Lawrence d’Arabie et le Canyon du Croissant de Lune

27 Juillet 2011 (suite et fin)

Je rentre a l’hostel apres mon apres-midi de marche dans le Sinai.
Je demande alors au gérant a quelle heure part le bus demain pour ma prochaine destination : je pars a Nuweiba, au sud-est du Sinai.
Il me dit qu’il n’y a pas de bus.

Je lui réponds alors :
– « Poutant, c’est écrit sur mon livre »
– « Non, il n’y en a pas depuis longtemps. Tu dois prendre le mini-bus »
– « Mais sur mon livre ils disent que pour aller a Nuweiba, je dois changer a Dahab »
– « Crois-moi, il n’y a pas de bus. Ils ont été annulé. Je ne suis pas un menteur »
– « Je te crois. C’est combien un mini-bus ? »
– « 200 a 250 pounds »
– « C’est cher »
– « Je te le négocie a 200 »
– « Ok. Merci »

Je n’ai pas vraiment d’autres solutions : il n’y a pas de touristes dans l’hostel, donc pas de possibilités de me faire amener autrement qu’en mini-bus.
La situation politique, c’est ca le vrai probleme… Ca a annulé beaucoup de liaisons routieres plus suffisamment rentables. J’étais vraiment tranquille dans le Sinai, mais j’aurais préféré que ce soit dans un contexte différent…

Je m’installe sur la terrasse pour écrire un peu. Le gérant s’assoeit en face de moi. Ils viennent souvent vers toi, meme si ce n’est pas pour parler beaucoup :
– « Aaaaah… life is life ! » me dit-il
– « En francais, on dit : C’est la vie ! Beaucoup d’étrangers le disent dans le monde lorsqu’ils rencontrent un francais parce que c’est facile a retenir »
– « C’est la vie ? »
– « C’est la vie »
– « Alors si je vois des francais, je peux leur dire : c’est la vie »
– « Oui mais tu dois dire quelques phrases avant, sinon ca veut rien dire »
– « D’accord… C’est bon tu prends le mini-bus demain a 8h pour 200 pounds »
– « Ok… Tiens par exemple : Il n’y a pas de bus pour aller a Nuweiba demain. C’est la vie ! »

28 Juillet 2011

Je prends donc le mini-bus de Hamed Abu Mattar Taxi 10254 St-Catherine (il m’a donné sa carte). C’est un ami du gérant.
Il est 8h et il faudra 2h pour rejoindre Nuweiba.
Le paysage change a nouveau. Les chameaux en liberté occupent parfois le bord de la route. Des montagnes rocailleuses du Sinai, on passe lentement a un paysage, encore plus aride : la terre s’affine, change de couleur, les dunes venant percuter les basses montagnes aux tons ocres.

Le chaufeur trace sur une route plutot droite et en bon état. Le véhicule ne sera stoppé que 2 fois par 2 check-points successifs. Le controle de mon passeport est tres sommaire. On regarde souvent seulement la couverture : Union Européenne – République Francaise. Ca suffit…
Le chauffeur salue chaleureusement les militaires, armées d’AK-47 qu’ils tiennent comme on peut tenir un simple baton. Ils sont a chaque fois plutot jeunes et toujours souriants. Pour ce qui est de la jeunesse égyptiennes, il n’y a rien a dire : ce sont les enfants les plus éduqués et les plus polis que j’ai pu rencontré. Les petits mexicains l’étaient aussi.
Les ados ? Ah les ados… c’est autre chose… mais c’est pareil dans tous les pays… alors…

Bref, le chauffeur, sur demande des 2 militaires, les transporte au niveau du dernier check-point, a l’entrée de Nuweiba.
Nous y arrivons finalement en a peine plus d’1h. Je suis tres en avance.

Nous sommes au bord de la mer Rouge et je m’apprete dans quelques heures a traverser le Golfe d’Aqaba pour justement rejoindre la ville d’Aqaba, en Jordanie.

