Mexico-Panama (2eme partie)

24 Mars 2011
Mexico-Panama : 5eme jour

Je quitte Tetelan del Volcan au matin. Autant le trafic etait important hier, autant aujourd’hui c’est calme, car j’empreinte des chemins communaux, et pas toujours goudronnés.

De la montagne... C'est beau mais j'avance doucement. Au fond, le village de Tetelan del Volcan que j'ai quitté

J’aimerais bien une petite descente douce jusqu’a l’arrivée, mais non : ce sont des descentes a pic et des bonnes grosses montées en moulinette (quand je ne la finit pas a pied).
Je pensais voir le Popocatepetl de plus pres, finalement, je m’en eloigne. Ce n’est pas du tout ma route.

On l'apercoit tres mal, derriere les 2 collines. Il faut zoomer pour voir que le volcan fume (en permanence depuis 2005)

C’est la 2eme plus haute montagne du pays. Bien qu’etant unvolcan peu explosif, il menace plusieurs millions d’habitants vivant a proximité ; jusqu’a Mexico a l’Ouest et jusqu’a Puebla a l’Est.

Je passe dans de tout petits villages. On ne me reprochera pas de ne pas faire tourner l’economie rurale. Il y a toujours des petits commerces ou tu peux trouver de l’eau, des sodas et des biscuits (heureusement meilleurs qu’en Indonesie) ; un bon reconfort pour le creux de 10h. Je discute avec les commercants, je prends mon temps.

Les gens paraissent toujours froid au 1er abord mais des que tu leur dis bonjour avec le sourire, le leur apparait aussitot et repondent a ton bonjour. Ce sont certainement les plus honnetes gens que j’ai pu rencontrer : ils n’arrondissent jamais au-dessus, il n’y a aucune difference entre un etranger et un mexicain au niveau des prix. Pas de tentative d’arnaque. Ca change de l’Asie.

Je continue d’arpenter les petits villages perchés. A chaque coin de rue, je dois redemander ma route parce qu’il n’y a aucun panneau. Mais il n’y a pas non plus de trafic, et c’est agreable.

Par contre, j’ai toujours du mal a me remettre de mes 2 premiers jours de velo. Mes jambes ne suivent plus vraiment. J’ai trop forcé.

Tochimilco, un village parmi d’autres ; mais celui-ci annonce le debut d’une douce descente. J’ai encore ce probleme de frein, il faut vraiment forcer et finir avec les pieds pour pouvoir s’arreter. Je ne comprends pas pourquoi il y a encore un probleme ace niveau.

J’arrive a Axocapan, le dernier village avant Atlixco, ma ville d’arrivee.

La, je trouve un stand de reparation familial. Il fait chaud, mais un tout petit vent frais m’accompagne depuis que j’ai quitté Mexico. On est sur la rue principale, quelques voitures passent, sans plus.
J’explique mon probleme en 2 mots et 3 gestes. Il s’active tout de suite pour me changer les freins : il part dans l’atelier chercher les accessoires necessaires.
Durant la reparation, un marchand de glace arrive a pied poussant un petit chariot a glaces. Une musique au piano sort du haut-parleur placé sur le cortege, entre 2 parfums. Tout le monde se salue, le vendeur coupe la musique.
Les 2 fils du reparateur se pressent pour acheter leur cornet.
Le papa, assis sur un minuscule tabouret, devisse, revisse, graisse et teste  mes nouveaux freins tout en sifflotant, les mains pleines de cambouis. Il a le coup de main. Moi, je tiens le velo, debout. Il me montre l’etat des anciens freins. C’etait dans un etat lamentable.
Les enfants ont leur glace et retournent dans l’atelier. Le vendeur remet la musique et s’en va, en poussant son chariot.
Le pere se leve du tabouret avec le sourire.
Mon velo est réparé.

Je fais 2 ou 3 kilometres avant de me retrouver a Atlixco vers 16h. Le trajet etait moins difficile aujourd’hui que les jours precedents. Tant mieux, je dois menager mes forces.

J’arrive dans un café-internet pour imprimer les cartes de mes futurs trajets avant que la fille ne m’indique l’hotel le plus proche.

25 Mars 2011
Mexico-Panama : 6eme jour

Ce matin, je prends la Federale (la Nationale). C’est une bonne montée qui m’amenera jusqu’a Puebla.

Les vehicules mexicains ne sont pas tous delabrés, loin de la. Ils adorent les couleurs et les formes ; rondes en particulier, comme les fameux van wolsvagen ou les coccinelle en grand nombre sur les routes. Toutes 2 utilisées comme taxi, minibus (comme les dolmus en Turquie) ou appartenant a un particulier.
Et ils les bichonnent leur voiture. Je les vois les laver, les frotter. Il faut que ca brille.
Par contre, on va eviter de parler de leur maniere de conduire. Ca reste toutefois « raisonnable » si on les compare aux pratiques de certains pays d’Asie.

Je ne passe pas par le coeur de Puebla, seulement sa peripherie ; une zone industrielle sur des kilometres ; et des industries dans ce genre :

J'ai pas pu m'empecher...

Du bruit, des feux rouges, quelques coups de klaxons, rien de bien folichon meme jusqu’a Amozoc, située a 10kms de Puebla: c’etait 10kms de plus en zone industrielle…

26 Mars 2011
Mexico-Panama : 7eme jour

L´hotel ou je suis a l’avantage d’etre situé juste au croisement entre la sortie d’Amozoc et la route qui m’amenera vers ma prochaine destination.. Parfait pour repartir sans se perdre. Je prends l’autoroute. Hier encore, un restaurateur m’avait dit qu’il n’y avait pas de probleme a velo sur l’autoroute ; et avant-hier, c’est la dame du café-internet qui m’affirmait que l’autoroute etait moins dangereuse que la federale.
Tout deux n’avaient pas tort, car les bas-cotés sont beaucoup plus larges que ceux des Federales.

En chemin, je trouve mon jus d’orange matinal. Ou que tu ailles, tu trouveras toujours une gargote improvisée, meme sur l’autoroute, ou les oranges sont pressées a la main.

Aujourd’hui, j’ai décidé de « rouler pour rouler », et me donner l’impression d’avancer. Pour le bruit des vehicules, j’ai trouvé la solution : mes boules Quies ! Ne vous inquietez pas, je les entends toujours arriver.

Au bout de quelques heures, je quitte l’autoroute pourla federale. C’est a ce moment que je me rend compte de la perte de ma gourde bleue, que j’attache d’habitude autour de la taille. Mais pour des raisons d’aisance, je l’avait « fixé » a l’arriere… Ca n’a pas tenu. Tant pis, je ne fait pas demi-tour pour ca.

Plus tard, crevaison ! J’ai de la chance, c’etait a l’entrée de Tlacotepec, une des nombreuses petites villes que je traverse. Je finis a pied sur quelques centaines de metres avant de trouver un stand de reparation.
Ils sont 4 a l’interieur, et… pas vraiment surmenés : 2 sur des mini tabourets, 1 sur un petit divan et le dernier couché sur un hamac. Le premier s’active. Je lui donne ma chambre a air de rechange. Mais au moment de remonter la roue, ils doivent se mettre a 3 pour la visser et refixer le siege-bébé, plutot encombrant.
Ne me demandez pas si j’aurais réussi a changer cette roue tout seul en rase campagne…

Je quitte Tlacotepec. A peine 1h apres ma 1ere crevaison… 2nde crevaison ! La roue avant cette fois-ci.
Je suis, encore une fois, a l’entrée d’unvillage, meme pas sur la carte. En face de cette entrée, au bord de la Federale, un stand de reparation. Re-coup de bol.
Je tombe encore une fois sur une scene de la vie quotidienne ou le pere repare le velo, tandis que la mere et la fille vident un seau de graines de mais dans une machine pour en faire une pate appelée tortilla qui, apres cuisson, servira a faire les tacos.

Je repare. Encore 1h plus tard, la route defoncée me fait perdre mon sac jaune, pourtant solidement attaché. Et je ne l’ai pas entendu tomber. Plus de trousse de santé, plus d’affaires de toilettes, plus de chargeur de pile, de chargeur de camescope, de pastille pour purifier l’eau…
La, je perds beaucoup, beaucoup trop pour pouvoir continuer. Je dois faire demi-tour.
La zone de recherche s’etend sur 1km environ, depuis que la route commencait a etre en mauvais etat. J’avance doucement, je desespere assez vite en verité. Si ca se trouve, je l’ai perdu bien avant. Je n’ai pas verifié si il etait bien derriere moi depuis des kilometres.

Je m’arrete…
A quoi ca sert… Il y a beaucoup de gens a gauche et a droite. On est en ville, et j’ai roulé sur les larges bas-cotés tantot sur la gauche, tantot sur la droite… Je ne sais plus vraiment ou j’ai roulé et si quelqu’un l’a ramassé, mes recherches sont d’autant plus vaines.
Puis, je vois quelque chose de jaune par terre. Je m’approche. Fausse joie, c’est un carton…
Je m’arrete a nouveau. Je suis depité.
Je continue a pied, defaitiste, trainant le velo tres lentement. Je vois encore quelque chose de jaune… non… c’est… si… non encore un cart… c’est pas vrai… personne ne l’a pris, je viens de retrouver mon sac. HEUREUX ! L’aventure continue.

La gourde bleue aura été la seule perte aujourd’hui. Et j’espere la derniere…

2 crevaisons, une gourbe perdue, la recherche de mon sac jaune et pourtant, aujourd’hui j’ai parcouru le double d’habitude : 123 kms.
Il n’y a pas vraiment de secret : sur du plat et de la pente douce, on avance plus vite.

J’entre dans Tehuacan au debut de la nuit. Et ce soir, dans une boutique de telephonie, j’ai la reponse a propos de mon portable australien : il est trop basique pour le debloquer. Traduction : il n’est utilisable qu’en Australie… Donc bon pour le recyclage.

Je prends une nuit d’hotel dans le quartier historique de Tehuacan.

27 Mars 2011
Mexico-Panama : 8eme jour

L’homme a tout-faire de l’hotel m’accompagne aimablement pour trouver un café-internet ouvert le dimanche.
Une fois trouvée, j’imprime mon futur parcours. Ca va monter ces prochains jours…

Je quitte Tehuacan vers 11h et je perds une gourde blanche en chemin.
Marre…

Il faut repenser la fixation. Les gourdes, je m’en fiche, mais je ne veux pas perdre a nouveau mon sac jaune.

Roulons pour oublier…

Pour l'instant, c'est encore du plat...
...et de la descente

L’Etat de Puebla est une belle region et je trouve rarement le temps de prendre des photos. Il faut s’arreter et sortir l’appareil photo du sac a dos a chaque fois. Je ferais l’effort tant que je pourrais.

J’entre dans la Reserva Biosfera Tehuacan-Cuicatlan caraterisée par un relief accidenté…

...et un bon nombre de varietés differentes de cactus au bord de la route comme au sommet des montagnes
Encore aujourd’hui, j’ai un probleme avec le passage des vitesses. Je crois que ca viens de la chaine.
Je ne ferais aujourd´hui que 40kms parce que ca commence a monter, et parce que qu’on est dimanche et qu’il n’y a pas de stand de reparation d’ouvert.
Je m’arrete a Coaxcatlan dans un super hotel refait a neuf. Le vent frais de la journee m’a abandonné, je retrouve la forte chaleur que j’avais laissée en Australie.

28 Mars 2011
Mexico-Panama : 9eme jour

La télé s’allume toute seule a 5h40. J’en profite pour partir tot. Je dois rejoindre Teotitlan, a 20kms, pour faire reparer mon velo.

Bleu-blanc-rouge : je partais pourtant sous de bonnes augures...

…mais en pleine descente, le 2nd socle du pied du siege bébé se démembre, et fait tomber ma gourde. C’est de cette maniere que j’ai perdu la 1ere.
C’etait pratique car je pouvais les attraper tout en roulant. Je remonte la chercher. Il ne me reste plus que celle-ci et une poche de 3L a l’arriere. Pour le socle, je le mets dans mon sac en attendant la prochaine poubelle.

Il commence deja a faire chaud vers 9h et c’est la que mon probleme de passage des vitesses empire, jusqu’au point ou tout le mecanisme arriere se brise. Plus possible d’avancer a velo.
Je suis a 5kms de Teotitlan, et ce sera 5kms a pied… avec quelques rares descentes a velo.
Je me demandais la veille si j’allais vraiment pouvoir rejoindre la montagne aujourd’hui. A present, la reponse est non. La reparation du velo prendra du temps et sincerement, je n’ai plus la force physique et encore moins mentale, pour progresser aujourd’hui.
J’arrive a Teotitlan.

L'ampleur des dégats...

On m’indique un hotel, la ou je pose toutes mes affaires. J’ai parcouru a peine une vingtaine de kilometres, mais je n’ai pas le choix, mon velo doit etre en parfait etat pour les 3 prochains jours dans les montagnes, et si possible jusqu’a Panama (si c’est pas trop demander…).

J’entre dans un stand de reparation. N’imaginez pas que je depense des sommes colossales pour reparer mon velo a chaque fois. La derniere fois, le remplacement de mes 4 freins, a peine plus de 2 euros, main-d’oeuvre comprise.

Le reparateur me confirme que la chaine n’allait pas. Tout le mecanisme arriere est a changer aussi, naturellement.
Je lui demande aussi de resserer mes freins, de couper les pieds du siege-bébé parce que desormais, ils ne me sont plus utiles, et pour des raisons de poids et d’aerodynamisme, j’y gagne.
Je lui demande aussi de me trouver des liens pour fixer mon compteur a velo que je n’ai toujours pas installé, de me donner une vis pour reparer le microphone de mon camescope et enfin, de me donner 2 nouvelles chambres a air. Ici, ca m’aura couté moins de 10 euros tout compris.

VOILA ! Je suis desoprmais on ne peut plus operationnel. Le velo est reparé, il tourne bien, je suis desormais un peu plus leger et je viens d’installer mon compteur pour savoir ou j’en suis dans mes parcours quotidiens. Psychologiquement, ca ira mieux.

Allez, cette fois je suis paré.
Je disais que le 1er jour etait toujours difficile.
En fait, je viens de vivre 9 « premier jour » …

Demain, on attaque les montagnes.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

3 réflexions sur « Mexico-Panama (2eme partie) »

  1. Bon courage !! accroche-toi !!
    Souviens-toi que tu es le frère d’un champion d’Auvergne de VTT !!

    Quel plaisir de te lire raconter la gentillesse des mexicains… tout cela me rappelle l’Equateur… où tu iras ??

  2. salut camarade, j’éspère que la chance va tourner et que ta monture va cesser ses caprices ! allez courage et rappelle toi le professeur foldingue :  » oui, j’y arriverai..! »
    la bise mec!

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