Maintenir le cap

9 Juillet 2011

Il est 1h30 du matin, mon avion s’envolle.
8h plus tard, j’atteris sur le tarmac de l’aéroport international de Johannesbourg.
Nous voici en Afrique du Sud.

Je regle ma montre. Il est 15h et pour quelques temps, je serais a la meme heure qu’en France.
Toujours dans l’aéroport, je me dirige vers le bureau de change, et constate qu’ils n’acceptent pas la monnaie brésilienne. Je n’ai pas non plus des mille et des cents, mais si je ne parviens pas a m’en débarasser ici, je vois pas dans quel autre pays d’Afrique je pourrais les échanger…

Pour le moment, je les conserve et je pars au distributeur de billets pour retirer des rand.

Ma 1ere impression de l’Afrique du Sud : Hotesses de l’air noires et banquieres noires au bureau de change.
Je pars au café de l’aéroport. Serveurs noirs :
– Un café s’il vous plait
– Avec du lait ou café noir ?
– Café noir
Je sors de l’aéroport. Le chauffeur de taxi noir discute avec ses collegues noirs.
Nous partons. Banlieue Est de Johannesbourg principalement noire. J’arrive au backpacker. Gérant noir. Clients noirs…et belges…

Ma 2nde impression de l’Afrique du Sud :
C’est a peu pres ce que j’imaginais ; l’impression d’etre revenu en Australie : on roule a gauche, on parle anglais (pour la plupart), les avenues sont larges, les habitations sont vastes et de plain-pied ; et tout se fait en voiture (les distances sont énormes) pour peu qu’on soit excentré de la ville.
C’est mon cas, je n’ai pas remarqué en bookant pour cet hostel qu’il se trouvait en banlieue.
Aucun bus ne passe par ici… Comme en Australie ou aux USA, la voiture est reine !
Je me suis vraiment loupé pour le coup.
Il me reste quelques pates d’Argentine et un cube de bouillon du Chili. Voila toute ma fortune pour ce soir.

2 autres personnes occupent le dortir dans lequel je me trouve : un pere et son fils. Ils me disent que pour demain, ils peuvent me déposer a Johannesbourg.

Je suis a Kempton Park, une des nombreuses banlieues de la ville, au milieu d’un quartier résidenciel, a 30 kms de Johannesbourg !
Comment ai-je fais pour me retrouver aussi loin…

10 Juillet 2010

Finalement, le pere se renseigne plus précisément a la réception et me dit qu’il peut me déposer a l’endroit ou l’on peut prendre des taxis. Bon… j’aurais presque pu m’y rendre a pied, c’est a l’angle de la rue… Et un taxi c’est pas donné.
En fait, ce qu’on entend par taxi en Afrique du Sud, c’est comme un dolmus en Turquie : la direction est définie a l’exception qu’il peut de temps en temps faire un léger détour pour te déposer a l’endroit voulu.
Pour la direction, il faut la connaitre en étant un usager régulier, sinon aucun moyen de la savoir.

Je fais signe au 1er qui vient. Pour l’appeler, il faut lever le doigt. Pas le bras, juste l’index. Pour ca, ca dépend vraiment du pays. Au Mexique, il fallait faire rapidemment trembler la main (comme si on appliquait la-bas notre fameux geste francais : le « couci-couca » ).
Je mets un moment pour expliquer au chauffeur ou je souhaite aller. Dans ma tete, c’est clair, il va a Johannesbourg. Donc je lui répete « to the town » (qu’on peut traduire par « centre-ville ») ; ca me semble évident que tous les taxis s’y dirigent.
Durant le trajet, je finis enfin par lui dire « Johannesbourg ». Et effectivement, ca valait bien la peine de lui dire… Il m’explique qu’il s’arretera a Kempton Park Station, d’ou je devrais prendre un autre taxi.
J’en prends un second et… et non… c’etait pas la bonne direction… j’en prends un 3eme qui me depose finalement en centre-ville.

Du moins, ca ressemble a un centre-ville. Les gratte-ciels ne sont pas trop loins.
Dans les rues, c’est noir de monde. Excusez-moi du jeu de mot, mais c’est vrai ; des vendeurs ambulants dans tous les coins, policiers noirs, agents de securité noirs, guichetiere noires et panneaux d’affichage avec dessus, une mannequin pour lingerie noire. C’est simple, je n’ai pas vu plus de 3 blancs durant toute la durée de ma ballade en ville.
C’est pas pour autant qu’on me regarde de travers. Mais une chose est sure, on ne peut pas me rater.
La population blanche vit plutot dans les banlieues nord. Un peu moins a l’Est, vers le quartier de mon hostel, ou se cotoient beaucoup de familles noires aisées ou de classe moyenne.
Mais les quartiers pauvres sont (forcément) plus en nombre. Ca remonte au temps de l’apartheid ou les blancs possédaient 90 pour cent du territoire sud-africain (et a vrai dire, c’est toujours le cas). En conséquence, la population noire s’est entassée dans les grandes villes, notamment Johannesbourg.

L’américaine que j’avais rencontré il y a 2 jours a Rio revenait d’Afrique du Sud et m’avais dit de ne pas rester trop longtemps a Johannesbourg.
Cette ville n’a effectivement pas grand chose d’attrayante. Fade et sans charme.
En plus de ca, on est dimanche et beaucoup de commerces sont fermés.
C’était aussi le but de ma venue dans le centre : trouver un bureau de poste pour renvoyer ma pile de livres de voyage et mon ancien camescope. Je tourne essentiellement autour du quartier Braamfontein et celui de Hillbrow, reputé dangereux ; comme d’habitude, il ne s’est rien passé, meme avec mon appareil photo et un camescope sous le bras…

Tout est fermé, il faut attendre demain. Mais je n’ai pas forcément envie de rester un jour de plus ici. En plus, il ne fait pas spécialement chaud : a peine une douzaine de degrés. Je voudrais réserver un billet de train a la gare pour une traversée de l’Afrique du Sud d’Est en Ouest.
Avant ca, je pars en direction d’un distributeur de billet. Panne d’argent ! Plafond de retrait hebdomadaire atteint. J’ai retiré beaucoup trop de cash en quelques jours lorsque j’étais au Bresil, pensant que le 1er camescope que j’acheterais serait le bon. Il coutait le double du prix de celui que j’ai finalement acquis. Du coup, je me retrouve avec de la monnaie brésilienne dont personne ne veut. Il faut attendre plusieurs jours pour recevoir des billets, et ca ne m’enchante guere de rester ici a poireauter. En revanche, pour payer par carte bleue,  pas de probleme. Encore heureux…
La derniere fois que ca m’est arrivé, c’etait a Mexico lorsque je voulais acheter mon vélo dans des commerces qui n’acceptaient que du cash.

Je pars a Park Station, au guichet pour réserver une place de train pour demain, meme si je n’ai toujours pas trouver de solution a mon manque cruel de liquide. Le guichet accepte la carte bleue, c’est déja ca.
Je demande un ticket pour Cape Town (Le Cap) :
– « Il n’y a pas de places assises, tous les lits-couchettes sont pris »
– « Combien de temps dure le voyage ? »
– « 27 heures »
– « Alors une place assise s’il vous plait »
– « Vous etes sur ? »
– « Oui »

27h, je suis dans ma moyenne, et puis c’est 2 fois moins cher qu’un lit.

– « Je voudrais aussi un ticket de train pour rentrer a Kempton Park »
– « Vous etes sur ? » (ca fait 2 fois qu’elle me dit ca)
– « Oui »
– « Comment etes-vous venu ici ? »
– « En mini-bus »
– « Et vous ne voulez pas rentrer en mini-bus ? »
– « On m’a dit que le train était moins cher »
– « … »
– « C’est moins cher ? »
– « Oui, mais faites attention on est dimanche et c’est tres calme dans le train »
– « Et alors, c’est dangereux ? »
– « Vous voyagez seul ? »
– « Oui »
– « Les gens voient que vous n’etes pas local, ils peuvent vous voler. Faites vraiment attention dans le train, gardez vos affaires pres de vous »

Comment croit-elle que je me suis debrouillé ces 10 derniers mois ? Bien sur que j’ai fais gaffe ! Mais je la remercie quand meme pour ces mises en garde. Je n’avais jamais rencontré une guichetiere aussi prévenante. Mais bon, si on écoute toujours ce genre de propos, on ne fait plus rien.