J’attends dans l’immense salle prévue pour les passagers. Je discute avec un jeune saoudien qui enseigne l’anglais dans son pays. Il est en voyage. Il me pose des questions simples, juste pour pouvoir discuter un peu.
Il me demande combien de langues je parle. Je lui demande a mon tour si il comprend toutes les langues arabes. Il me réponds qu’autour de son pays – Yémen, Oman, Qatar, Jordanie, Syrie, Irak… – il n’ya pas de probleme. En Egypte, ils ont un accent différent mais il comprend aussi. En revanche il a du mal a comprendre l’algérien et surtout le marocain puisqu’ils ajoutent des mots francais dans leurs phrases. Il me dit alors :
– « Si les marocains parlent lentement, je peux comprendre »

Ca doit etre l’équivalent de nos québécois…

Je filme un peu cette grande salle d’attente. Les gens circulent ou dorment, les enfants s’amusent. J’en profite aussi pour faire une sieste sur un des bancs en bois.
Il est plus de 16h, nous embarquons enfin sur un gros ferry pour 1h… normalement…

Mais le bateau a pris du retard, et j’arrive en pleine nuit – en plus du changement d’heure – a Aqaba. Je suis avec un groupe d’étrangers que j’ai rencontré sur le bateau. Britanniques, espagnol, portuguais… A la sortie du bateau, nous devons empreinter un chemin différent des égyptiens pour les formalités d’entrée.
Certains poursuivent leur route vers le Nord, a part Barry, un anglais, qui a l’intention de passer la nuit a Aqaba avant de partir demain matin a Rum, comme moi.

Il me propose de partager l’hotel pour ce soir. Pas de problemes.
J’ai pris la peine d’échanger mes livres égyptiennes contre des dinar jordaniens.
Une fois les affaires posées, nous partons en ville. De quoi a l’air Aqaba…

 

Thomas Edward Lawrence
Archéologue, écrivain, espion… T.E Lawrence accéda a la notoriété durant la 1ere Guerre Mondiale en tant qu’officier de liaison britannique durant la Grande Révolte Arabe, afin de libérer la Péninsule arabique de l’Empire Ottoman.
Il cherche principalement a convaincre les mouvements nationalistes arabes de se rassembler pour aider les intérets britanniques, en guerre contre les ottomans. Sa connaissance de la langue arabe et de sa culture seront des atouts décisifs dans ce conflit.
Sans prendre l’avis de l’Etat-major anglais, lui et les troupes arabes organisent une action contre le port stratégique d’Aqaba. Franc succes.

Aujourd’hui, Aqaba reste toujours une position stratégique car c’est le seul port de Jordanie.

Je dis a Barry que j’aimerais visiter le vieil Aqaba demain matin, avant de partir.

Il fait encore tres chaud cette nuit.

29 Juillet 2011

Aqaba, c’est aussi et surtout une station balnéaire ou tous les jordaniens se rendent pour profiter de la Mer Rouge dans leur pays ; car pour le reste, pas grand-chose a se mettre sous la dent : les ruines de la vieille-ville s’étendent sur a peine 500m carré ; le plus haut muret m’arrivant au niveau du genou.
Pas d’inscription, pas d’information sur place, RIEN !

Nous repartons en direction de l’hostel. Il est 8h du matin, les gens sont déja sur les plages :

De l’autre coté, la ville d’Eilat, en Israel. Sur la gauche de la photo, derriere l’arbre, c’est le début du Sinai en Egypte

Les frontieres tiennent dans un mouchoir de poche. 12kms au sud d’Aqaba, et c’est déja l’Arabie Saoudite.

Arrivés a la station de bus, nous apprenons qu’il n’y a pas véritablement de bus se rendant a Rum, pour la simple et bonne raison que le village se situe en plein désert. Par contre, le mini-bus s’arretera sur la voie express, et ce sera a nous de nous débrouiller pour rejoindre Rum en autostop.
Nous craignons de rester longtemps sous le soleil de plomb sans voir passer un véhicule. Finalement, proche de la station, un taxi nous propose un prix 10 fois inférieur a ceux des rabatteurs. Nous embarquons.

Le chauffeur a un ami a Wadi Rum qui pourrait nous assurer une sortie dans les alentours du village.
Rum, c’est en fait quelques maisonnettes perdues au milieu d’une vallée (« Wadi » en arabe) connue pour son caractere pittoresque, son désert de sable, ses tentes bédouins et pour avoir abrité T.E Lawrence durant l’écriture de son fameux récit auto-biographique : « les 7 Pilliers de la Sagesse ». C’est aussi dans ce désert que fut tourné le film « Lawrence d’Arabie », de David Lean.

