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Le Mur et les remparts

1er Aout 2011

1er jour de Ramadan pour tous les musulmans.
Louis me dit :  » Ce matin les gens ne sont pas contents. Ils ne mangent pas, ne boivent pas, ne fument pas  »

On s’abstient jusqu’au coucher du soleil. Ca n’empeche pas Louis de s’allumer une cigarette en buvant sont thé.
Je lui demande :
– « Tu n’es pas musulman ? »
– « Si, mais je ne fais pas le Ramadan c’est dangereux »
Et il s’en va… Je ne sais pas si il blaguait mais la ou je peux trouver du danger, c’est de ne pas boire une goutte d’eau de la journée sous 35 degres !

Tous les jours, des gens s’evanouissent a cause de ca…
Pour ceux qui se posent la question, le Ramadan commence a l’age de 10 ans chez les musulmans, pas avant.

Je passe la journée a me poser, parce que la Jordanie a été vraiment physique. Je n’ai pas beaucoup dormi.
Je reste sous le ventilateur de la chambre a programmer la suite de mon voyage. Dehors, il fait tres chaud. Il faut vraiment avoir la foi pour décider de ne pas boire de la journée.

Je viens de déployer en grand ma carte du monde pour tracer mon parcours depuis l’Afrique du Sud. A présent, je n’ai plus vraiment besoin de l’étaler. Les pays sont plus petits et on se rapproche de la Méditerrannée et de l’Europe. Ca se ressert…

Journée francaise a regarder TV5 Monde, la chaine francophone. Il est tres rare de la trouver dans un hotel ou une auberge de jeunesse. Emissions francaises, suisses, québécoises, je suis meme tombé sur « Questions pour un champion » !

J’ai réorganise mon sac a dos, qui se craque a plusieurs endroits, malgré les multiples réparations : plus de 11 mois de voyage a etre maltraitée dans les soutes a bagages des bus, trains, avions…

L’apres-midi, je pars chez le restaurateur du coin. La veille, il m’a dit qu’il serait quand meme ouvert aujourd’hui pour les touristes. Il préparera des plats sans les goutter…
J’entends des pétards éclater dehors depuis le soir ou j’étais a Petra pour feter l’arrivée et le début du Ramadan. Pour ce qui est de la circulation, ca klaxonne sans arrets.
Je pars a la superette du coin pour acheter de l’eau. Le patron n’a rien avalé depuis hier. C’est pas la joie.

En fin d’apres-midi, je discute avec Louis. Je voudrais savoir comment rejoindre la frontiere palestinienne, puis Jérusalem.
Il me dit qu’il est né ici, a Amman. Ses parents sont des réfugiés qui vivaient a Ramallah, en Cisjordanie. Lui, n’a jamais pu s’y rendre.
Il a le statut de « citoyen temporaire », contrairement aux autres pays arabes ou ils sont généralement considérés comme apatrides.

Louis me dit :
– « Jérusalem, on m’a dit que c’était la plus belle ville du monde. Tu vas aimer, j’en suis sur. A la frontiere, on va te poser pleins de questions. Beaucoup se font refouler. Tu as fais de la prison en France ? »
– « Non »
– « Parce qu’ils le savent. Ce sont, les meilleurs agents au monde »
– « Le Mossad ? »
– « Oui, ils connaissent toute ta vie. Ils sont encore plus fort que les américains »

Avec tous les pays que j’ai traversé, l’interrogatoire va peut-etre prendre un moment… Mais Louis ajoute :
– « Tu es francais, normalement il n’y a pas de problemes. Mais si tu possedes un livre en arabe ou le Coran, ils vont te poser des questions. Certains sont sympas et te laissent passer sans probleme. D’autres vont prendre leur temps. Ca dépend »

Je retourne a la superette du coin pour racheter de l’eau. Il savoure ce soir son seul repas de la journée en mangeant debout devant la télé, derriere son comptoir. Cette fois-ci, il est content…
Le Ramadan, ca joue vraiment sur le moral.

2 Aout 2011

Je pars en taxi collectif avec 4 japonais.

Juste avant ca, une petite photo, histoire de vous montrer a quoi ressemblait mon quartier :

Le matin, c’est calme. L’apres-midi, ca grouille de voitures et de klaxons

 

Direction, la frontiere palestinienne.
Oui, je sais, je prends un peu d’avance sur l’Histoire en disant « frontiere palestinienne », mais la Cisjordanie finira bien un jour par devenir une partie du territoire de la Palestine.

Le coup de tampon de sortie de Jordanie est fait, je prends un autre bus qui s’occupera simplement de franchir le No Man’s Land séparant la Jordanie de la Cisjordanie.
La suite, c’est un peu comme a l’aéroport : une file d’attente avant de passer tes bagages au détecteur roulant. Tu franchis ensuite une porte ou, au préalable, tu as fais passer tous tes objets métalliques par un second sas.
La derniere file sera le moment des interrogations. Et c’est une fille d’une vingtaine d’années qui me posera juste 2 ou 3 questions  avec un grand sourire ; rien a voir avec les douaniers surentrainés a poser les questions destabilisantes élaborées par le Mossad…

Elle me demande simplement :
– « Tu voyages seul ? »
– « Oui »
– « Moi, j’aurais un peu peur toute seule dans les autres pays »
– « Mais il y a pleins d’endroits tres sur pour une fille seule »
– « C’est vrai ? »
– « Oui, en Europe, en Amerique… »

Je ne pensais pas avoir a rassurer une israélienne de la douane sur la sécurité des autres pays du monde…

Coup de tampon israélien sur mon passeport : je suis désormais officiellement interdit d’entrée en Iran, Irak, Syrie et Liban.
3 solutions pour s’y rendre néanmoins :
– avoir un 2nd passeport,
– avoir un coup de tampon israélien sur une feuille a part et donc, qui n’apparaitra pas sur votre passeport. C’est possible, mais Israel ne le fait que sur demande, et encore, si ils en ont envie… et surtout, si vous aimez passer plusieurs heures a vous faire interroger sur les raisons pour lesquelles vous ne souhaitez pas avoir leur sésame sur vous
– aller en Israel en toute fin de votre voyage au Moyen-Orient (forcement). La encore, vous aurez pas mal de questions sur vos précédents voyages en Iran ou au Liban… Ces pays qui ne reconnaissent pas l’état d’Israel.

De mon coté, j’ai choisi de l’avoir sur le passeport car je n’irais pas dans ces autres pays pour ce voyage (peut-etre une autre fois). De plus, mon carnet est presque saturé de coups de tampons. Donc, dans tous les cas, il faudra que j’en commande un autre si je veux voyager a nouveau.

Je retire des shekels avant d’aller prendre le bus. Pas le choix a la frontiere, il n’y a qu’une destination : Jérusalem.

Les distances étant tres courtes, il faudra juste une heure et demi depuis la frontiere pour me rendre au backpacker situé aux portes de la vieille-ville, a Jérusalem-Est.
Avant toutes choses, je cherche une laverie, que j’arrive finalement a trouver. J’arrive meme enfin a changer ma monnaie brésilienne !

J’ai décidé de commencer mon parcours a Jérusalem en prenant un peu de hauteur – dans tous les sens du terme – ce que je vous invite a faire avec moi, parce qu’on a tendance a avoir une image tres négative de la cité. Lorsqu’on entend parler de Jérusalem aux informations, ce n’est pas pour en dire du bien…
Il est plus de 16h et depuis l’Egypte, le soleil se couche plus tard. Je peux profiter des baisses de températures pour me rendre au Mont des Oliviers.

Elle surplombe la vieille-ville par de superbes oliviers et on peut se balader a l’intérieur

C’est la 1ere fois depuis longtemps que je ressens les memes odeurs que dans le midi de la France : n’oublions pas qu’a Jérusalem, nous sommes dans l’arriere-pays méditerrannéen. Se promener autour de Jérusalem un soir d’été, ca donnerait l’impression, par les senteurs et le climat, d’etre a Aix-en Provence. La petite brise s’installe.

Au loin, derriere les remparts, le Dome du Rocher. A gauche, l’Eglise russe orthodoxe Sainte-Marie Madeleine

Au sommet du Mont, je passe devant un autre église catholique ou un moine et une soeur discutent en francais. Quelques minutes plus tard, je me trouve sur le meme flanc de colline que le Mont des Oliviers, mais du coté du cimetiere juif de Jérusalem, ou je vois une quinzaine de pratiquants debouts, se balancant d’avant en arriere devant la tombe d’un defunt, a réciter des psaumes de la Torah. Au meme moment, j’entends au haut-parleur le muezzin du minaret le plus proche.
Voila, en 3 phrases, je pense avoir résumé ce qu’est Jérusalem : la ville ou se cotoient 3 religions au quotidien.

On peut les apercevoir au loin, en contrebas du cimetiere. Ce sont des juifs orthodoxes a la longue barbe, habillés du traditionnel costume noir et d’un chapeau noir

Leur silhouette contraste avec la blancheur des murets et des pierres de ce cimetiere.

Vous pouvez le voir sur les 1eres sépultures sur la photo : pour honorer leur défunts, les juifs ont l’habitude de poser un simple caillou sur la pierre tombale car leur religion leur interdit d’ornementer les tombes avec des fleurs par exemple. La pierre symbolise la permanence, alors que les fleurs finissent par se faner…

Le soleil se couche, je rentre aux abords de la vieille-ville.

C’est toujours le Ramadan. Pour trouver quelquechose d’ouvert, ca met du temps. Et meme lorsque la nuit arrive, les musulmans sont servis en priorité devant le comptoir, ce qui me fait poireauter plus d’une demi-heure pour un malheureux sandwich…
Allez, mangez, vous n’avez rien avalé de la journee…

3 Aout 2011

Ce matin, le seul endroit ou je peux trouver un petit-dejeuner digne de ce nom est dans une librairie qui fait aussi office de café. Ils n’ont pas la culture du café-croissant et si on ajoute a cela la période du Ramadan, c’est encore plus difficile a trouver en ce moment.

Je pars longer l’autre coté de la vieille-ville, par l’Ouest :

A gauche, le quartier chrétien (le drapeau du Vatican flotte au sommet d’une église). A droite, la vieille citadelle de Jérusalem
Et encore plus a droite, le quartier arménien

J’entre dans le quartier chrétien :

Toute la vieille-ville de Jérusalem a été batie et restaurée avec ce meme type de pierre blanche

La ville est tres touristique mais on arrive a trouver quelques ruelles plutot calmes.
Je pars ensuite en dehors des remparts, sur le Mont Sion, en direction du Cimetiere Chrétien.

 

Oskar Schindler :
Industriel allemand et membre du parti nazi durant la 2nde Guerre Mondiale, il profita du travail obligatoire des Juifs pour faire fortune dans la fabrication de batteries de cuisine.
Prenant parti pour eux, il les racheta pour les amener en Tchécoslovaquie, et les faire travailler dans une usine d’armement. Il sabote alors sa propre usine et fait croire a une faillite pour sauver ses travailleurs et ne pas ralentir l’avancée des alliées par sa production d’armes.
Pour avoir sauvé 1100 vies de la déportation, l’Etat d’Israel, bien que 20 années apres sa mort, lui attribua le titre de Juste parmi les nations (personnes ayant mis leur vie en danger pour sauver des Juifs), la plus haute distinction délivrée par l’Etat d’Israel a des civils.

La tombe remplie de cailloux que vous pouvez voir a gauche de l’allée est celle d’Oskar Schindler. Elle correspond aussi a la derniere séquence du film « La Liste de Schindler » de Steven Spielberg, ou chaque rescapés et enfants de rescapés viennent tour a tour y déposer un caillou

 

La chaleur devient étouffante. Je dois rentrer a l’hostel en attendant les heures plus fraiches.

Je repars a nouveau dans le quartier chrétien pour une balade en fin d’apres-midi :

Une rue du quartier chrétien
La rue Ararat, dans le quartier arménien

 

Protestants, catholiques, orthodoxes…
Espagnols, brésiliens, francais… le quartier chrétien est animé par des bars, des restaurants et des commerces.
Pretres orthodoxes, rabbins, évangélistes, curés, musulmans, on se croise chaque jour dans la rue. Les boutiques de souvenirs vont dans le meme sens : chez un commercant, on peut trouver aussi bien une croix de Jésus a coté d’une kippa ou d’un croissant de l’Islam en bois.
Les nationalités européennes et américaines se cotoient aussi dans le quartier juif. Et de temps en temps, on te demande ta religion pour tenter de te vendre des babioles et des bouquins.
Lorsque tu réponds : pas de religion, ils se désinteressent totalement de ton cas. L’athée est ici le plus mauvais des clients !

D’ailleurs juste devant l’entrée du Mur des Lamentations, on me demande :
– « English? »
– « No, french »
– « French jewish? »
– « No, just french… »

Et il s’en va…

Pour entrer dans le Mur des Lamentations, encore une fois, c’est comme dans un aéroport, il faut passer ses affaires au détecteur. Pour ce qui est du Mur, je ne l’ai pas pris en photo. Comme tout le monde le sait, on dépose un papier sur lequel on a écrit des voeux et des prieres avant de l’insérer dans les fentes du Mur.

Ballade au cimetiere juif pour etre au calme en fin de journée. Oui… pour etre sur d’etre au calme, optez toujours pour un cimetiere !

4 Aout 2011

Je ne sais pas dans quelle mesure s’étend la liberté de la presse en Israel. Mais ce matin, comme hier, je me rends a nouveau dans cette petite librairie qui est en fait un Educationnal Bookshop ou de nombreux livres en anglais traitent du conflit israelo-arabe, tres tournés sur les droits de l’homme et les pratiques illégales et inhumaines d’Israel a l’encontre du peuple palestinien.

Le conflit israelo-arabe est d’une rare complexité. Beaucoup de frontieres sont contestées dans le monde, mais il n’y a pas plus mediatisé que le probleme du partage de ces petits territoires que forment l’Israel et la Palestine.
On compte officiellement 58 camps de refugiés palestiniens au Proche-Orient (Jordanie, Liban, Syrie, Cisjordanie et la bande de Gaza). En tout, 1400000 refugiés.
De nombreuses années ont été perdues a faire des concessions aux colonisateurs, si bien qu’aujourd’hui, les réalités du terrain ont bien changé. Avec le temps, on a désormais plus affaire a un type d’aparteid qu’a une occupation militaire : ceux qui ont refusé de fuir sont aujourd’hui citoyens israéliens, nationalité qu’on leur a imposée ;  et ils représentent aujourd’hui plus d’1,2 millions de personnes. En Cisjordanie, les colonies illégales juives affichent leur détermination par la violence des armes, et repoussent chaque jour un peu plus les palestiniens présents sur ce que les colons juifs appellent « leur » sol. Israel se fond dans le paysage palestinien, comme les chinois s’implantent tous les jours un peu plus sur le sol tibétain.

Aujourd’hui, on en est ou ?
Depuis presque 10 mois, les pourparlers de paix sont a l’arret. Afin de relancer les échanges entre les 2 parties, le chef de l’autorité palestinienne a décidé de conduire aupres de l’ONU une requete pour la reconnaissance d’un Etat indépendant.  La France se prépare a donner son approbation, comme plus d’une centaine de pays dans le monde.
J’ajoute que plus de 50 pour cent des citoyens israeliens sont en faveur de la création d’un Etat palestinien (c’est important de le signaler !). Les USA, quant a eux, affirment que les discussions doivent se poursuivre sur la base des frontieres de 1967, et menacent de poser leur droit de veto contre la création d’un Etat indépendant. Cette indulgence de la part des USA envers Israel, son petit protégé, est due aux importantes pressions créeent par les puissants lobbys juifs aux Etats-Unis.

La réalité apparait aujourd’hui sous mes yeux, lorsque je décide de me diriger du coté sud des remparts pour atteindre l’entrée d’une colline. Je prends une photo cette pancarte :

Observation point… vous voulez savoir ce qu’ils appelent promenade et point d’observation sur cette colline ?
Le mur qu’ils ont batis, et qui coupe en grande partie Jerusalem-Est…

Lorsque j’etais a Berlin en 2009, je me souviens qu’on se prenait en photo devant les restes du Mur. On fetait d’ailleurs cette année les 20 ans de sa chute. Ici, a Jérusalem, il est bien la, toujours en activité, et il continue de s’étendre sur toute la Cisjordanie. Son utilité principale est de limiter les attaques terroristes, mais sa seconde utilité est bien plus mesquine, car elle permet de contester et de remettre en cause le partage géographique du territoire avec le peuple palestinien.

Je dis qu’a Jérusalem, il n’y a pas qu’un seul mur des Lamentations…

Je rentre au backpacker. C’etait mon dernier soir a Jérusalem.

La vieille-ville reste un endroit superbe. Mon ressenti, c’est qu’elle appartient a tout le monde. Dans quel autre pays au monde peut-on voir 3 religions differentes cohabiter au quotidien ?

5 Aout 2011

Je prends mon temps avant de partir en direction d’un mini-bus économique.
En 1h de trajet, j’arrive a Tel-Aviv.

La chaleur me plombe véritablement et je passe le début d’apres-midi a dormir avant de partir un peu a la découverte de mon quartier.
Se balader dans les rues de Tel-Aviv, c’est a peu pres la meme chose que de se promener dans les rues de Clermont… avec un peu plus de kippa sur la tete. Pour le reste, pas beaucoup de changement : c’est comme si on circulait avenue Charras ou avenue des Etats-Unis.

J’arrive sur l’Avenue Rothshild. C’est ici que le mouvement a commencé : depuis plus de 2 semaines, et au dela de tout clivage ethnique ou religieux (pour une fois), les israeliens se plaignent du cout de la vie tres élevée dans le pays.
Les tentes sont posées, le long du terrain vert de l’avenue, entre les 2 chaussées. La jeunesse est la…
Quelquechose se prépare… quelquechose que le gouvernement n’a pas vu venir : alors que la menace arrive normalement autour de ses frontieres, c’est une colere de citoyens israeliens au sein meme du pays.

6 Aout 2011

Le samedi, c’est shabbat. Tout est fermé. C’est encore pire qu’un dimanche en France. En passant devant l’Avenue Rothschild, tout est a l’arret. Il n’y a pas l’animation qu’il y avait avant-hier.
Je met alors mon travail de recherche de compréhension de ce mouvement en suspension et me dirige la ou tout le monde se rend…

Sous les pavés, la plage !

Et je retrouve par la meme occasion la Méditerrannée que j’avais laissée il y a plus de 10 mois a Istanbul, au tout début de ce voyage.
J’y passe l’apres-midi toute entiere.
En fin de journée, les commerces commencent a reouvrir.

7 Aout 2011

C’est le jour ou les manifestations reprennent, meme si j’apprends qu’elles avaient commencé la veille au soir. Certains panneaux, placés sur les tentes et aux alentours, doivent etre originaux, mais je ne comprends pas l’hébreux. De temps en temps, quelques mots d’anglais apparaissent :

Ce sont les toutes 1eres manifestations sociales de ce genre en Israel
Le mouvement s’étend sur toute l’Avenue et dans plusieurs villes du pays

Installations vidéo, sculptures, dessins, projections de films, ateliers pour les enfants, lecture de textes, concerts improvisés, c’est un mouvement dynamique que la jeunesse israelienne entretient avec beaucoup de créativité. J’ai vu plusieurs caricatures des dirigeants politiques. Ca me permet de constater que les habitants d’Israel ne suivent pas forcément toujours la politique du gouvernement, loin de la.

Tous habillés comme dans n’importe quelle autre ville européenne, on ne se sent absolument pas au Moyen-Orient lorsqu’on est a Tel-Aviv. Elle n’a rien a voir avec Jérusalem. L’ambiance est plus décontractée.
Si Jérusalem a plusieurs milliers d’années d’existence, Tel-Aviv vient juste de feter cette année ses 102 ans. Elle est la place intellectuelle, le coeur culturel du pays.

La soirée, je la passe au meme endroit avec une italienne que j’ai rencontré a l’hostel.
Nous continuons d’arpenter les rues de l’Avenue Rothschild, rebaptisée par les manifestants « Avenue si j’etais Rothshild ».

La tension monte d’un cran dans la nuit, car ces manifestations permettent a tous de s’exprimer librement : les raisons des réclamations, qui au départ étaient axées sur la notion de justice sociale se sont deplacées, pour un petit groupe toutefois seulement, vers un radicalisme religieux.
Nous demandons a une israelienne pourquoi quelques frictions commencent. Elle nous répond que certains veulent un Tel-Aviv juif sans Palestine et banni des musulmans et des homosexuels (Tel-Aviv étant la ville gay d’Israel). Ils restent tres minoritaires et se font incendiés par le reste des manifestants, en surnombre par rapport a ce groupuscule.

Virginia l’italienne, m’amene ensuite dans un bar ambiance boheme, loin du tumulte de l’Avenue. On y trouve des gens, aussi decontracté qu’en Europe. Sans la chaleur étouffante, Tel-Aviv est une ville agréable.

8 Aout 2011

Pour ma derniere journée a Tel-Aviv, et en Israel, j’ai prévu de me rendre a Jaffa, histoire de se balader un peu a l’écart de la ville.

Principalement arabe, Jaffa a plus de 3500 ans. Son port est l’un des plus vieux au monde
Elle se situe a moins d’1 km de Tel-Aviv, qu’on apercoit au loin

La chaleur est accablante. Meme si nous somnmes au bord de la Méditerrannée, il fait plus chaud qu’a Jérusalem. En fin d’apres-midi, je retrouve Virginia dans un musée d’art. Tel-Aviv en regorge.

Il fait nuit. C’est bientot la fin de mon parcours en Israel.

Pour des raisons financieres, j’ai préferé ne pas booker pour un dernier soir a l’hostel, et surtout parce que mon avion est a 7h demain matin. Comme d’habitude, je prefere dormir a l’aéroport.

 

Tel-Aviv m’a donné une belle impression ; l’impression que, dans le futur, les choses vont évoluer la ou les dirigeants politiques se montrent intransigeants ; aussi bien envers le peuple palestinien qu’en matiere de justice sociale. Je reste tres optimiste pour l’avenir de ce pays car la plupart de ses habitants ne refletent absolument pas les memes idées que celles des hommes qui la gouvernent.
D’une maniere plus générale, je suis content d’avoir ajouté dans mon voyage la visite de Jérusalem et de Tel-Aviv. Je vois désormais les choses avec plus de clarté.

Je pars en direction de l’aéroport, situé a 15kms de Tel-Aviv et m’apprete a quitter Israel et le Moyen-Orient.
Retour en Europe !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet.

 

Maintenir le cap

9 Juillet 2011

Il est 1h30 du matin, mon avion s’envolle.
8h plus tard, j’atteris sur le tarmac de l’aéroport international de Johannesbourg.
Nous voici en Afrique du Sud.

Je regle ma montre. Il est 15h et pour quelques temps, je serais a la meme heure qu’en France.
Toujours dans l’aéroport, je me dirige vers le bureau de change, et constate qu’ils n’acceptent pas la monnaie brésilienne. Je n’ai pas non plus des mille et des cents, mais si je ne parviens pas a m’en débarasser ici, je vois pas dans quel autre pays d’Afrique je pourrais les échanger…

Pour le moment, je les conserve et je pars au distributeur de billets pour retirer des rand.

Ma 1ere impression de l’Afrique du Sud : Hotesses de l’air noires et banquieres noires au bureau de change.
Je pars au café de l’aéroport. Serveurs noirs :
– Un café s’il vous plait
– Avec du lait ou café noir ?
– Café noir
Je sors de l’aéroport. Le chauffeur de taxi noir discute avec ses collegues noirs.
Nous partons. Banlieue Est de Johannesbourg principalement noire. J’arrive au backpacker. Gérant noir. Clients noirs…et belges…

Ma 2nde impression de l’Afrique du Sud :
C’est a peu pres ce que j’imaginais ; l’impression d’etre revenu en Australie : on roule a gauche, on parle anglais (pour la plupart), les avenues sont larges, les habitations sont vastes et de plain-pied ; et tout se fait en voiture (les distances sont énormes) pour peu qu’on soit excentré de la ville.
C’est mon cas, je n’ai pas remarqué en bookant pour cet hostel qu’il se trouvait en banlieue.
Aucun bus ne passe par ici… Comme en Australie ou aux USA, la voiture est reine !
Je me suis vraiment loupé pour le coup.
Il me reste quelques pates d’Argentine et un cube de bouillon du Chili. Voila toute ma fortune pour ce soir.

2 autres personnes occupent le dortir dans lequel je me trouve : un pere et son fils. Ils me disent que pour demain, ils peuvent me déposer a Johannesbourg.

Je suis a Kempton Park, une des nombreuses banlieues de la ville, au milieu d’un quartier résidenciel, a 30 kms de Johannesbourg !
Comment ai-je fais pour me retrouver aussi loin…

10 Juillet 2010

Finalement, le pere se renseigne plus précisément a la réception et me dit qu’il peut me déposer a l’endroit ou l’on peut prendre des taxis. Bon… j’aurais presque pu m’y rendre a pied, c’est a l’angle de la rue… Et un taxi c’est pas donné.
En fait, ce qu’on entend par taxi en Afrique du Sud, c’est comme un dolmus en Turquie : la direction est définie a l’exception qu’il peut de temps en temps faire un léger détour pour te déposer a l’endroit voulu.
Pour la direction, il faut la connaitre en étant un usager régulier, sinon aucun moyen de la savoir.

Je fais signe au 1er qui vient. Pour l’appeler, il faut lever le doigt. Pas le bras, juste l’index. Pour ca, ca dépend vraiment du pays. Au Mexique, il fallait faire rapidemment trembler la main (comme si on appliquait la-bas notre fameux geste francais : le « couci-couca » ).
Je mets un moment pour expliquer au chauffeur ou je souhaite aller. Dans ma tete, c’est clair, il va a Johannesbourg. Donc je lui répete « to the town » (qu’on peut traduire par « centre-ville ») ; ca me semble évident que tous les taxis s’y dirigent.
Durant le trajet, je finis enfin par lui dire « Johannesbourg ». Et effectivement, ca valait bien la peine de lui dire… Il m’explique qu’il s’arretera a Kempton Park Station, d’ou je devrais prendre un autre taxi.
J’en prends un second et… et non… c’etait pas la bonne direction… j’en prends un 3eme qui me depose finalement en centre-ville.

Du moins, ca ressemble a un centre-ville. Les gratte-ciels ne sont pas trop loins.
Dans les rues, c’est noir de monde. Excusez-moi du jeu de mot, mais c’est vrai ; des vendeurs ambulants dans tous les coins, policiers noirs, agents de securité noirs, guichetiere noires et panneaux d’affichage avec dessus, une mannequin pour lingerie noire. C’est simple, je n’ai pas vu plus de 3 blancs durant toute la durée de ma ballade en ville.
C’est pas pour autant qu’on me regarde de travers. Mais une chose est sure, on ne peut pas me rater.
La population blanche vit plutot dans les banlieues nord. Un peu moins a l’Est, vers le quartier de mon hostel, ou se cotoient beaucoup de familles noires aisées ou de classe moyenne.
Mais les quartiers pauvres sont (forcément) plus en nombre. Ca remonte au temps de l’apartheid ou les blancs possédaient 90 pour cent du territoire sud-africain (et a vrai dire, c’est toujours le cas). En conséquence, la population noire s’est entassée dans les grandes villes, notamment Johannesbourg.

L’américaine que j’avais rencontré il y a 2 jours a Rio revenait d’Afrique du Sud et m’avais dit de ne pas rester trop longtemps a Johannesbourg.
Cette ville n’a effectivement pas grand chose d’attrayante. Fade et sans charme.
En plus de ca, on est dimanche et beaucoup de commerces sont fermés.
C’était aussi le but de ma venue dans le centre : trouver un bureau de poste pour renvoyer ma pile de livres de voyage et mon ancien camescope. Je tourne essentiellement autour du quartier Braamfontein et celui de Hillbrow, reputé dangereux ; comme d’habitude, il ne s’est rien passé, meme avec mon appareil photo et un camescope sous le bras…

Tout est fermé, il faut attendre demain. Mais je n’ai pas forcément envie de rester un jour de plus ici. En plus, il ne fait pas spécialement chaud : a peine une douzaine de degrés. Je voudrais réserver un billet de train a la gare pour une traversée de l’Afrique du Sud d’Est en Ouest.
Avant ca, je pars en direction d’un distributeur de billet. Panne d’argent ! Plafond de retrait hebdomadaire atteint. J’ai retiré beaucoup trop de cash en quelques jours lorsque j’étais au Bresil, pensant que le 1er camescope que j’acheterais serait le bon. Il coutait le double du prix de celui que j’ai finalement acquis. Du coup, je me retrouve avec de la monnaie brésilienne dont personne ne veut. Il faut attendre plusieurs jours pour recevoir des billets, et ca ne m’enchante guere de rester ici a poireauter. En revanche, pour payer par carte bleue,  pas de probleme. Encore heureux…
La derniere fois que ca m’est arrivé, c’etait a Mexico lorsque je voulais acheter mon vélo dans des commerces qui n’acceptaient que du cash.

Je pars a Park Station, au guichet pour réserver une place de train pour demain, meme si je n’ai toujours pas trouver de solution a mon manque cruel de liquide. Le guichet accepte la carte bleue, c’est déja ca.
Je demande un ticket pour Cape Town (Le Cap) :
– « Il n’y a pas de places assises, tous les lits-couchettes sont pris »
– « Combien de temps dure le voyage ? »
– « 27 heures »
– « Alors une place assise s’il vous plait »
– « Vous etes sur ? »
– « Oui »

27h, je suis dans ma moyenne, et puis c’est 2 fois moins cher qu’un lit.

– « Je voudrais aussi un ticket de train pour rentrer a Kempton Park »
– « Vous etes sur ? » (ca fait 2 fois qu’elle me dit ca)
– « Oui »
– « Comment etes-vous venu ici ? »
– « En mini-bus »
– « Et vous ne voulez pas rentrer en mini-bus ? »
– « On m’a dit que le train était moins cher »
– « … »
– « C’est moins cher ? »
– « Oui, mais faites attention on est dimanche et c’est tres calme dans le train »
– « Et alors, c’est dangereux ? »
– « Vous voyagez seul ? »
– « Oui »
– « Les gens voient que vous n’etes pas local, ils peuvent vous voler. Faites vraiment attention dans le train, gardez vos affaires pres de vous »

Comment croit-elle que je me suis debrouillé ces 10 derniers mois ? Bien sur que j’ai fais gaffe ! Mais je la remercie quand meme pour ces mises en garde. Je n’avais jamais rencontré une guichetiere aussi prévenante. Mais bon, si on écoute toujours ce genre de propos, on ne fait plus rien.

Le train a du retard (beaucoup meme) mais finit par arriver.
A l’intérieur, finalement beaucoup de gens, qui me disent bien gentillement le nombre d’arret avant d’arriver a celui de Kempton Park. Encore une fois, il ne s’est rien passé.
J’arrive au Kempton Park et le soleil commence déja a se coucher.

Depuis la station de Kempton Park, je ne trouve pas de mini-bus pour ma rue ; je dois prendre un vrai taxi pour la rejoindre, ce qui me coute un bras (la vie est moins chere qu’en Australie mais ce n’est quand meme pas donné…). J’arrive a l’hostel avec mon camescope toujours sous le bras, un sac de course (la seule chose que j’ai pu faire aujourd’hui), et 30 rands en poche (a peine 3euros…).
C’est une succession de malchance : a l’aéroport, pas possible d’échanger ma monnaie brésilienne (et je comptais dessus) ; on est dimanche aujourd’hui, donc les banques étaient fermées pour tenter un autre coup ; un backpacker excentré (je m’en serait sorti s’il avait été en centre-ville) ; et lorsque j’arrive justement a l’hostel, qu’est-ce que j’apprends ?
– « Désolé on accepte que le cash… »

P***** !!!

Le taxi qui m’a raccompagné jusqu’ici m’avait dit que le Casino de Johannesbourg échangeait n’importe quelle type de monnaie.
Je n’ai pas le choix, je dois demander a quelqu’un du backpacker de m’emmener en voiture au Casino. Le pere et son fils acceptent, moyennant un petit dédomagement, car le Casino est un peu loin, vers l’aéroport.

Arrivés sur place, je me dirige directement vers le bureau de change.
La fille me dit qu’ils n’acceptent pas la monnaie brésilienne.
Inspiration… Expiration… On garde son calme, alors qu’autour de moi, les gens s’amuse-a-perdre-leur-argent.
Je lui dis que j’ai besoin de cash, et pour abréger, j’ajoute que leur distributeur de billet ne marche pas avec ma carte. Elle me dit alors d’essayer de voir avec le guichet des joueurs. Au guichet, ils me disent qu’il faut avoir la carte du Casino.
Je me dirige alors vers un 3eme endroit. J’obtiens finalement ma carte (pas de cotisation annuelle, encore heureux). Je retourne au 2nd guichet ; je demande a la faire remplir pour immédiatement la vider de son contenu, le tout en cash.

Ca y est, tout est réglé.
Dire que tout a commencé a Rio de Janeiro par un excessif retrait d’argent et ca se termine enfin ce soir, a Johannesbourg, par une carte de l’Emperor’s Palace…
A dire vrai, je n’avais pas non plus des mille et des cents en monnaie brésilienne. Donc cette monnaie vient a point, et me permettra de tenir plusieurs jours sans effectuer aucun retrait.

A Rio, j’avais rencontré 3 francais qui voyageaient ensemble. L’un d’entre eux m’avaient expliqué qu’il lui était arrivé ce meme genre d’histoire. Il a pu compter sur ces 2 potes durant plusieurs jours. L’avantage de voyager a plusieurs. Probleme d’argent, vol, blessure, maladie : tout seul, tu ne peux te reposer sur l’épaule de personne en cas de coup dur…

Beaucoup moins de pression a présent, tout redescend. Je regle la note a ceux qui m’ont conduit jusqu’ici et les remercie vivement. Nous repartons. Je n’ai pas dépensé un dollar dans les machines a sous de Las Vegas. C’est pas ici que je commencerais (et c’est pas franchement le but de ce voyage…).

Retour a l’hostel.

11 Juillet 2011

Je range mes affaires et regle l’addition.
Le gérant me dit de noter son hostel sur Internet. Excentré, sans charme (ca encore, c’est secondaire), qui ne propose pas d’autre alternative que de payer en cash (alors tous les grands hostels le propose systematiquement) : t’inquiete pas, je ne vais pas le louper lors du vote.

Il faut au moins que je prenne en photo le quartier ou j’étais avant de me diriger a l’angle de la rue :

Une rue de Kempton Park
Une autre rue large. Ca me rappelle vraiment les lotissements australiens
Une grande avenue de Kempton Park

Je prends un mini-bus. Maintenant que je connais sa destination, je ne fais pas d’erreur. Les gens me laissent la place de devant, la plus large, la plus apte a accueillir mon gros sac. On est un peu a l’étroit a l’intérieur, du coup, comme pour les dolmus turc, l’argent passe de mains en mains jusqu’au chauffeur.

La guichetiere de la veille m’avait conseillé de me rendre a la gare vers 11h pour avoir une bonne place. Et effectivement, arrivé dans le hall, il y a déja une longue file d’attente. J’aurais espéré que dans un pays développé comme l’Afrique du Sud, les places soient définies. Et bien pas du tout. Les premiers ont les meilleures places, c’est tout. Pas de probleme pour le coup, j’arrive bien en avance, et la file se rallonge doublement derriere moi.

Dans le train, un type est arreté et menotté sous mes yeux. Il vient de dérober quelques affaires appartenant a une dame, dont son portable. Redoublons de vigilance…. Je vous en supplie, piquez-moi ce que vous voulez mais pas mon nouveau camescope, on vient a peine de faire connaissance.
Quand je suis éveillé, j’ai toujours mes affaires sur moi. Quand je dors, forcément, je suis plus vulnérable.
La solution que j’ai trouvé, c’est d’enrouler les lanieres de mes sacoches autour de ma jambe. Si l’individu cherche a voler quelque chose, je le sentirais.

Superbe paysage durant l’apres-midi, le tout filmé…

12 Juillet 2011

Nuit froide. J’ai dormi a peine 2h. Il faudra que j’attende 8 ou 9h du matin, que le soleil apparaisse et que le train gagne quelques degrés pour enfin trouver le sommeil.

Il est maintenant presque 15h, je viens de me réveiller a peine 1h avant qu’il n’arrive a Cape Town.

Le taxi me dépose a l’hostel. Un mal de gorge s’est installé. Ca c’est encore un coup de l’hostel d’hier et ses portes constamment ouvertes…

J’arrive au backpacker en taxi. Celui-ci ne présente aucun probleme apparent : bien situé, qui dispose d’une agence de voyage pour booker des tours autour de Cape Town, on peut payer par carte ; et, au cas ou, il y a meme un distributeur de billet a l’intérieur. Chaque année, il est d’ailleurs classé dans les 3 premiers meilleurs hostels d’Afrique du Sud.

A Cape Town, bien que plus au sud par rapport a Johannesbourg, il fait tres doux. Grand soleil et pas de vent, parfait pour guérir.
Je pars faire des courses et trouve une pharmacie. Traitement au doliprane et aux pastilles 2 ou 3 jours. Ne tombons pas plus malade.

Je rentre au backpacker.

13 Juillet 2011

Reveil a 11h ! J’avais vraiment besoin de sommeil apres la nuit dans le train.
cette apres-midi sera une apres-midi sans visite. Je dois faire ce que je n’ai pas pu faire a Johannesbourg, a savoir, passer a la Poste pour envoyer en France ma pile de bouquins de voyage, de dictionnaire de traduction (bye bye l’espagnol) et de camescope cassé (peut-etre réparable, sait-on jamais). Je dois aussi trouver un adaptateur. C’est encore différent ici qu’en Europe, en Australie, au Royaume-Uni ou en Amérique. Meme pour les branchements électriques, on est pas tombé d’accord… Je dois désormais avoir toutes les combinaisons mondiales.

Derniere chose a faire : guérir de ce mal de gorge. Donc pas question de prendre l’air dans les grands espaces exposés au vent. Pas aujourd’hui en tout cas.

Finalement, j’ai tout trouvé a proximité.
Voila tout pour aujourd’hui.

14 Juillet 2011

Levé au chant du « COQ », on s’habille, on marche au pas régulier, on traverse 2 rues ; un seul objectif ce matin. On s’arrete, pieds joints, torse bombé, on arme son appareil photo, on vise… FEU !!!

Fete Nationale du 14 Juillet !!! Ambassade de France a Cape Town

Une grande pensée pour la France et a tout ceux qui se trouvent dedans ; et au passage, un grand remerciement a toutes les ambassades et consulats francais du monde pretant assistance aux pauvres petits francais lorsqu’ils égarent leur passeport, leur carte bleue et leur SAC A DOS !

Elan patriotique, oui ! C’est la moindre des choses lorsqu’on est loin de son pays de coeur.
Mais ne suis-je pas non plus dans une ville, théatre de la lutte pour la création d’une nation unie ?!
On y arrive… Pour le moment, j’ai encore 1 ou 2h pour vous montrer a quoi ressemble la tranquille ville de Cape Town. Rien a voir avec Johannesbourg.

Le Company’s Gardens, en face de l’Ambassade de France

On peut voir au loin la Table Moutain, qui porte ce nom car elle est plate en son sommet.

Quartier aisé du Cap, pres du port
Derriere, toujours la Table Moutain. Cape Town sans la Table Moutain, ce n’est plus Cape Town…

A Cape Town, la population est plus metissée qu’a Johannesbourg : on compte 45 pour cent de métis, 35 pour cent de noirs et 20 pour cent de blancs.
Capitale législative de l’Afrique du Sud, les locaux l’appellent affectueusement mother city puisqu’elle fut la 1ere ville d’Afrique du Sud ou s’établirent les colons néerlandais, rejoints par des francais (protestants ayant fuits les persécutions religieuses), des allemands et des scandinaves.

 

Afrikaners
C’est justement le nom porté par tous les descendants de ces blancs non-anglophones, nés en Afrique du Sud depuis leur établissement dans la ville du Cap au milieu du XVIIeme siecle. Ils s’expriment d’ailleurs dans une langue dérivée du néerlandais du XVIIeme siecle : l’Afrikaans.
Longtemps traqués apres l’arrivée des anglais en Afrique du Sud, ils furent finalement reconnus comme minorité dans leur pays.
60 pour cent des blancs d’Afrique du Sud s’identifient aujourd’hui comme étant Afrikaners.

Le Zoulou est la 1ere langue parlée en Afrique du sud, suivi par le Xhosa. L’Afrikaans arrive en 3eme position bien que beaucoup l’ont comme seconde langue (ce qui la place alors en 2nde position). Quant a l’anglais, langue maternelle de seulement 2 ou 3 millions de sud-africains, elle semble plutot jouer l’unité du pays comme langue des affaires et de communication.

La raison pour laquelle je me rapproche du bord de mer, c’est qu’un bateau embarque pour Robben Island.

Et 30 minutes de bateau plus tard, nous y voici :

Robben Island

C’est pourquoi je vous disais que la ville du Cap était le théatre d’une lutte, chargée d’une histoire tres récente.
En fait, ca s’est plutot déroulé au large, sur Robben Island qui était une prison de sécurite maximale ou fut détenu les prisonniers de longue peine, notamment les membres de mouvements de lutte contre l’apartheid. C’est ici que Nelson Mandela fut incarcéré durant pres de 18 ans.

La visite ne dure pas longtemps, et je n’ai pas vraiment le temps de prendre de photos. Néanmoins, je traverse les couloirs des cellules des détenus, notamment celle de Mandela. A la différence de d’Alcatraz a San Francisco, l’ile est bien plus vaste et les prisonniers étaient systématiquement condamnés aux travaux forcés, dans une carriere de pierre, proche de la prison.
Le « plus » de la visite, c’est qu’elle est animée par un ancien détenu, incarcéré sur l’ile durant 7 ans.
Robben Island est le symbole de la victoire sur l’emprisonnement, la souffrance et la ségrégation pour toute l’Afrique du Sud comme pour le reste du monde. A l’époque une prison d’Etat ou les détenus arrivaient les pieds enchainés, l’ile est aujourd’hui un musée du souvenir, que l’UNESCO (site classé au Patrimoine Mondial) et l’Afrique du Sud tient a conserver pour véhiculer cet esprit de fraternité entre les ethnies ; meme si la route pour l’égalité est encore longue.
Les derniers prisonniers furent libérés en 1991, l’année de l’abolition de l’apartheid.

Retour en bateau, comme a l’aller.
Je déambule un peu dans les hauteurs de la ville ou je trouve des coins tres sympas, notamment :

La rue colorée Chiappini

Je retourne a l’accueil de l’hostel pour booker la visite de la Peninsule du Cap.
Avant chaque demande aupres des receptions depuis la fin de l’Uruguay, je constate une chose : je suis toujours en train de préparer ma phrase en espagnol…

Le Cap est une ville tres agréable. Pleins de petits commerces, et animées le soir. Je pars d’ailleurs ce soir avec quelques membres du backpacker.
Pas longtemps, car demain, il y aura un peu de marche.

15 Juillet 2011

Il est 8h, le mini-bus arrive. Nous sommes une petite dizaine pour ce tour. De l’hostel ou d’ailleurs.

Le 1er arret se fera a Hout Bay.

Le port d’Hout Bay
Et sa pointe. Photo prise depuis Chapman’s Peak

Nous sommes déja ici dans ce qui forme la grande Péninsule du Cap.

Pour le 2nd arret, je n’imaginais pas voir ca ici : des pingouins !
On les appelle African Penguin ou Manchot du Cap. Sur la plage, en plein soleil, ils sont une espece de manchot habituées aux fortes températures. On peut meme en trouver en Namibie et jusque sur les plages de l’Angola.

Nous longeons la cote peuplée de gros singes qu’on appelle Baboons.

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous entrons quasiment a la pointe.
Le chauffeur sort de la remorque un vélo pour chacun et durant une demi-heure, avec un temps superbe, nous parcourons l’espace protégé de la pointe de la péninsule.
Arret casse-croute avant de reprendre une derniere fois le mini-bus, pour grimper a pied jusqu’a :

Cape Point, qui représente la démarcation entre l’Ocean Indien a gauche, et l’Océan Atlantique, a droite. Au loin, l’Antarctique…

On a tendance a confondre les 2 pointes, mais ne nous y trompons pas, le Cap de Bonne-Esperance est juste derriere moi :

Le voila, le Cap de Bonne-Esperance

Apres un peu de marche, nous l’atteignons.
C’est le point le plus au Sud-Ouest du continent Africain. La preuve :

Cape of Good Hope

Derniere chose originale avant de quitter ce superbe endroit :

Des autruches en bord de mer !

La Péninsule était censée etre l’un des endroits les plus venteux du globe. Aujourd’hui, rien qu’une petite brise. Temps anormalement bon pour la saison mais impeccable pour visiter ce grand espace sauvage.
Journée idyllique.

Retour a l’hostel.

16 Juillet 2011

Je me dirige l’apres-midi en direction de Table Moutain pour une simple petite ballade. Il est possible de gravir la montagne. D’en haut, on peut apercevoir toute la Péninsule du cap. Pour ma part, la péninsule, je l’ai déja vu de pres ; et de la ou je suis, j’ai déja une vue sympas :

Le Cap, vue du pied de Table Moutain

Mais la raison principale pour laquelle je ne souhaite pas vraiment faire l’ascension, c’est pour voir la teinte rosée que prend la montagne en fin d’apres-midi. Je tenais a garder la photo pour aujourd’hui. Faisons comme a Valparaiso, attendons le meilleur moment.

Je reste plusieurs heures au meme endroit a contempler la ville.
Le soleil se couche petit a petit, et j’obtiens finalement la photo que je voulais avec la couleur que je voulais :

11 mois !

J’aurais attendu plusieurs heures pour moins de 10 minutes. Avant ces 10min, la montagne est jaune pale ; apres, c’est la nuit !

Et durant toute cette attente, j’ai eu le temps de réfléchir a une chose : c’est bientot la fin ! Il s’est déja passé 1 mois depuis Valparaiso… et mathématiquement, apres 11, il y a 12 !!!
J’avais prévu de traverser d’autres pays d’Afrique du Nord, mais le temps joue vraiment contre moi. Je dois revoir a la baisse. En Afrique, comme en Amerique latine, les distances sont énormes , et je dois faire des choix. Je savais depuis mon départ que faire tout le continent africain serait impossible avec mon timing.
Tous les globe-trotters que j’ai rencontré ont meme décidé d’occulter carrément le continent tout entier pour leur tour du monde. Moi, je tenais a faire un tour du monde de TOUS les continents. Comment dire « j’ai vu le monde » sans etre passé par l’Afrique ?

Je vais quand meme poursuivre un peu ma route dans le sud de ce continent.


Un safari, ca vous tente ?

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Le désert namibien

17 Juillet 2011

Le taxi me dépose au terminal de bus longue distance.
Je pars pour Windhoek, en Namibie.
Il fait un temps impeccable. Pour le paysage, j’en vois un petit bout avant de sombrer dans un profond sommeil et ceux,  jusqu’a la panne du bus… ou du moins, un probleme technique.

Nous rejoignons quelques heures plus tard un autre bus de la meme compagnie dans une station-essence pour le transfert. On est en plein milieu de la campagne sud-africaine : végétation tres basse, qui s’étend sur de vastes plaines. Quelques airs d’Australie.

Le nouveau bus est sur 2 étages, plus spacieux. On y gagne au change.
Je m’asseois a coté d’une sud-africaine.
Elle entamme des recherches biologiques sur les animaux du Parc National d’Etosha, en Namibie. Pas possible de rentrer plus dans les détails, je n’ai pas le vocabulaire spécifique a ce domaine en anglais…

Etosha se situe au Nord de la Namibie. Ce Parc National est connu pour renfermer une grande diversité faunique.
J’en profite pour lui poser quelques questions d’ordre pratique, du genre : comment obtenir de la monnaie namibienne. Elle me dit que ce n’est pas la peine, tout est payable en rand : le dollar namibien est calqué sur la monnaie sud-africaine.

Il fait nuit depuis un bon bout de temps et nous franchissons enfin l’Orange River, qui sert de frontiere entre les 2 pays. Au moment d’aller faire tamponner mon passeport, un seul mot me vient  la bouche : « Trente ! » Il est 21h sur le sol namibien, et j’entre en bus dans le 30eme pays traversé depuis le début de ce tour du monde.

Le 2nd coup de tampon sur le territoire namibien, c’est la meme file d’attente, et la meme lenteur. Mais les douaniers ont le sourire, ils plaisantent constamment.

Un dernier arret dans une derniere station-essence perdu dans la campagne. A l’interieur, les gens parlent…plutot l’allemand. La Namibie est une ancienne colonie allemande. Elle est aujourd’hui la 3eme langue parlée sur le territoire ; en second c’est l’Afrikaans, et en 1er, l’anglais, qui joue encore, comme en Afrique du Sud (ou en Inde) un role de cohésion au sein de la nation.

Retour au bus pour une courte nuit.

18 Juillet 2011

J’arrive au terminal des cars de Windhoek vers 7h ce matin. L’avantage, c’est que pour une fois, il est placé au coeur de la ville. Ce n’est pas non plus une ville immense, elle semble etre a taille humaine. La Namibie, comme l’Afrique du Sud (toutefois a moindre mesure), est un pays assez developpé si on la compare au niveau de vie du reste du continent.

Les bagages de la soute restitués a chacun, j’essaye de me réveiller tranquillement, debout, les yeux perdus dans le vide, avant de prendre une décision pour la suite. A peine le temps de bailler, un chauffeur m’alpague et me demande ou je veux aller. J’avais entendu parler d’un hostel pas trop mal et je lui donne le nom en ajoutant : « Vous avez le compteur dans le taxi ». Il me répond « oui » rapidemment et m’invite a le suivre jusqu’au véhicule. Il place mon sac dans le coffre, j’entre a l’arriere. Je lui demande alors :
– « Vous avez le compteur, il est ou ? »
– « Non il est cassé, mais ca coute 40 dollars »
Tout en ressortant du véhicule, je lui retorque :
– « Et comment je peux vous croire ? »

J’ouvre le coffre et reprend mon sac. J’aime pas les menteurs.
Je fais la route a pied jusqu’au backpacker, qui propose aussi des tours.

Je dépose toutes mes affaires dans le dortoirs avant d’aller m’intéresser aux offres de produits touristiques…
Safari, safari… je croyais que les prix étaient plus abordables en Namibie qu’en Afrique du Sud. Pas du tout, ce sont quasiment les memes.
Ca fait 11 mois que je voyage, il va falloir revoir certaines choses a la baisse.
Je ne peux pas partir a Etosha, c’est bien trop couteux. Et en Namibie, on a pas d’autres alternatives que de passer par un voyage organisé tellement les distances sont longues. Ou sinon, il faut avoir son propre vehicule, ce qui revient au final aussi cher, voire meme plus onéreux.

On va se serrer la ceinture mais quand meme booker pour 3 jours un petit quelque chose : Le Namib-Naukluft Park, un immense désert de sable a l’Ouest de la capitale, un peu moins loin en distance qu’Etosha, et qui renferme toutefois lui aussi une faune tres variée.

Départ prévu demain. J’ai de la chance pour le coup car a un jour pres, j’aurais du attendre le prochain tour, dans 3 jours.

19 Juillet 2011

Le camion passe nous chercher et nous amene d’abord a l’entreprise pour que les groupes soient répartis : dans un premier camion, le groupe de 10 jours (qui partiront aussi a Etosha) ; dans le second camion, nous, un petit groupe de 8 americano-australiano-japonaiso-canadianno-auvergnat…

Le principe est le meme que lorsque j’ai travaillé dans l’outback australien. C’est un camion a grosse suspension prévu pour les routes non bitumées qui assurera le transport du petit groupe ; a son bord, un guide-chauffeur et 2 assistants pour préparer les repas. En Australie, j’étais tout seul pour les repas et ca m’aurait bien dépanné d’avoir une personne de plus.
Ici, pas de prise de tete, c’est la Namibie ! Ils rigolent tout le temps entre eux, ce qui n’empeche pas le guide d’etre tres competent dans ses explications.

Nous quittons la ville tres rapidemment. Tout le monde s’endort durant le début du trajet. 1h plus tard, je refais surface, le paysage a bien changé ; nous voila deja dans la brousse.
Petit arret pour midi.

On a perdu le bitume a peine 20kms apres avoir quitté la capitale
 
Je m’écarte un peu du groupe pour voir les alentours. Pas de vent et pas un bruit :
 
Voila a quoi ressemble les environs
 
Je retourne en direction du groupe. Aujourd’hui, je porte justement le T-shirt de mon ancienne compagnie de tour en Australie. Le guide me demande pourquoi j’ai ca. Je lui réponds que j’ai travaillé dans l’outback. Il me dit :
– « Ca ressemble un peu a ici l’outback »
– « Oui a certains endroits »
D’immenses plaines, avec une terre presque aussi rouge que dans le Red Centre.
Il m’explique qu’une des raisons pourrait venir de la situation géographique : nous sommes a la meme latitude que l’outback, au niveau du Tropique du Capricorne.
 
Il est 16h. Nous avons roulé toute la journée jusqu’a destination : Sossusvlei, notre point de chute pour ces 2 prochaines nuits. Le guide depose ses 2 assistants au campement, puis nous amene aux 1eres dunes, juste apres avoir franchi en camion l’entree du Namib-Naukluft Park (le 2nd Parc National le plus vaste d’Afrique).
Il est prévu de voir le coucher de soleil en haut de l’une d’entre elles.
 
Sur la route pour venir jusqu’a Sossusvlei, nous avons deja croisé quelques spécimens : scarabées, autruches et antilopes qu’on appelle springbok.
 
Le camion nous dépose au pied de l’une des dunes, mais auparavant, j’aimerais bien m’approcher de ces springbok. Le groupe part sans moi.
Je pars faire mon mini-safari photo. Le moindre geste brusque et elles détalent rapidemment en faisant de superbes bons :
 
Celle de gauche a du me repérer...
 
Lorsque tu les vois partir au loin, elles se fondent parfaitement dans le décor et marque l’identité de cette belle région a la faune (et a la flore) aussi diversifiée.
 
J’ai pris du retard sur le groupe. Je commence l’ascension de la dune :
 
Beaucoup de végétation sur ces 1eres dunes
 
Je croise quelques membres du groupe, mais chacun a pris un chemin différent, tellement les dunes sont vastes. Le but est d’atteindre la plus haute. Ca prend un moment de marcher dans le sable, mais ca y est, j’arrive juste a temps pour apercevoir les derniers rayons, mais pas le temps de le prendre en photo tellement le soleil tombe a une vitesse fulgurante. Vous avez toutefois la consolation d’admirer un vaste territoire :
 
 
Des dunes a perte de vue. Superbe décor
 

Dernier arrivé, dernier reparti : je dois rapidemment rentrer au camion, sinon je tombe en pleine nuit noire. Tant que ca descend, c’est le bon chemin…
Mais la nuit tombe tres vite aussi, et j’entends le guide crier mon nom.
J’arrive, j’arrive…
Ce qui m’a ralentit durant la redescente c’est aussi et surtout l’absence de bruit ! Toujours pas de vent, ou tres peu, ca donne envie de s’arreter et « d’ecouter ce silence ». La derniere fois remonte au Salar d’Uyuni, en Bolivie. C’est dire, c’est pas tous les jours !

Retour au campement ou les tentes ont ete dressées. Je peux donc désormais le crier haut et fort ce soir : j’ai campé sur tous les continents !

20 Juillet 2011

Levés a 5h du matin. Il fait froid, on a ressorti les bas-de-laine et le bonnet de Bolivie, le polaire et le manteau de San Francisco.
Nous partons ce matin, dans une nuit sombre, en direction du coeur du Parc National, pour un lever de soleil.

Un large acces au centre (emplacement d’un ancien fleuve réduit aujourd’hui a un mine filet d’eau) permet de circuler tres facilement a l’intérieur de ce désert namibien.
Nous voici a escalader la Dune 45. Appelation pas tellement romantique pour une dune mais c’est un chercheur qui les numérota. Il s’apercu qu’en plus d’etre la 45eme dune de ses recherches, elle est située a 45km de Sossusvlei.
Bref, le soleil se leve, non pas au-dessus des dunes mais dans le large couloir asseché, destiné a la circulation. La photo ne rendra rien, croyez-moi ; en revanche, les couleurs matinales sont superbes lorsqu’on tourne son regard a sa droite ou derriere soi…

Mesdames et messieurs, je vous présente :

Le désert !
 
L’un des plus vieux, sinon le plus vieux désert au monde. Il s’étend jusqu’a l’Océan Atlantique.
 
Les arbres morts créent aussi l'identité naturelle de cet immense espace. On va en reparler
 
Ce qui n'empeche pas la presence d'arbres bien vivants
 
 
Pour la suite, il faudra rouler a peu pres 1h, pour atteindre les plus hautes dunes.
Et c’est parti pour une petite marche de 5kms dans le désert. Il doit faire 25 degres, plus de quoi se plaindre. On a enlevé les couches de vetements au fur et a mesure, pour finir en T-shirt.
 
En chemin...
 
 
Le guide nous explique comment les animaux (renards, autruches, zebres…) parviennent a survivre dans ce milieu aride. C’est notamment grace aux plantes gorgées d’eau, qui jonchent le sol. Au passage, un petit scorpion passe entre nos pieds. Le meme type de scorpion que j’ai envoyé a l’intérieur des canalisations de l’évier de la cuisine de King’s Canyon, en Australie.
 
Du désert, encore du désert...
 
Nous nous dirigeons a présent vers la plus haute dune du parc, qui est aussi l’une des plus hautes au monde. Les namibiens la surnomme :
 
Big Daddy, au fond. Elle atteint 380 metres de haut
 
Big Daddy est situé pres d’un site appelé Deadsvlei ou l’atmosphere est pour le moins…
 
étrange... et presque aussi surréaliste que le Salar d'Uyuni bolivien
 
Le vent déplace les dunes au fil du temps, ce qui réduit parfois le débit de la riviere ou détourne sa trajectoire. Ainsi, l’eau coulait a cet endroit il y a environ 600 a 800 ans : ce qui correspond a l’age de ces arbres…morts…
 
Un peu moins photogénique mais meme principe de l'autre coté de Deadsvlei
 
Je croyais ne voir que tres peu d’animaux dans ce désert. Pourtant, une large faune s’y trouve, lorsqu’on scrute un peu les alentours. Parmi ceux que nous avons rencontré : antilope, scorpion, oryx (une sorte d’antilope en un peu plus dodue), kudu (meme genre d’antilope que les oryx), autruche, baboon et enfin un beau zebre qui courrait a coté du camion ( juste le temps d’empoigner le camescope).
Parmi les animaux qui se sont bien cachés aujourd’hui : serpents (tant mieux) et renards (tant pis).
 
Dernier arret…
 
...vers ce qui reste du lac formé par le maigre cours d'eau qui traverse une partie du parc
 
Nous rentrons au campement. Une partie de l’apres-midi sera destiné au repos. Chacun vaque a ses occupations.
J’en profite pour prendre quelques photos et vous montrer a quoi ressemble Sossusvlei :
 
La, ce sont les tentes. D'ailleurs, ca ne vous rappelle rien ?
 
Vraiment rien ?
 
Moi ca m’évoque beaucoup Yulara en Australie – le point de chute pour Ayers Rock – , avec ces habitations semi-dures ; quasiment la meme terre, un campement qui s’étend sur plusieurs hectares, de plain-pied, et qui ne gache donc pas le paysage.
 
J’en profite pour faire une sieste de seulement 10 minutes. Pas plus, car a l’interieur de la tente, c’est un four !
 
Il est 16h30, nous partons visiter un canyon, a quelques kilometres de Sossusvlei. Ce n’est pas le Grand Ganyon américain, ni le site de Cappadoce en Turquie, mais il a quand meme son petit charme en cette fin d’apres-midi, ou l’air devient plus frais :
 
Sesriem Canyon
 
On peut s'y balader
 
Retour a Sossusvlei, pour une derniere nuit au campement.
 
21 Juillet 2011
 
Dernier jour de tour. Levés a 6h du matin. La journée sera consacrée au retour au bercail, jusqu’a Windhoek, mais en empreintant une route différente de celle de l’aller. On appelle ca une « scenic drive » dans le langage anglophone, qui offre un paysage plus sympathique. La brousse… des kilometres et des kilometres de brousse. Le camion passe des cours d’eau et franchit des plateaux.
 
Arret dans une station-essence…
 
Qui me rapelle le 69 Bar Station en Autriche...
 
Vous vous souvenez ? Je sais, ca remonte a longtemps... Ici, c'est un peu le Bagdad Café namibien
 
Histoire de prendre quelque chose en photo dans cette immensité, ils ont posé ce panneau :
 
Ca illustre au pasage les propos du guide sur le fait qu'il y a une ressemblance entre l'Outback australien et cette partie de la Namibie : meme latitude
 
Retour au backpacker.
 
Mais ce retour a l’hostel annonce aussi le retour de la galere (aucun répit !)
Je n’arrive pas a booker mon prochain vol sur Internet.
Il y a 3 jours, j’ai du régler en cash parce que ma carte ne fonctionnait pas. La réceptionniste m’a fait savoir que de nombreuses personnes avaient le meme probleme lorsqu’ils débarquaient en Namibie : le pays pratique une politique anti-fraude qui bloque tout paiement des la 2nde transaction. Rien que ca !…
Il faut alors avertir sa banque (ce que j’ai essayé de faire il y a 3 jours) afin de signaler que c’est bien MOI qui effectue MES PAIEMENTS sur le sol namibien.
La situation semble s’etre debloquée mais ca ne fonctionne toujours pas pour les paiements via le net.
 
Je n’ai pas le choix, je dois me rendre directement a l’aéroport et régler sur place. Je demande alors a la réceptionniste de l’hostel de m’appeler un taxi. De toute facon, on est jeudi et j’entends que la plupart des auberges de jeunesse affichent complet car c’est le jour des retours de tour.
Sinon, elle m’avait proposé il y a 3 jours de planter ma tente dans leur espace prévu une fois rentré du tour.
Or, mon vol est a 7h demain matin, j’ai pas franchement envie de dormir dans leur espace pour quelques heures de sommeil. Je réfléchis surtout au temps qu’il faudra pour tout remballer dans la nuit froide de 5h du matin…
Autant économiser une nuit justement et dormir a l’aéroport. En plus de ca, je crains que mon vol soit complet et surtout plus cher si je me pointe seulement demain, a la derniere minute.
La réceptionniste me répond :
– « Nous voulez le taxi pour quand ? »
– « Pour maintenant »
– « A quel heure est votre vol ? »
– « Demain matin a 7h, mais je dors a l’aéroport »
– « Vous ne pouvez pas, ils le ferment durant la nuit »
– « … »
– « Vous avez reservé votre vol déja ? »
– « Non, ma carte ne marche pas sur Internet »
– « Alors vous devez prendre un taxi pour l’aller et le retour jusqu’ici, ca vous fera 500 dollars » (un peu plus de 50 euros !)
– « Non, je veux juste un aller, je réfléchirais sur place »
Traduction de ma derniere phrase : je lancerais ma tente la ou je trouverais un brin d’herbe.
 
Il fait nuit a présent, il est 18h et le taxi m’amene loin, tres loin. L’aéroport international se trouve a 40kms de la capitale ! Je comprends pourquoi la course est aussi chere, on pourrait créer un Parc National entre cet aéroport et Windhoek… Au moins, il n’y aura pas de probleme pour trouver un endroit pour dormir aux alentours.
 
J’entre dans l’aéroport. Petit, mais flambant neuf. Je demande a l’hotesse un billet pour ma prochaine destination. Vol a 7h10 comme prévu avec changement a Johannesbourg.
Elle me dit :
– « Si vous payez votre 1er vol ici et le second directement a Johannesbourg, ca vous fera moins cher »
Impeccable !
 
Puis vient le moment fatidique : est-ce que ma carte bleue refonctionne…OUI ! Merci la banque.
J’échangerais mes dollars namibiens a Johannesbourg.
 
Je pose une derniere question a l’hotesse, on ne sait jamais :
– « Vous fermez l’aéroport durant la nuit ? »
– « Non… vous compter rester la ? »
– « Oui… c’est possible ? »
Pas de probleme en apprence. L’hotesse semble juste étonnée qu’on puisse dormir dans un aéroport en attendant un avion qui n’arrivera que demain. De mon coté, ce n’est pas la 1ere fois…
 
La réceptionniste de l’hostel m’a vraiment dit n’importe quoi et j’ai bien fait d’avoir décidé d’improviser une fois sur place, sans payer un aller-retour en taxi.
 
Dans le hall, quelques personnes attendent l’arrivée du dernier avion de la journée, a 19h.
Plusieurs chauffeurs de taxi me proposent leur service. Je décline les offres tour a tour. Chaque passagers du dernier avion retrouvent alors leur famille ou un chauffeur de taxi, jusqu’a ce qu’au final… il n’y est plus personne dans l’aéroport.
Les quelques commerces et agences ferment autour de moi.
Il y a un hote au guichet d’information qui rigole au téléphone, 2 vigiles et… et c’est tout.
 
Allez, une photo-souvenir de ce qui sera, je pense, l’aéroport le plus calme de ce tour du monde :
 
Sieges 3 places sans accoudoirs au milieu. Parfait pour s'étaler dans toute la longueur
 
N’empeche, ca se rafraichit…
 
22 Juillet 2011
 
Nuit tres froide. J’ai mis toutes les couches de vetements possibles et j’en tremble encore. Il est 4h30 du matin, les gens commencent a investir a nouveau le terminal. Ce sera tout pour ma nuit.
Les commerces, dont le café ouvrent a nouveau. Je m’y precipite pour trouver un peu de chaleur au fond d’un chocolat chaud, en attendant mon vol.
 
Je passe le couloir d’embarquement chauffé et j’entre dans l’avion tout chaud aussi.
Il est 7h10, je m’envole pour Johannesbourg.
Le trajet était tres court. Avec le petit dejeuner servi dans l’avion, je n’ai pas eu le temps de roupiller.
 
Retour en Afrique du Sud, a l’état de zombie.
Me voici dans l’aéroport, et je suis face a un début de dilemme (pour changer…) : soit je prends la porte « Transit », soit je repasse par la douane.
Je ne suis pas officiellement en transit puisque je n’ai pas encore acheté mon 2nd billet, et je n’ai pas réellement besoin de passer a la douane pour le coup de tampon puisque je ne sors pas de l’aéroport.
 
J’opte pour la carte « Transit » en me rendant au guichet pour expliquer mon probleme ; car c’en est un : je n’ai pas récupéré mon sac a dos.
Je lui demande si je dois quand meme passer a la douane meme si je ne quitte pas le batiment. Elle téléphone alors a un service chargé de récupérer mon sac, et de le restituer a ce guichet. Elle me dit alors de patienter 10 minutes.
 
Au bout d’une demi-heure, je lui demande ou on en est…Elle me dit qu’il vaut mieux aller le chercher directement, et de passer par la douane.
Je lui réponds :
– « Mais c’est la 1ere question que je vous ai posé en arrivant ! est-ce que je dois passer par la douane… »
– « Oui, allez-y directement »
– « … »
Inspiration…expiration… on garde son calme et on part a la douane.
C’est ce que j’aurais du faire des le depart. Ce n’est qu’un coup de tampon et il n’y a pas de visa a payer. Encore heureux de ne pas en payer un pour quelques heures de transit !
12h de transit quand meme…
 
Je cours a droite a gauche pour trouver mon sac. Je dois passer par le stand British Airways qui s’occupe des bagages perdus. Finalement, j’y parviens. Ils me disent que mon bagage a été directement transféré vers ma seconde destination. Je leur explique :
– « Je n’ai pas encore acheté de second billet »
– « Presentez-vous au guichet avec le numéro qui correspond au sac »
– « Mais vous etes sur que mon cas a été transféré ? »
– « Oui oui »
– « Sur sur sur sur sur sur ? »
– « Oui ne vous en faites pas, il n’y a aucun probleme »
 
Bon, je leur fais confiance, mais pardon de me méfier des transferts automatiques, surtout lorsque je n’ai pas encore acheté le billet qui correspond…. Je pars au guichet South African Airways. Apres maintes et maintes explications, j’obtiens mon billet d’avion. Elle me dit de patienter jusqu’a 18h pour le check-in.
 
Je n’ai plus qu’a errer dans les commerces et surtout, finir ma courte nuit sur 3 chaises avec une bouteille d’eau vide en guise de coussin.
 
C’est l’heure du check-in. Je me présente devant le guichet :
– « Vous etes en transit ? »
– « Oui et non »
– « Comment ca ? »
– « Moi non, mon sac oui »
 
C’est bon, c’est verifié, mon sac et moi embarquons sur le meme vol.
J’anticipe le risque de ne pouvoir changer ma monnaie une fois arrivé a destination en me rendant au bureau de change. Je donne tous mes dollars namibins contre des dollars américains. Au moins je suis sur qu’ils seront acceptés la ou je vais.
 
Je passe les fouilles et j’entre dans les salles d’embarquement.
Il est plus de 19h, encore presque 2h a attendre…
 
Sur le coup, je n’ai pas eu de « frisson du matin » (ou du soir) mais plutot un « frisson d’aéroport » : les aéroports finissent par se ressembler les uns les autres : commerces, duty-free shop… Perdu dans mes pensées a me souvenir de l’aéroport de Jakarta tout en marchant sur ce carrelage reluisant ou toutes les nationalités déambulent aussi, je reviens a la réalitée : « je suis dans quel pays deja ? » Il se passe plus de 5 secondes avant de me souvenir que… « Afrique du Sud… », c’est bon…
Ouahou… plus de 5 secondes perdu dans le monde ! C’est toujours une sensation aussi bizarre.
C’est peut-etre aussi a cause de la fatigue ; a moins que ce ne soit le fait que, pour la 1ere fois, je reviens dans un pays que j’ai déja traversé. A ce niveau, je n’ai pas vraiment le choix : il n’existe pas de vol entre la Namibie et l’Angola, ou entre l’Ouganda et le Togo par exemple. Pour passer d’un pays africain a un autre, tout transite par l’Afrique du Sud ou bien alors, il faut passer par un pays de l’Europe de l’Ouest !…
 
Il est 21h45, je quitte enfin Johannesbourg et l’Afrique du Sud pour le Nord du continent. L’Afrique australe, c’est déja fini, mais bien content d’avoir vu autant d’animaux, de paysages aussi variés et un magnifique désert de sable.
 
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !
 

Les nuits colombiennes

10 Mai 2011

Je ne parviens plus a faire la grasse mat’.
Je passe la matinée a réorganiser mon sac a dos.
La fatigue revient. Avec tout ce qui s’est passé a Panama, je n’ai pas encore vraiment récupéré de ce voyage a vélo.

Je pars a la Poste avant de retourner au backpacker pour une sieste nécessaire.
Il est 17h et l’ air se rafraichit enfin.
C’est une bonne heure pour visiter la Vieille Ville de Cartagena.

Une des ruelles de la Vieille Ville

La Vieille Ville me fait d’ailleurs penser au Casco Viejo de Panama :

Retranché et en surplomb par rapport au quartier récent…
…le Centre des Finances, lui non plus, jamais tres loin

Ce quartier est autant photogénique que videogénique.

La nuit, c’est encore plus beau, plus animé. De retour au backpacker, l’allemand de mon dortoir me propose de sortir boire un verre en compagnie d’un troisieme invité, a qui je demande :
– « Tu viens d’ou ? »
– « De Slovaquie. Dis-moi que je suis le premier que tu rencontres… »
– « C’est exactement ce que j’allais te dire »

On passe la soirée sur la belle Plaza de la Aduana, a parler essentiellement d’Amérique Latine : quelques noms de villes que je retiens pour mes destinations futures.

11 Mai 2011

Ce matin, j’ai eu encore le temps de me balader avant de retourner a l’hostel :

Calle de la Tablada prise depuis l’hostel

Je prépare mes affaires, je passe 3 pathés de maison a pied jusqu’au bus qui m’aménera a la station de car.
Il est 13h, je pars pour Bogota. Car climatisé, beaucoup trop meme. Je le savais, j’ai prévu la veste.

A 17h, je vois que je longe la mer !!!
Je comprends pourquoi le trajet va durer 24h. On fait d’énormes détours. Ca me permet au moins de récupérer, de n’avoir rien a penser et d’apprécier le paysage. D’ailleurs, n’imaginez pas la foret tropicale, j’en ai pas vu la couleur. C’est plutot dégagé. Des prairies, quelques palmiers, de petits cactus : un peu comme dans le sud du Mexique.

12 Mai 2011

Il est un peu plus de 7h, le car s’est arreté dans un self. On repart et je ne fais que dormir.
C’est toujours le meme car depuis le début. Pas de changement dit au haut-parleur, je me laisse conduire.

Il est 16h30, j’arrive enfin a Bogota. Avec les bouchons dus a de récentes inondations, il aura finalement fallut 27h pour arriver a destination.
Je prends un taxi qui m’amene jusqu’au quartier historique de la Candelaria.

Bogota D.C (comme Distrito Capital) est perchée a 2600m. Température moyenne : 14 degrés et il pleut la majeure partie de l’année. Je croyais avoir le temps de faire une ou 2 choses cet apres-midi, mais le temps pour le taxi de se rendre au coeur de la cité, la nuit tombe déja.

J’arrive sous la pluie devant la porte du Alegria’s Hostel. Les rues pavées et pentues, surplombent la nouvelle ville. L´hostel est vraiment sympas et j’en profite déja pour booker une nuit de plus que prévu.
Un couple d’américains arrivent a la réception 2min apres moi. Ils ne parlent pas un mot d’espagnol. Le réceptionniste ne parle pas un mot d’anglais. Heureux et fier d’assurer la traduction…

Je pose toutes mes affaires au dortoir avant de ressortir dans le resto rapide du coin, ca sent l’odeur de la pluie fraiche.

Il faut que je parvienne a me remettre physiquement de ce voyage a vélo. J’ai l’impression d’etre tout le temps fatigué. Les siestes dans le car n’ont pas suffit. Je n’ai qu’une envie ce soir : aller me coucher.

C’est ce que je fais aprés avoir discuté longuement dans le dortoir avec un confrere européen, qui avait l’intention de franchir la frontiere par la route pour rejoindre Panama. Une mise en garde de ma part s’imposait. Sinon, c’est non-assistance a hollandais en danger !

13 Mai 2011

J’ai essayé, je vous jure que j’ai essayé de faire une grasse matinée, mais je n’y arrive plus. J’ai trop de choses a faire, a penser, a prévoir. Levé d’habitude entre 4h30et 5h30 durant mon voyage a vélo ; 7h ce matin, c’est un peu une grasse matinée, non ?

Je pars a la Poste pour envoyer en France mon sac a dos remplis de vetements et autres babioles que j’ai trainé durant mon voyage en Amérique Centrale.
Je dois retrouver la « légéreté » d’avant Mexico.
Par contre, les pesos colombiens, ce sont des chiffres avec beaucoup de zéro. Un café me coute 2000pesos, un repas 12000 pesos, le taxi 15000 pesos…
Comme en Indonésie, tu as l’impression d’avoir beaucoup dans le portefeuille, mais non.

A peine je ressors de la Poste en cette fin de matinée, c’est l’orage .
Pas de quoi se plaindre, je ne suis plus a vélo. Il faudra s’y faire : j’ai l’intention de rester plutot en altitude.
D’ailleurs, Bogota, c’est le début (ou la fin) de la Cordillere des Andes qui se sépare en 3, en Colombie : la Cordillere Occidentale a l’Ouest, la Cordillere Centrale, et la Cordillere Orientale a l’Est, la ou je me trouve.

Cet apres-midi, rien d’autre a faire que d’attendre la fin des intempéries. Il n’y a plus qu’a rentrer a l’hostel et… ah oui tiens, faire de la couture aussi…

Audrey, une francaise arrive a l’hostel. Elle a un projet : fraichement débarqué de l’aéroport de Bogota depuis la Nouvelle-Zélande, elle souhaite construire, avec l’aide de plusieurs collegues rencontrés aux USA, une rampe de skate-board dans un village colombien ; un chantier qui lui prendra un mois, dit-elle. Elle espere plus tard que cela lui servira de tremplin pour trouver des fonds afin de batir une « green school », une école construite avec des matériaux locaux et ou l’on dispense une éducation particulierement axée sur l’environnement et l’écologie. Il en existe pour le moment qu’une seule, a Bali. Et en Indonésie, au niveau de l’écologie, croyez-moi il y a du boulot !

L’hostel est le point de rendez-vous pour les participants au projet.
Je rencontre Alex, un québecois qui est a Bogota depuis 1 semaine. Il a eu le temps de sympathiser avec une colombienne, Mabel, née a Bogota. Tous les 2 arrivent a l’hostel au début de la nuit. Et c’est de cette maniere que je me fais inviter par cette colombienne a une soirée dans un resto étudiant, reconverti en galerie d’art a l’occasion d’une exposition.

Alex me dit :
– « Alors, pret pour la fiesta ? »
– « Dans une galerie d’art ? »
– « Oui mais c’est un éleve de l’Ecole des Beaux-Arts qui expose ses oeuvres… »
– « C’est un vernissage… »
– « C’est ca, un vernissage… »
– « … »

Bon, si il y a fiesta, je ne sais pas ou elle se cache.
Avant de partir, Alex me propose des feuilles de coca a mastiquer.

Les feuilles de coca, ca ressemble a ca

 

Coca au quotidien
On les utilise au quotidien en infusion ; le thé coca étant la boisson officielle en Colombie. Les feuilles se vendent partout légalement. Elle est cultivée dans toute l’Amérique Centrale et la population – des montagnes principalement – la mastique pour lutter contre le froid, les maladies et pour prolonger l’effort physique. On place la pincée de feuilles mastiquées (durant moins d’une minute) dans un coin de la bouche. Les effets sont extrémement léger. Bien entendu, en France, la feuille de coca est classée parmi les produits stupéfiants.
Pas d’affolement pour les plus sceptiques : il faut 41 produits chimiques pour séparer la cocaine de cette feuille.

Il ne pleut plus et nous partons tous les 4 a pied, en direction du restaurant étudiant. C’est une sorte de foyer des étudiants habituellement.
Et au bout d’une heure, effectivement, l’ambiance est déja a la fete.

Comment va-t-elle la jeunesse de Bogota ? Elle va plutot bien.
J’apprends le cumbia, un mélange de musique traditionnelle colombienne et d’électro. Ca m’a permis de prendre la « température de Bogota », et ce n’est pas aussi froid que le climat actuel…

14 Mai 2011

Je passe l’apres-midi en compagnie d’Audrey.
Nous partons pour le téléphérique qui nous aménera a Cerro de Monserrate.

Une ruelle de la Candelaria
Une autre ruelle colorée
L’église de Nuestra Señora de Las Aguas ; derriere, Cerro de Monserrate (et son église au sommet qu’on apercoit a peine)

Et nous voici perché a 3200m.

Bogota dans le brouillard…

Pour ce qui est du reste de la ville de Bogota, effectivement, c’est un peu grisatre. Ce n’est pas la plus belle ville que j’ai vu. C’est la pluie quasi-permanente qui gache un peu tout. Oui, il pleut encore aujourd’hui.
Mais on commence a s’y faire.
Nous partons en direction de l’église jusqu’aux quelques boutiques qui se sont créees. C’est ici que je goute mon 1er thé coca. Ca n’a pas un gout vraiment extraordinaire et ne fait aucun effet. Une petite tisane…

Au sommet du Cerro de Monserrate, aprés avoir passé les commerces

Nous redescendons puis nous parcourons a nouveau les rues de la Candelaria.
Le style de vie a Bogota est similaire a n’importe quel autre ville occidentale. Encore plus qu’a Mexico. Costume-cravate, mini-jupe et cheveux colorés…

Hier, en passant devant la place principale de Bogota (la Plaza de Bolivar), je ne la trouvais pas franchement intéressante.
Mais en s’y attardant un peu plus, je lui trouve maintenant quelques atouts :

D’abord, 2 édifices religieux : la néo-classique Catedral Primada, a gauche ; et la Capilla del Sagrario, a droite, d’architecture coloniale
Puis, de l’autre coté : a gauche, le Capitolio National, le siege du Congrés, dans un style grec ; et a gauche, l’Alcadia (la mairie), de style francais

Ces divers styles de différentes époques en fait une place finalement tres intéressante. Ce serait quand mieux avec un peu de soleil…

De retour au backpacker, mes chaussures ont bien pris l’eau. Quatrieme changement de chaussette depuis hier : rien ne seche ici.

Alex et Mabel (la colombienne rencontrée hier) arrivent un peu plus tard. Ce matin, Alex m’a dit qu’un groupe de rock jouait dans une salle de concert ce soir. C’est encore l’occasion de « prendre la température » de Bogota.
Audrey et Alex partent au début de la nuit. Leur projet les attend dans le sud du pays.

Je propose a Mabel de venir avec moi au concert. Elle parle espagnol et anglais : une aubaine !
Je ne retiens ni le nom de la salle, ni le nom du groupe, je ne sais pas ou c’est et je ne suis surtout pas contre y aller avec elle. Elle connait tres bien le groupe 1280 Almas, et la direction de la Fundacion Gilberto Alzate Avendano, impossible a retenir.
La salle est grande comme celle de la Coopé (pour les Clermontois) et l’ambiance est exactement la meme qu’on peut retrouver dans n’importe quelle salle de concert « de quartier » (on est toujours dans la Candelaria). D’ailleurs, je n’imaginais pas autant de similitudes avec l’ambiance d’un concert en France.

Apres le show, je pars avec Mabel dans un petit restaurant. Je l’incendie de questions : tous les mots, tout ce que j’entends depuis Mexico de la part des restaurateurs au moment ou ils te servent, ou ils te proposent le menu ; toutes ces phrases de courtoisie parfois auxquelles je ne peux répondre parce qu’ils les prononcent trop vite, elle me les donne en anglais.
Je lui demande aussi de me traduire le menu en entier, ce qu’elle fait avec plaisir, touojurs avec le sourire et lentement, en bon professeur.

Et souvent, comme ce soir, j’ai droit a ce genre de questions :
– « Tu reviens quand a Bogota ? »
Ce que je réponds par un sourire accompagné d’un long soupir.

Ses parents et son frere la récupere presque devant le restaurant : ils me proposent de monter avec eux pour me déposer devant l’hostel. Avec plaisir, les rues sont mal éclairées, c’est trempé partout et j’aurais mis du temps la nuit pour retrouver mon chemin.

Retour au backpacker. La fatigue me tombe dessus.

15 Mai 2011

J’ai un peu de temps devant moi avant de quitter Bogota.
Souvent dans les hostels, on peut échanger son livre contre un autre dans leur petite bibliotheque.
Il y a un bouquin qui m’intéresse mais je n’ai rien a échanger.
Je file a la grande librairie de la Candelaria ce matin pour acheter un petit livre a échanger.
Au moment de le feuilleter, je comprends plusieurs mots puis je repense a ce que je veux faire : acheter un livre en espagnol que je ne lirais pas pour l’échanger contre en livre…en francais…
C’est anti-éducatif ! Mabel m’en voudrait pour ca…
Bon, j’en achete 1 pour l’échanger parce que le livre en francais m’intéresse vraiment ; et 1 autre pour moi. Il faudra le dico en permanence a coté de moi, mais a présent, j’ai bonne conscience.

Je pars au supermarché pour quelques courses avant de partir. En ressortant, je vois beaucoup de vélo sillonner les rues, et autour de la Plaza de Bolivar : chaque dimanche a Bogota, de 7h a 14h, 120 kms des rues principales de Bogota sont fermées au trafic pour faire place aux vélos. D’ailleurs, le cyclisme avec le football sont les 2 sports les plus populaires en Colombie.

Je file dans un comedor vers midi. En ressortant, j’apercois les premiers rayons de soleil depuis mon arrivée a Bogota. Un peu d’espoir ? Non, ca se recouvre a nouveau…

Je rentre au backpacker pour vous écrire ces quelques lignes.

Exposition d’art, concert de rock, grande librairie, dimanche cycliste : j’espere surtout avoir permis de faire changer un peu l’image que la plupart des gens ont de Bogota.
La ville, hors Candelaria, n’est pas la plus jolie que j’ai vu, mais parmi les gens qui s’y trouvent, on tombe tres souvent sur des perles !
La preuve, je quitte Bogota dans quelques heures, et ce n’est pas avec une grande joie.

J’ai surtout le sentiment d’avoir retrouvé les bonnes habitudes d’avant ce voyage a vélo : pouvoir visiter plus, pouvoir rencontrer et discuter plus longuement avec les gens, pouvoir sortir le soir : avant j’avais pas le droit, mes jambes ne voulaient pas…

Bogota pour l’aspect moderne, Cartagena pour l’héritage colonial ; ce soir, je pars dans le sud du pays pour remonter encore un peu plus dans le temps.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Rituel des montagnes

15 Mai 2011 (suite et fin)

Je sors avec tout mon pactage du Alegria’s Hostel. Je fais signe au taxi de s’arreter.
A chaque coin de rue, la police, habillée d’une tenue fluorescente, patrouille de jour comme de nuit, ou restent posté a surveiller. Enfin… je les vois souvent en train de trifouiller leur portable. Un autre donnait meme a manger aux pigeons.

En sortant de la Candelaria et en parcourant les grandes avenues, je trouve Bogota semblable aux autres capitales européennes.

Le taxi me dépose a l’entrée de la station de car. Je prends mon ticket pour San Agustin et je suis tres en avance. J’attends dans le hall.
Il y a de la place partout sur les bancs et pourtant, une jeune fille vient s’assoeir juste a coté de moi. J’ai les cheveux en bataille, je traine un gros sac qui prend la place du siege d’a coté, et elle, meme pas peur, commence a discuter avec moi.
J’imagine mal une francaise faire la meme chose avec un étranger en France. Surtout dans la station de car d’une capitale !
Elle m’offre meme un petit bracelet avant de partir.
Ca renforce la bonne image que j’ai de Bogot. Jusqu’aux dernieres minutes avant mon départ, j’aurais aimé cette ville.

Toute la Colombie est comme ca : des gens heureux de te saluer, de parler avec toi ; en somme, de t’accueillir dans leur pays.
Et si peu de touristes lorsque l’on compare aux autres pays d’Amérique du Sud ; encore une fois, pour la meme raison : pays a mauvaise réputation.
Ca me fatigue d’entendre toujours la meme chose : que le pays est dangereux…
Il n’y a pas de pays dangereux, il n’y a que des gens dangereux ! Alors on va quand meme pas se priver d’y aller pour 3 couillons, non ?

Je monte dans le car qui m’amene au sud du pays.

16 Mai 2011

Il est presque 8h du matin, j’arrive a San Agustin.
En sortant du bus, je me fais alpaguer (gentillement) par plusieurs personnes munies de cartes de visites des différents hotels de la ville. Je vois écris sur une des cartes que me tend une habitante : « Casa de Francois ».
Je lui demande d’abord la direction de l’Office de Tourisme. Je dois trouver un plan précis pour trouver les différents sites archéologiques autour du village.

A l’Office, on m’offre un café en espérant me vendre un tour en jeep et/ou une balade a cheval : La région de San Agustin est classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, les locaux ont appris a recevoir en conséquence… Ce n’est pas ce que je préfere mais si tu veux venir a San Agustin, tu auras du mal a éviter toutes ces incitations, toutefois loin d’etre les plus agressives que j’ai connu.
En me tendant le plan (tres imprecis) des alentours, les distances ne sont pas excessives. Merci bien pour le café, mais on fera tout a pied…

Un taxi m’amene jusqu’a l’hostel « Casa de Francois » et le Francois en question est un francais qui s’est marié avec une colombienne.
Super sympas ; un de ces vieux routards calmes a la voix posée, propriétaire d’un vieille 4L affichant plus d’1 million de kms au compteur ! Si, si, c’est vrai !

Je pars dans le dortoir ou je suis le seul a résider. Le voyage m’a fatigué, je pars pour…une sieste jusqu’a midi.

C’est l’heure de décoller. Le temps est tres instable.
Je marche jusqu’au hameau de El Tablon, ou se situe les premieres statuettes ; il y en a partout autour de San Agustin.
La, je vois une vingtaine de touristes a cheval agglutinés autour de ces 3 statues. Autant prendre de l’avance et partir vers la prochaine ; j’y retournerais tout a l’heure.
Je pars vers l’autre hameau. Tout ce que je sais pour le moment, c’est que nous sommes ici dans une région – la vallée de Magdalena – ou un mystérieux peuple de l’époque pré-hispanique enterrait et honorait leur mort avec de superbes statues sculptées ou gravées a meme la pierre volcanique.

Je parcours 1,5kms de plus vers l’autre statuette, a El Chaquira (aucun lien…).
Ici, c’est une forme gravée dans la roche, au bord d’un canyon.
Faisons une pierre 2 coups (c’est le cas de le dire) :

9 mois !

Juste après la photo, une grosse averse éclate et rien pour s’abriter.
Désolé, vous n’aurez pas de photos du canyon, il faudra attendre la vidéo (phrase récurrente de consolation…).

Je croise un bruxellois sur le chemin du retour. Je l’avais déja vu près du monument il y a quelques minutes. Il ne trouve plus son chemin. Pour une fois, je le connais. C’est le déluge depuis 1/4 d’heure et toujours rien pour s’abriter.
Sur la route boueuse et encore plus impraticable qu’a l’aller, il me parle de plantes aromatiques, de shamans péruviens, de retour a la nature, de son envie d’ouvrir un salon de thé… A vrai dire, il vient de ramasser quelques champignons hallucinogènes dans la vallée… Certains croquent la Colombie a pleines dents !
Du coup, il passe un peu du coq a l’ane.
A force de l’écouter, j’en oublie de repasser par El Tablon. Tant pis. De toute facon, il pleut. Rentrons.
Je me sépare du bruxellois de la meme manière que je l’ai rencontré. Il disparait au bourg. Moi, je rentre a l’hostel, excentré, un peu dans les bois, en surplomb du village.

Avec un propriétaire francais, forcément, ca attire d’autres francais, ou plutot francophones. Bizarrement, je rencontre 2 autres bruxellois (pas de rapports avec celui d’avant) et une francaise.
On discute, jusqu’a ce que la nuit tombe, de voyages, de voyages et de voyages…
Il pleut toujours.

17 Mai 2011

Bon, il serait temps de savoir a quoi correspond toutes ces statuettes, tous ces symboles, toutes ces formes monolithiques.
Il y a un site archeologique qui regroupe plus de 200 statuettes éparpillées sur 1 ou 2 kilometres a la ronde (et plus de 500 dans toute la vallée). Oublions El Tablon, c’est ici qu’il faut se rendre. J’en ai pour un moment de tout faire a pied.

C’est a l’Ouest, il faut passer San Agustin.

Le village de San Agustin

En traversant les rues du village, un homme m’interpelle et me dit de la part de la fille de l’Office de Tourisme, qu’il y a encore de la place pour un tour en Jeep en groupe, pour visiter d’autres sites, plus au nord.
Je lui dit calmement que ca ne m’intéresse pas d’etre en groupe (pour cette fois). En plus, il fait un temps superbe ce matin. Ce n’est pas le jour a s’enfermer dans un véhicule.
Il n’insiste pas et le prend avec un grand sourire. Il n’avait pas franchement d’intéret a me faire changer d’avis. Les colombiens ne sont pas du genre insistant, meme sur les lieux touristiques. Ca me rappelle les thailandais : un simple non, et on en reste la.

3kms de marche plus tard, j’arrive au Parque Archeologico de San Agustin, au coeur d’une foret d’arbres et de bambous.

Ce site archéologique abrite plusieurs sanctuaires d’anciennes civilisations andines successives.

La disposition est la meme lorsqu’il s’agit de temples funéraires : un monticule de terre avec a l’intérieur un dolmen abritant le sarcophage de pierre ; et a l’entrée de ce sanctuaire…

...plusieurs statues

Les statues représentent des figures anthropomorphiques (attribution de caractéristiques morphologiques humaines), animales…

...ou fantastiques

Il faut grimper un peu pour atteindre Alto de Lavapatas une colline ou se trouve les statues les plus reculées du site :

Alto de Lavapatas

Les statues, lorsqu’elles se trouvent proches d’un point d’eau, représentent certains reptiles et amphibiens. Ce sont des sculptures assez fréquentes.
Elles peuvent aussi symboliser les origines de la vie, les puissances de l’Au-delà…

...ou les forces du Bien et du Mal

L’une des dernières statues que je vois dans ce grand parc archéologique a été, elle aussi, très bien conservé :

Sculpture zoomorphique (attribution de caractéristiques animales)

Sans aucun doute, il y a encore beaucoup de choses a comprendre de ces énigmatiques statues de pierre ; tout autant mystérieuse que cette civilisation préhispaniques, à peine déchiffrées par les archéologues. D’ailleurs, ces derniers pensent que des milliers de statues et monolithes sont toujours enfouies dans cette région vaste comme la moitié du Luxembourg. Elles dateraient de l’an 300 avant- JC a l’an 900 apres-JC, voire jusqu’au XIIeme siècle (autant dire qu’il ont eu le temps de tailler de la pierre… ).

Je quitte le site archéologique. Guerriers armés de massues, héros mythiques aux yeux ronds et aux dents de jaguar, divinités au visage menacant… Troublantes rencontres avec ces statues venues d’un autre temps…

Au retour, je passe a nouveau dans les ruelles du village. Les gens sont toujours aimables avec toi. Je sais, je me répète, mais c’est vrai.
J’ai vu un villageois habillé d’un poncho en tissu, coiffé d’un sombrero moyennement large et coloré, le tout garni d’une longue moustache.
Lorsqu’il te salue avec le sourire, il a vraiment fière allure. Autant de prestance et de distinction qu’un sick.

18 Mai 2011

Je quitte l’hostel vers 5h30 du matin pour l’arret de bus du village. Je dois demander mon chemin car, comme dans tous les villages, seuls les habitants connaissent l’endroit précis ou passe les transports en commun.
Il m’avait semblé que des bus partaient a l’Est, or il vont tous a l’Ouest, du coté de Popayan. Ca me fait un détour pour rejoindre la frontière.
Il existe une route qui part vers le sud, mais seulement une partie de cette route apparait sur ma carte. Ca risque d’etre comique.

Ne voyant pas de bus partant de San Agustin, je prends un taxi collectif  – de la taille d’un taxi normal – mais ou l’on monte a 6 a l’intérieur. Ca a l’avantage de faire diminuer le prix de la course et l’inconvénient de te couper la circulation du sang de la jambe droite, coincée entre la jambe gauche et le lève-vitre…
Je rejoins le village de Pitalito. Il est possible de prendre des camioneta. Ce sont plutot des fourgons, avec banquettes aménagées et recouvertes d’une bache a l’arrière. C’est un moyen de transport tres précaire, il n’y a presque rien pour s’acccrocher durant le voyage.

Je vois qu’il y a autant de concurrence entre les bus qu’entre les camioneta. C’est ici que je me remets a négocier les prix.
Je grimpe dans l’un de ces camioneta.
Très mauvaise expériences !
Le fourgon roule a toute allure. Nous ne somme sque 2 a l’arrière mais ca secoue beaucoup dans les virages de montagne, pas toujours goudronnés. En plus, l’odeur de l’essence s’invite a l’arrière du véhicule. Je suis a 2 doigts de vomir.
La vieille dame a coté de moi, a l’air d’avoir l’habitude. Moi, je prends de grandes inspirations par la fenetre, tout en tentant de m’accrocher durant les virages.
Puis je vois un panneau : Mocoa a 80kms. C’est la ou je dois me rendre… Encore 80 bornes comme ca, sur ue route de montagne.
Je trouve enfin une solution : coincer mon sac a dos sur moi, m’en servir comme oreiller et fermer les yeux. Je parviens a m’endormir 1 min puis je me reveille 15 secondes et ainsi de suite. Mais ca marche, le mal de route finit par passer.

Le véhicule s’arrete. 1er controle d’identité. Je me rendors.
Finalement, ca passe plus vite que prévu. J’arrive a Mocoa, intact.
Il est 10h30, je mange un morceau tout en entendant un chauffeur de mini-bus crier : « Pasto ! Pasto ! Pasto ! ». Mais je prends le temps de finir mon repas : plus j’attends, plus il y a de chances que le chauffeur baisse le prix du ticket dans les dernières minutes.
Pour la suite du voyage, je veux le faire en mini-bus. Les fourgons, c’est fini, ou alors sur du vrai bitume et pas en montagne.
Je rejoins le mini-bus et négocie mon billet.
Nous partons, une dizaine dans le véhicule.

Je viens de quitter la Cordillère orientale. A Mocoa, on était au pied de la région ou se rejoignent les 3 cordillères pour n’en former qu’une.

De Mocoa a Pasto, pas de bitume du tout. C’est la grande ascension sur cailloux pour rejoindre le coeur de la Cordillère des Andes, la vraie de vraie !
En longeant les falaises, le mini-bus franchit des rivieres créees par des cascades d’eaux, qui déferlent sur la route. Ca me fait sourire car la dernière fois que j’ai franchis un cours d’eau dans un véhicule, c’était dans un cortège… aux Studios Universal de Los Angeles ! Ici, c’est pour de vrai.
On ne peut pas dire que la route soit la plus sécurisée de Colombie : plusieurs éboulements ont eut lieu, et par endroits, 2 véhicules ne peuvent pas se croiser.

Les militaires nous arretent, mais restent toujours sympas et polis. Fouilles et inspection rapide des bagages.
Malgré le trajet un peu long sans bitume, le paysage de la Cordillère sud-colombienne sont sublimes.

J’arrive a Pasto ou je reprends un mini-bus jusqu’a Ipiales, la ville-frontière.
Du terminal des cars, il faut prendre un taxi jusqu’a la frontière elle-meme, pour un 1er coup de tampon (vous connaissez la chanson maintenant…).
Le reste se fait a pied. A 20m de la frontière, je trouve une agence de change. On repasse aux dollars américains ! Comme au Salvador, ici c’est la monnaie officielle. Finis les pesos colombiens avec pleins de zéros.

Je franchis le pont servant de frontière : « BIENVENIDO EN ECUADOR ».

J’arrive au poste-frontière équatorien. De la pénombre, on passe a la nuit noire en attendant mon tour pour le fameux sésame, au milieu d’une longue file d’attente.
En ressortant, je trouve un mini-bus pour rejoindre la 1ere ville d’Equateur : Tulcan.
De Tulcan, je prends le car jusqu’a Quito pour 4,50 dollars.
La fille assise a coté de moi me dit qu’il y en a pour 4 ou 5h… Je suis étonné que ca prenne autant de temps.
On arrivera demain…

19 Mai 2011

Ne me demandez pas a quel moment j’ai franchi la ligne équatoriale, j’ai dormi durant presque tout le trajet. Sur la route, il y a un monument qui la symbolise. C’est a 22kms au Nord de Quito. Ca n’a pas grand intéret d’y aller surtout qu’après calculs, ils se sont apercus que l’équateur étaient a 300m plus au Nord…
Bref, dans tous les cas : retour dans l’hémisphère sud.

Il est plus de minuit, j’arrive a Quito.
Dernier taxi jusqu’aux abords de la vieille-ville, a l’hotel San Blas, ouvert 24/24h.
Il est 1h du matin. Dodo.

Plutot en forme, je pars cet après-midi visiter la capitale.

La Plaza San Blas. L'hotel est a droite. On est a la limite entre la vieille et la nouvelle ville
La Plaza San Francisco au coeur de la vieille-ville de Quito

Je pars prendre un peu de hauteur :

La rue Cuenca
Une partie de la ville de Quito. La vieille-ville est au 1er plan

C’est d’ailleurs dans les hauteurs de la ville que l’on trouve les rues les plus typiques.

La rue Galapagos, toute pavée

Quito est a 2850m d’altitude.
Le fait que cette capitale soit entourée par les montagnes en fait un endroit bien agréable, avec aujourd’hui, un doux 18 degres.

L’Equateur peut se séparer en 3 régions bien disctincte : le Pacifique a l’ouest, la Cordillère des Andes au centre et enfin le bassin amazonien a l’est, qu’on appelle ici El Oriente.
C’est la ou je veux me rendre, et parcourir une petite partie de l’immense foret amazonienne !

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Amazonie

20 Mai 2011

Le taxi m’amene jusqu’au terminal des cars de Quito. Quelque soit la ville de montagne, le fossé est enorme entre les generations : les vieilles dames s’habillent encore de maniere traditionnelle (poncho de laine et nattes tressées) tandis que la jeunesse est a la mode, talons claquant, portables en main.

Le paysage évolue au fur et a mesure que nous amorcons la descente vers le bassin amazonien. Je dois rejoindre la ville de Coca. Il y a 2 voies pour s’y rendre : la voie du sud via Loreto ou la voie du nord via Lago Agrio ; dans les 2 cas, c’est un énorme detour de plusieurs heures. Pour mon car, ce sera la 2eme option et pour quelques temps, je retourne dans l’hemisphere nord avant de revenir dans l’hemisphere sud.
Il est maintenant 21h, apres 10h de car, j’arrive a Coca au bord du Rio Napo, un des nombreux affluents du fleuve Amazone.

J’ai un objectif : celui de prendre un cargo pour rejoindre Iquitos, au Pérou. Pour cela, la route est longue. Je dois me lever tot demain pour esperer prendre un 1er bateau jusqu’a la frontiere – pour les formalités de sortie de territoire – avant de trouver veritablement un cargo qui poursuivra sa route jusqu’a Iquitos.
Je ne promets pas de réussir…

21 Mai 2011

Il est 5h du matin, je trouve un taxi dans la pénombre du matin qui m’amenera jusqu’au port.
La, j’interroge des responsables. Il n’y a pas de bateau qui partent aujourd’hui, seulement demain. J’interroge un autre responsable, devant la capitainerie.
Il me dit qu’une barque part dans la journée, mais elle ne met pas 10h pour y aller comme les autres embarcations, elle mettra en fait plus du double ! Il ajoute que l’embarcation est uniquement prévue pour le transport de matériel. Ca, je m’en serais accomodé, par contre, plus de 20h, ca n’en vaut pas la peine. Autant attendre demain.

Le port de Coca

J’ai tenté le coup aujourd’hui, c’est raté…

Une rue de Coca

Par contre, l’ouverture de la billetterie est a 8h aujourd’hui. Je reprends un autre hotel, pas trop loin du port.
Je repars a nouveau en direction du port en fin de matinée. J’ai mon billet dans les mains, le reste de la journée, ce sera repos.

22 Mai 2011

Je prends ce matin un peki-peki, un longue barque a moteur couverte pouvant accueillir environ 80 personnes. D’ailleurs, ce matin, la barque est pleine. Et si on ajoute toute la marchandise que les gens emportent avec eux, la barque est archi-pleine !
En quittant Coca ce matin, je quitte aussi tout acces par voie terrestre jusqu’au centre du Pérou.

Le voyage en bateau durera 10h jusqu’a Nuevo Rocafuerte, la ville-frontiere.

Le 1er arret ne se fera qu’au bout de 5h, pour une pause au comedor : 3 maisonnettes au bord de l’eau. Au menu, riz/poulet comme d’habitude.

Le Rio Napo, c’est l’unique moyen de ravitaillement pour ceux qui vivent dans la foret amazonienne, au bord de l’eau. Il est rare que ces familles aient l’espagnol comme langue maternelle. C’est le meme cas dans les montagnes. Ce sont de vieilles langues datant de l’époque pré-hispanique.

Sur le bateau, il y a 2 employés : 1 qui s’occupe du moteur et du gouvernail a l’arriere ; 1 autre a l’avant, qui indique la route a suivre ; car meme en ligne droite des bancs de sables accumulés se forment par endroit et le Rio Napo n’est pas un fleuve tres profond. Il faut parfois longer la berge, puis revenir au centre, avant de longer l’autre berge.

Le Rio Napo

Par contre, je ne sais pas comment les locaux et les employés parviennent a s’orienter. Pour moi, ce n’est que de la foret sur des centaines de kilometres. Eux doivent avoir des points de reperes que je ne vois pas pour retrouver leur habitation parfois totalement invisible, cachée derriere les arbres.

L’embarcation commence a se vider de ses passagers et de leur bagages. Au fur et a mesure, on fait passer les sacs de courses et toute sorte de fourniture depuis le bateau pour qu’ils restent sur la berge sans avoir a faire d’aller-retour.

Nous ne sommes qu’une poignée a rejoindre Nuevo Rocafuerte. Ce n’est qu’une heure ou 2 avant de débarquer que je vois un autre touriste dans le bateau. Ca se repere rapidemment : T-shirt de 3 jours, barbe de 8 et un bermuda comme moi, alors que tout le monde porte un pantalon pour limiter les piqures de moustiques. Il s’appelle Andre, il est brésilien et me demande ma destination. Je lui reponds Iquitos, au Pérou. Lui aussi ne sait pas vraiment comment s’y rendre.
Toujours avant d’accoster, un homme appelle Andre pour lui dire de venir. Je les vois discuter longtemps. Puis Andre revient s’assoeir a cote de moi. Il vient en fait de faire l’interlocuteur : l’homme en question va aussi a Iquitos, et nous dit qu’il n’y a pas de transport public pour s’y rendre.
Mon but de la journée, c’etait d’arriver a Pantoja, le 1er village péruvien situé a 45 minutes de Nuevo Rocafuerte. C’est faisable avant la nuit, mais meme pour ce court trajet, pas de transport public.

L’homme s’appelle Roberto, un padre d’une mission catholique basée a Iquitos. Habillé comme tout le monde, mais avec une croix de Jesus autour du coup qu’on ne peut pas louper.
Andre fait ce trajet sur le Rio Napo pour rentrer dans son pays par le Nord. Son probleme, c’est qu’il n’ait pas parvenu a retirer d’argent a Coca, et n’a que quelques dollars en poche. Ca m’est arrivé plusieurs fois durant ce voyage et tu restes bloque au meme endroit en attendant que la situation s’améliore. J’ai eu plutot de la chance a ce niveau, peut-etre que lui aussi est de nature a en avoir car il a quand meme decidé d’embarquer sur le bateau, a l’aveuglette. C’est osé.
De mon coté, j’ai quelques dizaines de dollars en poche mais, mais je n’ai pas de moyen de transport dans une region ou le bateau est le seul moyen pour relier un point a un autre. Finalement, je ne suis pas plus avancé qu’Andre.

C’est Roberto qui va nous sauver la mise. Un ami a lui possede une petite embarcation a moteur. Lui aussi (personne n’y echappe) doit effectuer les formalités d’entrée au Pérou, et donc faire un arret obligatoire a Nuevo Rocafuerte, puis a Pantoja.
Il est 17h, apres 10h de trajet au total, les quelques personnes, Roberto, Andre et moi debarquont a Nuevo Rocafuerte. Il n’y a que quelques maisons, un poste d’immigration et une Mission Catholique. Apres le precieux coup de tampon, nous partons en direction du local a combustible de la Mission. L’embarcation a besoin d’essence pour rejoindre Pantoja, puis, dans 2 jours, Iquitos. C’est depuis Iquitos, au Nord du Pérou que je chercherais un cargo pour rejoindre le centre du pays. Ici, c’est clair, il n’y a rien.

Une fois le tonneau chargé dans la nouvelle embarcation, il est déja presque 18h et la route de pénombre voire nocturne est plus compliquée car les bancs de sables ne se reperent qu’au dernier moment. C’est d’ailleurs ce qui se produit a plusieurs reprises : le bateau racle le fond, ca peut serieusement endommager la coque et le gouvernail. Il fait nuit noire, le trajet dure plus d d’1h au lieu d’une demi-heure en temps normal. Mais nous parvenons neanmoins a rejoindre Pantoja.

Apres avoir dechargé le bateau de nos bagages, le poste-frontiere nous tend les bras. C’est bon, je suis officiellement au Pérou.
Durant le trajet en bateau, je faisais travailler ma memoire en me demandant si c’etait la 1ere fois que je passais une frontiere en bateau. Non, de la Malaisie a l’Indonésie, c’etait en bateau. En revanche, par voie fluviale, c’est une premiere.

J’ai pu échanger une partie de mes dollars contre des soles avec Roberto, sans commission bien entendu.

Nous nous rendons avec Andre dans le seul hotel du village pour une courte nuit.

23 Mai 2011

Levé a 4h30. Départ en bateau a 5h. C’est tot mais la recompense, c’est un beau levé de soleil sur le Rio Napo pendant que l’embarcation file droit vers l’Est. Roberto nous fait payer le 1/3 du prix habituel pour ces 2 jours de voyage. Et oui, avec nos sac a dos de routard, on fait consommer du fuel…

Le seul arret de la journée se fera a Angoteros, un village avec une autre Mission tenue par 2 hermanas (soeurs) vivant de la meme maniere que les villageois et dans le meme genre d’habitation :

La Mission Catholique d'Angoteros

D’ailleurs, nous restons plus d’1h ce qui nous permet a Andre et moi de visiter le petit village :

Le village d'Angoteros

Andre en profite pour me dire qu’hormis ce que font les soeurs pour le village, il a du mal a comprendre comment on peut imposer une religion a un peuple plus tourné vers des croyances animistes. Je lui dis que je suis entierement d’accord avec lui, et pourtant Andre est catholique ; bon sens du discernement de sa part. Je vois aussi le role important que les soeurs tiennent dans le village : soin, ravitaillement… d’ailleurs elles-aussi vetues tres simplement. Je ne sais pas dans quelle mesure et avec quelle intensité la religion catholique est ici imposée. Mais Roberto nous affirme que les rituels religieux propres a ce peuple se pratique encore maintenant.
Bref, je laisse ce long débat de coté et m’en vais a nouveau, apres le repas, filmer ce qu’il se passe au village. Les enfants sont timides voire appeurés. Ils ne parlent pas bien l’espagnol. Je me sens moins seul… Je fais quelques gestes, m’accroupis, et tourne l’écran du camescope a 360 degrés pour qu’ils puissent se regarder pendant qu’ils sont filmés. Ca les fait rire.

Le village possede l’electricite. Les barques de pecheurs sont accostées le long du rivage :

Barques de pecheurs

Tout est construit sur piloti : le Rio Napo peut brusquemment sortir de son lit.

Nous reprenons le bateau jusqu’a 17h en direction de Santa Clotilde, un village un peu plus grand ou l’on se déplace meme a mobylette.

24 Mai 2011

Dernier jour avant d’arriver a Iquitos.
A 10h, c’est la fin du voyage sur le Rio Napo. Le fleuve poursuit sa descente a l’Est, et, sur plusieurs kilometres, il longe meme l’Amazone. La solution est de rejoindre une autre ville cette fois-ci par voie terrestre afin d’économiser plusieurs heures de bateau. C’est en motocarro (qui ressemble en tout point au richshaw indien) que se fait le trajet via un sentier bitumé, jusqu’a atteindre le village en question. De la, il ne reste plus qu’a prendre un dernier bateau pour 3/4 d’heure.

Il est 11h, nous arrivons enfin a Iquitos. Une ville comme une autre : mobylette, motocarro, voiture… beaucoup trop meme. Iquitos est vraiment polluée.
Tout transite par les eaux ou par avion. Iquitos est tres touristique, beaucoup d’agences propose des tours au coeur de la foret.

Roberto est toujours a nos cotés et sincerement, il nous a fait économiser beaucoup d’argent depuis la frontiere. Etant péruvien, il a bien fait attention a ce qu’on paye le meme prix que les locaux, que ce soit en bateau ou en motocarro.

En sortant du port, il nous propose de laisser tout nos bagages pour nous aider a trouver un logement pas cher a Iquitos. Il préconise d’aller au couvent (qui ne ressemble pas du tout a un couvent mais plutot a une suite de logement pour tous les religieux qui excerce dans le secteur d’Iquitos) puis d’aller trouver un hostel pas cher. Il me dit que, sans ca, je risquerais de me faire voler mon appareil photo et mon camescope si on me voit me balader avec… Bon… il ne m’est jamais rien arrivé, mais si il insiste…

Un passage au couvent, nous reprenons encore un motocarro en direction du centre-ville. Je trouve que ca fait beaucoup d’aller-retour pour rien mais grace a lui, nous trouvons un dortoir dans un backpacker pour 15 soles (3euros).
Retour au convento et récupération des bagages. Nous remercions chaleureusement Roberto pour nous avoir aidé durant ces quelques jours. Andre le remercie aussi de l’avoir avancé en attendant d’avoir pu trouver une banque a Iquitos.

Andre et moi reprenons un motocarro en direction du centre-ville.
De mon cote, je pars a la laverie, a une rue de l’hostel.
Et puis nous repartons a nouveau en direction de Port Henry, la d’ou partent les bateaux pour Pucallpa, au sud et pour la frontiere brésilienne, a l’Est.
Sur place, pas de billeterie. J’avais repéré un office de tourisme a 2 pas de l’hostel (c’est l’avantage d’etre dans une ville touristique). Nous nous y rendons, et nous apprenons qu’il n’existe pas de billeterie a proprememnt parler. Pour accéder a un navire, il suffit de se rendre directement sur place et d’interroger les gens
En revanche, ils sont sur d’une chose : 1 cargo part ce soir pour Pucallpa, au centre du Pérou (la 1ere ville depuis Iquitos ayant un acces par voie terrestre). Rapide réflexion. La ville d’Iquitos n’est pas attrayante. Elle est bruyante et polluée ; en plus, je n’ai meme pas encore payé le backpacker. Le voyage doit durer 5 jours, autant partir des ce soir.

Je file a la laverie récuperer mes vetemements propres. Andre reste a l’office de tourisme, il cherche a faire un petit tour en foret avant de quitter Iquitos.

Je retourne au backpacker, mes bagages sont rapidemment prets. Andre revient. Il va partir pour la visite d’un peuple indigene 2 ou 3 jours. Il explique au propriétaire de l’hostel que je dois finalement partir maintenant. C’est sympas de sa part.
Une accolade (geste universel) avant de le quitter. Il passera ensuite les 2 prochains mois a visiter le Nord de son pays avant de rejoindre sa ville, au sud.
On m’a signalé a l’office que je devais me rendre non pas a Port Henry, mais a Port Masusa, a 2 kms du centre-ville.

J’aurais bien couru a droite a gauche aujourd’hui, mais me voila arrivé a Port Masusa.

C’est ici que j’interroge un manutentionnaire. Il me dit que le Pachito, le cargo qui se trouve en face de moi part ce soir. Il est pour moi…
L’utilité premiere de ce bateau est le transport de marchandise, de courriers, de vivres… Mais il peut accueillir des passagers au 1er et 2nd etage (ces memes étages qui peuvent aussi servir d’entrepot). Et pour ca, il y a le choix entre 2 options : La premiere, c’est d’acheter un hamac qu’on accroche sur les nombreux tubes metalliques qui parcourent le bateau. Concernant le hamac, pour une petite sieste je ne dis pas… mais avez-vous deja passé une nuit complete dans un hamac ? Personnellement, j’en ai deja fait l’experience en France : c’est incomfortable, on est de plus en plus comprimé a l’interieur au fil des heures ; on peut suffisamment bouger les bras mais pour se retourner complétement, il faut a chaque fois mettre une main ou un pied au sol pour prendre appui. Je prefere d’ailleurs largement un sac de couchage au sol. Mais la encore, on est pas suffisamment surélevé et on ressent toutes les vibrations du bateau. 1 nuit ou 2 ca peut aller (comme je l’avais fait plusieurs fois en Indonésie), mais 5 nuits ca fait beaucoup. Et puis par terre, ce n’est pas de l’herbe touffue, c’est de la tole ! A ce niveau le hamac a l’avantage de palier aux vibrations et aux secousses des vagues provenant des autres bateaux qui nous croisent.
La seconde option, c’est d’opter pour une cabine. Elle ressemble en tout point a une cellule de prison mais au moins elle possede un lit, une table, une chaise, un wc, un lavabo, une douche, de la place pour déballer tes affaires et surtout… un peu d’intimité !

C’est décidé, ce sera la cabine. Le Port Masusa n’a pas de quai, c’est plutot une plage de terre ; une simple planche de bois relie le Pachito a la terre ferme. Je le franchis. Tout autour, on s’affaire a charger le matériel avant le départ. J’essaye de trouver un responsable mais je ne vois que des employés sur le cargo.
Je monte au 1er etage. Les hamacs sont installés en ligne et les affaires des gens se trouvent a leur pied. Je trouve un commis de cuisine qui appelle aussitot le responsable des chambres. Il m’ouvre une 1ere chambre toute de tole revetue. Ca ira tres bien. De toute facon, toutes les cabines sont semblables. Puis il me propose la meme chose au niveau supérieur. J’accepte ; autant prendre de la hauteur. Moins de monde, donc moins de bruit et par la meme occasion, on s’éloigne du moteur de l’engin.

Les sanitaires ne sont pas trop mal ; quelques toiles d’araignées mais pas de cafards. Je lui indique qu’on m’avait parlé de 120 ou 140 soles pour une cabine. Il répond oui tres rapidemment. A mon avis, ce n’est pas lui qui doit encaisser la monnaie.
Il referme d’ailleurs la porte de la chambre pour me diriger vers le contremaitre qui me demande 250 soles ! Ca y est, Roberto n’est plus la, on tente a nouveau de me faire payer le prix fort. Je repete le chiffre a haute voix sur le ton de l’etonnemement et je m’emploie a utiliser le meilleur castillan possible (lorsqu’on parle bien la langue, les prix baissent plus facilement). Il est tres occupé et part régler une affaire. Je fais part au responsable des cabines que le prix ne me convient pas, et que j’avais entendu un chiffre bien moins élevé.
Le contremaitre revient, je lui repete que c’est trop cher. De nombreuses cabines sont inoccupées, ca va jouer sur la balance… Finalement, nous convenons d’un prix : 200 soles, pas moins (40 euros). C’est moins de 10 euros par nuit avec 3 repas par jour compris. Je m’en sors pas trop mal.

Voici a quoi ressemble le 2eme etage du Pachito. Le 1er etage, c'est pareil

 

La copie quasi-conforme du Pachito, sur lequel je me trouve

 

Il est 17h30, le bateau prend du retard. Je m’installe tranquillement.
Il est presque 19h et dehors, on continue de charger le cargo :

 

Le port Masusa. Un peu moins organisé que celui de Hambourg...

 

Le cargo a l’arret, il fait chaud dans la chambre et je n’ai pas de ventilateur. Je cherche a savoir ou s’approvisionner en eau durant le voyage. Je redescends au niveau zéro, chez mon pote le contremaitre. On me fait savoir qu’il n’y a pas de ravitaillement sur le bateau. Je demande alors ou est-ce que je peux en acheter. Il faut que je retourne sur la terre ferme, dans un commerce. J’ai le temps me dit-on. Il faudra 2 allers-retours pour porter les 20L que je viens d’acheter a la superette du coin. Je n’avais absolument pas penser a l’eau et ca aurait été un énorme probleme. Un verre par repas, c’est peu.

Il est plus de 21h, le bateau part enfin apres 3h30 de retard ; une goutte d’eau dans l’Amazone comparée a la durée totale du trajet.

25 Mai 2011

1ere nuit passée dans la cabine. Le moteur garde la meme intensité sonore, pas d’a-coup, pas de secousses soudaines ; finalement la nuit a été tranquille. Il est 7h, je descends a l’étage inférieur pour prendre un petit dejeuner : riz/viande/pomme de terre.
A Iquitos, j’etais allé dans un snack spécial touriste pour un vrai hamburger-frite : je m’attendais a ne pas en voir la couleur pendant un bon moment.

J’installe mes affaires dans les rangements prévus.
On est parti pour rester un bon moment dans cette cage en tole. Mais c’est quelque chose que je voulais faire dans ce tour du monde : voyager en cargo quelques jours. Comme le vélo, c’est une autre forme de voyage. C’est prendre le temps, et meme réapprendre a prendre le temps, ne presque jamais regarder l’heure. Pas de télé, pas de DVD, pas de PC, pas d’internet. Dans un cargo, tu lis, tu écris, tu écoutes de la musique, tu regardes le paysage qui n’évoluera pas tellement d’ailleurs.

5 jours pour rejoindre Pucallpa en remontant le fleuve Amazone… On verra si je ne deviens pas fou par autant d’immobilité.

La journée passe finalement vite. Ciel dégagé et nuit etoilée. Je n’avais pas vu autant d’étoiles depuis l’Indonesie sur le bateau de peche avec Salman, au large du Sulawesi. L’air est frais, on respire.

26 Mai 2011

Vers minuit, le cargo s’arrete dans une scierie.
Et ce matin, depuis deja plusieurs heures, la vie sur le 1er niveau du bateau est rythmé par le ballet incessant des employés de la scierie empilant les planches de bois :

La scierie...
... et ses alentours

Ca dure toute la matinée… et toute l’aprés-midi. Je me demande une seule chose : est-ce ce genre d’arret aussi long est compris dans la durée totale du voyage ?

Il est plus de 17h, je descends au 1er etage. En attendant que le service de restauration ouvre, une jeune fille me demande l’heure. Elle entamme la conversation et se demande avec une certaine lassitude, quand est-ce que nous arriverons a Pucallpa. Elle me dit : « peut-etre lundi maintenant ». Je lui dis : « non, dimanche. C’est pas ca ? »

Je le sens venir, les arrets ne sont pas compris dans le calcul. Je n’ai pas le temps de savoir ce qu’elle fait ici qu’elle s’en va déja.
Je m’assoeis sur une petite table en attendant mon repas. On doit etre une cinquantaine de passager sur le bateau.
L’homme qui est assis a coté de moi commence a discuter. Il me demande comment je trouve cette region. Je lui dis que c’est tres beau, a part les moustiques… Ils ne sont pas bien gros (bien plus petit qu’en France), on les distingue a peine ; les piqures ne sont pas aussi visibles que celles provoquées par des moustiques en Europe et pourtant la douleur est bien plus importante. J’ai appliqué de la creme des le départ, mais ca n’a pas suffit. Sur le trajet entre Coca et Iquitos, je dois avoir recu une centaine de piqure répartie sur les 2 jambes ; et ca me gratte constamment. A peine tu passes la main sur ta jambe, la douleur se réveille meme plusieurs jours apres la piqure.
Je suis vacciné contre la fievre jaune mais je me demande si ce ne sont pas ces piqures qui me donnent des vertiges.  La malaria ? Non… comme un médecin en Indonesie me l’avait bien fait comprendre, si j’avais un début de malaria, je l’aurais tout de suite senti. Les symptomes sont bien plus terribles que de petits vertiges. Dans tous les cas, j’ai les jambes en feu, elles ont meme un peu grossi. Il faut arreter de gratter, penser a autre chose durant plusieurs minutes.

Je profite pour interroger ce monsieur sur notre date d’arrivée.
Sur un ton tres sur, il me dit : « Mardi »
Mardi ??? Ca fait 48h de plus que prévu ! 7 jours au lieu de 5… Je lui fais confiance, les gens que j’interroge sont tous au 1er etage, pres des employes du cargo. Au 2eme etage, je ne suis au courant de rien. J’imagine en France la cohut que ce serait d’apprendre que le bateau aura 48h de retard a l’arrivée… Ici pas de mutinerie. Pour ma part non plus, je ne change absolument pas d’humeur. J’apprends la nouvelle, c’est tout.
Au moment ou il m’a dit « Mardi », j’ai tout de suite pensé a 2 choses : « Est-ce que j’ai suffisamment de quoi lire ? » OUI. « Est-ce que j’ai suffisamment d’eau? » OUI. Pas de quoi entammer les restrictions, j’ai prévu suffisamment large.

Le bateau commence a manoeuvrer. Il s’est passé plus de 20h depuis l’amarrage du bateau a la scierie.

27 Mai 2011

C’est bon, c’est bien ancré dans ma tete. Ce ne sont plus 5 jours mais 7 jours de cargo.
Le bateau fait de nombreux arrets dans les villages. Le ravitaillement leur sont necessaire :

Un des nombreux villages au bord du fleuve Amazone

Mais les arrets sont désormais de courtes durée. La chaleur n’est pas insupportable lorsque le cargo est en marche. En revanche, un long arret en plein soleil réchauffe toute la chambre assez rapidemment.
Je passe toute la journée a lire. Vous voulez savoir pour quel livre en francais j’ai échangé un bouquin acheté a Bogota ? C’était un livre sur Vercingetorix. Meme en plein coeur de l’Amazonie, on a toujours un petit cordon ombilical relié a l’Auvergne. Je ressors aussi de mon sac a dos ce que j’avais commencé d’écrire  en Europe, continué de rédiger en Thailande les jours de pluie, peaufiné a Jakarta, durant les longues heures d’attente dans l’aeroport.

Et c’est déja le coucher du soleil. Ca passe plutot vite quand lorsqu’on est occupé.

Mais je me rend compte surtout d’une chose : depuis mon arrivée sur le continent américain, les jours sont courts. Aux USA, je tombe en plein hiver ; je descends a vélo l’Amerique Centrale et puis jusqu’au niveau de l’Equateur pendant que les jours rallongent en Amérique du Nord. J’arriverais au Sud de l’Amérique latine au début de leur hiver et ce sera rebelote : A partir de 18h, c’est la pénombre. A 18h30, la nuit noire. Des mois que ca dure et que ca me suit.

28 Mai 2011

J’ai toujours quelque chose a faire et je me demande comment font les gens : parfois ils discutent entre eux mais la majeure partie du temps ils sont assis sur les bancs qui longent la coque du bateau, debout a regarder le fleuve ou dans leur hamac a dormir. Les enfants eux, jouent a cache-cache, courent partout et font resonner la tole sous leur pied.
Moi, j’ai toujours ma porte d’entrée ouverte. Installé devant le bureau, j’apprends les circonstances de la défaite a Alesia tout en jettant quelques coups d’oeil dehors : c’est bon, c’est toujours la foret. Tiens d’ailleurs, je n’ai meme pas pris encore de photo de mon superbe studio de tole. Je dois fermer la porte, il y a trop de lumiere pour l’appareil photo :

C'est pas trop mal. On s'y fait vite

 

Rosi, la jeune fille que j’ai rencontré il y a 2 jours passent me rendre visite ce matin. Elle s’assoeit sur le rebord de ma porte et commence a discuter. Elle en a marre d’attendre, elle a hate de rentrer a Pucallpa car ca fait 6 mois qu’elle est restée a Iquitos a travailler avec sa mere dans le comedor familial. Elle fait le voyage du retour toute seule. Je lui demande pourquoi elle ne monte pas au second étage, il y a moins de bruit de moteur et moins de monde. Elle me dit qu’elle a peur parce qu’elle a entendu des histoires comme quoi il valait mieux ne pas dormir en haut lorsqu’on est une fille toute seule. Elle prefere rester avec tout le monde en bas.
Elle me dit qu’elle a le mal de mer. Du moins, c’est ce que je croyais jusqu’au moment ou elle me dit fiebbre. C’est pas vraiment dans ce cargo qu’on trouvera une infirmerie ou une pharmacie… Je sors mon test-fievre frontal. Elle ne sait pas ce que c’est. Je lui explique rapidemment que 37 c’est bien, et que 38 c’est pas bien. Et c’est un bon 38 qui s’affiche. Je lui donne un Nurofen pas trop fort et lui dit de repasser plus tard.

Au repas, j’interroge a nouveau. Parait-il qu’on arriverait lundi soir au lieu de mardi. Ce qui ferait finalement 6 jours.
Dans l’apres-midi, nous accostons dans un village assez important. Les vendeurs de fruits entrent dans le bateau. Rosi vient me voir et m’offre une moitié de noix de coco. Une éternité que j’en avais pas mangé.

Elle me parle un peu plus de ses origines. Elle habite un petit village du nom de San Francisco, au Nord de Pucallpa. Chez elle, la langue maternelle est le Shipibo : une tres vieille langue pré-hispanique. Elle me propose de venir visiter son village, une fois arrivés a Pucallpa. J’accepte.
Encore un 38 de fievre. Je lui redonne un cachet.
La nuit, nous montons au 3eme étage de l’appareil, la ou il fait le plus frais.
Elle me chante quelques airs Shipibo et me parle de tous les animaux dangereux qui peuplent la foret. Elle est née en Amazonie, elle connait. Moi je suis né a Clermont-Ferrand, forcément, il y a beaucoup moins d’alligator et d’anaconda…

29 Mai 2011

Avant-dernier jour sur le bateau. Et oui, un cargo, par définition, ca avance plutot lentement. Avec les arrets dans les villages a charger et décharger, ca avance encore plus lentement ; et avec tous les méandres que forme le fleuve Amazone ca avance encore… encore plus lentement ; et pour finir, n’oublions pas qu’on est a contre-courant !
Rosi arrive a ma porte ce matin. Elle me dit qu’elle a besoin d’un autre médicament. Je prends sa temperature. 39… Ca avait baissé hier et ca regrimpe. Et mal de gorge en plus. Une angine c’est possible ? A force de prendre les courants d’air au 1er etage peut-etre… Je n’en sais pas grand chose. Dernier Nurofen de la boite. Pour la gorge, baume du tigre acheté a Delhi. Je m’en étais servi pour les muscles des jambes vers la fin de mon voyage a vélo.
Elle n’a pas emporté un bouquin, pas une musique, rien pour se distraire. Elle reste comme tout le monde, a regarder dehors ou a rester dans le hamac. C’est la ou je deviendrais fou.
Je lui prete mon MP3 (avec plaisir, j’ai les memes musiques qui tournent en boucle depuis plus de 9 mois). Elle part avec et je ne la revoit plus de la journée, jusqu’a ce qu’elle revienne en debut de soirée pour me dire : « je crois qu’il y a plus de pile ».
Fais-voir la temperature… 37, nous voila sauvé !

30 Mai 2011

Re-changement : on arrive finalement mardi en fin de matinée m’a-t-elle dit hier. Donc aujourd’hui, avant-dernier-jour, le vrai de vrai cette fois.
Je suis bien remis et pret a poursuivre ce voyage. Meme si le cargo etait bruyant parfois, ca reste plus reposant que mon rythme habituel. J’attends vraiment d’arriver, mais c’est finalement avec un réel plaisir que j’ai accueilli ces jours consécutifs de « temps-devan- soi » sur le Pachito. Depuis Alice Springs en Australie, je n’étais jamais resté aussi longtemps au meme endroit… et tout en avancant…

31 Mai 2011

J’utilise le fond de ma derniere bouteille des 20L que j’avais pris au départ. Le calcul n’était pas trop mauvais.
Je rassemble mes affaires. Arrivée prévue en fin de matinée.
Nous accostons finalement vers midi.
Le frere de Rosi vient nous aider a porter la pile de bagage que sa soeur a emporté. Nous partons au motocarro. Pucallpa est en fait un peu plus dans les terres. Nous n’irons pas pour le moment. Le motocarro nous dépose a coté d’un collectivo (un taxi partagé) comme celui que j’ai pris en Colombie ; sauf qu’au lieu d’etre 6 a l’interieur, nous sommes 9, dont 2 niños mais 9 quand meme, avec tous les bagages dans le coffre.
A 30min de Pucallpa se trouve San Francisco, le village Shipibo de Rosi, au bord de l’Amazone. Le sentier est boueux, tellement boueux que la voiture s’engouffre dans une flaque sans pouvoir s’en extraire. Et panne de batterie. On bloque le passage des autres véhicules dans cet étroit sentier. La voiture qui arrive s’arrete et on s’affaire a trouver une solution.
On tente de pousser la voiture a la force des bras. Pas suffisant.
Nous sortons toutes les affaires de la voiture pour l’alléger. Toujours pas suffisant.
Puis une autre voiture arrive derriere nous. Ils ont une corde pour tirer la voiture. Il faut un couteau pour ajuster la longueur. Personne n’en a. Je les entends dire : « le francais en a peut-etre un ».

Oui, peruviens, j’ai un Opinel.

Nous parvenons finalement a extraire le taxi de la boue. Et a peine 5min apres, nous arrivons a San Francisco.
Rosi me présente a toute sa famille. Je discute plus amplement avec Ronel, son frere. Il me dit que toute la rue appartient a leur famille. Et tous parle le Shipibo.

J’en apprendrais plus demain. Il est déja tard. J’ai eu le temps de déjeuner avec eux et de gouter aux poissons tirés du fleuve. Mais pour le moment je laisse mes affaires a San Francisco et je retourne a Pucallpa : je n’ai pas donné de nouvelles depuis longtemps.
Je passe la nuit a Pucallpa.

1er Juin 2011

Rosi me rejoint a Pucallpa pour faire quelques courses au marché couvert. On achete de tout : fruits, légumes, riz. Des régimes entiers de bananes, que dis-je, des branches entieres. Ca pese une tonne. Mais cette variété se conserve longtemps.

Il y a plusieurs facons de rejoindre San Francisco : motocarro, collectivo ou un canot a moteur par le fleuve. Et pour le coup, avec toute les courses, il est plus sur de prendre un canot jusqu’a San Francisco. Ca secouera moins et c’est plus rapide. Du point d’achat jusqu’a la berge ou se trouve les barques, il faut tout charger dans un motocarro. Il n’y a que 200m, mais c’est vraiment lourd.

En motocarro
En canot

Nous arrivons au pied du village de San Francisco. Ronel nous attend avec une brouette. Il a quelques problemes au dos. Je me charge de remplir la brouette et de la remonter sur toute la pente jusqu’a la maison familiale.

Les habitations Shipibo
La partie cuisine avec les 2 derniers niños de la famille

Ronel m’explique lentement la culture Shipibo et me prete un livre pour comprendre mieux.

Les Shipibo sont un groupe ethnique d’Amazonie qui se concentre le long du fleuve Ucayali (le nom du fleuve Amazone sur cette partie du territoire) et de ses affluents sur environ 300 kms. A part a Pucallpa, ou tout le monde parle espagnol, tout le reste sont des dialectes datant de l’ere pré-hispanique. L’Amazonie concentre 90 pour cent de toutes les langues parlées au Pérou. Le Shipibo est d’ailleurs l’une des 6 langues de la famille linguistique Pano (comme le francais et l’italien sont de la famille linguistique romane). Avec le Shipibo, il y a 41 autres langues parlées au Perou.

Pour la suite, on est loin de la théorie de l’évolution de Darwin mais voici ce qu’est la pensée Shipibo :
La cosmovision shipibo est la relation entre l’homme et la nature. Jusque la, rien d’extraordinaire ; mais les Shipibo affirment que la conversion de l’homme en animal s’est produit dans l’Antiquité comme punition pour avoir transgressé aux regles de la coexistence sociale. Cette faute a produit 2 effets : 1) negatif, puisqu’en ayant attenté aux droits collectifs, l’homme se punit par la déshumanisation : l’expulsion de l’individu de la communauté humaine pour le confronter au monde de la nature
2) positif, parce que cette conversion a permis le repeuplement de la variété des especes animales dans la montagne.

C’est dans la nuit que se reveille les etres enchantés et malfaisants, representés par des animaux lors des invocations : hibous, pumas, crocodiles. Les constellations sont également peuplées d’etres magiques autant que dans les eaux du fleuve.
Beaucoup de dieux et de démons gouvernent le monde Shipibo. Le Soleil représente bien entendu le pouvoir maximal. Il est le créateur et le maitre du cosmos. Il partage cet espace avec la Lune, déesse masculine et virile, convertit en homme amoureux des Shipiba (je n’ai rien inventé).
Ronel s’occupe aussi des rituels. Je peux d’ailleurs y participer si je reste plusieurs semaines. A coup de plantes hallucinogenes et d’invocations, l’individu participant a ces rituels finit par avoir des visions, notamment d’ordre animales et végétales. C’est un rituel qui leur appartient. Je leur laisse.
Mais ce qui est interressant c’est que ces visions sont représentées sous formes de peintures sur le corps, mais aussi sur les poteries et les tissus.
Ainsi, l’anaconda y est souvent représenté car les Shipibo pensent qu’acheter une tete d’anaconda porte bonheur et chance. Chaque famille en possede au moins une :

A quel autre moment aurais-je l'occasion de toucher une tete d'anaconda...

Il me précise que l’anaconda ne se mange pas. En revanche, sa graisse possede des vertus therapeutiques lorsqu’on l’utilise comme creme de corps. Autre précision : l’anaconda n’a pas de probleme pour avaler un poulet entier !

Ronel m’apporte un objet en céramique retrouvé dans la terre. C’est une toute petite poterie créee par les ancetres Shipibo. A ce sujet, il m’emmene faire une visite du village. Il m’explique que pour la création des tissus, il faut aller dans des lieux précis autour du village pour trouver la terre particuliere afin d’obtenir la couleur orange, la couleur blanche, la couleur noire… On trempe le tissu puis on l’expose au soleil, puis on le retrempe ; en tout 8 fois avant que le tissu soit totalement impregné de sa couleur definitive.
Je rencontre une vieille dame peignant une poterie finalisée. J’entre ensuite dans une propriété tenue par un artiste qui peint lui aussi ses visions, mais sur de grands tableaux.

Les Shipibo, ce sont des menuisiers, des artisans et des pecheurs. Les traditions ont quand meme beaucoup évolué en l’espace d’une ou 2 générations : avant, le mari avait 3 femmes ; et ces memes femmes, qui avaient la tenue traditionnelle, la trouve aujourd’hui beaucoup moins agréable a porter que nos vetements contemporains.
On vit toutefois ici bien différemment qu’en ville. Par exemple, on prend le repas accroupis, la famille réunie autour d’un meme plat. A mon retour de visite, je trouve Rosi en train de frotter ses vetements a la bassine, un par un.
Une de ses petites cousines arrivent jusqu’a elle. Un insecte a pondu ses oeufs a l’intérieur du bout d’un de ses orteils. La ou normalement la technique moderne serait de sortir une aiguille et du produit désinfectant, Rosi s’en va arracher une épine d’un arbre pour justement s’en servir comme aiguille.
Aprés avoir sorti les oeufs du pied (je n’ai pas entendu une seule fois crier la petite fille ni meme se plaindre), Rosi lui annonce que c’est terminé. Mais je leur dis d’attendre. Rosi l’aurait laissée partir, la plaie a vif, avec comme instrument de soin une épine en guise d’aiguille… Je dois bien avoir quelque chose de mon coté. Je sors ma trousse de soin et c’est ainsi que ma creme antibiotique achetée a Los Angeles (USA) finira ses jours… a San Francisco (Pérou).

Je prends le temps de filmer la famille, les enfants. Rosi me lit quelques lignes du livre en Shipibo-Espagnol. Meme si je ne comprends pas entierement les phrases en espagnol, je m’apercois d’une chose : elle saute des syllabes entieres. Je lui demande si elle lit souvent. Elle me répond un oui rapide comme pour se débarasser. Je lui demande de m’en lire encore plus et si elle serait capable de lire plus vite. Elle me dit que non. Elle a fini l’école depuis un certain temps déja et a les premiers signes de l’illettrisme. C’est un probleme tellement fréquent dans ces régions reculées. Peu de lecture, peu d’écriture, ca se perd tres vite. Mais ca, j’ai pas osé lui dire.

C’est déja la fin de l’apres-midi, j’ai passé toute la journée dans ce village, et je dois désormais repartir. Ronel s’en est allé, je n’ai pas pu le remercier. Dans tous les cas je remercie Rosi qui m’a invité dans sa famille durant cette journée.

Je vais reprendre a nouveau mon rythme de voyage en me disant avant de quitter San Francisco (pour la enieme fois) : « je quitte un endroit que j’appreciais ».

Je prends un collectivo jusqu’a la station de car de Pucallpa.
Il est 18h, je pars pour Lima.

2 Juin 2011

Il fait nuit. Je suis entre éveil et sommeil. Le car fait des méandres. On escalade la Cordillere d’Est en Ouest mais j’ai encore l’esprit dans la foret a force de l’avoir vu durant presque 2 semaines. Meme apres 20h de car, meme arrivé a Lima dans le trafic surchargé de la capitale, meme dans l’hostel que je viens de trouver et d’ou je vous écris ces quelques lignes évoquant des missions catholiques, des peuples shipibo, des rituels ancestraux, des tetes d’anacondas, des cargos, des barques, des centaines de kilometres de méandres.. et bien meme maintenant, je suis encore en Amazonie.

J’ai mis des heures pour tout écrire. Mais comme d’habitude, je me devais de le faire pour ne jamais oublier ce que j’ai vu et vécu.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Lima, Nazca, Incas et Titicaca

3 Juin 2011

Me voici donc a Lima, la capitale.
Je traine un peu sur Internet le matin et me rends sur le site Couchsurfing.
Le Couchsurfing, c’est loin d’etre simplement un réseau d’hébergement chez l’habitant : lorsqu’un membre se connecte, on est directement repéré par les locaux, membres du réseau. Un liménien (habitant de Lima) m’envoie un message en fin de matinée. Il s’appelle Jhony (prononcez-le a la francaise si ca vous fait tellement plaisir…), il est diplomé de tourisme et travaille dans un autre backpacker, dans le quartier de Miraflores, le meme quartier que le mien.
Lima est immense : pas moins de 42 districts ; et Miraflores est un quartier récent, proche de la mer.

En attendant qu’il me réponde, je pars cette apres-midi en direction de la mer. Je traverse les quartiers commerciaux aux enseignes connues. Bon… rien de bien foufou ; et du bruit : les taxis te klanonnent pour t’avertir qu’ils passent devant toi, au cas ou. C’est presque systématique et assez agressif a la longue.

J’arrive au bord de l’Océan Pacifique que j’avais laissé a Panama. Et bien… j’aurais le laisser a Panama… jugez par vous meme…

Vous trouvez ca joli ?

Du béton, beaucoup de béton. Les batiments n’ont rien d’attrayants. Peut-etre que les autres plages de Lima ont plus d’atouts. Pour ma part, j’aurais du prendre un hostel dans le quartier historique comme d’habitude. Mais l’appel de l’océan a pris le dessus et je le regrette finalement.

Je rentre a l’hostel. Je souhaiterais me rendre a Nazca demain, au sud. J’interroge la receptionniste sur la meilleure facon de s’y rendre, lorsque le téléphone de l’accueil se met a sonner.
Elle me dit : « C’est pour vous ».
Tiens, tiens…
C’est Jhony. Il me donne rendez-vous a l’entrée du centre commercial, a 2 pas de l’hostel.

Liménien de naissance, il parle tres bien l’anglais et souhaite me faire visiter le quartier. Je lui dis que je n’ai que quelques heures (demain je repars) et que je dois d’abord acheter mon billet pour Nazca.
Ensemble, nous partons d’abord pour régler ca. Il m’indique une agence.  C’est bon, départ demain matin. Jhony me demande si je suis allé visiter le quartier historique. Je réponds non, un peu honteux.
Il me dit :
– « Tu pars demain et tu n’as pas vu le centre historique ? »
– « En fait j’attendais que tu répondes a mon message pour qu’on y aille ensemble »

C’est vrai, je ne me sentais pas de faire des kilometres tout seul. Si je peux etre accompagné d’un local, j’aime tout autant la visite.
Il connait bien sa ville.

Nous prenons le Metropolitano qui est un bus rapide avec une voie lui étant entiérement réservé. Il fait nuit a présent et nous voici arrivé au centre historique de Lima. J’ai bien fait d’y aller, c’est superbe de nuit.
Batiments coloniaux, cathédrale, hotel de ville, fontaines. Il m’explique meme la signification de chacune des statues representées sur la fontaine principale. J’aurais bien pris des photos, mais mon appareil n’apprecie pas vraiment la nuit.

De Juin a Octobre, une bruine tres fine – qu’on appelle garua – venant de la mer rend le ciel de Lima vraiment tristounet. Il paraitrait d’ailleurs qu’au XVIeme siecle, lorsque Pizarro cherchait le meilleur endroit pour batir la capitale, les Incas lui indiqua cet endroit brumeux pour se venger des exactions commises par les conquistadores sur le peuple indigene. Ca n’a pas empeché Pizarro d’élever de superbes monuments autour de la Plaza de Arma et de la Plaza Mayor.
Malheureusement, quelques monuments n’ont pas subsisté au tremblement de terre de 2007. L’épicentre, situé 200kms plus au sud, détruisit la moitié de la ville de Pisco, et la secousse fut ressentie a Lima durant 1min30 !
Jhony s’en souvient bien. Je lui parle du tremblement de terre que j’avais ressenti lorsque j’etais dans le Chiapas, au Mexique. Ca n’avait duré que 15 secondes ; mais ici, a Lima, 1min30, ca a du vraiment paraitre long.

Dans le plus vieux bar de la ville, je goutte l’Inka Cola. Les péruviens en sont fiers car la boisson est plus consommée que le vrai Coca-Cola. La multi-nationale a tout de meme fini par la racheter…
Ce bar est en effet chargé d’histoire, et continue de l’etre, car bien placé, tout pret de la mairie et de la maison presidentielle, c’est ici que les politiques se retrouvent, me dit Jhony.

Dimanche ce sont d’ailleurs les élections. Impossible d’y echapper ; partout j’ai vu des banderoles, des affiches, des drapeaux et meme des maisons peintes entiérement aux couleures d’un des 2 camps. La ferveur est immense puisque le Pérou n’a pas de Président depuis 5 ans, l’ancien president Fujimori étant incarcéré pour corruption.
C’est un coude-a-coude entre Ollanta et Keiko Fujimori, « la fille du prisonnier ». Jhony me dit qu’il n’apprécie pas Keiko car il pense qu’elle a certainement trempé dans les affaires de son pere… Si elle est élue, elle serait alors la 1ere femme presidente de l’histoire du Perou.
Voter, c’est une obligation au Pérou. Dans le bar ou nous nous trouvons, il est interdit de servir de l’alcool pendant toute cette periode. Je demande a Jhony la raison. Il me répond que c’est pour éviter les violences lors de débats houleux sous l’effet de l’alcool.
Pas d’alcool, pas de client ou tres peu ; c’est plutot calme, a part les klaxons, toujours présents.

Jhony me propose alors un spectacle dans le parc des fontaines. Il n’y a que ca a faire ce soir. C’est une projection cinématographique de différentes danses sur les eaux qui jaillissent de la fontaine principale, le tout en musique. C’est vraiment sympas. Les parents et les enfants s’y retrouvent.

Pour le retour, nous le faisons en mini-bus collectivo. C’est assez folklorique : les avenues de la capitale sont longues et pour 20 centimes d’euros, tu peux traverser la meme avenue sans la quitter. Ca économise des dizaines de minutes de marches a pied. Il y a un chauffeur et un rabatteur a l’arriere qui n’arrete pas de crier a chaque feu rouge et chaque intersection pour faire venir un maximum de clients dans ce « dolmus » péruvien. Vous n’avez pas oublié ce mot j’espere : « dolmus ». Mais si, les mini-bus en Turquie…

Nous revoila a Miraflores. Jhony prend son boulot dans quelques minutes. Il fait 22h-7h au backpacker. Je l’accompagne pour jeter un coup d’oeil a cet hostel. J’aurais du prendre celui-ci pour résider a Lima quitte a etre dans le quartier de Miraflores… Mon hostel n’est pas mal non plus ; il n’y a que des américains, des canadiens et des australiens qui s’y sont refugiés la parce que l’accueil est anglophone. Je critiquais l’immense majorité de la population francaise qui ne parlait pas un mot d’anglais, mais il y a pire : les anglophones parlent rarement une autre langue que la leur… Pour le coup, les francais sont bien meilleurs en espagnol que n’importe quel autre pays anglophone.

Jhony ne travaille dans ce backpacker que depuis 2 jours. Il s’occupe de l’entretien et du bar. Il me propose un Pisco : un boisson alcoolisée qui se boit en cocktail : 1/2 blanc d’oeuf, du jus de citron, du sucre de canne, un peu de glace pilee et… du Pisco qui se rapproche de la Grappa italienne ; le tout passé au mixeur.

Ainsi s’acheve cette soirée sympathique passée dans le quartier historique de Lima (autant oublier l’apres-midi a Miraflores, ca n’en valait pas la peine).

Retour a l’hostel pour une courte nuit de sommeil.

4 Juin 2011

Levé a 5h30. Nazca m’attend a plus de 450kms au sud de Lima, et 55 kms a l’Est du Pacifique, dans les terres sombres et désertiques. C’est dans cette pampa – la Pampa San José – qu’on a découvert au début du XXeme siecle d’étranges motifs au sol datant de l’époque dite de la « Civilisation de Nazca », entre 300 et 900 apres JC – peuple ayant vécu bien avant les Incas – .

Le bus arrive a Nazca vers 14h. Je prends directement un taxi qui m’amene en dehors de la ville, a l’aérodrome. Toutes ces figures géométriques ont été découvertes par avion et c’est – de loin – par ce moyen de transport qu’on peut les observer le plus distinctement.

J’embarque dans un CESSNA avec 1 pilote, 1 co-pilote et 3 américaines. Ce paysage apocalyptique s’étend a perte de vue jusqu’a buter contre de superbes montagnes aux teintes rouge-oranges.
Dans cette terre aride se trouve des motifs tels que des animaux (18 au total), un visage, des mains, un arbre, une fleur… Ce sont souvent des formes de plusieurs dizaines de metres. La plus longue est « L’oiseau-serpent » qui mesure 300m.

Ces motifs aussi rectilignes laissent toutefois planer le doute. Et si c’était l’oeuvre des extra-terrestres. Une poignée de gens le pense… Comment les Nazca sont-ils parvenu a obtenir autant de précision dans la création de ces motifs ? Les figures franchissent parfois les ravins, sont perchés a flanc de colline, mais restent d’une étonnante régularité dans leur tracé. Le mystere demeure…

En tout cas, du haut de l’avion a survoler ce paysage lunaire ou les figures apparaissent parfaitement sous nos yeux, c’est un tres bon moment et une rencontre aussi étrange que celle des curieuses statues de San Augustin en Colombie.
Les américaines, armées de leur appareil photo ont du mal a cadrer : l’avion secoue beaucoup. De mon coté, j’ai opté pour une méthode plus sure : le « 25-images-par-seconde ». Mon camescope quoi…

J’atteris sur le plancher des vaches apres 35min passé au dessus de la pampa.

Le chauffeur de taxi me fait une offre : il m’amene au musée Maria Reiche – que je souhaitais visiter – pour 50 soles, et me ramene ensuite.
Je lui répond :
– « OK pour 40 soles, pas plus »
– « 45 soles et au retour, on s’arrete au mirador »

Allez, ca marche. Le chauffeur est un type sympas. Il m’explique durant le trajet les différentes théories des lignes Nazca, et me parle un peu plus de…

 

…la folle du désert
Il me raconte que Maria Reiche, une mathématicienne d’origine allemande, était tres connue ici ; que sans relache, elle faisait des allers-retours depuis sa maisonnette (devenu le musée) jusqu’a la pampa. Les locaux la surnomma la loca del desierto (la folle du désert) : elle a passée sa vie sur ce site.
La théorie la plus plausible reste celle d’un calendrier astronomique géant, et si c’est le cas, ce serait le plus vaste au monde. Les détracteurs, apres des recherches par ordinateurs, affirment qu’il y a 1000 ans, il n’y avait aucune correspondance entre les motifs et la configuration du ciel de l’époque (d’ou les théories sur E.T l’extra-terrestre en tournée dans le secteur…).
Peu importe pour Maria Reiche, elle conserva son esprit carthésien jusqu’au bout.
Elle n’avait pas de reperes et éprouvait d’énormes difficultés dans ses investigations a cause du climat tantot aride tantot frigorifique de la pampa San José.
50 ans… 50 ans a prendre des mesures et a élaborer des théories axées autour de la physique, des mathématiques et de l’astronomie. Au volant de sa cocinnelle puis de son Volkswagen, debout sur son escabeau et nettoyant chacune de ces lignes au balai, elle travailla consciencieusement durant toutes ces annéees, aidée par le service aérographique de l’armée. Elle a survolé ces lignes des centaines de fois.
Elle aimait le Pérou et son visage fut meme gravé de son vivant sur un timbre du pays. Elle obtint la nationalité péruvienne a la fin de sa vie. Le jour de sa mort fut un jour de deuil national.

Le chauffeur me dit qu’il la voyait de temps en temps lorsqu’elle se rendait a Nazca. Son nom reste définitivement rattaché au site.

J’apprends 2 ou 3 choses supplémentaires au musée.
Le principe pour les Nazca de l’époque, était de retirer les pierres, de creuser 20 a 50cm de profondeur et d’y ajouter du sable a l’endroit du tracé.

J’aurais bien opté pour la théorie des extra-terrestres (ca ajoute un peu de piment). Les poteries retrouvées sur place montre qu’un culte était voué autour de ces figures. Donc, culte autour du calendrier astronomique ou autour de ces formes créees par les bonhommes verts ?
Mais il faut bien reconnaitre plusieurs choses : la société Nazca, comme les autres société du vieux monde connaissait bien le rythme des saisons et controlait le temps. De plus, pour chaque motifs, chaque formes, chaque dessins, il y a un acces pour que l’homme puisse y entrer, sans piétiner une seule ligne. Ce sont les raisons pour lesquelles on penche désormais bien plus vers un travail fait par des humains.

Au retour, le chauffeur m’amene comme prévu au mirador. De la, on ne voit que 2 figures, mais ca vous donne une impression de l’ambiance du site :


Les Mains
L’Arbre

L’anecdote des 9 doigts
Lorsque vous voyez « les Mains » sur la pampa ou « le Singe » (pas sur la photo), les 2 ont une main a 4 doigts, l’autre a 5 doigts. Personne ne sait pourquoi. Le chauffeur m’a fait la visite du musée et a évoqué une chose assez surprenante : il m’explique que Maria Reiche, avant d’arriver a Nazca et de commencer toute recherche sur le site, s’est piqué le doigt sur un cactus. La plaie s’est infectée et elle a du se faire amputer d’un doigt. Plus que 9 doigts, comme plusieurs signes de Nazca… Non, ne cherchez pas un théorie extra-terrestre pour le coup, c’est une pure coincidence ! J’aurais jamais fais attention meme en voyant des photos de la mathématicienne au musée. Il n’y a qu’un local pour connaitre ce genre de détail !

La pampa San José
La panaméricaine passe juste a coté
Ressentez l’ambiance
Et les montagnes dont je vous parlais prennent une superbe couleur en fin d’aprés-midi

Le taxi me ramene au centre-ville de Nazca. J’ai fais tout ce que j’avais a faire a Nazca, bien plus vite que prévu, et pourtant j ‘ai pris mon temps. Il ne fais meme pas encore nuit. Quitte a dormir ce soir, autant que ce soit dans un car, tout en avancant. Mais le prochain est dans longtemps. J’ai 5h devant moi. Je patiente bien gentillement dans le resto puis dans une salle Internet avant de revenir a la station.

5 Juin 2011

Il est un peu plus de minuit, je pars pour Cuzco, au Nord-Est.
Le soleil s’est levé depuis longtemps.

Et j’admire le superbe paysage des Andes durant le trajet
Sur cette photo, on voit un peu mieux les hautes montagnes enneigés

14h aprés mon départ de Nazca, j’arrive a la station des cars de la ville de Cuzco. Plutot que de prendre un taxi, je décide de parcourir la ville a pied jusqu’a l’albergue (hostel, backpacker, c’est pareil).
La ville n’est pas grande et possede un centre historique superbe. Cuzco se trouve en plein dans la Cordillere des Andes, on est a 3400m d’altitude et je commence a bien le ressentir meme en marche lente, car l’albergue se trouve dans une rue en pente qui surplombe toute la ville.

Cuzco

Ca me rappelle un peu Veliko Turnovo en Bulgarie : la ville est a taille humaine, les toits sont de couleur uniforme et l’auberge de jeunesse se situe dans la vieille-ville, perchée dans les hauteurs.

Il est 19h et j’entends les klaxons et des gens crier dehors : Ollanta vient de remporter les élections presidentielles. Je sors pour filmer la manifestation de joie des votants sur la Plaza de Arma (la place principale, celle qu’on voit sur la photo précédente).
Ce sont plusieurs petits groupes qui défilent. On agite les banderoles, sifflets au bec et voitures klaxonnantes (encore plus que d’habitude…).

Il fait nuit et il fait froid. En bermuda, c’est un peu limite. Pour demain au petit matin, il va falloir prévoir plus chaud.

6 Juin 2011

Levé a 5h. Je ressors le polaire et le manteau acheté a San Francisco (aux USA, pas au Pérou…), bien caché au fond du sac depuis des mois.

Hier, j’ai booké pour la visite de l’un des monuments précolombiens les plus splendide d’Amérique du Sud. C’est déja un bon indice…
Je vous épargne tout ce qu’il faut endurer avant d’y parvenir : bus, train, re-bus, flot de touristes, marchands de souvenirs, vendeurs ambulants omniprésents, prix d’entrée exhorbitant… Mais c’est un site sublime et incontournable ; et lorsqu’on accede a ce paradis de montagne, on ne regrette rien, absolument rien !
Il est midi, on est a 65kms au Nord-Ouest de Cuzco, et me voici enfin…

…au Machu Picchu

Il fait un temps impeccable.

Entouré par de superbes montagnes, on pourrait croire que le Machu Picchu est a une altitude élevée; pourtant on est ici 900m en contrebas par rapport a la ville de Cuzco

Le site est tellement grand que les touristes sont finalement bien éparpillés. On peut avoir sa tranquillité durant la visite (en Juillet et Aout, c’est loin d’etre le cas !) de ce site Inca.

Tiens d’ailleurs, petite mise au point :
Pour les civilisations les plus connues : les Azteques se sont sédentarisés autour de la vallée de Mexico ; les Mayas occuperent les territoires du sud du Mexique, du Belize, du Guatemala, du Honduras et du Salvador. Quant aux Incas, leur civilisation prirent naissance dans le bassin de Cuzco. Ils s’étendirent ensuite le long du Pacifique et de la Cordillere des Andes de la Colombie jusqu’au Nord de l’Argentine et du Chili en passant par l’Equateur, la quasi-totalité du Pérou et l’Ouest de la Bolivie.
Voila ! Ca méritait une petite mise au point car on a tendance a confondre un peu tout…
Revenons a nos moutons…

…et a nos alpaguas, qui règnent ici en maitre des lieux

Les alpagas sont plus petits que les lamas ; mais lui aussi, crache pour se défendre. Celui-ci a été sympas avec moi…

Durant 3h, je parcours le dédale de ruelles du site Inca.

 

La grande maison de campagne :
Le Machu Picchu aurait été une résidence secondaire pour les souverains Inca, a l’écart du pouvoir central que représente la ville de Cuzco. Un souverain ne se déplacant jamais seul, tout un village l’accompagnait ainsi qu’une cour et des dizaines de serviteurs. En tout, environ 1800 personnes vivaient sur les hauteurs du Machu Picchu au temps de la rayonnante époque de la civilisation Inca.

Le systeme de terrasses servait a endiguer les fortes pluies qui s’abattait sur la région.
L’esplanade centrale était la place principale du village :

L’esplanade centrale

Autour, 285 maisons au total. Les Incas, comme les Nazca a leur époque vivaient au rythme crée par le cycle des astres, qu’ils connaissaient parfaitement. Les temples sont nombreux : Le Temple du Soleil, de la Lune, le Temple des « 3 fenetres », le Grand Temple, sans oublier la maison du pretre, perché sur un promontoire sur le flanc ouest.

Ce que l’on voit au fond, c’est le Wayna Picchu, omniprésent sur toutes les photos d’ensemble. Il joue beaucoup dans la « personnalité » du site du Machu Picchu.

C’est un point majeur dans la conservation d’un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : on devrait limiter certains accés au site. Pour ma part, je fais comme tout le monde, je ne me plains pas de la liberté de mouvement qu’on a sur le site, mais on peut circuler quasiment partout et ce n’est pas ce qui est le mieux pour un lieu aussi fréquenté (la, c’est le diplomé de Tourisme qui parle).
On commence toutefois a reverdir certains endroits trop piétinné. Bon point. En progres, mais peut mieux faire…
C’est important pour la perduration d’un site que d’interdire certains passages et je ressens encore du dégout lorsque je repense au site de Fatepur Sikri en Inde, laissé a l’abandon et pourtant classé au patrimoine de l’UNESCO.

Le Machu Picchu, lui, n’a rien perdu de sa magie.
Peu importe la maniere dont vous parviendrez a rejoindre le site, ne passez pas a coté de cette perle des Andes : si vous voyagez au Pérou, vous avez l’obligation de vous y rendre ! A n’importe quel prix !

Retour a Cuzco. Il est plus de 23h. Je suis fatigué mais J’AI VU LE MACHU PICCHU !

7 Juin 2011

Cette nuit n’aura pas été guere plus longue que la précédente. Je me leve a 6h ce matin pour rejoindre la station de car en direction de Puno, 450kms au Sud-Est de Cuzco.
Je ne quitte pas la Cordillere des Andes. Ca monte jusqu’a atteindre le début de l’Altiplano (plaine d’altitude) : entourée de cretes montagneuses. Cette plaine était recouverte a l’époque d’un vaste lac. Elle est aujourd’hui a l’origine d’une étendue d’eau « plus réduite » : le lac Titicaca. Et apres 7h de route, j’arrive en milieu d’apres-midi au bord du lac navigable le plus haut du monde, dans la ville de Puno a 3850m d’altitude.

Je ressens le manque d’oxygene encore plus qu’a Cuzco et retrouve une altitude digne des montagnes népalaises.
A la sortie du bus, j’avais d’ailleurs oublié cette altitude. Il m’a suffit d’une marche rapide pour me souvenir que désormais, il faut prendre son temps dans ses déplacements a pied.
Par contre, il fait plutot bon. Une douce fraicheur d’apres-midi qui laissera place a la froideur de la nuit.

A cette altitude, les motocarro ont opté pour les fermetures intégrales des 4 cotés, la ou normalement les portes de gauche et de droite sont inexistantes pour ces memes véhicules dans les villes de basses terres.
J’en prends un et pour 3 soles, il me dépose dans l’hospedaje que j’ai choisi. Un hospedaje, c’est plus un hotel qu’un backpacker (puisqu’il n’ya pas de dortoir) bien qu’il soit écrit « backpacker » a l’entrée. Bref, la chambre a un excellent rapport qualité-prix : presque le meme prix que dans un dortoir et avec tout le confort (et la propreté).

Mission numéro 1 : booker pour un tour sur le lac Titicaca. L’hospedaje fait aussi office d’agence, et les prix sont tres abordables pour une journée complete.
Mission numéro 2 : manger ! J’ai sauté beaucoup de repas ces derniers jours. Et pour affronter l’une des plus hautes régions au monde, autant prendre des forces.

8 Juin 2011

Réveil a 6h45 dans ma chambre glaciale non chauffée (le seul hic…)
Cette fois-ci, ce sera un tour en groupe. Ca limite les frais. Le collectivo s’arrete a chaque hotel avant de rejoindre le port d’embarquement.
Nous sommes une petite quinzaine (un chiffre correct pour une excursion en groupe) et quelques-uns sont espagnols. Au passage, je trouve qu’ils articulent moins bien que les péruviens ou les mexicains.

Les couleurs sont superbes le matin et la température monte au fil des heures.

Le 1er arret sera sur l’une des iles artificielles Los Uros. Elles sont 55 au total, construites a partir d’une suite de blocs compacts de terre et de roseaux d’environ 3m de profondeur. On ajoute a cela encore plusieurs couches de roseaux, appelé la totora pour renforcer le parterre. Les maisons sont surélevées d’encore 1m de roseaux supplémentaires :

Habitations Uros
Entre 4 et 7 familles vivent sur chaque ile d’une superficie d’environ 150 metres carrés

Espagnol, Quechua et Aymara sont les 3 langues officielles du Pérou. Sur les iles, ca dépend, c’est la rencontre des 3 langues (avec l’espagnol pour le tourisme bien entendu).

Ces peuples vivent d’ailleurs principalement du tourisme mais s’efforcent néanmoins de conserver leur tradition tant au niveau de la construction de leur habitation (unique au monde) que dans leur mode de vie quotidien tels que la peche ou la vente de canards et d’oeufs sur les marchés.

Le roseau sert a fabriquer les habitations, les meubles, les barques… L’intérieur du roseau est comestible. On l’utilise pour le thé autant que comme ingrédient pour la cuisine d’une maniere générale.

Pour les embarcations, la tradition a tout de meme fait place a la modernité des barques a moteurs

C’est plutot mou lorsqu’on marche sur ces iles. Quand une vague arrive, les abords de l’ile font quelques remous. C’est la raison pour laquelle on renforce encore plus le tour par des couches de roseaux.

Les Uros ont crée ces iles – a l’origine du coté bolivien (le lac est en effet a 60% péruvien et 40% bolivien) – pour échapper au pouvoir du puissant empire Inca. Ce n’est que tres récemment qu’ils ont fait mouvement (avec leur ile !) a l’ouest, coté péruvien, le gouvernement les ayant incité a s’implanter vers Puno pour développer le tourisme.

On peut voir au loin une de ces anciennes embarcations faite de roseaux

Le 2nd arret est a 2h de bateau, plus a l’Est, sur l’ile de Taquile. Celle-ci, c’est une véritable ile mesurant 7kms de long ayant l’apparence d’un gros monticule rocheux. Pas de voitures, pas de vélos, on se déplace a pied en suivant les sentiers de pierre. Et ca monte ! Il faut prendre son temps en marchant.

L’ile de Taquile

Cette ile a des airs de prairie écossaise par endroits avec ses terres verdoyantes, ses habitations et ses murets en pierres grises. A d’autres endroits (comme sur la photo), elle prend l’apprence d’une colline de bord de Méditérannée.

Les hommes et les femmes vivent ici en autarcie. On répartie les cultures et les récoltes en fonction des besoins. Lorsqu’on achete, c’est dans les coopératives (et pas ailleurs) pour que ce systeme perdure.

Ce n’est pas tout : la population refuse de sacrifier leur environnement au profit du tourisme. Ainsi, ils se sont opposés a la construction d’un hotel sur l’ile et comptent bien controler le développement touristique a un niveau raisonnable : seulement une boutique d’artisanat et un restaurant communautaire pour toute l’ile. Bon point.

Et plus encore : les hommes et les femmes ne se sont pas conformés a la mode d’aujourd’hui. Savez-vous pourquoi ?
Parce que leur habits révelent le statut de chacun. L’homme marié porte un bonnet rouge. Le célibataire, un bonnet blanc. La femme marié est en noir. La femme non mariée arbore 2 ponpons de taille importante a l’extrémité de son poncho de laine, tandis que la femme mariée possede 2 meme ponpons mais d’une taille legerement plus petite. C’est la seule chose qui différencie leur statut marital.

Pour toutes ces raisons, l’ile de Taquile est une ile vraiment AU-THEN-TIQUE ! Et ca fait plaisir d’en trouver encore d’aussi bien preservée.

Il faudra 2h30pour rentrer a Puno en bateau rapide ; et pourtant, l’ile de Taquile est a peine au tiers de la distance par rapport a la longueur totale du lac, qui mesure 175kms de long.

Bonne journée ; assez éprouvante a cause de l’altitude, mais de sacrés beaux paysages accompagnés du calme que l’on recherche constamment.

De retour a l’hospedaje, j’interroge le réceptionniste sur la possibilité ou non de se rendre en Bolivie : depuis plusieurs semaines, des manifestants protestent contre la création d’un projet minier, qui va selon eux, polluer le lac Titicaca. Ces opposants, en majorité indiens Aymara, ont coupé la route principale menant en Bolivie. Hier soir encore, les manifestations se sont poursuivies jusque tard dans la nuit dans l’épicentre du mouvement : Puno, la ou je suis. Il y a a peine 2 semaines, Puno était encore entiérement paralysée, coicant 300 touristes étrangers. Batiments publics saccagés et incendiés.
Tout ca, je le savais avant de venir. On m’avait prévenu a Cuzco – autant les touristes que les locaux – . Mais je savais aussi que je ne devais pas passer a coté de la splendeur du Lac Titicaca.
Avec la victoire d’Ollanta aux élections il y a 3 jours, dont Puno est un bastion, la situation s’est, parait-il, un peu améliorée. Mais ce matin encore, le réceptionniste était incapable de me dire avec certitude si je pouvais demain, rejoindre La Paz, la capitale bolivienne.

Et bien j’ai encore de la chance pour ce coup, il y a eu du changement, et ca s’est décidé dans la journée d’aujourd’hui : une route est accessible pour rejoindre la frontiere, puis La Paz.

Cette nuit a Puno sera donc ma derniere nuit au Pérou… Et ca me fait bizarre de quitter ce pays riche en nature et en héritage culturel, aprés avoir parcouru autant la foret Amazonienne que la Cordillere des Andes en passant par le littoral et ses plaines.
Et tout ca en 18 jours… et surtout, tout ca dans un seul et meme pays ! Vous comprenez maintenant pourquoi le Pérou attire tellement d’étrangers. Il y en a vraiment pour tous les gouts !

Je quitte le Pérou, l’esprit encore perché sur les hauteurs du Machu Picchu, a survoler les lignes de Nazca, sur le paisible lac Titicaca, a arpenter les rues du coeur historique de Lima et sans oublier… la jungle…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le sel sans la mer

9 Avril 2011

Réveil glacial a Puno, comme la veille. Le motocarro m’amene au terminal terrestre. Je m’apprete a quitter le Lac Titicaca et le Pérou.

La voie principale pour Desaguadero, en Bolivie, est fermée. Il faut faire un détour de plus de 3h en passant par la péninsule de Copacabana, en traversant le lac par bateau.

C’est d’abord un 1er bus jusqu’a Yunguyo, le poste-frontiere péruvien. A la queue-leu-leu, on attend pour la 1ere vérification, et a nouveau dans un autre poste, contigu, pour recevoir le coup de tampon.

Ensuite, la frontiere se franchit a pied jusqu’au poste-frontiere bolivien. Nouveau coup de tampon et changement d’heure. Le bus, quant a lui, a traversé la frontiere sans passager, et une fois sur le territoire bolivien, il décharge les bagages pour un collectivo jusqu’a la ville de Copacabana, a 10 kms. Une fois a Copacabana, nous posons tous nos bagages dans l’agence. C’est encore un autre bus qui se chargera dans 1h de faire la traversée du lac.
Je pars avec 2 francais pour chercher un endroit ou casser la croute pendant cette heure d’attente jusqu’au moment ou je me rends compte que :  » J’ai pas de bolivianos  ! « . Je pars dans une banque de change avant de les rejoindre.

En regardant le menu, je vois que les prix ne sont pas élevé. La Bolivie est le pays le moins riche d’Amérique du Sud.

De retour a l’agence, nous changeons pour un bus plus grand mais plus petit que le tout premier pour limiter le poids lorsque le véhicule traversera le lac en barque.
Mais pour nous, ce sera une embarcation a moteur, pour limiter encore plus le poids.
En 15 minutes, nous venons de traverser la plus petite distance qui sépare la berge du Sud a celle du Nord du lac Titicaca. Le bus arrive 10min apres nous.

Et c’est reparti pour 3h de car jusqu’a La Paz.

C’est la capitale la plus haute du monde : 4000m d’altitude. Lorsqu’on voit la Paz de loin, c’est une étrange impression. Elle est dans une cuvette en plein milieu de l’Altiplano, et contrairement au reste des grandes villes, les quartiers pauvres surplombent les quartiers aisés, en contrebas.

D’autres manifestations ont eu lieu a la Paz, et la route principale est fermée. Il faut faire un gigantesque détour en passant par des sentiers non goudronnés. Ca ressemble meme plus a des chemins de trekking, mais c’est la seule solution pour  entrer dans la ville. Ca rallonge le trajet de plus d’1h, si bien qu’arrivé a La Paz, il fait nuit.

Parait-il qu’il y a aussi des blocages a l’intérieur meme du terminal terrestre de la Paz. Le car nous dépose donc plus loin. Ca ne m’arrange pas car l’hotel est repérable par rapport a l’emplacement du terminal. Et le terminal, je ne sais pas ou il se trouve.

Je prendrais bien un taxi mais je crains de me faire avoir sur les tarifs, fraichement debarqué dans la capitale… Je n’ai aucun ordre d’idée du prix d’une course et je ne sais surtout pas la distance qui me sépare de l’hotel.

J’interroge un policier qui me donne la direction. C’est pas tellement loin, faisons-le a pied.
J’ai eu raison, ce n’était qu’a 2 pathés de maisons, et a cause des bouchons, je vais meme plus vite a pied que si j’avais pris un taxi.

L’hotel est la, a une centaine de metre du terminal et c’est pratique. PAr contre, je ne constate pas de blocage au terminal.

10 Juin 2011

N’ayons pas peur des mots : j’ai rarement vu une capitale aussi laide que la Paz. Belle de loin – en arrivant de la pampa de l’Altiplano – mais loin d’etre belle lorsqu’on se trouve en plein milieu :

La Paz

Quasiment toutes les maisons a flanc de collines ont leur 2nd niveau inachevé. Si ils batissent entiérement leur maison, ils doivent payer des impots dessus. Ce n’est pas nouveau : je vois ca depuis le Mexique.

Le centre historique de La Paz se résume a une cathédrale marron doublée d’une couche de pollution grisatre.

Je me rends au terminal. Si je reste un autre jour ici, j’aurais un début de déprime… Je peux partir a Uyuni ce soir.

C’est bon, c’est booké, je ne passerais qu’une seule apres-midi a la Paz.

Apres ma visite de l’affreux centre historique, je décide de me rendre au musée, dans le quartier colonial. Ce sont en fait 4 petits musées presque collés les uns contre les autres.

Il est interdit de prendre des photos mais c’est la ou je retrouve le charme de l’époque coloniale caractérisé par des demeures avec balcons, vérandas et petite cour intérieure. On est au calme.
En voyant les peintures du début du XXeme siecle, je ne peux qu’admirer comment la Paz était une ville si belle avant de devenir ce chaos urbain. Il devait y avoir une douceur de vivre vraiment appréciable. Ca se sent rien qu’a la batisse dans laquelle je me trouve : style baroque et cour intérieure pavée.
Il y a aussi l’acte de création de la ville. J’attends de voir l’acte de rénovation…
Meubles, costumes et peintures du héros national Murillo, partisan de l’indépendance de la Bolivie.
Mais au musée Litoral boliviano, une chose ressort vraiment :

Une rancoeur :
Avant la fin du XIXeme siecle, la Bolivie possédait une large facade maritime sur le Pacifique. Mais la « Guerre du Pacifique », opposant la Bolivie contre l’armée chilienne leur fit perdre tout acces a la mer.
Conséquences :
– La Bolivie se retrouve définitivement enclavée dans les Andes, la détournant de l’immigration européenne du XIXeme siecle (ce qui préserva le caractere andin du pays)
– Les richissimes mines de cuivre et de fer de l’Atacama, désormais la propriété du Chili, sont un énorme manque a gagner pour la Bolivie déja privée de tout commerce maritime.
Une page sombre de l’histoire du pays et une rancoeur toujours plus ou moins présente chez les boliviens…

En ressortant du musée, je tombe sur une rue assez jolie. Nous sommes dans le quartier colonial mais ca ne se résume qu’a une rue :

La rue Juan

Une rue… une seule rue d’appréciable, de belle et de tranquille pour toute la capitale.

La Paz est le point de passage obligé lorsqu’on vient ou lorsqu’on veut aller au Pérou. Donc si vous vous y rendez, faite comme moi : prenez un hotel proche du terminal, rendez-vous aux musées a 500m, appréciez le charme des batisses reconverties, la rue Juan et ALLEZ-VOUS-EN !
C’est la meilleure facon de garder un assez bon souvenir de la capitale… Tout cela se fait en une matinée ou un petit bout d’apres-midi.

Ou alors, bookez pour un trekking autour de la Paz. L’Altiplano promet de bonnes balades dans toute la région qui s’étend du Nord-Ouest au Sud-Est de la capitale. L’agence s’occupera a coup sur de venir vous chercher au pied de votre hotel pour vous conduire sur l’Altiplano.

De mon coté, je garde ces quelques jours de balades pour le sud de la Bolivie et de l’Amérique latine. Il faut bien faire des choix…

Il est 19h, je quitte la Paz.

11 Juin 2011

Pas de chauffage dans le bus. Des couvertures sont a disposition. Et meme avec ca, le froid me réveille.
Il est 7h du matin, le car a une bonne couche de glace sur les vitres.
Je suis a Uyuni, au sud du pays.

Le soleil se leve a peine et, des que le chauffeur me donne mon sac a dos, je décide de marcher dans les rues sans m’arreter pour me réchauffer. Uyuni a quelque chose… d’apocalyptique : les rues sont rectilignes et plates. On a l’impression qu’elles donnent sur nulle part. Le froid s’engouffre alors sans probleme dans cette ville ou les habitants, paysans ou travailleurs du sel, menent une vie rude. Uyuni est un endroit reculé et je m’apprete a le constater lorsqu’en visiterais les alentours.

Il doit faire 5 degres. J’attends l’ouverture d’un comedor. Partout, les rabatteurs se sont levés tot pour te filer leur carte pour un tour au Salar d’Uyuni (la plus grande mer de sel au monde). Les agences se sont coordonnées pour que les départs en tour se fassent a 10h30. Donc pas de précipitation, prenons d’abord un petit déjeuner.

Le gérant du comedor possede une bonbonne de gaz d’ou il accroche un petit systeme de chauffage. Ca chauffe jusqu’a…30cm. A 31cm, c’est la meme température que dehors…

Je lui demande ou se trouve l’agence que l’autocarriste de la Paz m’avait conseillé. C’est dans son avenue, mais il n’en sait rien. A vrai dire, a Uyuni, il n’y a pas moins de 60 agences proposant les memes tours.
Il appelle alors une dame juste a coté de son restaurant qui vient me voir. Allez, j’abandonne pour l’autre agence. Elle a l’air sympas et répond a mes 2 principales interrogations : est-ce que je peux faire un tour de 2 jours, et comment rejoindre la frontiere chilienne.

Lorsque je la rejoins a l’agence (contigu au restaurant), elle me propose un tour de 3 jours jusqu’au Sud-Lipez (la pointe sud de la Bolivie), la matinée du 3eme jour étant destinée a rejoindre le Chili, avec un collectivo qui se chargera de me faire passer la frontiere.
J’accepte tout de suite. C’est mieux que de revenir a Uyuni pour reprendre un train ; alors que le Sud-Lipez, c’est quasiment le Chili.

J’ai encore du temps devant moi pour faire des achats : un bonnet et des bas de laine que tout le monde porte ici : le froid s’engouffre partout avant que ne sonne les 5h de l’apres-midi !

Il est presque 11h, il commence a faire bien plus chaud et un 4X4 arrive dans l’avenue. En fait, il y en a plus d’un : le Salar d’Uyuni est un site touristique tres réputé en Bolivie.

Dans le 4X4, nous sommes 6, plus le chauffeur : un couple de danois, 2 colombiens et un brésilien.

La 1ere destination ne sera pas le Salar, a l’Ouest ; ce sera le cimetiere des trains au sud. C’est ce qui en fait une ville de caractere :

Le cimetiere des trains…

 

…au milieu de nulle part…

 

Et la, dans ce décor d’ambiance Mad Max, surgissant d’on ne sait ou, au milieu de ce désert de sable, une compagnie militaire habillée en gris-vert passe devant nous en marche rapide, chantonnant un air rythmé par leur pas synchronisés. L’atmosphere est tres etrange avec cette caserne, qui controle le désert et
son froid glacial. Une fois la troupe passée, le silence a nouveau.

Nous partons en direction du Salar d’Uyuni :

Un petit avant-gout (salé) dans le village le plus proche du Salar

Nous entrons en 4X4 dans cet immense désert de sel :

Le Salar d’Uyuni

 

Le calme. La tranquillité. Les lunettes de soleil et la creme solaire sont de rigueur.
Nous sommes ici a 3650m d’altitude sur une surface parfaitement plane et pourtant, en plein milieu de la Cordillere des Andes. Cet immense désert mesure l’équivalent de 2 départements francais, sur 40m d’épaisseur de sel. Mais seuls les 8 a 12 premiers metres sont véritablement exploitables. Le reste étant trop mélangé a la glaise. Les travailleurs du sel piochent a longueur de journée, les mains et les pieds rongés par le sel, payés 60 centimes d’euros la tonne de sel extraite…

En sursis :
Des recherches ont décelées la présence de lithium en sous-sol, et pas qu’un peu :  il y aurait la moitié de la réserve mondiale ! Le gouvernement ne serait pas contre son exploitation malgré le Salar classé « site protégé ».
Ils n’auront plus qu’a faire un rapide calcul : la rentabilité du tourisme ou celle du lithium. A mon avis, le lithium finira par remporter le face-a-face, alors autant profiter de la blancheur du site tant qu’il n’est pas encore courru.

Pour le moment, allons vers notre prochaine destination : l’Isla Inca Huasi, une une ile ou pousse des cactus en plein désert de sel :

L’Isla Inca Huasi

Décor digne de l’imagination des grands peintres surréalistes : le contraste entre ce qui ressemble a une epaisse couche de neige…

…d’ou surgirait une ile de cactus

Ce qui est étonnant dans cette immensité plane (pourtant en pleine montagne), c’est que lorsque j’utilise le quadrillage sur mon appareil photo pour le parallélisme de l’image, on peut voir la courbure naturelle de la planete, tant l’horizon est droit.

Le 4X4 poursuit sa route sur le sel constitué de blocs de formes octogonales.
Le mois de juin est une bonne époque pour traverser le Salar d’Uyuni car les pluies abondantes sont passées. Néanmoins, il subsiste toujours une partie inondée presque toute l’année :

Il y a quelques 50cm de profondeur a peine sur toute la surface, et lorsqu’on roule dessus c’est une étrange impression que de « marcher sur l’eau »

La ou je prends la photo, c’est une partie surélevée artificiellement pour permettre de contourner le lac en longeant les montagnes jusqu’a l’hotel de sel, ou nous passerons la nuit.

L’hotel de sel, je croyais que c’était une sorte « d’oeuvre éphémere » qui s’effrite a peine on passe le doigt sur un poteau. Que neni ! Les blocs de sel sont presque aussi durs que du béton. Pour décrocher ne serait-ce qu’un grain de sel d’un pilier, il faut avoir de la force dans l’index !

L’hotel de sel en plein Salar

La nuit s’annonce fraiche. Nous faisons plus ample connaissance les uns les autres. La cheminée réchauffe bien lagrande piece, ce qui nous permet de rester longtemps a discuter et a jouer aux cartes.
Il est plus de 22h, nous tentons une nuit dans le dortoir non chauffé d’un hotel de sel…

Pour cela, mieux vaut avoir plusieurs couches de vetements, les bas de laine, le bonnet, les gants, le sac de couchage et les couvertures fournies par l’hotel.

12 Juin 2011

7 degres… 7 petits degres au reveil ce matin dans la chambre ; mais personne n’a ressenti le froid cette nuit. En revanche, sortir du lit reste toujours une opération délicate a 6h30 du matin, le soleil a peine levé.

Et meme dans le 4X4 non chauffé, il faut attendre 8h du matin pour que le thermometre commence a nouveau a grimper.

Notre sortie du Salar d’Uyuni annonce l’entrée dans la région du Sud-Lipez.

Plusieurs arrets rythment la journée :

Le Salar de Chiguana, beaucoup plus petit que celui d’Uyuni
Le mirador Volcan Ollague avec au fond, le volcan Ollague encore en activité et culminant a 5868m

Le Volcan Ollague se trouve a la frontiere boliviano-chilienne. Pour le moment nous la longeons en nous dirigeant encore plus au Sud :

Laguna Cañapa
Laguna Chiarkota
Laguna Honda

Puis viens…

Le Desierto Siloli…
Plus rien qu’un plateau marron

Nous entrons désormais dans une réserve faunique protégée.
Le dernier arret de la journée sera la laguna Colorada en raison de sa couleur due aux algues microscopiques :

La laguna Colorada, rouge comme le sang, entourée de volcans ou viennent se nourrir les flamands roses qui ne reviendront qu’en Novembre, a la belle saison

L’hotel est juste a coté. Le repas du soir est pris dans une piece commune non chauffée. On se caille. Pas de partie de carte pour se soir. Nous rejoignons le dortoir sans chauffage (bien sur), mais qui a l’avantage d’etre plus petit. Ca conservera la chaleur plus facilement.

13 Juin 2011

Le réveil se fait tot. Tres tot… Il est 4h45 et nous partons en pleine nuit pour la pointe sud du pays. Le 4X4 roule dans un froid glacial. Meme température a l’intérieur… Il fait environ -5 degres.

Il fait jour a présent mais le soleil n’est toujours pas apparu au moment ou nous entrons dans les geysers Sol de Mañana, ou la température au contact peut atteindre les 200 degres.

C’est en approchant les mains de ces crateres qu’on parvient a se réchauffer un peu

Mais en reprenant la voiture il fait a nouveau froid.

Arrive enfin 8h du matin, le soleil est la, et réchauffe un peu.
L’avant-dernier arret se fera dans les eaux chaudes (a 37 degres) du Salar de Chalviri. Il est possible de s’y baigner. Mais pour le coup, je manque de courage pour me jeter a l’eau alors qu’il fait 0 degrés a l’extérieur. J’appréhende la sortie de l’eau… Je ne peux pas me permettre de tomber malade et rester clouer au lit plusieurs jours durant ce voyage. Je remettrais ca a une autre fois, lorsqu’un tour du monde ne sera pas en jeu.

Le tout dernier arret se fera vers 10h a la laguna Verde :

La laguna Verde, a plus de 4500m

On le voit tres mal sur la photo mais d’habitude, la laguna est d’un vert éclatant crée par des micro-organismes. Les plus grands photographes l’ont immortalisé, avec le volcan Licancabur, au fond.
Et derriere la luguna, le désert de l’Atacama, propriété du Chili depuis la défaite bolivienne dans la Guerre du Pacifique.

Rien que pour moi, nous nous rendons a la frontiere : le reste du groupe repartira a Uyuni.
En plein désert, il y a 2 collectivo et un poste-frontiere. Pas besoin de faire tamponner, je l’ai déja fait a Uyuni. Je n’ai plus qu’a embarquer dans un mini-bus, en direction de San Pedro de Atacama.

Il est 11h, le collectivo se décide a partir. Me voici au Chili, dans ce désert hyperaride, un des plus secs au monde, ou il ne pleut que 2 a 4 fois par siecle !
Les températures fluctuent entre -5 degrés la nuit et 25 a 30 degrés le jour.
D’aspect, c’est exactement le meme type de terre que le Desierto Siloli, traversé la veille.
C’est dans ce désert que la NASA a testée ses petits véhicules motorisés avant de les envoyer pour explorer Mars.
C’est aussi la ou se sont implantés de nombreux observatoires astonomiques, en raison de la sécheresse extreme et l’absence de pollution lumineuse.

J’arrive au poste-frontiere chilien. Les fouilles sont plus rigoureuses. Chaque bagage est inspecté.
Il ne faudra que 10 minutes de plus pour rejoindre San Pedro de Atacama. J’ai le temps de changer de monnaie (encore et encore) : des bolivianos au pesos chiliens. Il faudra ensuite un poulet/frite dans un comedor et 2h d’attente avant de prendre un bus qui m’amenera a Santiago.

Durée du trajet pour Santiago ? 23 heures… C’est bon, j’ai l’habitude…

14 Juin 2011

Il est 12h30, le trajet est passé vite vu le manque de sommeil de ces derniers jours.
J’ai eu largement le temps de constater la différence entre le niveau de vie de la Bolivie et celui du Chili. En Bolivie, il n’y a que des sentiers dans le désert. Rien qu’arrivé au désert d’Atacama, c’est une belle route goudronnée jusqu’a Santiago : je suis passé du pays le plus pauvre a l’un des plus riches d’Amérique du Sud.

Santiago me donne l’impression d’etre revenu en Europe…

 

Le Cone Sud :
C’est la zone d’Amérique du Sud la plus australe du continent. Elle comprend le Chili, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Elle possede une unité géologique et culturelle a part vis-a-vis du reste du continent sud-américain.
La caractéristique principale est la présence de descendants européens issus de nombreuses vagues d’immigrations jusqu’a la fin du XIXene siecle : suisses, allemands, italiens, espagnols, portuguais, slovenes, gallois… L’influence culturelle européenne est beaucoup plus marquée que dans les pays du Nord ; a cela s’ajoute l’indice de développement humain et le PIB par habitant les plus forts du continent.
Par ailleurs, on peut ajouter la présence d’un climat semblable a celui d’Europe (montagneux, continental, océanique, méditérranéen… mais pas tropical ou équatorial).

On ressent beaucoup cette influence européenne a Santiago. Mon hostel, que je rejoins a pied depuis la station des cars, se trouve dans le quartier des Universités. C’est un bel endroit. La population ressemble a celle d’Espagne et l’on pourrait se croire, par endroits, dans les rues de Madrid.

Pour le moment, je suis au backpacker, pas trop loin du centre historique. Je prends une douche, c’est pas du luxe apres 3 jours sans… et je vous écris ces quelques lignes en attendant la journée de demain que je consacrerais a la visite de la capitale chilienne.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Dictature et politique à Santiago

15 Juin 2011

Je pars visiter la ville de Santiago.

Le centre historique est bien plus vaste ici que dans les précédentes capitales d’Amérique du sud que j’ai visité. Une architecture qui en impose, et toujours cette impression de me retrouver dans un pays d’Europe du Sud : 7 chiliens sur 10 est métis (indiens/europeens) et presque 3 sur 10 sont européens.

Un monument reste incontournable a Santiago, c’est la Moneda qui, comme son nom l’indique, abritait a l’époque la frappe de la monnaie chilienne :

La Moneda

Il sert de résidence aux presidents de la République depuis la fin du XIXeme siecle. Il est pour le moins chargé d’histoire ; et une histoire pas si lointaine.

 

La mort d’Allende
Dans les années 1960, la révolution cubaine touche de plein fouet le Chili, comme tous les autres pays d’Amérique latine. Allende, membre du parti communiste, va dans le meme sens que Castro, dont il est proche, en pronant a son tour pour le Chili une « révolution dans la loi ».
Apres 3 défaites aux élections presidentielles, il crée en 1970 une coalition socialiste-communiste dans un contexte de droite divisée. Il fonde alors l’Unité  Populaire et remporte toutefois de justesse les élections.
Les Etats-Unis, croyant voir la une tentative de réplique du systeme communiste cubain, finance les partis d’oppositions. Par ailleurs, Allende commence a nationaliser ses gisements miniers alors que la majorité appartiennent aux USA. Industries, compagnies de téléphone, banques… il veut mettre fin aux grands monopoles américains dans son pays.
Mais les problemes économiques surviennent : la consommation du pays augmente, la production ne suit pas et les prix grimpent. Les greves se succedent. Premiere tentative de coup d’Etat en juin 1973.
Aprés un remaniement ministériel, il confie le ministere de l’Interieur au chef des armées, qui doit tres vite démissionner suite a de  nouvelles greves. Le poste est confié alors a un certain Augusto Pinochet, qui « jure » loyauté au gouvernement et a sa constitution.
Le 11 septembre 1973, a l’aube, Augusto Pinochet, avec l’aide de la CIA, déclenche un coup d’Etat : La Moneda est bombardée et incendiée.
Allende, reclut, finit par se donner la mort (these officielle ; sa depouille vient d’etre exhumée il y a 3 semaines pour connaitre les vraies circonstances de sa mort – par suicide ou assassinat – Affaire a suivre)

La suite, on la connait : Pinochet prend le pouvoir et c’est le début de presque 30 années de dictature.

En face de l’aile Est (pas sur la photo), une grande statue de Salvador Allende.

Cette photo que je viens de prendre survient dans un contexte particulier aujourd’hui : la, c’est le moment de la releve de la garde juste apres l’arrivée d’Ollanta, le vainqueur des présidentielles au Pérou, pour sa 1ere visite officielle sur le sol chilien. J’avais filmé la joie parmi les péruviens a Cuzco, a l’annonce de sa victoire face a Keiko.

Forces de l’ordre, péruviens immigrés au Chili brandissant leur drapeau, membres du parti communiste chilien dont Ollanta est assimilé, tous se retrouvent autour de la Moneda et j’ai tout filmé.

A l’ordre du jour, il sera question de la redéfinition des frontieres maritimes entre le Chili et le Pérou, contestée par Santiago depuis la fin de la Guerre du Pacifique – – opposant la Bolivie (unie au Perou) et le Chili -. Ca aussi, on la vu.

J’ai l’impression, comme a l’arrivée d’Obama a Jakarta lorsque j’etais en Indonésie, ou face a la Maison-Blanche a Washington, d’etre en plein coeur de l’actualité.

Une chose est sure, aujourd’hui encore, la Moneda continue d’écrire son histoire…

J’ai attendu longtemps l’arrivée d’Ollanta pour filmer l’évenement, si bien qu’il me reste a peine 1h pour rejoindre la Plaza de Armas avant que la nuit tombe.

L’Iglesia Cathedral sur la Plaza de Armas

En Amérique latine (et meme dans d’autres pays), on définissait le tracé d’une ville a partir de l’emplacement ou l’armée avait ses quartiers. D’ou le nom de Plaza de Armas.

J’ai plutot vadrouillé dans les rues et pris la température du Chili (c’est le cas de le dire : il fait 6 degrés). La vie, les gens, tout ressemble a une grande ville d’Europe.

Je croise la jeunesse chilienne, nombreuses dans les rues. Je me souviens avoir vu un tres bon reportage en France sur les jeunes chiliens, la 1ere génération a vivre sans la dictature depuis l’arrestation de Pinochet. Les parents ont tendance a accorder beaucoup de choses a leurs enfants, puisqu’eux-memes a leur age, avaient vécus de tant de privations.
Lorsqu’arrive la nuit et que je commence a me diriger vers l’hostel situé en plein coeur des centres étudiants de Santiago, je les vois a la sortie des Universités, comme dans n’importe quelle autre ville étudiante européenne, habillés a la mode : du classique au look cyber-punk.

Entre devoir de mémoire et volonté de liberté, ils portent le poids de ces récentes années de dictature, de tortures et d’exécutions.
Mais le Chili est désormais libéré de ses vieux démons.

Je poursuis demain ma route dans ce pays magnifique et pourtant si méconnu.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

La ville-bohème

16 Juin 2011

Je prends un taxi jusqu’au terminal des bus de Santiago. Il est trés agréable de parler avec les chiliens. Il y a comme de la douceur dans leur voix. Une sensibilité, les femmes comme les hommes.

En car, je traverse les hectares de vignes qui prennent une teinte rousse a cette époque de l’année. Il y en a partout autour de Santiago. La culture avait débuté au milieu du XVIeme siècle pour le vin de la messe, il est aujourd’hui au 10ème rang mondial. Au XIXème siècle, il a meme volé au secours des vignobles francais (ses procréateurs) lorsque le phyloxéra sévissait dans l’hexagone : les pieds atteints ont été remplacés par ceux d’une régions du Chili isolées géographiquement des risques de maladie. Pour nous avoir sauvé, ne soyons plus chauvin et souhaitons-lui longue vie !

On se rapproche du littoral ou quelques palmiers poussent au milieu des sapins.
Il est 12h30, j’arrive a Valparaiso. Déja ??? C’est bizarre, d’habitude mes voyages en bus durent 10, 12, 15, 20 heures voire plus…

Je reprends un taxi jusqu’au vieux quartier, dans les hauteurs de Valparaiso ; et durant quelques minutes, on se retrouve bloqué a cause d’une manifestation étudiante. Ca prouve que Valparaiso n’est pas un vieux port de peche. La nouvelle-ville, jeune et vivante, s’est bien dévelopée en retrait du littoral. Mais la ou je me dirige, c’est un endroit tout a fait authentique.

Le taxi me dépose enfin au Cerro Concepcion, une des 45 collines bordant la baie de Valparaiso. Je dépose mes affaires dans un backpacker tenu par des djeun’s très sympas, dans une rue pittoresque. La preuve :

La rue Templeman…
… donnant l’impression qu’elle plonge directement dans l’océan
Je dépose mes affaires dans le dortoir avant de partir en expédition.
Pour que ressortent les couleurs pastels des maisons, il faut attendre la bonne luminosité.
Non, la c’est trop brillant…
La, c’est complétement couvert !
Il faut que j’attende un nuage qui commence un peu a cacher le soleil…
C’est bon, vendue :
10 mois !
Elle sent l’hiver cette photo, pas vraie ?
J’arpente un peu l’Avenidad Alemania, mais le soleil se couche a vitesse grand V (comme d’habitude).
Ce sera tout pour aujourd’hui.
Une dernière photo sur le chemin du retour :
Vieux vans, R5 délabrées, coccinelles : les véhicules vont de pair avec le charme des habitations
17 Juin 2011
D’abord, j’ai une chose a savoir pour aujourd’hui et les autres jours : est-il possible d’aller dans la région des lacs, au sud. A priori, oui.

 

 

Puyehue :
Le volcan Puyehue fait des siennes en ce moment. Ca ne semble pas vouloir se calmer, et son nuage de fumée devrait continuer de perturber le trafic aérien pour une durée indéterminée.
Les pluies de cendres ont provoquée la mort de milliers de tetes de bétail en Patagonie d’Argentine. La région a été évacuée sur un rayon de 20kms au Chili et l’état d’urgence a été décrété coté argentin.
Un changement possible de régime des vents pourrait provoquer un élargissement de la zone évacuée, et abattre le nuage de fumée coté Chili.
Bon… et bien c’est la ou j’allais me diriger et je vais quand meme aller m’informer sur les vrais dangers.
J’attends en haut de la placette le mini-bus 607 ou 612, qui m’aménera au terminal et me confirmer qu’il est possible de se rendre au sud, dans le Nord de la région des lacs.
C’est en empruntant les memes petits transports en communs que l’on peut « ressentir » le pays. Ils ont le sourire, un bon sens de l’humour, calmes ; par contre, ils parlent vite. J’ai du mal a suivre. L’accent est différent et ne prononcent pas toutes lettres. Ca reste toutefois plus compréhensible pour moi que « l’espagnol d’Espagne ».
J’arrive au terminal des cars, dans la ville-nouvelle. Pas de cars vers Pucon pour demain matin. Toutes les liaisons sont le soir. Tant pis, je prends mon billet pour ce soir : j’ai la journée pour visiter Valparaiso.
Et cette journée, je l’exploite a fond : depuis le terminal, je fais tout a pied en longeant le Pacifique. C’est la toute derniere fois que je vois cet océan pour ce tour du monde… Il ne fait pas excessivement froid.
Le port n’est plus aussi typique qu’autrefois, ou les marins, ayant franchit l’enfer du Cap Horn, venait prendre ici du bon temps. Aujourd’hui, les vieilles embarcations ont fait place aux longs cargos et aux frégates.
Le port n’est pas pour autant vilain : aucune grosse industrie n’est venue s’implanter en bord de mer, et c’est un atout.
Une des places principales principales du vieux quartier de Valparaiso. En face, « l’Armada de Chile »
D’ailleurs, lorsque je commence a attaquer l’une des collines qui surplombe l’océan, le littoral – coté vieille-ville – n’est pas déplaisant du tout (vous le voyez sur la photo des 10 mois).
Cette ville a gardé ce coté « bohème ». Ces maisons de bois ou de toles aux couleurs pastels pour certaines, véritables oeuvres-d’arts pour d’autres, se tiennent fragilement a l’assaut des collines, autour desquelles se trouvent un immense dédale de passages, d’accés étroits et de petites ruelles pavées dont je prends plaisir a découvrir.
Et pour monter, ca monte…
Un exemple de peinture. Le thème de la mer est récurrent
Je retourne a l’hostel en leur informant de mon départ ce soir. Je ne leur demande pas un remboursement de la nuit puisque rester apres 10h du matin (généralement l’heure du check-out) est considéré comme rester un jour de plus.
Et pourtant, le gérant me rembourse intégralement la nuit en me disant : « Tiens, tu feras autre chose avec cet argent ».
Ca, c’est vraiment sympas. J’en profite donc pour faire de la pub parce qu’ils ont vraiment été au petit soin, sans etre envahissant : si vous vous rendez a Valparaiso, je vous invite a venir a l’hostal Acuarela. Chambres ou dortoirs, avec en prime une belle vue sur la petite terrasse du toit. Petit déj’ compris et pain fait maison. Voila !
Il m’appelle le taxi pour 19h30. Il arrive a 19h23 et ca sera décisif pour la suite car le terminal ou je suis allé n’était pas celui de Valparaiso, c’était Viña del Mar, la ville d’a coté… Hier, j’ai été ralentie par la grève des étudiants a Valparaiso, et les détours du taxi m’ont fait paraitre la distance entre le terminal et l’hostal plutot longue. Et comme je ne regarde jamais la route, trop occupé a parler au chauffeur (maintenant que mon espagnol n’est pas trop mauvais), ce matin, en mini-bus, ca ne m’a pas choqué de m’éloigner autant de la vieille-ville.
Le retour a pied de Viña del Mar était long mais je n’ai pas pensé une seule seconde que c’était carrément une autre ville.
Donc ce soir, lorsque le chauffeur me demande ma direction, je lui dis : terminal terrestre. Et en regardant mon billet de car, je lui demande un peu naivement : « Viña del Mar, c’est celui-ci ? » Il me répond non bien entendu.
Les bouchons entre les 2 villes me font arriver a peine 5 minutes avant le départ normal du car… Le prix de la course en taxi ? ben… le meme prix que pour 12h de car pour aller a Pucon… les 3/4 heureusement donnés par le gérant de l’hostal en remboursement de ma nuit. C’est ce qui limitera considérablement mon énervement.
Enfin… passons…
18 Juin 2011
J’arrive a 8h du matin a Pucon, au Nord de la région des lacs.
Il a fraichement plu, le ciel est bien menacant et un brouillard couvre les montagnes avoisinantes.
J’apprends que la fumée du volcan Puheyue a fait le tour du monde (je me sens moins seul), la pointe du nuage faisant désormais face a la ville de Coyhaique, en Patagonie chilienne, plus de 600 kms au sud de la région des lacs, donc bien loin de mon point de chute.
Ca ne m’empeche pas de constater ce matin une ville déserte. En descendant du car, je trouve tout de suite l’office de tourisme tenue par… un francais de mon age. Il me dit qu’il est a l’hotel d’a coté. Je lui demande le prix d’une nuit :
– « Je peux te la faire a 5000″
–  » Mais tu travailles ici ? »
– « Ouai, j’aide a l’office et a l’hostal pour payer mes nuits »
– « Ok, et 5000, c’est pour un dortoir ou une chambre ? »
– « Ce que tu veux, de toute facon y’a plus personne »
– « A cause du volcan ? »
– « Ouai et aussi parce qu’on est entre la fin de la belle saison pour les trek, et qu’il fait encore trop chaud pour que tombe la neige. Il va faire un temps pourri jusqu’a lundi »
Pour le temps pourri, je m’y attendais. Mais peu importe, la région des lacs est un endroit, parait-il, incontournable et, meme si il pleut de temps en temps, il ne fait pas aussi froid que je pensais.
On est au bord du lac Villarica et du volcan actif Villarica. Pas moins de 60 volcans sont en activité dans cette région ; la Palme revient en ce moment a Puheyue, forcément !
Il me donne une bonne carte de la région et m’amène a l’hostal situé a 50m de l’office. 5000 pesos, ce n’est pas cher. Les prix ont bien baissés car les 1ers indiquent 12000 pesos en dortoir.
Effectivement, l’hostal est vide. Je prends 3 nuits et j’osculte la carte qu’Etienne m’a donné en prenant le petit déj’ (cuisine équipée, j’apprécie l’endroit).
Je ressors ensuite de l’hostal et me dirige dans les rues de Pucon. Ca respire la ville touristique… désertée ! Tout semble a l’arrêt.
Je vous écris ces quelques lignes dans une salle Internet avant de prendre une décision sur les choix de treks et de visites qui s’offrent a moi dans le secteur.
Je ne serais pas contre la reprise d’un trek, ca fait longtemps… avec un peu de magma en prime, histoire de se réchauffer.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !