24 Juin 2011
J’avais l’intention dans un premier temps de me rendre au Theatro Colon, un splendide théatre. Manque de bol, il y a un évènement aujourd’hui a l’intérieur, les visites sont suspendues pour la journée.
Je poursuis ma visite dans les rues de Buenos Aires.
La marque d’affection entre les porteños (« ceux du port » : habitants de Buenos Aires), c’est la bise ; entre les femmes, entre les hommes, entre les femmes et les hommes ; bref, pour tout le monde, c’est une bise et une seule.
Ch ch ch :
L’accent argentin ne ressemble a aucun autre en Amérique latine. Quelques exemples : ayer (hier – qui se prononce « ayère » – et on roule le « r ») devient « achère » ; la llave (la clé – qui se prononce « yavé ») devient la « chavé », et la « calle » ( la rue – qui se prononce « cayé ») devient la « caché ». Du coup, on entend souvent des ch ch ch dans les phrases. C’est pas vilain, c’est meme plutot joli. Il me faut juste un temps supplémentaire pour comprendre ce genre de mots (que j’utilise quasi-quotidiennement) lorsqu’ils sortent de la bouche d’un porteño.
La 1ere impression que j’avais sur la ville était la bonne. Il y a de nombreuses rues ressemblantes a Paris :



Multiculturelle, elle se place a la meme hauteur que les plus grandes capitales. Dans les années 1920, Buenos Aires est d’ailleurs la 1ère ville de destination pour les immigrés européens.

Je remonte d’abord l’Avenidad de Mayo :

Avec les batiments en arrière-plan, on a vraiment l’impression d’etre dans une manif’ a Lyon ou Paris. Reste les drapeaux argentins omniprésents…



Je n’ai que la brochure pour vous consoler :


Astor Piazzolla
Il était le musicien le plus réputé de la 2nde moitié du XXème siècle pour le tango. Avant-gardiste, ses compositions – formées de violons, piano, guitare électrique, contrebasse et d’un bandonéon (lui) – sont pour l’époque, l’affirmation d’un tango nouveau.
Il se démarqua du tango populaire notamment avec des créations purement musicales et non destinées a la danse.
Il n’hésita pas a aller encore plus loin dans la créativité en y ajoutant de la basse électrique, de la flute et de la batterie.
Mais il dut se battre jusqu’au bout contre ses détracteurs jugeant son tango nuevo comme n’étant pas du vrai tango.
Quoiqu’il en soit, ces créations furent les plus écoutées et les plus interprétées a partir des années 60 et durant les décennies suivantes.
La ou vous avez peut-etre pu l’entendre (sans savoir que c’était de Piazolla) est l’Introduccion de la Suite Punta del Este qui a été utilisée comme leitmotiv musical dans le film « L’armée des 12 singes », durant le générique et les intrigues du film.
Le nouveau pont que l’on peut apercevoir est le flambant Puente de la Mujer. Sur l’autre rive, derrière les buildings, beaucoup de verdures : un parc naturel et une réserve écologique avant d’arriver au Rio Plata qui donne sur l’Atlantique. Ca fait beaucoup de route a pied donc ce sera pour demain, lorsque je quitterais Buenos Aires.
Je me dirige ensuite dans le quartier de la Boca, très excentré et pourtant, il est l’emplacement de la première ville de Buenos Aires, le long du port et autour des usines a l’époque en pleine expansion. Le quartier est assez pauvre. Les crues récurrentes du fleuve Riachuelo ont entrainé la création de logements précaires en bois ou en toles ondulées.
Et pourtant, le quartier de la Boca abrite de la gaieté et l’une des plus célèbres rues de Buenos Aires : le Caminito.
Les maisons, peintes de toutes les couleurs viennent de l’idée originale d’un célèbre peintre argentin. Après avoir fait construire une école dans ce quartier défavorisé, il demanda aux habitants de venir peindre les murs de l’établissement. Chacun, munis d’un fond de pot, trouvèrent le résultat amusant et s’empressèrent de faire la meme chose sur leur maison de bois et de tole.
Résultat : « une salle d’exposition » a ciel ouvert aux couleurs bariolées.
Ainsi nait (et renait)…


Retour en taxi.
Mais j’ai bien l’intention de revenir un jour et d’attaquer l’Amérique latine dans sa diagonale, du Nord-Est au Sud. Ce sera pour un autre voyage (c’est dit !).