Nous sommes invité chez Slman a prendre le thé dans sa maison. Originaire d’Arabie Saoudite, sa famille a émigré en Jordanie il y a 200 ans. Il revete d’ailleurs d’une jellaba blanche (robe longue d’une seule piece a manches longues) , d’un keffieh rouge et blanc sur sa tete (piece de tissu a carreau) retenue par une bande qu’on appelle l’akal, servant a le maintenir. A la télé, on en voit beaucoup lors des réunions de l’OPEP ! Slman en fait d’ailleurs plus ou moins allusion lorsqu’il nous dit qu’en Arabie Saoudite, l’eau vaut plus chere que le pétrole : 20litres d’essence leur coute 50 centimes d’euros ! Ca fait rever…

Nous sommes assis dans la piece principale recouverte de matelas le long du mur. Slman nous offre le thé dans de petits verres tout en nous proposant une sortie a Wadi Rum. Nous ne tardons pas avant de nous décider a faire ce qu’il nous propose, en y ajoutant une derniere sortie demain matin.

L’oncle de Slman entre dans la piece. C’est un homme simple, habillé comme Slman, qui se présente a nous avec un anglais des plus basiques… voire quasi-inexistant. C’est lui qui nous servira de chauffeur pour ce tour en 4X4. Et oui, la voiture a remplacé le chameau depuis bien longtemps ; et les bédouins, autrefois nomades, se sont pour beaucoup sédentarisés. Le petit village de Rum en compte quelques-uns. Pour le reste, quelques traditions persistent encore : on éleve toujours les chameaux, caprins et ovins ; et on offre toujours le thé aux étrangers sous les tentes traditionnelles.

Il est presque midi, sans plus tarder, nous partons en 4X4 dans le désert de Wadi Rum, qui n’est autre que l’une des portes d’entrée du grand désert d’Arabie : la plus vaste étendue de sable au monde, recouvrant la quasi-totalité de la surface de la péninsule arabique.
Le 1er arret sera la Source de Lawrence, nommée ainsi parce qu’elle fut l’un des endroits ou Lawrence d’Arabie écrivit son livre. Cette source se trouve prisonniere dans une cuve naturelle au sommet d’une montagne. Un tuyau permet de pomper l’eau jusqu’au pied. D’en haut, c’est surtout la vue qui est intéressante :

La montagne ou se trouve la Source de Lawrence
Le désert de Wadi Rum. En bas a gauche, on peut apercevoir le bassin ou la source finit sa course. L’eau est potable, mais bouillante !

On approche aujourd’hui les 40 degres. La bouteille d’eau que je tiens dans les mains durant l’ascension est désormais tout aussi bouillante.
Nous partons ensuite pour le Canyon de Khazali :

Le Canyon de Khazali. On y trouve aussi un peu de fraicheur !
Le Pont naturel de Burdah

Devant chaque site visités, il y a toujours une tente bédouin ou le tenant t’offre le thé.
Nous partons ensuite dans la Maison de Lawrence. Il est resté dans cette demeure durant la Révolte du Désert. De ca, il ne reste plus qu’un petit mur. Pas de quoi prendre une photo. En revanche, ce que l’on croise au meme moment en vaut une :

Quelques chameaux d’élevage

La derniere attraction de la journée sera un autre pont de pierre.
Pour chaque trajet, pas de route bitumée bien entendu. Ca secoue pas mal dans le véhicule.
C’est aussi ce qui fait le charme de cet authentique désert…

Le Pont naturel de Wadak…
… au milieu de ce type de montagnes

C’est aussi la que nous passerons la nuit.
Notre chauffeur nous prépare le menu du soir : riz-poulet-légume. C’est vraiment bon. 2 convives se joient a nous. Ce sont 2 allemands d’un autre tour, conduits par un chauffeur… de 15 ans ! Il fait partie de la famille de Slman et me dit qu’il conduit les 4X4 depuis qu’il a 12 ans !

La nuit arrive et nous mangeons juste en face de la tente, histoire de sentir sur nous l’air légerement frais. Notre chauffeur s’amuse a crier. Beaucoup d’écho al’intérieur de ces montagnes. Nous sommes a la lumiere d’une lampe a gaz, assis sur de fins matelas, sous le creux d’un rocher.

Nous déplacons les matelas entre 2 montagnes pour avoir une vue meilleure.
Il est 21h, nous sommes pieds nus dans le sable encore un peu chaud a regarder le ciel étoilé. Le silence est total.

30 Juillet 2011

A peine besoin de la couverture cette nuit. Une légere fraicheur entre 3h et 4h du matin, c’est tout.
Nous observons le lever de soleil en haut du Pont de Wadak. Vue splendide sur le désert.

Les 2 allemands nous quittent. Avec Barry, nous partons pour Barrah Siq, toujours dans le désert.
C’est un canyon bien plus important que Kazhali :

Et toujours ces montagnes…
… aux traits si particuliers
Plan général de Barrah Siq

L’écho est encore plus impressionnant qu’hier ; et lorsque notre chauffeur ne crie pas : le silence ! On respire encore un peu avant l’arrivée de la grosse chaleur vers 9h00…

C’était notre derniere sortie dans Wadi Rum. Nous retournons a Rum, chez Slman. Nous le remercions pour cette sortie et lui demandons la meilleure facon de rejoindre notre pochaine destination. Manque de bol, le seul bus de la journée est parti a 8h ce matin.
C’est alors le jeune chauffeur d’hier qui se propose de nous amener jusqu’a l’entrée du désert pour trouver un autre moyen de locomotion. Croyez-moi, ca fait bizarre de se faire conduire par un enfant de 15 ans. Il atteint tout juste les pédales, mais rien a dire quant a sa conduite : il roule doucement et sans a-coups dans les changements de vitesses.

Nous sommes a l’entrée du désert et les quelques personnes que l’on trouve nous disent que le taxi est le seul moyen, a l’heure actuelle, de quitter le désert.
Un chauffeur s’approche de nous. Nous faisons lentement descendre le prix jusqu’a ce qu’il atteigne un niveau raisonnable.
Et c’est parti.

A propos, une question…
Quand on pense a la Jordanie, on pense a quoi a votre avis ?
Oui, c’est la ou nous nous rendons : au Nord, dans la cité antique de Petra. C’est un passage incontournable.

Il est midi. Arrivés a l’hostel, je réfléchis un peu : j’avais pensé rester 2 nuits sur place, mais je préfere finalement n’en passer qu’une car les prix des hotels et du billets d’entrée sur le site ne sont pas donnés. Faisons quelques économies et partons directement a l’intérieur de la cité. On est la pour ca, non ?

Il faut 4 ou 5h pour avoir le temps de bien visiter, mais le site a l’avantage de fermer au public tard le soir. Barry est partant lui aussi, et prend un passe 2 jours, pour en voir un peu plus demain.

La cité est immense. Je pars de mon coté.

Cette ville possede une particularité :

Celle d’avoir été presque intégralement taillée dans la roche

Pour le moment, je me trouve encore dans l’étroit passage montagneux, le Siq : l’un des 2 seuls endroits par lequel on peut entrer a l’intérieur de la cité antique.

Le Siq est un étroit et sinueux couloir d’1,5 km – et jusqu’a 200m de profondeur – , qui ne dépasse pas une dizaine de metres de largeur

Ce décor ne vous rapelle rien ? Amis cinéphiles, nous sommes ici sur l’un des lieux de tournage du film Indiana Jones et la Derniere Croisade. Le Siq constitue d’ailleurs le décor des derniers plans du film. Si vous vous souvenez, le Graal se trouve dans le Canyon du Croissant de Lune ; mais les images du canyon dans le film ne correspondent pas avec la vallée dans laquelle je me trouve. Le Canyon du Croissant de Lune est une pure invention scénaristique. Le titre de mon article, c’est juste un petit clin d’oeil au film ! 😉

Je poursuis ma route dans le Siq.

Jusqu’a ce qu’il soit dévié au XXeme siecle, le cours d’eau Wadi Musa, qui passait a l’intérieur du Siq, assurait l’essentiel des besoins en eau de la ville.

On peut voir d’ailleurs des 2 cotés les aqueducs creusés dans la roche pour acheminer l’eau

Et voici maintenant celui que vous attendez tous :

Le Khazneh, qui apparait doucement sous nos yeux au bout de cet étroit couloir

Pour le coup, je suis vache : je décide de ne pas dévoiler le monument dans son intégralité. Il est aussi joli comme ca, que prit en photo de pleine face. Un peu de mystere… rien qu’un tout petit peu…
La encore, le Khazneh est un des décors du film, et non des moindres : a en croire Spielberg, le Graal est toujours a l’intérieur ; Indiana Jones a du pénétrer dans la caverne pour y trouver la Coupe Sacrée apres avoir passé les 3 épreuves : « le Souffle de Dieu », « le Mot de Dieu » et le « Chemin de Dieu ». Le Graal réside au fond d’une faille créee apres qu’Elsa Shneider ait franchit la Dalle Scellée, la Coupe entre les mains… Ca vous dit rien ? Et bah revoyez-le, c’est un film culte !

Sinon, a part ca, il n’y a pas l’ombre d’un Graal. En meme temps, je n’en suis pas totalement sur car l’intérieur n’est pas visitable. Ahah, mystere !

Retour a la réalité. La ville a été fondée par un peuple nomade arabe : les Nabatéens. A l’origine, leur construction étaient de simples tentes. Par la suite, les habitants se sont mis a tailler de basiques habitations dans la roche :

Au départ, ce sont de simples trous taillés dans les falaises
Sur la droite, on peut voir le théatre romain, lui aussi entierement taillé dans la roche
Grand Temple de l’époque byzantine

En contact constant avec les autres civilisations, les Nabatéens finirent par s’inspirer de l’architecture de plusieurs d’entre elles.
C’est le cas du Khazneh (« Trésor du Pharaon » en arabe) qui serait le tombeau d’un roi ou d’une reine.
Nabatéene, puis romaine, puis byzantine, la ville reste pour un temps entre les mains des Francs qui batirent plusieurs fortifications croisées.

Du théatre romain, du Grand Temple byzantin…

… et des tombeaux royaux nabatéens, il en reste quelques vestiges…

…mais les séismes successifs ont entrainés l’abandon progressif de la ville. Khazneh est le monument le plus connu du site car il est le mieux conservé… et le plus épargné par les catastrophes. Pour le reste, c’est néanmoins de superbes découvertes quelque soit l’endroit ou l’on porte le regard : le site est vaste et l’arpenter en empreintant les sentiers qui rejoignent les collines alentours, c’est une superbe balade a travers les ages.
C’est un endroit que je conseille vivement de visiter.

J’ai croisé Barry a un moment donné, il en a fait une petite partie, mais son passe lui donne le droit de revenir demain.
Pour ma part, je suis resté 4h sur le site. Le soleil a bien cogné, mais ca en valait la peine.

Je rentre a l’hotel. Barry me dit que finalement, il n’a pas envie d’y retourner demain… Je sais exactement a quel endroit il s’est arreté, il en a fait a peine la moitié.
Je lui dit qu’il rate une superbe balade dans les hauteurs, par les sentiers qui accedent aux autres sites en retrait. Il dispose d’un passe de 2 jours et ne l’a utilisé qu’1h a peine. Pour que je décide de faire la moitié d’un site classé, il faut vraiment que j’ai une bonne raison…

Ses commentaires quasi-je-m’en-foutiste sur Petra ne me plaisent pas. C’est un site antique et l’on se sent vraiment dedans lorsqu’on le parcourt. Les marchands ambulants n’étaient pas oppressants et le site est tres bien entretenu : des poubelles partout, c’est propre et les panneaux d’infos sont biens fondus dans le décor. Il n’y a rien a en redire, le site était sublime ! En plus d’etre l’un des décors de mon film d’aventure préféré. Alors ca, PAS TOUCHE !
Barry s’en fout et prefere partir plus au Nord…

Il me demande ou je vais. Je lui dis que je compte rejoindre Amman, la capitale. Il compte finalement partir lui aussi a Amman, comme par hasard. Je lui dis que je compte prendre le bus de 6h30 demain matin. Et bah lui aussi… Barry n’est pas méchant, mais entre nous, je cherche le moyen de me débarasser de lui. Ce n’est pas quelqu’un de tres ouvert et j’ai pas franchement envie qu’il me suive dans toute la Jordanie…

Cette journée était vraiment longue. Dire que ce matin, j’étais encore dans le désert de Wadi Rum…

31 Juillet 2011

Il est 5h du matin. J’espérais ne pas réveillé Barry mais si…
J’espere surtout qu’il ne va pas me demander dans quel hotel d’Amman je compte loger…
Pour rejoindre la station de bus, il faut rejoindre Wadi Musa (comme le nom du cours d’eau), la ville nouvelle, proche de Petra. Je lui annonce que j’y vais a pied. Lui préfere prendre le taxi, mais pour 2 bornes, je prefere marcher un peu dans la fraicheur matinale. Je fais rapidemment mes affaires.

Je sors de l’hotel – qui se trouvait a 100m a peine de l’entrée de Petra – apres avoir dit a Barry : « On se revoit a la station ».
Et finalement, apres quelques minutes d’ascension vers la ville nouvelle, un taxi passe devant moi. Le chauffeur me demande :
– « Amman ? »
– « Oui, je vais a la station de bus a pied, merci »
– « Combien tu payes pour le bus ? »
– « 6 dinars »
– « Monte, je t’emmene a la station »
– « Non, j’y vais a pied »
– « A la station d’Amman… »
Je lui demande en rigolant :
– « Pour 6 dinars ? »
– « Oui »
– « Pour la station de bus d’Amman pour 6 dinars ??? »
– « Oui »
– « D’ici a la station de bus d’Amman… 6 dinars ?! »
– « Oui » répete-t-il en rigolant
Je suis vraiment étonné par le cout dérisoire de la course et lui demande simplement :
– « Pourquoi ? »
– « C’est un tarif local et je l’applique pour les étrangers aussi »
– « Ah bon… »
Je cherche la faille dans l’histoire mais il n’y en a pas. A ce que je comprends, c’est son jour de bonté…
C’est le 1er (et certainement le dernier) chauffeur de taxi de la race des gentils dans ce tour du monde !
Je n’en reviens pas : 6 dinars, c’est moins de 6 euros… pour 250 bornes dans un taxi flambant neuf avec air climatisée ! Et pour couronner le tout, il me débarasse de Barry que je devais retrouver a la station. Merci Mohammed (ils se chargent toujours des présentations) !

Il prend 2 autres locaux en sortant de Wadi Musa. Quant a moi, je finis ma nuit, sur le siege avant, jusqu’a Amman.
Il me dépose a l’entrée d’un carrefour et me conseille de prendre un taxi pour 2 dinars afin de rejoindre précisément mon hotel.
C’est ce que je fais apres l’avoir vivement remercié.

L’autre taxi me dépose dans un backpacker vraiment sympas tenue par un gérant qui l’est tout autant.
Les jordaniens t’accueillent toujours par un « welcome », quelque soit la situation : entrer dans un taxi, a l’intérieur d’une tente bédouin, dans un boutique… Et lorsqu’ils te servent ou répondent a ta question, ils finissent par « you’re welcome » parfois meme avant que tu sortes ton « thank you ». Un traditionnel sens de l’hospitalité et un sens de l’humour tres appréciable.

Il est 9h du matin, je traine. J’ai décidé de ne rien faire aujourd’hui suite a ces derniers jours assez éprouvant.

Le gérant est vraiment sympathique. Il s’appelle Louis et ne me demandez pas pourquoi. Surement pas a cause de ses origines : il est palestinien, et loin d’etre le seul dans le pays. 65 pour cent de la population jordanienne est palestinienne. Pour la plupart des réfugiés ou enfants de réfugiés. Ce qui ne l’empeche pas d’avoir des amis israéliens me dit-il.
Je discute longtemps avec Louis dans le salon autour d’un thé. Il m’explique que les britanniques sont un peu moins appréciés ici a cause de leur implication en Palestine ; et qu’il connait un hotel a 2 pas ou il est écrit a l’entrée : « Interdit aux juifs. Interdit aux britanniques ».
Louis fait parfois de grandes phrases mais il m’explique qu’au final, ce sont des cas isolés. A part ca, il n’y a pas de probleme pour un britannique a entrer sur le sol jordanien.
Il me dit que les francais sont appréciés en Jordanie, et qu’il garde une bonne image de Chirac qui s’est beaucoup déplacé au Moyen-Orient au cours de ses 2 mandats ; alors que Sarkozy s’est contenté « de boire des bieres sur Petra » me dit-il.
Il m’explique ca avec de grands gestes, et son humour de jordanien qui me fait bien marrer aussi.
Il ne peux pas sortir du pays parce que son grand-pere était un militant armé pro-Palestine. Louis, lui, a un casier vierge, n’a jamais fait de mal a personne, mais juste a cause de son nom de famille, il est interdit de sortie de territoire.

On a quitté le sud jordanien et le désert pour rejoindre aujourd’hui Amman, la capitale, ou je trouve un peu de la Palestine. Quelque chose me dit que dans les prochains jours, on va moins parler d’Histoire et plus d’Actualités…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

5 réflexions sur « Lawrence d’Arabie et le Canyon du Croissant de Lune »

  1. Bonjour Alexandre – nous sommes heureux de vous voir arriver en Grèce et que vous ayez retrouver votre café-croissant et votre tente. En fait, il en faut peu pour être heureux ! Bises –  »

    Les Daniels »

Répondre à Drux'o Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *