, a quelques metres de la sortie de la ville, afin de faire le « forcing » et d’interroger directement les automobilistes sur leur destination pendant qu’ils font le plein. Toujours rien…
Il est 18h et nous décidons d’abandonner.
C’est au meme moment qu’Alison nous appelle pour nous dire qu’elle nous envoie une voiture, un de ses amis anglais, venus de Zaga.
Finalement, le barbecue aura bien lieu :


Ca ne se voit pas sur la photo, mais l’eau est vraiment turquoise. Et c’est la meme purete qui sort des robinets, dans toute la vallée.
Les amis d’Alison sont pratiquement tous anglais. Certains possedent aussi une maison dans les environs. Il y a néanmoins une slovene avec qui je peux entretenir mon italien. Elle l’a apprit sur le tas, apres 35 années passées a servir les touristes a La Poste de Bovec.
Elle est née ici, et me dit que la riviere Soca est une des plus pure de Slovénie car aucune usine ne s’est implantée a son bord. Je la vois d’ailleurs rincer les verres a l’eau de la riviere. J’en fait autant de mon coté ; ne mélangeons surtout pas le fond de vin slovene avec la biere slovene que Joan s’apprete a me servir…
Il fait maintenant nuit, apres un bon repas au bord de l’eau, nous partons. Difficile de se tenir éveillé plus longtemps, les matinées de travail sont assez physiques. Nous avions anticipé le retour en réservant un taxi.
A 3, ca réduit les frais. Dans tous les cas, il aurait été impossible pour nous de faire de l’auto-stop : personne n’oserait prendre 3 auto-stoppeurs en pleine nuit…
26 Aout 2011
Fagotage, fagotage et encore fagotage.
J’avais demandé a Alison si elle a déja vu un ours dans les environs. Elle m’a répondu : « pas encore ». Ils vivent plutot dans le sud du pays. On en compte encore 500 en Slovénie. Alison pratique le compostage : épluchures de fruits et légumes, coquille d’oeufs, pain, papier, carton… tout est versé dans une benne, a quelques metres de la maison, pour un long processus de biodégradation (et contrairement a ce qu’on peut penser, ca ne sent presque rien meme a 1m50 du compost).
Elle m’a cependant dit de ne pas jeter d’os, justement a cause des ours : ca les attire !
Nous sommes ici au milieu des montagnes et en pleine foret. Il est fort possible qu’un jour, nous recevions une visite de ce genre…
On est dans un coin superbe ; impeccable pour y passer l’été. Mais Alison nous dit que l’hiver est totalement différent, tres rigoureux. On atteind facilement les -15 degrés.
Nous déplacons petit a petit la foret de la clairiere pour venir l’accumuler en face de la grange. La meilleure solution pour passer le temps, c’est de discuter durant les allers-retours. Et ca marche plutot bien. On se concentre plus sur la discussion, et moins sur les épaules qui faiblissent sous le poids des troncs d’arbres fagotés.
Fin de la journée de travail puis sieste réparatrice.
La derniere fois que je suis resté vraiment plusieurs jours consécutifs au meme endroits, c’était sur le cargo, au Pérou, il y a 3 mois ; avant ca, c’était a Alice Springs en Australie. Et c’est tout pour ce tour du monde !
Meme si le travail est assez physique le matin, j’apprécie cette « pause » dans ce voyage.
En toute fin d’apres-midi, alors que le soleil a déja disparu derriere les montagnes, nous partons avec Alison et Joan pour une expédition dans la foret.
Il y a un poste d’observation a quelques centaines de metres de la maison. Nous y voila :

Mais il y a trop de bruits, le voisinnage est tout proche. C’est raté pour ce soir…
27 Aout 2011
Clarifions la clairiere encore ce matin. Le ciel se couvre peu a peu couvert et quelques gouttes tombent dans la matinée.
13h sonne la fin du travail pour aujourd’hui, pour la semaine, et c’est aussi la fin de l’expérience wwoofing pour Alison et Joan, apres 2 semaines passés ici. Ils ne partiront que demain.
Sieste et farniente avant qu’un violent orage n’éclate ! Tout ce qui n’a pas plu durant cette chaude semaine s’abat sur Bavsica, un vent puissant balayant la vallée a coup de rafales.
J’etais en train de me demander depuis quand que je n’avais pas vu la pluie. Pas depuis mon retour en Europe, pas depuis le Moyen-Orient, pas de pluie non plus durant toute la partie « Afrique »… Il faut remonter au Brésil, a Rio de Janeiro ! J’ai eu plutot de la chance avec la pluie dans ce voyage.
En fin d’apres-midi, le ciel bleu réapparait progressivement sur toute la vallée.
28 Aout 2011
Hier était donc le dernier jour de travail pour Alison et Joan. Tout deux iront visiter Ljubljana avant de rentrer en Espagne. Ils doivent partir tot ce matin meme si leur bus est en fin de matinée. C’est en prévison.. au cas ou personne ne les prend en auto-stop. Et c’est ce qui m’attendra lorsque moi aussi, je quitterais la vallée…
Je reste seul avec Alison pour une poignée de jours, avant l’arrivée de nouveaux wwoofers en toute fin de mois.
La vallée de Bavsica se trouve en fait dans le Parc National du Triglav, le seul parc national de Slovénie.
C’est dimanche, j’en profite pour faire une petite balade dans les environs :

Les heures passent. Un peu fatigué de la semaine, je redescend par le chemin et rentre a la maison pour écrire, assis sur la table extérieur du jardin.
Quelques minutes plus tard, je recois la visite d’un couple de retraités slovenes. Le pere me demande :
-« C’est toi qui parle italien ? » (Alison a du leur en parler)
– « Oui, un peu »
Ce sont des voisins, je leur dis qu’Alison est partie en ville. Ils me répondent alors en italien : « c’est pas grave, on ne faisait que passer »
Ils s’asseoient tous les 2 en face de moi et commencent a me poser des questions en italiens.
Je ferme alors mes cahiers pour vraiment m’entretenir avec eux. Ils m’expliquent que durant la 2nde guerre mondiale, les troupes de Mussolini ont envahi une bonne partie de la Slovénie ; tout le monde devait alors parler italien ; interdiction formelle d’utiliser le slovene sur les panneaux, dans les commerces… Ils avaient tout deux une dizaine d’années, mais se souviennent tres bien de cette periode ou les troupes fascistes menaient la vie dure aux populations locales.
Il est vrai qu’en Slovenie, beaucoup parlent italiens. Durant longtemps, (et encore maintenant pour certains), on n’appréciait pas l’utiliser parce que c’est la « langue de l’envahisseur » ; mais le tourisme a prit le pas progressivement.
C’est un couple adorable. Il prennent plaisir a discuter avec moi dans cette langue. Ils me disent que je peux venir les voir chez eux quand je veux. Ils m’amenent d’ailleurs a 300m de la maison, pour que je sache précisément ou ils habitent. C’est vraiment a 2 pas.
J’y retournerais, je dois maintenir mon niveau en italien.
29 Aout 2011
Comme tous les matins, Alison prépare du porridge, une bouillie d’avoine traditionnellement servie lors du 1er repas de la journée dans les cultures anglo-saxone et slave. J’habite chez une anglo-saxone en pays slave, donc impossible d’y échapper ! C’est un plat qui réchauffe, car depuis les pluies survenues avant-hier, les matins sont beaucoup plus frais dans la vallée .
C’est lundi. Reprise des travaux. Je suis désormais le seul wwoofer a travailler dans la propriété. Alison me propose de couper le bois accumulé devant la grange ; il doit avoir une taille suffisamment petite pour qu’il puisse passer dans la cheminée et le poele du salon. Ramassage des pommes tombées dans le jardin a cause des intempéries, puis coup de tondeuse.
J’ai déja effectué plus de la moitié de mon séjour dans la vallée de Bavsica.
Il est temps de partir a vélo pour me rendre en ville et vous écrire ces quelques lignes.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !
Bonsoir Alex. Je te sais un wwoof à Giat. Le retraité cherche un jeune pour ramasser des pommes de terre, désherber, couper du bois et tu pourras ouvrir ses ruches si tu as envie de miel. Il a un fils qui préfère faire de l’informatique.
Ne te presse pas pour rentrer Comme ça, on pourra monter par le le train . A plus .
Hehe… d’habitude, je suis plutot branche informatique aussi. Je comprends alors aussi ton fils 😉 A l’avenir, j’essaierais de combiner les deux. Bisous toi et a Mathieu.
PS : Oui, j’ai bien peur que le train ne soit pas pret lorsque je rentrerais…
hola camarade! ça à l’air bien classe cette petite vallée! allez, on se chope à clermont, facile depuis que i’m back..:)
chill out man!
bru
Soon… very soon… bisous
C’est un voyage mouvementé et intense ce tour du monde!Tu dois être bien crevé..En tout cas j’ai suivi ça avec interêt! La boutique de lombrics attendra ton retour;-)