A l’arrêt

22 Novembre 2010

Je passe la journee a prevoir le reste de mon parcours en Indonesie. Il ne me reste plus beaucoup de temps par rapport a tout ce que j’avais decide d’entreprendre avant mon arrivee.
Mais les distances sont longues et je dois prendre en compte les facteurs « infrastrutures insuffisantes » et « routes defoncees ».

Fierté
Quand tu expliques quelque chose a un indonesien, ou lorsque tu lui demandes un renseignement, il ne te diras jamais qu’il n’en sait rien et preferera sourire ou te sortir un « yes » completement inutile. Ca peut etre agacant parce que tu ne sais pas si il n’a pas compris la question ou s’il ne connait pas la reponse. Alors tu repetes, tu fais des gestes, tu insistes. Ca peut durer longtemps. Ton sang-froid est mis a rude epreuve.

La colonisation neerlandaise n’a pas forcement laisse un nombre important de vestiges dans le Nusa Tengarra. On peut meme dire qu’il n’y a rien. On vient ici esentiellement pour la faune, la flore et les plages paradisiaques. Ce que j’ai fait. Et c’etait pas mal du tout.
J’attends desormais autre chose de la part de Sulawesi…
23 Novembre 2010

J’embarque a 14h a Labuanbajo (Flores) sur un enorme ferry en direction de Bira, la pointe sud de l’ile de Sulawesi (en francais, les Celebes). Celle-ci, vous ne pouvez pas la louper sur une carte du monde.
J’ai attendu ce bateau seulement 3 jours. Je dis « seulement » car il fait le trajet de Flores a Sulawesi une seule fois toutes les 2 semaines. J’ai plutot de la chance pour ce coup.
Je pars donc pour le Sulawesi du Sud, au Nord, toujours dans l’hemisphere Sud. Vous me suivez ?

Chaque passager a son lot de valises et de cartons.
En prenant la classe « ekonomi », tu as forcement moins de confort que les cabines avec air conditionne, mai c’est ici que tu trouveras le plus de vie.
Chacun prend 3 places pour s’allonger (4 pour moi – ils sont touts petits ces asiatiques – ) ou dorment directement par terre ; ce que je m’apprete a faire car les rebords de chaque sieges te rentre dans la chair.
J’etends mon « sac a viande rembouré » (la seule chose que j’ai garde du Nepal) pour l’etendre au sol. Ca fera l’affaire pour… 18h de trajet.
Il y a un comptoir ou on peut acheter des boissons et des pates bouillies ; et ou ils passent les musiques les plus niaises a un niveau sonore trop elevé.

Je rencontre un francais. Il est producteur executif de films animaliers ; a moitie en vacance, l’autre moitie en reperage pour un eventuel tournage en Indonesie. Forcement, nos discussions tournent autour de dragons, de cochons sauvages et de raies manta.
Les indonesiens fument beaucoup mais le bateau est largement ouvert sur la mer des 2 cotés. Si tu te places sur les cotés tout va bien. Quand tu restes au milieu du bateau, tu creves de chaud.
Megots et detritus jonchent le sol. Je les pousse d’un coup de pied pour installer mon campement.
Un match de foot passe sur une petite tele. On entend a peine les commentaires tellement la musique est surpuissante… On deambule, on passe le temps. Bref, ici, ca vit.
Il est 22h, la musique s’arrete enfin.
24 Novembre 2010

Il est 3h du matin. Je me reveille a 20cm d’une paire de pieds sales.
Escale sur une ile proche de Sulawesi. On embarque, on debarque, et la musique reprend de plus belle… Ca n’a l’air de deranger personne. Les gens sont quotidiennement habitues au bruit. Pour moi, c’est la fin de ma nuit, meme avec des boules Quies ! De toute facon, je ne trouvais plus une position comfortable sur ce parquet. Je place mon sac a viande dans un sachet. Il est bonpour la laverie.
Quelques heures apres, j’apprends finalement que le bateau fait plusieurs detours avant de se rendre a Bira. On arrivera qu’a 16h.
Je me rendords sur les chaises tant bien que mal.
Apres 26h de bateau, je prends une voiture amenagee en compagnie du producteur, pendant 4h en direction de Makassar, a l’Ouest.
Je rejoins enfin l’hostel, epuise par ses 30 dernieres heures de trajet.
25 Novembre 2010

Que dire d’autres sur Makassar sinon qu’elle est la 5eme ville d’Indonesie et qu’elle ne presente aucun interet, a part celle d’etre le point de depart pour le Nord de l’ile.
Petit dejeuner dans la piece commune. L’hostel est correct. La tele est allumee et diffuse les infos. Le gerant nous sert un the et une omelette. Je rencontre un breton (ils sont partout!). Il est un peu blasé par la durete  de son voyage. Il est reste trop longtemps sur l’ile et les difficultes liees aux manques d’infrastrucutres et la chaleur n’a pas arrange son moral.
Je le rejoins un peu dans le sens ou moi, je viens d’atterir comme lui dans une ville (Makassar) qui n’a aucun interet majeur et qu’il me faudrait encore une journee complete pour rejoindre le site naturel que j’ai selectionne, plus au Nord.
Une seule chose m’en empeche aujourd’hui : la flemme !
Il fait effectivement particulierement chaud a Makassar et j’ai passe ces 2 derniers jours dans les transports. Je n’ai pas le courage de repartir.

Du coup, on reste dans la piece, on parle de ce qu’on a parcouru dans le passe, tous les pays qu’on a traverse, comment on est arrive ici, dans la piece commune du New Legend Hostel de Makassar. Il fait vraiment chaud, on discute au ralenti avec le bruit de fond d’une tele aux images gresillantes, le battement sourd du ventilateur au plafond et le leger ronflement du gerant qui vient de s’endormir par terre.

A ce moment, je pense a une nouvelle strategie pour Sulawesi : faire une longue distance une bonne fois pour toute et rester plusieurs jours au meme endroit, de preference un endroit interressant. C’est le seul moyen d’avancer sans etre degouté par la route ; quitte a finir de temps en temps a l’etat de zombie apres une vingtaine ou une trentaine d’heures de trajet.

Mon programme pour aujourd’hui ? Attendre la fin de cette « flemingite aigue » en esperant trouver la motivation pour partir des demain.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

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