Le train a du retard (beaucoup meme) mais finit par arriver.
A l’intérieur, finalement beaucoup de gens, qui me disent bien gentillement le nombre d’arret avant d’arriver a celui de Kempton Park. Encore une fois, il ne s’est rien passé.
J’arrive au Kempton Park et le soleil commence déja a se coucher.

Depuis la station de Kempton Park, je ne trouve pas de mini-bus pour ma rue ; je dois prendre un vrai taxi pour la rejoindre, ce qui me coute un bras (la vie est moins chere qu’en Australie mais ce n’est quand meme pas donné…). J’arrive a l’hostel avec mon camescope toujours sous le bras, un sac de course (la seule chose que j’ai pu faire aujourd’hui), et 30 rands en poche (a peine 3euros…).
C’est une succession de malchance : a l’aéroport, pas possible d’échanger ma monnaie brésilienne (et je comptais dessus) ; on est dimanche aujourd’hui, donc les banques étaient fermées pour tenter un autre coup ; un backpacker excentré (je m’en serait sorti s’il avait été en centre-ville) ; et lorsque j’arrive justement a l’hostel, qu’est-ce que j’apprends ?
– « Désolé on accepte que le cash… »

P***** !!!

Le taxi qui m’a raccompagné jusqu’ici m’avait dit que le Casino de Johannesbourg échangeait n’importe quelle type de monnaie.
Je n’ai pas le choix, je dois demander a quelqu’un du backpacker de m’emmener en voiture au Casino. Le pere et son fils acceptent, moyennant un petit dédomagement, car le Casino est un peu loin, vers l’aéroport.

Arrivés sur place, je me dirige directement vers le bureau de change.
La fille me dit qu’ils n’acceptent pas la monnaie brésilienne.
Inspiration… Expiration… On garde son calme, alors qu’autour de moi, les gens s’amuse-a-perdre-leur-argent.
Je lui dis que j’ai besoin de cash, et pour abréger, j’ajoute que leur distributeur de billet ne marche pas avec ma carte. Elle me dit alors d’essayer de voir avec le guichet des joueurs. Au guichet, ils me disent qu’il faut avoir la carte du Casino.
Je me dirige alors vers un 3eme endroit. J’obtiens finalement ma carte (pas de cotisation annuelle, encore heureux). Je retourne au 2nd guichet ; je demande a la faire remplir pour immédiatement la vider de son contenu, le tout en cash.

Ca y est, tout est réglé.
Dire que tout a commencé a Rio de Janeiro par un excessif retrait d’argent et ca se termine enfin ce soir, a Johannesbourg, par une carte de l’Emperor’s Palace…
A dire vrai, je n’avais pas non plus des mille et des cents en monnaie brésilienne. Donc cette monnaie vient a point, et me permettra de tenir plusieurs jours sans effectuer aucun retrait.

A Rio, j’avais rencontré 3 francais qui voyageaient ensemble. L’un d’entre eux m’avaient expliqué qu’il lui était arrivé ce meme genre d’histoire. Il a pu compter sur ces 2 potes durant plusieurs jours. L’avantage de voyager a plusieurs. Probleme d’argent, vol, blessure, maladie : tout seul, tu ne peux te reposer sur l’épaule de personne en cas de coup dur…

Beaucoup moins de pression a présent, tout redescend. Je regle la note a ceux qui m’ont conduit jusqu’ici et les remercie vivement. Nous repartons. Je n’ai pas dépensé un dollar dans les machines a sous de Las Vegas. C’est pas ici que je commencerais (et c’est pas franchement le but de ce voyage…).

Retour a l’hostel.

11 Juillet 2011

Je range mes affaires et regle l’addition.
Le gérant me dit de noter son hostel sur Internet. Excentré, sans charme (ca encore, c’est secondaire), qui ne propose pas d’autre alternative que de payer en cash (alors tous les grands hostels le propose systematiquement) : t’inquiete pas, je ne vais pas le louper lors du vote.

Il faut au moins que je prenne en photo le quartier ou j’étais avant de me diriger a l’angle de la rue :

Une rue de Kempton Park
Une autre rue large. Ca me rappelle vraiment les lotissements australiens
Une grande avenue de Kempton Park

Je prends un mini-bus. Maintenant que je connais sa destination, je ne fais pas d’erreur. Les gens me laissent la place de devant, la plus large, la plus apte a accueillir mon gros sac. On est un peu a l’étroit a l’intérieur, du coup, comme pour les dolmus turc, l’argent passe de mains en mains jusqu’au chauffeur.

La guichetiere de la veille m’avait conseillé de me rendre a la gare vers 11h pour avoir une bonne place. Et effectivement, arrivé dans le hall, il y a déja une longue file d’attente. J’aurais espéré que dans un pays développé comme l’Afrique du Sud, les places soient définies. Et bien pas du tout. Les premiers ont les meilleures places, c’est tout. Pas de probleme pour le coup, j’arrive bien en avance, et la file se rallonge doublement derriere moi.

Dans le train, un type est arreté et menotté sous mes yeux. Il vient de dérober quelques affaires appartenant a une dame, dont son portable. Redoublons de vigilance…. Je vous en supplie, piquez-moi ce que vous voulez mais pas mon nouveau camescope, on vient a peine de faire connaissance.
Quand je suis éveillé, j’ai toujours mes affaires sur moi. Quand je dors, forcément, je suis plus vulnérable.
La solution que j’ai trouvé, c’est d’enrouler les lanieres de mes sacoches autour de ma jambe. Si l’individu cherche a voler quelque chose, je le sentirais.

Superbe paysage durant l’apres-midi, le tout filmé…

12 Juillet 2011

Nuit froide. J’ai dormi a peine 2h. Il faudra que j’attende 8 ou 9h du matin, que le soleil apparaisse et que le train gagne quelques degrés pour enfin trouver le sommeil.

Il est maintenant presque 15h, je viens de me réveiller a peine 1h avant qu’il n’arrive a Cape Town.

Le taxi me dépose a l’hostel. Un mal de gorge s’est installé. Ca c’est encore un coup de l’hostel d’hier et ses portes constamment ouvertes…

J’arrive au backpacker en taxi. Celui-ci ne présente aucun probleme apparent : bien situé, qui dispose d’une agence de voyage pour booker des tours autour de Cape Town, on peut payer par carte ; et, au cas ou, il y a meme un distributeur de billet a l’intérieur. Chaque année, il est d’ailleurs classé dans les 3 premiers meilleurs hostels d’Afrique du Sud.

A Cape Town, bien que plus au sud par rapport a Johannesbourg, il fait tres doux. Grand soleil et pas de vent, parfait pour guérir.
Je pars faire des courses et trouve une pharmacie. Traitement au doliprane et aux pastilles 2 ou 3 jours. Ne tombons pas plus malade.

Je rentre au backpacker.

13 Juillet 2011

Reveil a 11h ! J’avais vraiment besoin de sommeil apres la nuit dans le train.
cette apres-midi sera une apres-midi sans visite. Je dois faire ce que je n’ai pas pu faire a Johannesbourg, a savoir, passer a la Poste pour envoyer en France ma pile de bouquins de voyage, de dictionnaire de traduction (bye bye l’espagnol) et de camescope cassé (peut-etre réparable, sait-on jamais). Je dois aussi trouver un adaptateur. C’est encore différent ici qu’en Europe, en Australie, au Royaume-Uni ou en Amérique. Meme pour les branchements électriques, on est pas tombé d’accord… Je dois désormais avoir toutes les combinaisons mondiales.

Derniere chose a faire : guérir de ce mal de gorge. Donc pas question de prendre l’air dans les grands espaces exposés au vent. Pas aujourd’hui en tout cas.

Finalement, j’ai tout trouvé a proximité.
Voila tout pour aujourd’hui.

14 Juillet 2011

Levé au chant du « COQ », on s’habille, on marche au pas régulier, on traverse 2 rues ; un seul objectif ce matin. On s’arrete, pieds joints, torse bombé, on arme son appareil photo, on vise… FEU !!!

Fete Nationale du 14 Juillet !!! Ambassade de France a Cape Town

Une grande pensée pour la France et a tout ceux qui se trouvent dedans ; et au passage, un grand remerciement a toutes les ambassades et consulats francais du monde pretant assistance aux pauvres petits francais lorsqu’ils égarent leur passeport, leur carte bleue et leur SAC A DOS !

Elan patriotique, oui ! C’est la moindre des choses lorsqu’on est loin de son pays de coeur.
Mais ne suis-je pas non plus dans une ville, théatre de la lutte pour la création d’une nation unie ?!
On y arrive… Pour le moment, j’ai encore 1 ou 2h pour vous montrer a quoi ressemble la tranquille ville de Cape Town. Rien a voir avec Johannesbourg.

Le Company’s Gardens, en face de l’Ambassade de France

On peut voir au loin la Table Moutain, qui porte ce nom car elle est plate en son sommet.

Quartier aisé du Cap, pres du port
Derriere, toujours la Table Moutain. Cape Town sans la Table Moutain, ce n’est plus Cape Town…

A Cape Town, la population est plus metissée qu’a Johannesbourg : on compte 45 pour cent de métis, 35 pour cent de noirs et 20 pour cent de blancs.
Capitale législative de l’Afrique du Sud, les locaux l’appellent affectueusement mother city puisqu’elle fut la 1ere ville d’Afrique du Sud ou s’établirent les colons néerlandais, rejoints par des francais (protestants ayant fuits les persécutions religieuses), des allemands et des scandinaves.

 

Afrikaners
C’est justement le nom porté par tous les descendants de ces blancs non-anglophones, nés en Afrique du Sud depuis leur établissement dans la ville du Cap au milieu du XVIIeme siecle. Ils s’expriment d’ailleurs dans une langue dérivée du néerlandais du XVIIeme siecle : l’Afrikaans.
Longtemps traqués apres l’arrivée des anglais en Afrique du Sud, ils furent finalement reconnus comme minorité dans leur pays.
60 pour cent des blancs d’Afrique du Sud s’identifient aujourd’hui comme étant Afrikaners.

Le Zoulou est la 1ere langue parlée en Afrique du sud, suivi par le Xhosa. L’Afrikaans arrive en 3eme position bien que beaucoup l’ont comme seconde langue (ce qui la place alors en 2nde position). Quant a l’anglais, langue maternelle de seulement 2 ou 3 millions de sud-africains, elle semble plutot jouer l’unité du pays comme langue des affaires et de communication.

La raison pour laquelle je me rapproche du bord de mer, c’est qu’un bateau embarque pour Robben Island.

Et 30 minutes de bateau plus tard, nous y voici :

Robben Island

C’est pourquoi je vous disais que la ville du Cap était le théatre d’une lutte, chargée d’une histoire tres récente.
En fait, ca s’est plutot déroulé au large, sur Robben Island qui était une prison de sécurite maximale ou fut détenu les prisonniers de longue peine, notamment les membres de mouvements de lutte contre l’apartheid. C’est ici que Nelson Mandela fut incarcéré durant pres de 18 ans.

La visite ne dure pas longtemps, et je n’ai pas vraiment le temps de prendre de photos. Néanmoins, je traverse les couloirs des cellules des détenus, notamment celle de Mandela. A la différence de d’Alcatraz a San Francisco, l’ile est bien plus vaste et les prisonniers étaient systématiquement condamnés aux travaux forcés, dans une carriere de pierre, proche de la prison.
Le « plus » de la visite, c’est qu’elle est animée par un ancien détenu, incarcéré sur l’ile durant 7 ans.
Robben Island est le symbole de la victoire sur l’emprisonnement, la souffrance et la ségrégation pour toute l’Afrique du Sud comme pour le reste du monde. A l’époque une prison d’Etat ou les détenus arrivaient les pieds enchainés, l’ile est aujourd’hui un musée du souvenir, que l’UNESCO (site classé au Patrimoine Mondial) et l’Afrique du Sud tient a conserver pour véhiculer cet esprit de fraternité entre les ethnies ; meme si la route pour l’égalité est encore longue.
Les derniers prisonniers furent libérés en 1991, l’année de l’abolition de l’apartheid.

Retour en bateau, comme a l’aller.
Je déambule un peu dans les hauteurs de la ville ou je trouve des coins tres sympas, notamment :

La rue colorée Chiappini

Je retourne a l’accueil de l’hostel pour booker la visite de la Peninsule du Cap.
Avant chaque demande aupres des receptions depuis la fin de l’Uruguay, je constate une chose : je suis toujours en train de préparer ma phrase en espagnol…

Le Cap est une ville tres agréable. Pleins de petits commerces, et animées le soir. Je pars d’ailleurs ce soir avec quelques membres du backpacker.
Pas longtemps, car demain, il y aura un peu de marche.

15 Juillet 2011

Il est 8h, le mini-bus arrive. Nous sommes une petite dizaine pour ce tour. De l’hostel ou d’ailleurs.

Le 1er arret se fera a Hout Bay.

Le port d’Hout Bay
Et sa pointe. Photo prise depuis Chapman’s Peak

Nous sommes déja ici dans ce qui forme la grande Péninsule du Cap.

Pour le 2nd arret, je n’imaginais pas voir ca ici : des pingouins !
On les appelle African Penguin ou Manchot du Cap. Sur la plage, en plein soleil, ils sont une espece de manchot habituées aux fortes températures. On peut meme en trouver en Namibie et jusque sur les plages de l’Angola.

Nous longeons la cote peuplée de gros singes qu’on appelle Baboons.

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous entrons quasiment a la pointe.
Le chauffeur sort de la remorque un vélo pour chacun et durant une demi-heure, avec un temps superbe, nous parcourons l’espace protégé de la pointe de la péninsule.
Arret casse-croute avant de reprendre une derniere fois le mini-bus, pour grimper a pied jusqu’a :

Cape Point, qui représente la démarcation entre l’Ocean Indien a gauche, et l’Océan Atlantique, a droite. Au loin, l’Antarctique…

On a tendance a confondre les 2 pointes, mais ne nous y trompons pas, le Cap de Bonne-Esperance est juste derriere moi :

Le voila, le Cap de Bonne-Esperance

Apres un peu de marche, nous l’atteignons.
C’est le point le plus au Sud-Ouest du continent Africain. La preuve :

Cape of Good Hope

Derniere chose originale avant de quitter ce superbe endroit :

Des autruches en bord de mer !

La Péninsule était censée etre l’un des endroits les plus venteux du globe. Aujourd’hui, rien qu’une petite brise. Temps anormalement bon pour la saison mais impeccable pour visiter ce grand espace sauvage.
Journée idyllique.

Retour a l’hostel.

16 Juillet 2011

Je me dirige l’apres-midi en direction de Table Moutain pour une simple petite ballade. Il est possible de gravir la montagne. D’en haut, on peut apercevoir toute la Péninsule du cap. Pour ma part, la péninsule, je l’ai déja vu de pres ; et de la ou je suis, j’ai déja une vue sympas :

Le Cap, vue du pied de Table Moutain

Mais la raison principale pour laquelle je ne souhaite pas vraiment faire l’ascension, c’est pour voir la teinte rosée que prend la montagne en fin d’apres-midi. Je tenais a garder la photo pour aujourd’hui. Faisons comme a Valparaiso, attendons le meilleur moment.

Je reste plusieurs heures au meme endroit a contempler la ville.
Le soleil se couche petit a petit, et j’obtiens finalement la photo que je voulais avec la couleur que je voulais :

11 mois !

J’aurais attendu plusieurs heures pour moins de 10 minutes. Avant ces 10min, la montagne est jaune pale ; apres, c’est la nuit !

Et durant toute cette attente, j’ai eu le temps de réfléchir a une chose : c’est bientot la fin ! Il s’est déja passé 1 mois depuis Valparaiso… et mathématiquement, apres 11, il y a 12 !!!
J’avais prévu de traverser d’autres pays d’Afrique du Nord, mais le temps joue vraiment contre moi. Je dois revoir a la baisse. En Afrique, comme en Amerique latine, les distances sont énormes , et je dois faire des choix. Je savais depuis mon départ que faire tout le continent africain serait impossible avec mon timing.
Tous les globe-trotters que j’ai rencontré ont meme décidé d’occulter carrément le continent tout entier pour leur tour du monde. Moi, je tenais a faire un tour du monde de TOUS les continents. Comment dire « j’ai vu le monde » sans etre passé par l’Afrique ?

Je vais quand meme poursuivre un peu ma route dans le sud de ce continent.


Un safari, ca vous tente ?

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

 

Une réflexion sur « Maintenir le cap »

  1. Bravo Alex!
    Tiendras-tu ta promesse? Next: Namibia?
    Lorsque tu passeras par Windhoek, fais-un tour par le Cardboard Box… Et celui-ci est bien en centre-ville! 😉
    J’ai hâte de savoir de quelle façon tu vas découvrir l’afrique australe! J’aimerai bien y retourner te montrer les 1001 merveilles de Namibie!
    Hakuna Matata!

Répondre à julien Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *