La société cairote

23 Juillet 2011

Mon avion atterit sur le tarmac de l’aéroport du Caire. Retour au Moyen-Orient et retour définitif dans l’hémisphere Nord.
Il est 6h du matin, ce fut encore une courte nuit.

Je change mes dollars américains contre des livres égyptiennes puis j’achete un visa au guichet d’a coté.
Une fois la douane franchit, je me rends au niveau de la restitution des bagages.
Mon sac est bien la. En l’empoignant, je constate qu’il a été fouillé soit par le personnel de l’aéroport de Johannesbourg, soit par celui du Caire.
Ils ont bien pris le soin de refermer chaque poche, mais il reste toujours 1cm de fermeture éclair non-ferméees. Ca se voit tout de suite, je ferme toujours les poches entierement.

On m’a volé un sac qui contenait mes chargeurs et adaptateurs électriques ! Pour le chargeur de piles, ca peut se racheter ; pour les adaptateurs, je n’en ai plus besoin, les prises sont désormais les memes ici qu’en France.
Par contre, ce qui me pose le plus de probleme, c’est mon chargeur de camescope. Il me semble que l’embout est assez répandu, mais je vais encore bien m’amuser pour dénicher le meme dans l’immense ville du Caire.
Les voleurs ont aussi ouvert ma boite de cassettes contenant les films DV : tout ce que j’ai filmé depuis Panama… et bien ils n’ont rien pris… ouf… tout y est…
Je ne sais pas quoi en faire de ces cassettes ; soit je les garde dans mon sac, soit je les envois par la Poste. Mais plus je les accumule, plus je crains de les envoyer pour qu’elles risquent de se perdre… Allez, on les garde jusqu’au bout. Elles sont uniques, elles n’ont pas de prix !
Du coup, pour ce vol, je m’estime plutot chanceux dans mon malheur.

Je suis dans le hall de l’aéroport et c’est parti : les chauffeurs de taxi m’alpaguent, me propose des prix. 80 a 100 livres égyptiennes en moyenne. C’est un peu trop cher. Je refuse plusieurs fois avant qu’un type me demande combien je veux mettre dans la course jusqu’au Downtown.
Je lui réponds :
– « Tout le monde me propose 100 ou 80 mais c’est trop cher »
– « Combien alors »
– « 50 »
– « Ok 50, c’est bon suivez-moi »

Il m’amene vers son collegue dans une voiture qui n’a pas vraiment l’air d’etre un taxi. Mais je suis trop fatigué pour réfléchir ; et 50, c’est plutot un bon prix.
Ils sont tous les 2 a l’avant. J’ai maintenant la certitude que ce n’est pas un taxi.

Je traverse une partie de la ville. 12 kms sépare l’aéroport de l’hostel que je n’ai pas booké. Mais vu la situation politique du pays, je ne devrais pas avoir de probleme pour obtenir un lit.

Ils ont du mal a trouver l’endroit précis. Je leur dit que c’est juste a coté de la station de métro Mubarak… oups… j’ai dit le mot qui fache ? Pas de réaction.
Ils m’arretent finalement en face de l’hostel apres avoir interrogé les passants. Je suis rue Emad Al-Din et je leur tend un billet de 100 en attendant mes 50 en retour.
Il me dit :
–  » Non, c’est 50 euros »
– « !!! »

Alors celle-la, on me l’avait encore jamais faite !
Parce que je n’ai jamais mentionné le mot « pound », ils me répondent « euro ».
12 kms pour 50 euros, ils se croient ou, en Australie ? Ca ferait plus de 350 livres…
Je commence a les engueuler. Si j’en prends un pour en frapper l’autre, 15 autres vont rappliquer ; il y a quelques personnes dans la rue. Mais je vous assure, c’est tentant !

Les esprits s’échauffent. Je leur dis de garder le billet de 100 et basta. Je pars vers l’hostel avec mon sac. Bande de c******* !!!
Alors que le tourisme est en chute libre dans la région, certains continuent d’arnaquer les nouveaux visiteurs. A partir de maintenant c’est la guerre !
Meme en Inde ou dans le reste du continent asiatique, on ne m’avait jamais fait ce coup-la.
En conséquence, vous pensez bien que j’arrive avec une tres mauvaise impression de l’Egypte ! Je suis dégouté des le départ.

J’entre au guichet de l’hostel. Le réceptionniste me donne une grande chambre avec 4 lits.
Je lui dis :
– « Je suis tout seul dedans ? »
– « Oui, c’est tout pour vous »
Effectivement, il n’y a pas grand monde. J’ai croisé 2 étrangers dans l’hostel.
Néanmoins, tout seul, j’ai la chance d’etre au calme apres ces dernieres courtes nuits passées dans les aéroports et les avions.

Il est 8h, je m’endors jusqu’en fin de matinée. Au réveil, j’interroge le réceptionniste pour savoir s’il connait une boutique de connectique.
Il me dit de me rendre rue Shierrif, a 2 pas de l’hostel, qui pululle de magasins d’appareils électriques et d’électroniques.
Sans grande difficulté, je retrouve un chargeur de pile et un autre chargeur correspondant précisément a mon camescope. Le tout, avec des prises électriques identiques a celles de l’Europe.
Dans la meme rue, je trouve meme le livre de voyage en anglais qui me manquait pour la suite de mon parcours.
Que j’aime lorsque les situations s’arrangent aussi facilement et aussi rapidemment…

Tout cela me fait regagner confiance. J’ai eu affaire a des vendeurs aimables. Et les prix des articles étaient fixes. Je décide donc de faire la part des choses entre les bons et les mauvais égyptiens. Faisons preuve d’un peu de discernement.

La ville du Caire est immense, pourtant, on se repere plutot aisément.
Les rues des villes sont pour la plupart bruyantes, mais pas si détestable a sillonner. Je les croyais plus agressif au niveau des ventes mais il est peu fréquent qu’ils forcent la main pour entrer dans leur magasin ou pour jeter un coup d’oeil sur leur étalages (en ce qui concerne les nombreux vendeurs ambulants des trottoirs).

Comme en Turquie et en Indonésie, j’entends a nouveau le muezzin et on prend le thé a n’importe quelle heure de la journée.
En revanche, pour la 1ere fois dans ce tour du monde, je suis dans un pays arabe. D’ailleurs au passage, ne dites jamais aux turcs qu’ils sont un peuple arabe, ils détestent l’amalgame. Les turcs sont des turcs, c’est tout !

Lorsque les égyptiens parlent, on a un peu l’impression qu’ils s’engueulent. Mais pas du tout ! Ils discutent et avec le sourire.
Impossible pour moi de déchiffrer quoique ce soit sur les enseignes et les panneaux.
Les chiffres arabes ? A part le « 1 » et le « 9 », il n’y a pas d’autres ressemblances avec « nos » chiffres arabes. Leur « 4 » est un « 3 retourné », le « 5 » est un « 0 », le « 7 » est un « V » et le « 8 » un « V retourné ». Plus de faux-amis que de correspondances…

Mon retour dans l’hémisphere Nord marque également le retour de la chaleur. Il fait 32 degres. Mais ca n’a rien a voir avec la chaleur tropicale du Nord de l’Amérique latine. C’est supportable mais mieux vaut ne pas trop courir…

Ma rue
 
Le Caire est surnomée "la ville aux 1000 minarets". Pour le profane, un minaret, c'est ce qu'on voit au loin
 
Je voudrais passer l’apres-midi tranquille et pour ca, j’ai prévu de me rendre au Musée Egyptien, qu’on appelle simplement en Europe « Musée du Caire ».
Un petit kilometre a parcourir a pied jusqu’a un rond-point ou j’interroge un couple de touristes (des touristes, j’en ai vraiment pas vu des masses).
 
Ils me disent d’empreinter cette rue pour éviter la Place Tahrir. Je leur réponds :
– « Parce que c’est par la-bas la Place Tahrir ?
– « Oui, ils demandent les passeports aux étrangers. Tu peux y aller si tu veux, c’est pas interdit ; mais tu n’es pas non plus forcément le bienvenu »
 
Je les remercie et pars dans l’autre rue pour éviter la Place que j’apercois de loin : elle est a 300m du Musée du Caire.
Entre l’Histoire et l’Actualité, j’ai fait mon choix.
 
Le Musée du Caire
 
Les photos sont interdites a l’intérieur.
 
Quelques pieces du musée dans le jardin extérieur...
 
 
... pour consoler
 
Ce musée est incontournable, et contient plus de 100000 pieces, bijoux, sarcophages… Si on passait une minute sur chacune, il faudrait 9 mois pour tout voir !
Le musée n’est pas immense mais il a un charme fou. Seulement 1 piece sur 5 est protégée, sous vitrine. Pour le reste, on passe entre les statues, on frole les tombeaux gravés de hiéroglyphes datant de l’antiquité égyptienne. Akhenaton, Nefertiti, Ramses, Toutankamon… L’ere des pharaons a duré des millénaires.
Tout ce qui a été retrouvé s’est accumulé dans ce musée, lorsqu’il n’a pas été volé par les vagues successives des conquérants ou les pilleurs égyptiens.
 
On ressort du musée et c’est a nouveau le Caire en ébullition, autant par la chaleur que dans les manifestations. J’apprends ce soir que le mouvement s’est déplacé devant le Ministere de la Défense. L’Armée, ayant bénéficié d’un large soutien populaire, est désormais critiquée pour sa lenteur dans la mise en oeuvre des réformes annoncée, et pour maintenir encore des pratiques répressives datant de l’ere Moubarak.
Le Maréchal des forces armées égyptiennes, qui tient a lui seul le pays, a rassuré les contestataires, renouvellant son engagement en faveur de la Démocratie.
 
Aujourd’hui correspond également pour les égyptiens a la fête de la révolution qui conduisit, dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, à la chute du roi Farouk 1er.
Tout cela n’a pas empeché un tres mauvais bilan pour aujourd’hui : 230 blessés devant le ministere de la Défense…
En fin d’apres-midi, les manifestants ont regagnés la Place Tahrir qu’ils occupent depuis maitenant 15 jours.
De mon coté, je n’ai rien vu de tout ca.
La nuit tombe, je rentre a l’hostel.
 
24 Juillet 2011
 
Creme solaire, lunette et couvre-chef. Aujourd’hui, on part en direction de la station des bus. Elle est située sous une bretelle mais c’est tres mal indiqué. J’interroge plusieurs personnes. Le bus que je prends est tout neuf, mais la grande majorité ne sont pas en tres bon état… et pas tres propre non plus, a l’image du Caire.
Pour une livre égyptienne, le bus m’amene dans la ville de Gizeh, a quelques kilometres du Caire. On a pas vraiment l’impression d’avoir quitté le Caire, et on appréhende Gizeh comme étant plutot la banlieue de la capitale.
Un des passagers me demande si je vais aux pyramides, et me dit de descendre alors a cet arret. Effectivement, c’est bien la ; un bout de la pyramide de Khufu (Cheops) dépasse des immeubles…
 
On m’avait déja dit que les pyramides se trouvaient en plein milieu de Gizeh, qui s’est construite tout autour du site a vitesse grand « V ».
A l’entrée, je donne mon ticket pour le faire valider. On doit passer par les détecteurs ; comme pour le Musée du Caire, c’est systématique. Le vigile donne alors mon ticket composté a un autre type qui me demande de le suivre.
Je lui dis alors :
– « Rends-moi ce ticket »
– « Mais c’est pour vous aider »
– « Donne-moi ce ticket »
Il allait m’emmener vers un chameau et me proposer un tour. Or, j’ai décidé de tout faire a pied. Je vous connais par coeur les cocos…
 
Ce que je trouve abérrant, c’est le nombre pas croyables de vendeurs ambulants a l’entrée. Contrairement a ceux des rues du Caire, ils font preuve de beaucoup d’insistance dans leur tentative de vente, vivant intégralement du tourisme.
Et des touristes, en ce moment, il y en a tres peu. La preuve, je n’ai pas fait la queue a la billeterie, alors qu’en temps normal, mieux vaut s’y rendre le plus tot possible.
On croit pour autant etre tranquille a l’intérieur du site, mais au final, on ne l’est pas puisque les vendeurs ambulants fourmillent aussi dans tout le site. Sans parler de tout ceux qui cherchent a te vendre un tour en chameau. En veux-tu, en voila !
 
Progressons…
 
Le Sphinx, qu'on ne présente plus ! Derriere, la Pyramide de Khafre (Chephren), la 2nde plus vaste des 3 principales
 
Pour s’extraire de cette jungle oppressante que forment les vendeurs, il faut donc sortir des routes bitumées pour s’enfoncer dans la partie désertique, la ou personne ne met les pieds en temps normal. Autant prendre beaucoup d’eau, il fait chaud aujourd’hui.
 
Toujours la Pyramide de Khafre (Chephren) a gauche et celle de Menkaure (Mycerinus) a droite. De ce coté, rien a dire quant a la vue...
 
Mais de l’autre coté, lorsqu’on tourne son regard sur la plus vaste des 3, la Pyramide de Khufu (Cheops)…
 
... on a droit au chaos urbain de Gizeh en arriere-plan !
 
Je retrouve la route bitumée pour rentrer. Sur les bas-cotés, c’est sale. Pas autant que le site de Fatepur Sikri en Inde, mais c’est plein de déchets en tout genre. Le plateau de Gizeh est mal entretenu, ca se voit…
 
A nouveau, on me demande : « Camel ride ? Camel ride ? ». Et meme si tu dis « non » une premiere fois, ils argumentent. Tu répetes « non » 2, 3 ou 4 fois avant qu’ils te lachent ; et ca, une vingtaine de fois durant la balade. Ca devient vite insupportable. A la fin, tu ne dis plus rien. Meme pas un signe de tete, tu les ignores complétement.
Un vendeur me crie : « water ! »
Je lui demande combien il vend sa bouteille d’eau :
– « C’est comme tu veux »
Ca, c’est leur phrase sympas avant qu’ils augmentent systematiquement ton tarif  par rapport a ta 1ere offre. Je lui dis alors :
– « Je veux un prix fixe »
– « Dis-le moi »
– « 3 pounds »
– « Non, 5 »
– « Au revoir »
– « Attends, ok, 4 »
– « Bye bye »
– « C’est bon, 3… »
Un homme en chameau passe a coté au meme instant et me dit :
– « Ce n’est qu’un pauvre homme qui travaille dans le désert »
Je lui réponds :
– « C’est pas le désert, c’est Gizeh ! »
On est encerclé par la ville et meme a l’endroit le plus reculé que je sois allé dans le site, on entend toujours les klaxons. Je vais certainement pas m’attendrir pour un arnaqueur dans un lieu touristique.
Je lui donne un billet de 5 et me tend une seule piece de 1 pound, en me répondant :
– « No money » en fouillant tres succinctement ses poches
-« Alors tu reprends ta piece, je reprends mon billet et… »
– « Attends… »
Ca y est, une piece est apparue dans sa poche comme par magie !!!
Non, je n’ai définitivement aucun remord a avoir payé une bouteille d’eau au prix de la rue. Culturel ou pas, c’est insupportable ce genre de gens qui tentent de t’avoit jusqu’au bout de la transaction. Des pratiques pareilles, ca ne devrait pas exister, et surtout pas dans des lieux touristiques ou l’ont est censé profiter de la magie du lieu.
Et ne me reprochez pas de ne pas etre comprehensif sur les gens qui vivent du tourisme : il y avait autant de vendeurs ambulants sur le site de Teotihuacan au Mexique, mais contrairement a Gizeh, un simple « non » de la part du touriste, et ils n’insistaient pas. Idem pour toute la Thailande.
J’ai vu les autres touristes present sur Gizeh tout aussi a bout de nerf que moi a cause de ca.
Quand je parle de harcelement, c’est qu’il n’y a pas d’autres mots pour caracteriser ce genre de pratiques !
D’ailleurs, les pyramides dans tout ca ? Occultées… occultées a cause de tout ces éléments perturbateurs…
 
Je suis resté 3h sous 36 degres… Je ressors en longeant le site par une rue et je prends la photo qu’aucun éditeur de livre de voyage n’oserait insérer dans un de leur article :
 
C'est une belle vue pour les citadins, mais coté pyramide, le paysage est bel et bien gaché
 
Je retourne a l’hostel par un autre bus pour moins d’un pound.
Je n’ai pas vraiment apprecié cette excursion, meme si les pyramides en elle-memes sont superbes.
Trop de choses m’ont déplus. Et meme si on enleve les vendeurs, il reste Gizeh, tout autour, qui nous empeche de replonger dans le passé (et la sereinité) comme on le peut sur les sites du Machu Picchu, d’Ayers Rock, dans le désert namibien, la Cappadoce, au sommet du Pain de Sucre a Rio et meme au Taj Mahal (du monde, mais pas de vendeurs a la sauvette a l’interieur et c’est tres propre) !
Pour les Pyramides de Gizeh, on n’est « pas dedans » voila tout.
 
Faites-moi penser a mon retour de dresser une liste des sites agréables a visiter et de ceux a visiter… tres vite !
Je classe les Pyramides de Gizeh comme étant le 2nd site le plus honteux classé par l’Unesco (la médaille d’or revient toujours a Fatepur Sikri) que j’ai pu voir.
 
Ma politique pour un retour a de vraies valeurs touristiques sur le site de Gizeh :
– Les vendeurs ambulants tous a l’entrée, et on pratique les prix fixes.
– Les vendeurs d’eau, a des endroits précis dans le site. On limite le nombre a 1 par pyramide. Et prix fixe aussi, bien entendu !
– Les vendeurs de tour en chameau ou en caleche, tous en file indienne, comme les taxis dans les villes ; et tous regroupés a l’entrée du site, sans exception. Si on a besoin d’eux, on viendra les sonner.
– Balayage et ramassage des déchets. On se croirait dans les rues du Caire !
– Pour le bruit de la ville de Gizeh tout autour, le casque audio-guidé peut etre une bonne solution. Pour la vue de la ville… la, je n’ai pas d’idée, mais le casque audio peut vraiment faire oublier sa présence, le temps de la visite.
 
Le prix du billet est de 8 euros environ, je serais pret a payer 13 ou 14 euros pour admirer un site de bien meilleure qualité par rapport a ce que j’ai pu voir. Voila pour le coup de gueule… et les propositions d’aménagement de l’espace touristique !
Je me porte candidat pour les prochaines élections au titre de Conservateur du site de Gizeh. Qui vote pour moi ?…
 
25 Juillet 2011
 
Je ne suis pas sur de vouloir poursuivre ma route dans les sites touristiques du sud du pays, qui fourmillent de vendeurs d’autant plus « insistants » que la fréquentation touristique est en forte baisse.
On est finalement plus tranquille dans les rues du Caire, loin des lieux connus.
 
Il fait chaud, ca me rend fainéant pour sortir ce matin. Pour le moment, a vrai dire, je suis en train de regarder tourner le ventilateur du plafond. Et puis hier, les Pyramides de Gizeh m’ont un peu « refroidis »…
 
Je dois prendre une décision sur la suite de mon voyage. Et je le fais vers midi, au coin de la rue, a l’intérieur d’un café-resto tres agréable, avec des serveurs sympathiques. On y passe de la musique locale : Une flute qui siffle comme de rapides battements d’aile, un violon trainant sur chaque note, un carillon et un tambour en fond, discret ; et un interprete chantant sur un air reveur mais décidé. On est en immersion jusqu’au dernier accord.
J’apprécie ce quartier. Ca klaxonne, c’est pas tres propre mais c’est vivant sans etre oppressant. Les gens sont calmes d’apparence, ce qui contraste avec la circulation frénétique. Un vrai challenge a chaque fois qu’on doit traverser la route !
Au meme titre que le Pahar Ganj de Delhi, c’est le genre de quartier dont on apprécie les défauts.
 
J’avais l’intention de quitter le Caire aujourd’hui, mais j’ai eu la flemme de partir a cause de la chaleur.
Je réfléchis tranquillement dans le café-resto climatisé pendant que les heures défilent. On ne tient pas longtemps dehors : 32 avant-hier, 36 hier, on en est a 37 degres aujourd’hui. ! C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je n’ai pas envie de descendre plus dans le sud de l’Egypte.
 
Je rentre a l’hostel, abattu par la chaleur, avant de me décider a vous écrire ces quelques lignes, dans le salon, en transpirant sous la faible puissance du ventilateur du plafond.
C’est décidé, demain, on part a l’Est.
 
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !
 

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