10 Novembre 2010
Je prends le train de Probolinggo en direction de Banyuwangi, la pointe Est de Java pour debarquer ensuite sur l’ile de Bali au petit matin.
L’Indonesie me rappelle l’Inde par endroits et sur certains aspects de la vie quotidienne : des paysages magnifiques certes, mais la proprete laisse a desirer dans les lieux publics et certains restaurants. Dans un bemo, je tenais un emballage vide dans les mains. Une femme a cote de moi me fait comprendre de le balancer par la fenetre. Je lui dis que non ; et par la suite, elle montre du doigt tous les detritus deja lances dehors.
Un long soupir appuie mon second « non ».
Chose insupportable, en prenant le bateau pour rejoindre Bali, je vois certaines personnes jeter leur sac plastique dans l’eau depuis le pont ; en revanche toujours au port, jamais en pleine mer. Une moitie d’education…|
Si j’avais su a Dumai qu’une partie de la population se comportait de cette maniere, j’en aurais parle pendant mes cours d’anglais, quitte a passer pour l’europeen donneur de lecons. Et ca pourrait changer tellement vite !…
Alors, quelle est-elle cette Bali ? Et pourquoi raisonne-t-elle autant chez les Europeens et dans le monde entier ?
Bali, c’est une ile a taille humaine qui concentre absolument tous les elements pour des vacances reussies : plages de sables blancs, cocotiers pour la detente ; surfs et plongee sous-marine pour le sport ; volcans, temples hindous (Bali est le coeur de l’hindouisme en Indonesie) et rizieres pour l’aspect naturel, culturel et patrimonial.
Mais le tourisme de masse a bien pris le pas et les hotels se succedent le long de la mer, meme si le coeur de l’ile reste assez bien conserve.
Je tenais neanmoins a venir a Bali pour la richesse de ses fonds-marins.
Et oui, aujourd’hui, c’est mon bapteme de plongee en mer de Flores (en mer tout court d’ailleurs).
Des coraux, des poissons, il y en a dans toutes les iles d’Indonesie. Mais le Liberty, lui, repose ici, a Bali.
11 Janvier 1942
On est en pleine Seconde Guerre Mondiale. Le Japon occupe l’Indonesie.
L’USS Liberty, un cargo americain de 120m transportant un convoi de caoutchouc et des rails de chemins de fer traverse le detroit de Lombok (entre Bali et Lombok, l’ile a l’Est). Un sous-marin s’approche et torpille le cargo. Les 2 destroyers americains venus lui porter secours ont juste le temps de recuperer le materiel avant que le bateau soit remorque jusqu’a la plage pour y etre echoue.
Mais en 1963, l’eruption d’un volcan balinais le repousse a 50m du rivage de Tulamben.
Et Tulamben, c’est la ou je me trouve en ce moment.
Vous allez me dire a quoi bon visiter une vieille carcasse rouillee. C’est bien plus que ca. Pendant plus de 20 ans, on avait presque oublie que l’epave reposait au fond des eaux jusqu’a ce que les clubs de plongee s’en interessent.
En 20 ans, la ferraille en decomposition a constitue un formidable support pour des centaines d’especes de coraux et d’algues ; et de nombreuses varietes de poissons prirent l’habitude de se servir sur et autour de l’epave.
Je voulais quelque chose d’original, le Liberty est la part d’histoire que j’ai ajoute a ce bapteme.
En moins d’un mois, je bats mon record d’altitude avec le Mont Gokyo au Nepal. Aujourd’hui, je bats mon record de profondeur : 7m… bon, c’est vrai, c’est pas enorme, mais c’est quasiment le maximum autorise pour une premiere.
C’est relativement suffisant car si la proue du bateau s’est enfonce a 29m, l’arriere, lui, n’est qu’a 4 m de profondeur.

Nous partons avec l’instructeur depuis la plage. A peine 3m de fond suffit pour subir une pression tres forte aux oreilles.
Ca fait vraiment mal. Pour ca, il n’y a qu’un moyen d’y remedier, remonter pour redescendre a nouveau petit a petit.
Finalement, j’atteinds l’epave et c’etait un spectacle sensationnel (desole mon appareil photo n’est pas etanche).
J’ai caresse du bout des doigts un peu d’histoire. En quelques coups de palmes, tu te retrouves au milieu des coraux et des bancs de poissons. Et c’est calme sous l’eau. Tellement calme. Tu n’entends que le bruit de ta respiration lente a travers le tube relie a la bouteille d’oxygene.
L’epave du Liberty restera un tres bon souvenir.
Je pars le soir pour Padangbai, a l’Est de Bali.
11 Novembre 2010
Je prends le ferry de Padangbai qui m’amene sur l’ile de Lombok, sur l’archipel Nusa Tengarra (en francais, les iles de la Sonde).
Lombok est l’ile la plus a l’ouest de cet archipel.
Ici, tout est plus complique qu’a Bali : la vie, les transports…
Le bemo que je prends au port pour me rendre au Nord a ete un calvaire. Je negocie le prix, nous partons, et moins d’une heure apres, il s’arrete et me dit de prendre l’autre bemo juste en face. Ils s’arrangent entre eux pour le transfert d’argent. Le chauffeur s’en va pendant plus de 2h. Je reste tout ce temps dans le bemo vide, en plein carrefour.
Je m’impatiente vraiment. Les cles sont sur le conctact. Ca donnerait presque envie de…
Au bout d’un moment, des gens s’approchent de moi pour me dire d’attendre : c’est le bus public et tant qu’il n’est pas suffisamment complet, il ne part pas. Le chauffeur revient, mais dans tous les cas, je suis toujours seul dans le bemo, donc pas de depart possible puisque pas rentable.
Au moment ou je lui demande de me rendre l’argent pour que je trouve un autre moyen de locomotion, 4 personnes sorties de nulle part arrivent d’un coup et s’inserent dans le bemo.
Il aura fallut 3h d’attente avant de partir…
Menteurs
En Indonesie, on doit tout negocier, et a la longue, ca devient vraiment fatiguant. Ils s’accrochent a toi ; pas autant qu’en Inde mais les premiers que tu rencontres au port ou a la station de bus sont souvent les plus fourbes qui te proposent leurs services pour des sommes exhorbitantes. Par contre, comme en Inde, ils mentent ! Ils te disent qu’il n’y a plus de bus pour ta destination afin que tu montes dans leur bemo ; ils te disent que le ferry est deja parti alors qu’il est sur le quai ; ou alors qu’il n’y en a plus pour aujourd’hui alors qu’il circule 24/24h.
En Thailande et en Malaisie, ils etaient honnetes. Il fallait souvent negocier, mais ils etaient honnetes.
C’est une des raisons pour laquelle j’ai decide depuis un certain temps deja, de partir vers Bangsai, point de depart pour les Iles Gilli ; car mis a part les 45 min de bonheur sous l’eau a Bali, les 2 ou 3h dans le cratere du massif volcanique de Java et une courte balade dans le canyon de Bukittinggi, ca fait 10 jours que je vis dans le vacarme des villes, a prendre la chaleur et la crasse, avec sans arret ils te posent la meme question : de quel pays tu viens ; et te repondent « Zidane » tout de suite apres afin d’entammer (maladroitement) la conversation pour mieux te vendre ceci ou cela.
Vous l’aurez compris, j’ai grandement besoin de calme.
Les iles Gilli sont au nombre de trois. A moi de faire mon choix.
La premiere, la plus grande, est la plus touristique et la plus bruyante ; la seconde est petite, tranquille, mais commence doucement a se remplir de bungalows ; et enfin, la troisieme, aussi grande que la seconde, encore plus tranquille, avec quelques constructions seulement, et bien espacees entre elles.
C’est decide, je prends la troisieme : Gilli Meno.
A l’embarcadere de Bangsai, une dizaine d’europeens partent pour Gilli Trawangan, la plus grande ; une poignee s’en vont pour Gilli Air ; quant a moi, je suis seul sur le bateau, le reste etant des habitants de l’ile.
En arrivant, je file tout de suite au Nord, quasiment a la pointe (le courant est trop fort entre les iles. La pointe, c’est l’ideal pour se baigner). Les distances sont courtes : on fait le tour de l’ile en 1h. Pour autant, les prix sont les memes qu’a Bali. Je vois qu’il y a beaucoup de verdures et la vegetation est plutot basse, avec quelques arbres pouvant faire de l’ombre. Je decide de poser ma tente dans un petit coin recule (a pourtant 50m de la plage). Si on veut me trouver, il faut quand meme bien chercher…

A Jakarta, j’ai achete du repulsif pour dormir tranquille ; et a Bali, j’ai pris le temps d’acheter des tongues et un maillot de bain.
N’imaginez pas que je suis en plein milieu de la jungle avec des tarentules et des gros serpents : ce n’est pas ce genre de climat ici.
Seuls quelques cocotiers (et les indonesiens) font rappeler qu’on est dans un pays tropical. Pour le reste, le paysage est mediterraneen : petits arbres a feuilles persistantes, ronces, herbes hautes et pins (ou un arbre de la meme famille).
On est hors saison et pourtant le ciel est bleu, il fait environ 30 degres et l’eau est chaude.
Je croise quand meme quelques touristes. Mais la plupart du temps, je suis seul.
L’ile est calme : aucun vehicule n’y est autorise. La nuit venue, je fais un petit feu devant ma tente pour faire cuire quelques aliments achetes a Lombok. Au loin, j’entends le bruit des musiques sur Gilli Twanganan ; de l’autre cote, je vois beaucoup de lumieres sur Gilli Air. Ici, il n’y a pas un bruit et seulement quelques ampoules eclairant les bungalows.
Je pense avoir fait le bon choix en debarquant sur Gilli Meno.

Pendant quelques jours, j’aimerais porter le nom de ce cargo americain : Liberty !
12 Novembre 2010
Il a fait tres chaud cette nuit. Les temperatures peinent a retomber durant la nuit.
Je prends un petit dejeuner devant ma tente avant d’aller acheter de l’eau au bungalow du coin. Et de l’eau, il en faut !
Pour boire, pour faire cuire, pour la vaisselle, les dents… La-dessus on ne transige pas : on achete l’eau en bouteille. Tout ce qu’on peut trouver ailleurs que dans une bouteille, c’est de l’eau de mer.
Lorsque par curiosite on me demande dans quel « hotel » je suis, je dis qu’il est a l’autre bout de l’ile, sans parvenir a retenir le nom ; et inversement quand je suis a l’autre bout de l’ile.
On verra combien de temps pourra durer ce petit jeu.
Pour le moment, je fais quelque chose que j’ai pas eu l’habitude de faire tres souvent : RIEN !
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !
Coucou,
Ah, ca me rappelle des souvenirs, les volcans de Java, Bali, et …Gili Meno, j’avais moi aussi choisi cette ile a l’ecart des touristes! Repose toi bien alors…
Ambre
C’etait sympa a Gii Meno malgre les moustiques. Mais c’est cool, je suis bien remis. C’etait vraiment tres tres tranquille. J’ai apprecie.
Bisous
Alex
Salut mon gaillard,
en lisant une de tes dernières aventures, je me demandais pourquoi tu ne te déplaçais pas plus souvent à vélo? tu concentrerais davantage les paysages et les rencontres, non? Bonne continuation, je t’appelle et je te dis quoi.
Julien.
Tu as raison mon frere, mais je n’ai pas le temps d’utiliser le velo pour le peu de temps que je vais passer en Australie. Mais comme je l’ai ecrit il y a quelques mois, je reflechis a ca pour mes prochaines destinations. Bisous