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Mexico-Panama (1ere partie)

19 Mars 2011

Hier encore, je me demandais si j’allais vraiment partir ce matin a vélo, pour ce long périple.
Il est environ 1h du matin et je n’ai pas vraiment trouvé de solution a mon probleme : j’ai trop d’accessoires sur moi. Un petit panier a l’avant du vélo aurait fait l’affaire mais c’est impossible a fixer sur ce type de guidon.
C’est la raison pour laquelle j’ai acheté un sac a dos, mais il est finalement trop petit.
Tous ces preparatifs, courir a droite, a gauche, m’ont fatigué et je me suis levé trop tot ce matin pour tester et preparer mon vélo.
Autre probleme, je ne peux plus retirer d’argent. Avant-hier, pas de probleme ; hier, plus compliqué ; aujourd’hui, plus du tout. C’est le genre de chose qui « t’assigne a residence ». Sans argent, les moteurs sont coupés, on est a l’arret. En fait, j’ai dépassé le seuil de retrait d’argent pour 7 jours a cause de l’achat de mon vélo.

Je decide de rester un jour de plus a Mexico. J’ai encore trop de choses a regler. La carte de credit, c’est un gros probleme a resoudre.
Je parviens finalement  a me démener avec l’hostel pour que la reception me donne du cash en echange d’un « paiement fictif » sur leur machine. 421 pesos, c’est pas enorme. Si j’ajoute ce que j’ai, ca fait eviron 560 pesos environ. On fera avec.

Il faut que je change mon sac a dos, et pour ca, il faut deja que je retrouve le meme commercant en vue d’un echange. Apres quelques fausses routes dans ce dédales de rues, je le retrouve. Il accepte l’echange, majoré de 100 pesos.

A partir de maintenant, je dois privilegier les commerces qui acceptent la carte bleue. Et ils ne sont pas nombreux. Mais je suis plus detendue, je peux profiter de l’ambiance de la rue. Il fait nuit, et le quartier historique de Mexico est un coin vraiment sympas pour se balader : tout est pavé, il fait frais, on entend partout de la musique, des automates humains et autres stands d’attractions garnissent chaque coin de rue, les mexicains tiennent la main de leurs enfants, de leur femme. Ca me rappelle la Turquie et leur sens tres tactile. Toujours une main sur l’epaule, fille ou garcon.

C’etait ma derniere nuit a Mexico, plus rien ne m’empeche de partir maintenant.

20 Mars 2011
Mexico-Panama : 1er jour

Il est 7h45, je pars a vélo de l’hostel en direction du sud. On est dimanche, le trafic est un peu plus faible. Mais ca reste etouffant au fur et a mesure que les heures passent. Je me donne largement la matinée pour quitter Mexico, une des villes les plus vastes au monde.
Mon sac est bien attaché par des sandoves, mais je dois m’arreter constamment pour regarder le plan.
Me voila a San Pablo… C’est bon signe, c’est au sud.

Je rencontre plusieurs problemes. Le siege-bébé est en plastique et je n’ai pa vraiment fait attention a sa rigidité : le sac bascule d’un coté. Il faut le fixer plus… intelligemment.
Les heures defilent. Sur une longue avenue, mon frein avant me lache et toutes les pieces tombent sur la route. Une passante me dit qu’un stand de reparation de vélo est a un pathé de maison d’ici. Impossible, je ne peux pas depenser autant d’argent liquide pour ca. Il va falloir le reparer tout seul. Et d’abord, aller chercher les pieces tombées le long du trottoir. Il doit m’en manquer une, mais ca fera l’affaire pour un temps. Heureusement, j’ai acheté un jeu de clé mais je passe un bon moment a apprendre « La Grande Histoire du Frein de Vélo ».
Je repars enfin. Ca tiens plus ou moins.

Je suis toujours dans Mexico, a longer le trottoir. Les voitures et camions affluent. Je ne sais pas si mon debut de mal de gorge est du au petit vent frais persistant ou a la pollution. Dans tous les cas, on a du mal a respirer. Mexico est dans une cuvette.

J’arrive vers 14h dans le quartier de Xochilmico, le dernier avant de sortir definitivement de Mexico. J’entre dans les ruelles des quartiers plus modestes. C’est jour de fete, des attractions sont dressées en plein milieu de la rue. Je freine : une fanfare passe devant moi.
Je vois souvent des confettis par terre et des boutiques vendant des articles de fete, des masques, du crépon, de la decoration. Les mexicains ont toujours ce gout pour la fete.

La pente augmente.

16h, je suis a bout de souffle. La pollution me fait tousser. Je m’arrete chez le dernier commercant avant de sortir de la ville. Je dois reprendre des forces en mangeant quelquechose de sucré. Devant moi, une grande pente. Je laisse passer les minutes en attendant que la motivation revienne.

Je repars, mais tres vite, je pose le pied a terre. Je ne peux pas l’attaquer « en danseuse », mon gros sac a l’arriere m’en empeche. Il faudra que je trouve une autre solution pour ce sac.

Il est 17h, je passe derriere le panneau « Bienvenidos a Ciudad de Mexico ». Je suis sorti de la ville mais les vehicules defilent encore beaucoup et la pente continue.

Il est presque 18h, le soleil commence a se coucher, il faut que je trouve un endroit pour dormir. Des champs de cactus partout et des chiens pour garder ces domaines.
1er essai. J’entre dans un sentier et tres vite, je les apercois, au loin. Demi-tour sans faire de bruit. Je poursuis ma route. Mes jambes ne suivent plus.
2nd essai. Un autre sentier. Encore un chien.
Le 3eme essai sera finalement le bon : la solution sera finalement de rester a quelques metres du bord de la route, entre 2 domaines, dans un bout de terrain minuscule n’appartenant a personne.

Le 1er jour est toujours le plus difficile, je le sais. Pour ne pas perdre le moral et dormir tranquillement, je dois trouver une solution pour mon sac.
Il est 19h, je peux enfin reflechir avec lucidité : et si j’inversais mon petit et mon gros sac… Je prendrais le gros sur les epaules et je viderais une partie de son contenu dans le petit a l’arriere. Ca devrait fonctionner.
Maintenant , je deploie la tente et je me fais cuire un bon repas. Les joies du camping, ca faisait longtemps.

Il est 20h30, je m’effondre.

21 mars 2011
Mexico-Panama : 2eme jour

Les voitures ont circulé toute la nuit mais les boules quies ont sauvé ma nuit.
Il est 8h15, deja bien tard, car il faut compter le temps pour tout remballer. Mais d’abord, une petite photo :

En souvenir de ma 1ere nuit

 Ne negligeons pas le café-lait-biscuit du matin. Vaisselle, brossage des dents, rangement ; il est 9h45, un ciel sans nuage et un petit vent frais qui, mine de rien, ameliore considerablement mes conditions de voyage.
Je mets en pratique ce que j’avais décidé la veille, a savoir, inverser les sacs.
Je n’ai desormais plus de probleme d’equilibre, mais la pente continue sur des kilometres.

J’avance tres peu, je m’arrete souvent. Je reste trop chargé a l’arriere : mon gros sac, meme déchargé d’une bonne partie de son poids, frotte contre mon petit sac ; ca appuie sur mes bras, ce qui me fait forcer, meme dans les quelques rares descentes.

J’avais 6L d’eau hier avant de trouver mon emplacement ; arrivé a la 1ere gargote sur le bord de la Nationale, il m’en reste a peine 50cl. Je refais le plein. La pente continue encore et encore.

J’arrive dans une autre gargote, tout en haut d’une colline, il est deja 14h et j’ai fait a peine une dizaine de kilometres. Il est temps de manger un bout, et pour ca, l’alimentation mexicaine remonte le moral. Je ne peux pas vraiment vous dire ce que je mange parce que c’est nouveau (et que je retiens difficilement les mots espagnols), mais c’est bon ; les sauces piquantes sont toujours placées a part. Merci…

Je demande a combien de kilometres est Oaxtepec. Elle me dit 25 kms, mais c’est que de la descente.
Effectivement, ca y est, enfin. Je vois un panneau ecrit…37 kms… mais ca restera quand meme quasiment 37 kms de descente.

Il est 19h, j’arrive a Oaxtepac. Je dois regler le probleme de ces sacs (encore), me procurer une carte avec relief, laver mes vetements, racheter de la creme solaire, bref, j’ai besoin de 2 nuits d’hotel et sincerement, c’est pas de refus.

L’hotel 3 etoiles (qui en vaudrait 2 en France) accepte la carte de credit. Accueil anglophone timide : la fille prefere m’ecrire plutot que de me parler en anglais. Je m’efforce de parler espagnol, come je peux.
Enfin dans la chambre. Pate, thon, sauce tomate cuisinée au butagaz dans la chambre, pour des questions d’economies. Quand on a pas le choix…

22 Mars 2011
Mexico-Panama : 3eme jour.

Petit dejeuner dans une boulangerie. Ils prennent la carte de credit, mais elle ne fonctionne pas chez eux ; et bien sur, on ne le sait qu’apres consommation. Je dois payer en cash et je viens d’exploser mon budget de la journée.

Je tente a nouveau le coup dans un distributeur. Miracle ! De l’argent sort. Je respire. Il me restait 10 euros a peine en cash.

Aujourd’hui, je regle tout et je repars du bon pied.
Deja, regler les freins. Ils m’ont quasiment lachés dans les 37 kms de descente la veille. Je trouve un reparateur qui, en 2 coups de molettes, remet mes freins en etat de marche.
J’ai aussi besoin de m’alleger encore plus. Je pars a la Poste en leur demandant combien couterait l’envoi de mon gros sac a Panama. Je file ensuite sur Internet pour trouver un hostel a Panama. Je previens cet hotel de mon futur envoi.
Je pars a la laverie deposer mes affaires sales.
Je m’arrete ensuite dans un resto. Ma carte bleue ne passe pas non plus. Il me faudra du cash tout le temps sur moi. Question de securité.
Je retourne sur Internet. L’hostel m’a repondu et sont d’accord pour recevoir mon colis.
Je passe dans une sorte d’office de tourisme. En fait, c’est plutot une famille qui a décidé de faire d’accueillir le peu d’etrangers qui viennent dans cette ville pas vraiment touristique. Ce que je cherche, c’est une carte plus detaillée du Mexique. C’est leur jeune fils qui m’accompagne a pied, dans les rues de Oaxtepec, a la reherche de l’objet rare. Mais meme en demandant aux comercants, personne ne sait. Tant pis. Je le remercie quand meme.
Je passe recuperer mes vetements a la laverie et j’imprime sur Internet mes prochains itineraires. C’est la seule solution pour le moment, mais on trouve Internet assez facilement en ville.

23 Mars 2011
Mexico-Panama : 4eme jour

Je n’ai pas encore été décu par l’alimentation mexicaine. Tot le matin, tu peux trouver en bord de route (ou de ruelle) des petits stands ou ils pressent les oranges devant toi, et te preparent des salades de fruits.

La Poste fermait tot hier, apres un ananas-miel-cereales, je pars envoyer mon sac.
Je me suis dit 2 choses pour ce voyage a vélo :
– Ne pas m’attacher aux choses materielles
– Ne pas trop se focaliser sur Panama

Pour la 1ere « regle », je decide desormais de prendre le strict minimum. Pas d’affaires chaudes, la moitié de mes vetements, pas de quoi dormir a l’exterieur, c’est-a-dire pas de tente, pas de sac de couchage… Ca m’aura bien depanné le 1er soir mais il faut se rendre a l’evidence, je ne peux pas allier vélo et equipement de camping. En tout cas, pas mon equipement a moi (il doit surement en exister des moins emconbrant pour les voyages a velo, mais c’est compliqué a trouver). Maintenant, il faudra que je trouve a chaque fois un hotel pour la nuit. C’est faisable en anticipant un peu.
Je me separe donc de mon sac a dos. J’ai quand meme l’impression de perdre un vieux pote.

Pour la seconde regle, je ne dois pas penser excessivement a Panama, qui est un but trop lointain. Je dois me fixer des objectifs plus reduits, et aller a mon rythme. Le but du jeu dans ce voyage a vélo, c’est comme pour ce tour du monde : tenir dans la durée.

Je decolle. Je suis desormais beaucoup plus leger et je peux desormais monter les cotes « en danseuse ».
Tout va pour le mieux et a present, je peux vous montrer mon vélo dans son etat final :

Mexico-Panama "Expedition Auvergne 2011"

Le siege-bébé est moins rempli ; au niveau des pieds, il y a meme la place pour 2 gourdes. Les gourdes viennent de Washington, offertes par l’hostel (j’avais prevu le coup), mon chapeau vient d’Alice Springs, le reste est mexicain.

La journee s’annonce belle. La 1ere moitié du trajet n’est pas trop ardue.

En montant vers Tetelan del Volcan

La seconde moitié, c’etait plus dur car j’ai décidé de rejoindre Tetela del Volcan avant la nuit pour avoir plus de descente en repartant le lendemain.
Il est 18h, me voici enfin arrivé. C’est un village proche du volcan Popocatepetl que j’aurais l’occasion (sans pour autant l’arpenter) de voir plus distinctement demain. Pour le moment, je trouve un hotel pas cher pour la nuit et je vous ecris ces quelques lignes a propos de ces quelques jours difficiles. Mais les solutions ont été trouvé.

On y va doucement, sans trop forcer, surtout dans ces montagnes, la ou je suis encore pour quelques temps.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (2eme partie)

24 Mars 2011
Mexico-Panama : 5eme jour

Je quitte Tetelan del Volcan au matin. Autant le trafic etait important hier, autant aujourd’hui c’est calme, car j’empreinte des chemins communaux, et pas toujours goudronnés.

De la montagne... C'est beau mais j'avance doucement. Au fond, le village de Tetelan del Volcan que j'ai quitté

J’aimerais bien une petite descente douce jusqu’a l’arrivée, mais non : ce sont des descentes a pic et des bonnes grosses montées en moulinette (quand je ne la finit pas a pied).
Je pensais voir le Popocatepetl de plus pres, finalement, je m’en eloigne. Ce n’est pas du tout ma route.

On l'apercoit tres mal, derriere les 2 collines. Il faut zoomer pour voir que le volcan fume (en permanence depuis 2005)

C’est la 2eme plus haute montagne du pays. Bien qu’etant unvolcan peu explosif, il menace plusieurs millions d’habitants vivant a proximité ; jusqu’a Mexico a l’Ouest et jusqu’a Puebla a l’Est.

Je passe dans de tout petits villages. On ne me reprochera pas de ne pas faire tourner l’economie rurale. Il y a toujours des petits commerces ou tu peux trouver de l’eau, des sodas et des biscuits (heureusement meilleurs qu’en Indonesie) ; un bon reconfort pour le creux de 10h. Je discute avec les commercants, je prends mon temps.

Les gens paraissent toujours froid au 1er abord mais des que tu leur dis bonjour avec le sourire, le leur apparait aussitot et repondent a ton bonjour. Ce sont certainement les plus honnetes gens que j’ai pu rencontrer : ils n’arrondissent jamais au-dessus, il n’y a aucune difference entre un etranger et un mexicain au niveau des prix. Pas de tentative d’arnaque. Ca change de l’Asie.

Je continue d’arpenter les petits villages perchés. A chaque coin de rue, je dois redemander ma route parce qu’il n’y a aucun panneau. Mais il n’y a pas non plus de trafic, et c’est agreable.

Par contre, j’ai toujours du mal a me remettre de mes 2 premiers jours de velo. Mes jambes ne suivent plus vraiment. J’ai trop forcé.

Tochimilco, un village parmi d’autres ; mais celui-ci annonce le debut d’une douce descente. J’ai encore ce probleme de frein, il faut vraiment forcer et finir avec les pieds pour pouvoir s’arreter. Je ne comprends pas pourquoi il y a encore un probleme ace niveau.

J’arrive a Axocapan, le dernier village avant Atlixco, ma ville d’arrivee.

La, je trouve un stand de reparation familial. Il fait chaud, mais un tout petit vent frais m’accompagne depuis que j’ai quitté Mexico. On est sur la rue principale, quelques voitures passent, sans plus.
J’explique mon probleme en 2 mots et 3 gestes. Il s’active tout de suite pour me changer les freins : il part dans l’atelier chercher les accessoires necessaires.
Durant la reparation, un marchand de glace arrive a pied poussant un petit chariot a glaces. Une musique au piano sort du haut-parleur placé sur le cortege, entre 2 parfums. Tout le monde se salue, le vendeur coupe la musique.
Les 2 fils du reparateur se pressent pour acheter leur cornet.
Le papa, assis sur un minuscule tabouret, devisse, revisse, graisse et teste  mes nouveaux freins tout en sifflotant, les mains pleines de cambouis. Il a le coup de main. Moi, je tiens le velo, debout. Il me montre l’etat des anciens freins. C’etait dans un etat lamentable.
Les enfants ont leur glace et retournent dans l’atelier. Le vendeur remet la musique et s’en va, en poussant son chariot.
Le pere se leve du tabouret avec le sourire.
Mon velo est réparé.

Je fais 2 ou 3 kilometres avant de me retrouver a Atlixco vers 16h. Le trajet etait moins difficile aujourd’hui que les jours precedents. Tant mieux, je dois menager mes forces.

J’arrive dans un café-internet pour imprimer les cartes de mes futurs trajets avant que la fille ne m’indique l’hotel le plus proche.

25 Mars 2011
Mexico-Panama : 6eme jour

Ce matin, je prends la Federale (la Nationale). C’est une bonne montée qui m’amenera jusqu’a Puebla.

Les vehicules mexicains ne sont pas tous delabrés, loin de la. Ils adorent les couleurs et les formes ; rondes en particulier, comme les fameux van wolsvagen ou les coccinelle en grand nombre sur les routes. Toutes 2 utilisées comme taxi, minibus (comme les dolmus en Turquie) ou appartenant a un particulier.
Et ils les bichonnent leur voiture. Je les vois les laver, les frotter. Il faut que ca brille.
Par contre, on va eviter de parler de leur maniere de conduire. Ca reste toutefois « raisonnable » si on les compare aux pratiques de certains pays d’Asie.

Je ne passe pas par le coeur de Puebla, seulement sa peripherie ; une zone industrielle sur des kilometres ; et des industries dans ce genre :

J'ai pas pu m'empecher...

Du bruit, des feux rouges, quelques coups de klaxons, rien de bien folichon meme jusqu’a Amozoc, située a 10kms de Puebla: c’etait 10kms de plus en zone industrielle…

26 Mars 2011
Mexico-Panama : 7eme jour

L´hotel ou je suis a l’avantage d’etre situé juste au croisement entre la sortie d’Amozoc et la route qui m’amenera vers ma prochaine destination.. Parfait pour repartir sans se perdre. Je prends l’autoroute. Hier encore, un restaurateur m’avait dit qu’il n’y avait pas de probleme a velo sur l’autoroute ; et avant-hier, c’est la dame du café-internet qui m’affirmait que l’autoroute etait moins dangereuse que la federale.
Tout deux n’avaient pas tort, car les bas-cotés sont beaucoup plus larges que ceux des Federales.

En chemin, je trouve mon jus d’orange matinal. Ou que tu ailles, tu trouveras toujours une gargote improvisée, meme sur l’autoroute, ou les oranges sont pressées a la main.

Aujourd’hui, j’ai décidé de « rouler pour rouler », et me donner l’impression d’avancer. Pour le bruit des vehicules, j’ai trouvé la solution : mes boules Quies ! Ne vous inquietez pas, je les entends toujours arriver.

Au bout de quelques heures, je quitte l’autoroute pourla federale. C’est a ce moment que je me rend compte de la perte de ma gourde bleue, que j’attache d’habitude autour de la taille. Mais pour des raisons d’aisance, je l’avait « fixé » a l’arriere… Ca n’a pas tenu. Tant pis, je ne fait pas demi-tour pour ca.

Plus tard, crevaison ! J’ai de la chance, c’etait a l’entrée de Tlacotepec, une des nombreuses petites villes que je traverse. Je finis a pied sur quelques centaines de metres avant de trouver un stand de reparation.
Ils sont 4 a l’interieur, et… pas vraiment surmenés : 2 sur des mini tabourets, 1 sur un petit divan et le dernier couché sur un hamac. Le premier s’active. Je lui donne ma chambre a air de rechange. Mais au moment de remonter la roue, ils doivent se mettre a 3 pour la visser et refixer le siege-bébé, plutot encombrant.
Ne me demandez pas si j’aurais réussi a changer cette roue tout seul en rase campagne…

Je quitte Tlacotepec. A peine 1h apres ma 1ere crevaison… 2nde crevaison ! La roue avant cette fois-ci.
Je suis, encore une fois, a l’entrée d’unvillage, meme pas sur la carte. En face de cette entrée, au bord de la Federale, un stand de reparation. Re-coup de bol.
Je tombe encore une fois sur une scene de la vie quotidienne ou le pere repare le velo, tandis que la mere et la fille vident un seau de graines de mais dans une machine pour en faire une pate appelée tortilla qui, apres cuisson, servira a faire les tacos.

Je repare. Encore 1h plus tard, la route defoncée me fait perdre mon sac jaune, pourtant solidement attaché. Et je ne l’ai pas entendu tomber. Plus de trousse de santé, plus d’affaires de toilettes, plus de chargeur de pile, de chargeur de camescope, de pastille pour purifier l’eau…
La, je perds beaucoup, beaucoup trop pour pouvoir continuer. Je dois faire demi-tour.
La zone de recherche s’etend sur 1km environ, depuis que la route commencait a etre en mauvais etat. J’avance doucement, je desespere assez vite en verité. Si ca se trouve, je l’ai perdu bien avant. Je n’ai pas verifié si il etait bien derriere moi depuis des kilometres.

Je m’arrete…
A quoi ca sert… Il y a beaucoup de gens a gauche et a droite. On est en ville, et j’ai roulé sur les larges bas-cotés tantot sur la gauche, tantot sur la droite… Je ne sais plus vraiment ou j’ai roulé et si quelqu’un l’a ramassé, mes recherches sont d’autant plus vaines.
Puis, je vois quelque chose de jaune par terre. Je m’approche. Fausse joie, c’est un carton…
Je m’arrete a nouveau. Je suis depité.
Je continue a pied, defaitiste, trainant le velo tres lentement. Je vois encore quelque chose de jaune… non… c’est… si… non encore un cart… c’est pas vrai… personne ne l’a pris, je viens de retrouver mon sac. HEUREUX ! L’aventure continue.

La gourde bleue aura été la seule perte aujourd’hui. Et j’espere la derniere…

2 crevaisons, une gourbe perdue, la recherche de mon sac jaune et pourtant, aujourd’hui j’ai parcouru le double d’habitude : 123 kms.
Il n’y a pas vraiment de secret : sur du plat et de la pente douce, on avance plus vite.

J’entre dans Tehuacan au debut de la nuit. Et ce soir, dans une boutique de telephonie, j’ai la reponse a propos de mon portable australien : il est trop basique pour le debloquer. Traduction : il n’est utilisable qu’en Australie… Donc bon pour le recyclage.

Je prends une nuit d’hotel dans le quartier historique de Tehuacan.

27 Mars 2011
Mexico-Panama : 8eme jour

L’homme a tout-faire de l’hotel m’accompagne aimablement pour trouver un café-internet ouvert le dimanche.
Une fois trouvée, j’imprime mon futur parcours. Ca va monter ces prochains jours…

Je quitte Tehuacan vers 11h et je perds une gourde blanche en chemin.
Marre…

Il faut repenser la fixation. Les gourdes, je m’en fiche, mais je ne veux pas perdre a nouveau mon sac jaune.

Roulons pour oublier…

Pour l'instant, c'est encore du plat...
...et de la descente

L’Etat de Puebla est une belle region et je trouve rarement le temps de prendre des photos. Il faut s’arreter et sortir l’appareil photo du sac a dos a chaque fois. Je ferais l’effort tant que je pourrais.

J’entre dans la Reserva Biosfera Tehuacan-Cuicatlan caraterisée par un relief accidenté…

...et un bon nombre de varietés differentes de cactus au bord de la route comme au sommet des montagnes
Encore aujourd’hui, j’ai un probleme avec le passage des vitesses. Je crois que ca viens de la chaine.
Je ne ferais aujourd´hui que 40kms parce que ca commence a monter, et parce que qu’on est dimanche et qu’il n’y a pas de stand de reparation d’ouvert.
Je m’arrete a Coaxcatlan dans un super hotel refait a neuf. Le vent frais de la journee m’a abandonné, je retrouve la forte chaleur que j’avais laissée en Australie.

28 Mars 2011
Mexico-Panama : 9eme jour

La télé s’allume toute seule a 5h40. J’en profite pour partir tot. Je dois rejoindre Teotitlan, a 20kms, pour faire reparer mon velo.

Bleu-blanc-rouge : je partais pourtant sous de bonnes augures...

…mais en pleine descente, le 2nd socle du pied du siege bébé se démembre, et fait tomber ma gourde. C’est de cette maniere que j’ai perdu la 1ere.
C’etait pratique car je pouvais les attraper tout en roulant. Je remonte la chercher. Il ne me reste plus que celle-ci et une poche de 3L a l’arriere. Pour le socle, je le mets dans mon sac en attendant la prochaine poubelle.

Il commence deja a faire chaud vers 9h et c’est la que mon probleme de passage des vitesses empire, jusqu’au point ou tout le mecanisme arriere se brise. Plus possible d’avancer a velo.
Je suis a 5kms de Teotitlan, et ce sera 5kms a pied… avec quelques rares descentes a velo.
Je me demandais la veille si j’allais vraiment pouvoir rejoindre la montagne aujourd’hui. A present, la reponse est non. La reparation du velo prendra du temps et sincerement, je n’ai plus la force physique et encore moins mentale, pour progresser aujourd’hui.
J’arrive a Teotitlan.

L'ampleur des dégats...

On m’indique un hotel, la ou je pose toutes mes affaires. J’ai parcouru a peine une vingtaine de kilometres, mais je n’ai pas le choix, mon velo doit etre en parfait etat pour les 3 prochains jours dans les montagnes, et si possible jusqu’a Panama (si c’est pas trop demander…).

J’entre dans un stand de reparation. N’imaginez pas que je depense des sommes colossales pour reparer mon velo a chaque fois. La derniere fois, le remplacement de mes 4 freins, a peine plus de 2 euros, main-d’oeuvre comprise.

Le reparateur me confirme que la chaine n’allait pas. Tout le mecanisme arriere est a changer aussi, naturellement.
Je lui demande aussi de resserer mes freins, de couper les pieds du siege-bébé parce que desormais, ils ne me sont plus utiles, et pour des raisons de poids et d’aerodynamisme, j’y gagne.
Je lui demande aussi de me trouver des liens pour fixer mon compteur a velo que je n’ai toujours pas installé, de me donner une vis pour reparer le microphone de mon camescope et enfin, de me donner 2 nouvelles chambres a air. Ici, ca m’aura couté moins de 10 euros tout compris.

VOILA ! Je suis desoprmais on ne peut plus operationnel. Le velo est reparé, il tourne bien, je suis desormais un peu plus leger et je viens d’installer mon compteur pour savoir ou j’en suis dans mes parcours quotidiens. Psychologiquement, ca ira mieux.

Allez, cette fois je suis paré.
Je disais que le 1er jour etait toujours difficile.
En fait, je viens de vivre 9 « premier jour » …

Demain, on attaque les montagnes.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (3eme partie)

29 Mars 2011
Mexico-Panama : 11eme jour

Teotitlan. J’ai dormi toute la nuit les fenetres ouvertes. Grosse chaleur. C’est une bonne raison pour partir tot. Il est 6h30, je decolle. Je dois atteindre les hauteurs avant que le soleil ne cogne trop fort.

Tentation
Souvent, les gens en pick-up me propose de monter avec eux, en mettant le velo a l’arriere. Je serais pas bien ?! Assis a l’arriere d’une chevrolet en admirant le paysage montagneux sans le moindre effort… NON!!! Ce sera a velo du debut a la fin. Sauf en cas d’extreme urgence. Pour l’instant, rien declarer de ce coté.

Ca monte, ca monte... Teotitlan est en contrebas

L’ascension se poursuit tres doucement. Teotitlan etait dans l’Etat d’Oaxaca, mais les meandres des montagnes me font retourner quelques temps dans l’Etat de Puebla.

C’est dans ces montagnes que l’ont trouve beaucoup de descendants mazateques, peuple d’indigenes installés au Nord de l’Etat d’Oaxaca et au sud de l’Etat de Veracruz. La plupart des gens parlent 2 langues : le mazateque – dialecte qui varie de village en village – et l’espagnol.

Il est 10h30, c’est le moment de faire une pause. En pleine montée, je trouve une gargote vendant uniquement des chips et des sodas. Le vent se rafraichit. Il fait suffisamment bon pour ne pas souffrir en roulant. Ca n’arrete pas de monter. A peine 10km et il est plus de midi…

Il est maintenant 13h, me voila arrivé en haut…

...et c'est un paysage magnifique qui s'offre a moi

Je m’arrete quelques minutes ici :

Le genre de baraque qu'on peut trouver sur son chemin. On vend un peu de tout et souvent, on te propose 1 ou 2 menus pas plus

C’est dans ce genre d’endroits que j’aime m’arreter pour un casse-croute. La cuisine est toujours bonne.

Photo assez representative des habitations sud-mexicaines. Les murs sont rarement crépis et le second niveau jamais achevé

La vie rurale, ce sont des champs cultivés, des poules, des vaches…

... des chevaux...

 

...et des cochons qu'on trouve souvent au bord des routes (celui-ci a du entendre une bonne blague)

La suite, c’est une superbe descente jusqu’a 9km avant d’arriver. Et 9km, c’est pas grand chose comparés aux 64kms parcourus aujourd’hui.
Il est 16h30 (j’etais poutant sur d’arriver en pleine nuit) et je prends une nuit dans le 1er hotel de la ville de Huautla.

On est au milieu d'une foret dense...

 

...et on est au frais

30 Mars 2011
Mexico-Panama : 12eme jour

Je quitte Huautla ce matin et je demande a la 1ere personne mon chemin pour la ville de Jalapa. Les mexicains ont le sens de l’orientation mais ont assez peu la notion des distances : soit ils te disent un nombre de kilometres enorme pour rejoindre ta destination (alors qu’il y en a a peine la moitié), soit, comme maintenant, le villageois me dit qu’en 1h30, je serais a Jalapa. Donc je pars a 7h et si j’ai bien compris, d’apres son affirmation, j’arriverais a 8h30. Je sais pas s’il est au courant qu’il y a 60kms de distance entre les 2 villes.

Et ca commence par une petite descente et une bonne grosse montée ; le tout me prend l’heure et demi. Il reste 50kms a faire…
Subitement, toute cette foret et surtout ce climat me rappelle ma journee de VTT en Thailande, vers Chiang Mai : en fait, je commence petit a petit a ne plus sentir la fraicheur des montagnes. C’est un climat que j’avais oublié depuis l’Indonesie ; cette moiteur qui te fais transpirer de l’interieur, de l’exterieur, de partout.

Puis vient LA descente, l’immense descente sur des kilometres et des kilometres. Je dois ralentir tellement que j’en use mes freins. Je comprends maintenant pourquoi le villageois me disait que je serais a Jalapa en 1h30. Effectivement, ca ira plutot vite aujourd’hui.
Je passe de la « haute montagne » (quand on revient du Nepal, tout est relatif) a la moyenne montagne :

Moyenne montagne. Retour definitif de la chaleur...

Je me suis arreté plusieurs fois pour tenter de resserer les freins. A chaque fois, les villageois te demande s’il y a un probleme. Je suis quasiment l’attraction de l’année a voir le peu d’etranger qui traversent leur region de cette maniere. Tu reponds 3 mots, et quoiqu’il arrive, ils restent a coté de toi a te regarder, sans rien dire. Simplement par curiosité.
Destabilisant ? Plus maintenant. Avec l’Asie, j’ai l’habitude d’etre le centre d’interet, tous les yeux constamment rivés sur moi. Ce ne sont pas les memes « codes » qu’en Europe, tu n’es pas obligé de leur parler. Pendant que tu répares, tu peux les ignorer totalement jusqu’au « au revoir » final. Eux ne disent rien et n’attendent aucun dialogue. Ils te regardent, c’est tout.

Les reparations et les pauses, il m’aura fallut tout de meme plus de 8h pour atteindre Jalapa.
Jalapa, c’est un assez grand village de moyenne montagne. Suffisamment grand pour avoir 2 petits hotels.

Je fais changer mes freins dans un stand et reparer la roue arriere, gondolée a cause du poids excessif des 2 premiers jours. Du moins, je crois que c’est a cause de ca…
Quelques gouttes de pluie ce soir. Les premieres depuis Washington.
Il fait lourd.

31 Mars 2011
Mexico-Panama : 13eme jour

Il a fait chaud cette nuit. Le ventilateur dans une chambre d’hotel aussi haut-de-plafond n’a pas suffit.
Aujourd’hui, je quitte definitivement les montagnes pour la plaine.

Voila ce que je quitte...

 

C'etait vraiment eprouvant mais c'etait beau

 

Le decor evolue au fil des heures :

Les vaches, la moiteur, le paysage... des airs de Rajasthan

 

Je tiens a preciser que, pour le moment, je n’ai pas vu encore un seul cliché du mexicain coiffé du typique sombrero, la longue armé d’un pistolet a canon long. Et sincerement, je ne crois pas que j’en verrais.
Tous les mexicains que je croise possedent ce genre de chapeau :

Certains paysans arpentent encore leur domaine a cheval

 

Quant aux armes, les seules que je vois dans leur main sont des machettes utilisées pour le travail des champs.

Sur le chemin, dans un tout petit village, je fais reparer le frein de ma roue avant.
Le papa bricole, la maman, un peu en retrait, assise sur une chaise, fait de la couture tandis que leurs 2 petites filles me regardent fixement avec leurs grands yeux noires. Il repare tout.
Souvent, les mexicains font allusion a Dieu et a la religion. J’entends parfois quelque chose du genre : « Que Dieu te protege dans ton voyage ». Je dis merci pour etre poli.
Aujourd’hui, le pere me demande : « Lorsque tu pries Dieu, qu’est-ce qu’il te dit ? »
Bonne question…

Bref, ce qui m’interesse surtout sur le moment, c’est de lui demander (au reparateur pas a Dieu…) si il a 2 nouveaux pneus de 26 pour moi. Et bingo, il les a en stock. 100 pesos, et me voila reparti.

Il fait toujours aussi chaud et le trafic augmente a mesure que je me rapproche de Tuxtepec, ma ville d’arrivée.
Je demande ou est le centre ville. Un habitant me repond : « ici ». Non, Tuxtepec n’a aucun interet particulier, et pourtant elle a beaucoup de valeur a mes yeux :

1 – C’est ici que je decide de prendre 24h de repos
2 – C’est la fin de la partie « montagne » en ce qui concerne le Mexique
3 – Je peux desormais tourner la page de ma carte routiere et ne plus voir la ville de Mexico. Et croyez-moi, au bout de 13 jours, ca fait plaisir !

Je prends l’hotel le plus proche.

1er Avril 2011
Mexico-Panama : 14eme jour

Une journee toute entiere a ne rien faire ; tres rare dans ce tour du monde.
Je regarde la télé, je dors une bonne partie de l’apres-midi, je vais au resto situé a…5 metres de l’hotel, je regarde a nouveau la télé…
J’ai obligation de faire le minimum de choses aujourd’hui dans l’interet des jours qui suivent ; et je l’ai fais tres bien…

2 Avril 2011
Mexico-Panama : 15eme jour

Je quitte Tuxtepec. Bien remis, en forme.
Je peux faire plus de kilometres aujourd’hui, et c’est le matin que je suis le plus performant : il fait frais et il y a peu de trafic.

Par prevention, on brule des zones entieres de verdure au bord de la route

 

Vers 9h, c’est les 1eres gouttes de sueur a cause de la chaleur. Quelques nuages arrivent parfois au bon moment. Ca reste rare.
Le mieux dans ces cas-la, c’est de ralentir la cadence durant les heures chaudes. Entre 12h et 14h, je trouve des coins d’ombre pour des pauses prolongées ou bien je m’attarde dans une gargote durant le repas de midi. Mais ou que tu sois, meme a l’ombre, tu transpires quand meme. Le climat tropical est bien la…

Durant une quarantaine de kilometres, je passe dans l’Etat du Veracruz avant de revenir a nouveau dans l’Etat d’Oaxaca.
En plein milieu d’apres-midi, c’est la panne d’eau. Effectivement, j’ai mal calculé : j’ai decidé de faire plus de route aujourd’hui sans penser au ravitaillement. Mais c’est aussi et surtout a cause de l’espacement de plusieurs kilometres qu’il y avait entre les 2 points d’eau et d’une chaleur etouffante sur des chemins qui ressemblent, par endroits, a un Paris-Roubaix mexicain.
C’est au bout de 3kms que je trouve un point ravitaillement ; et heureusement, car je n’ai pas croisé grand monde sur la route.

Ce n’etait pas aussi plat que je l’imaginais. Certes, on est sur la plaine, mais c’est une suite de petites descentes et de petites montees qui m’obligent a changer frequemment de vitesse.
J’ai vu gros, trop gros aujourd’hui, pensant que c’etait du plat…

La nuit approche et je ne suis toujours pas arrivé a destination. M’arreter avant ? Pour dormir ou ? Il n’y a rien sur des kilometres.
Il est 18h30, je commence a voir de moins en moins bien. Une demi-heure plus tard, c’est la nuit noire.
Je n’ai pas acheté d’equipement pour la nuit tout simplement parce que j’avais prévu de ne pas rouler la nuit.
La seule raison pour laquelle j’ai conservé mon portable, c’est qu’il me servait de reveil le matin. Cette nuit, je lui ai trouvé une nouvelle utilité. Il fait lampe torche. Il eclaire tres faiblement mais suffisamment pour me prevenir des « nids de poules ».
Les vehicules roulent moins vite durant la nuit et eclairent ma route de temps a autre. Mais juste apres leur passage, je replonge dans la nuit noire… Lorsqu’on a aucune visibilité, le temps passe tres lentement.

Il est 20h, je vois finalement de la lumiere : Maria Lombardo de Caso. Je suis arrivé, et c’est pas trop tot. Je prends le 1er hotel et je peine a marcher, a articuler et avec la puissante lumiere de la reception de l’hotel, j’ai la tete qui tourne. Je m’en remets 5min apres m’etre affalé sur le lit de ma chambre.

J’ai parcouru 119kms sous un soleil de plomb. C’etait trop. Environ 20 kms de trop. Demain, je prendrais mieux en compte le relief. On va revoir un peu a la baisse.

3 Avril 2011
Mexico-Panama : 16eme jour

Changement d’heure. Pas a cause des fuseaux, c’est le passage a l’heure d’été.
Je quitte la tant convoitée Maria Lombardo de Caso.

Une riviere, au petit matin. N'imagine pas la petite fraicheur matinale : IL N'Y A PAS DE FRAICHEUR !

Le vent est sec et le climat tropical me tombe dessus tres tot le matin.
Je multiplie les pauses dans des coins d’ombre, sous les palmiers. Je suis constamment en sueur.
Mais avec mon compteur a velo, j’attends parfois de depasser la « barre psychologique » des chiffres ronds avant de faire une pause. Toute la journee, je fais des calculs.

Il est midi. Le dimanche, presque tout est fermé mais j’arrive a trouver un petit chalet tenue par une dame qui me propose omelette-saucisse-lentille-fromage frais-tortilla. PARFAIT ! Par contre, c’est lourd.
Je fais quelques metres a velo juste apres le repas pour trouver de l’ombre et dormir un peu. J’ai bien prévu le coup aujourd’hui, il n’y aura pas de route de nuit.

Et il n’y en a pas eu. J’arrive a Palomares, au croisement de la federale Ouest-Est et Nord-Sud en plein jour.
La route Nord-Sud, elle, est pour demain.

4 Avril 2011
Mexico-Panama : 17eme jour

Aujourd’hui, c’est jour de grand vent, va savoir pourquoi. Ca a l’avantage de ne pas me faire transpirer, mais j’ai l’inconvenient de l’avoir de pleine face.
Meme dans les descentes, je dois pedaler. Trop de vent pour parcourir de longues distances. Ca tombe bien, je n’avais pas l’intention de rouler beaucoup aujourd’hui. J’ai quelques achats a faire : creme solaire et pommade anti-moustique (les revoila…).

Je parcours seulement 36kms avant d’atteindre la ville de Matias Romero, de trouver un hotel pas trop loin de la federale, de faire mes emplettes et de vous ecrire ces quelques lignes, a environ 700kms au sud-est de Mexico.
Mon voyage avance mais je dois prendre le soin desormais de mieux apprehender les distances.

En tout cas, pas de douleur persistante, tout se repare durant la nuit. Pourvu que ca dure.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Mexico-Panama (4eme partie)

5 Avril 2011
Mexico-Panama : 18eme jour

Je pars a 7h de Matias Romero. Avec le changement d’heure, il fait encore nuit.
L’avantage que j’ai trouvé a partir tot le matin, c’est qu’il y a beaucoup moins de vent. Et j’ai la peche ce matin. Presque 40kms et il est 9h30 (si, pour moi c’est beaucoup !). Je suis a l’intersection entre la federale et l’autoroute Ouest-Est qui longe le Golfe de Tehuantepec.

Une ville un peu plus au sud se nomme La Ventosa (la ventouse) et je viens de comprendre pourquoi : le vent t’aspire vers le large. D’ailleurs, le vent d’hier pour rejoindre Matias Romero n’etait rien comparé a ce qui m’attend desormais sur l’autoroute. Celui-ci vient du Nord et me ramene contre le bas-coté de la voie.

Et on l'exploite ce vent

Je suis obligé de rouler un peu en diagonal mais la poussiere me donne une bonne gifle a chaque rafale de vent. J’avance tres peu. A chaque fois qu’un camion passe, il me coupe du vent brusquemment et me destabilise aussi. La temperature grimpe, le vent me donne soif. Tous les 2 ou 3 kms, je dois faire une pause derriere un arbre, a l’abri. Toute la vegetation a poussé courbée. A chaque fois que je referme la bouche pendant le trajet, j’ai l’impression de croquer un biscuit : la poussiere s’engouffre partout ; jusque dans les rouages du velo. Peu de consequences, sinon que ca grince.

Meme si je ne transpire pas, le soleil de midi cogne. La terre jaune, le silence parfois, et l’aridité du climat m’evoque les sequences mexicaines du film Traffic : la meme « teinte ».

Je decide de parcourir les 12 derniers kilometres d’un seul trait, sans m’arreter. Le vent diminue d’intensité.
Apres 35kms de calvaire, j’arrive a Niltepec, un village en bord d’autoroute, suffisamment en retrait pour ne rien entendre de la route.
Tout est calme. Juste un leger vent maintenant. Le village est a l’arret. Les gens dorment sur des hamacs. J’arrive a l’heure de la sieste. On m’indique un hotel plus loin.
J’entre dans l’accueil, et je trouve le receptionniste… dans son hamac. Je jette un coup d’oeil a l’arriere-cour (ca a l’air joli) avant de lui demander une chambre, et de lui poser une question : est-ce qu’il y aura moins de vent pour la suite ?
Il m’a dit que les kilometres precedents etaient tres venteux (je l’ai bien senti…) ; qu’ici, a Niltepec, il y en a un peu moins ; et qu’apres, il n’y en a plus du tout.
Je fais confiance aux locaux.

J’ai l’apres-midi pour flaner, prendre en photo la cour interieure de l’hotel :

Cour interieure
La tranquilité du lieu

… et pour trainer en ville.

Une ville... a l'arret
Vraiment a l'arret...

6 Avril 2011
Mexico-Panama : 19eme jour

Depart vers 6h30.
Je continue de longer le Golfe de Tehuantepec par l’autoroute. Au sud, la mer ; au nord, les montagnes que je contourne.
L’autoroute est rectiligne et plate sur des kilometres. Je vois ecris : Arriaga a 90kms.
20 kms plus tard, je vois marqué : Arriaga a 50kms…
Ca fait quand meme une marge d’erreur de 20 bornes, c’est pas rien !

Vers 10h, j’ai deja bien roulé. J’ai traversé des villages…

...et des lieux-dits...

Vers 11h, je m’arrete manger un morceau. Quelques metres plus tard, je trouve un arbre et je m’endors pendant plus d’une heure. Il fait trop chaud pour continuer.

Je me reveille en sueur et je trouve plus loin, une petite cabane proposant des tacitos (petits tacos). En fait, je devrais dire comedor ou cocina economica : c’est comme ca qu’on appelle ces petites gargotes familiales.
Je ne suis pas encore vraiment reveillé. Je demande a la dame une tasse d’eau chaude. Dans ce genre de resto traditionnel, le café soluble et le sucre sont deja posés sur chaque table. A toi de doser.

Je reste dans la cucina tres longtemps. Il est 13h, et il fait encore trop chaud pour progresser. Je discute avec la cuisiniere. C’est toujours des bons moments et on arrive toujours a se faire comprendre, surtout quand ce sont les memes questions qui reviennent : en general, les hommes me demandent : ou vas-tu ? depuis combien de jours es-tu parti ? combien as-tu acheté ton velo ? quelles villes as-tu traversé ? ; pour les femmes, c’est plutot : tu as quel age ? tu es marié ? a quel age se marie-t-on en France ? tu voyages tout seul ?

Allez, je repars. Mais ca cogne toujours autant.
Maintenant, je vois ecris : Arriaga a 45 kms. 1 km plus tard, un autre panneau : Arriaga a 46 kms. Tres drole…
Il vont finir par se mettre d’accord…

Comme hier, l’autoroute est tracée droite. Il n’y a pas un nuage et le paysage est toujours aussi sec.
Au loin, je vois une grande etendue d’eau : mirage…

Je prends le soin de m’arreter de temps en temps lorsque je trouve un coin d’ombre mais chaque fois que je bois une gorgée dans ma gourde, c’est comme prendre une tasse de thé… sans thé…

Lorsqu’il n’y a pas un bruit, je les entends. Je ne les vois pas mais je les entends tres bien. Quand on a vu Le Bon, La Brute et Le Truand, c’est un son tres familier qui correspond aux premieres notes de la musique du film : le coyote et son hurlement…

Il est presque 17h j’entre dans l’Etat du Chiapas. Et 17kms plus tard, je retrouve la civilisation : Arriaga.
Je trouve un hotel, juste a l’entree de la ville.

7 Avril 2011
Mexico-Panama : 20eme jour

Hier, j’hesitais. Soit je faisais plus de 125 kms pour rejoindre ma prochaine destination, soit je parcours une vingtaine de bornes aujourd’hui pour rejoindre Tonala, et le reste le lendemain pour Pijijiapan. Parce qu’entre Tonala et Pijijiapan, il n’y a rien. Il y a peut-etre des auto-hotels (hotels generalement en bord d’autoroute) mais rien n’est sur.
Je ne me sens pas de faire beaucoup de kilometres aujourd’hui, je suis dans un hotel excentré d’Arriaga et je n’ai pas de quoi dejeuner. Bon, j’attends 8h que le resto de l’hotel ouvre et je partirais apres pour Tonala.
On va faire cool aujourd’hui.

C’est en attendant ma commande vers 8h15 que je sens une legere vibration. Au depart, je pensais que c’etait le passage d’un gros camion. Puis ca s’amplifie jusqu’a faire vibrer – mais sans bruit – les murs, les vitres, les tables : c’est un tremblement de terre.
Je vois 2 personnes de l’hotel courir a l’exterieur. A peine je me leve de ma chaise que tout s’arrete progressivement. Ca aura duré une vingtaine de secondes.

La télé du resto est sur la chaine des infos nationales. Il faudra a peine 10 minutes pour apprendre que l’epicentre du seisme se situe a Veracruz, bien plus au Nord, et que la secousse a été ressenti jusque dans le Chiapas. Je confirme !
Les cuisinieres occupées, accourent dans le salon et me demandent si ils en ont parlé a la télé. Je leur dis :  » Sismo a Veracruz. 6.5 Richter. No material. No muerto. Nada ». C’est tout sauf une phrase, mais l’essentiel est compris. Effectivement, a priori, pas de degat, meme a Veracruz. C’est quand meme une drole d’impression. C’est comme sentir passer un metro lancé a toute allure 30 cm sous tes pieds, mais sans entendre aucun bruit.

Je repars a velo et je vois les gens discuter de la secousse.

Aujourd’hui, je l’ai dit, pas d’affolement, je parcours les 24kms qui me font arriver sous la chaleur de midi, a Tonala.

Je pars a la cocina d’a coté. Il y a rarement des images sur les menus et je ne pense pas systematiquement a prendre mon dico. Et meme si je demande ce que c’est, je ne suis pas sur de comprendre la reponse.
Allez, je choisis au hasard. De toute facon, je n’ai jamais été déçu.
Le cuisinier m’apporte un plat de crevettes. Genial, ca fait une eternité…
Donc pour ceux, comme moi, qui ne le savaient pas, crevettes se dit camarones.

Je suis maintenant dans une salle Internet et j’apprends que mon sac a dos n’est toujours pas arrivé a Panama. D’apres La Poste mexicaine, ca ne devrait plus tarder…

8 Avril 2011
Mexico-Panama : 21eme jour

Il est 6h30, c’est encore la nuit, je pars pour Pijijiapan, 70kms au sud.

Je m’arrete a un check-point gardé par l’armée. Un militaire me demande ce que je transporte, puis fouille un peu dans mon sac avant de me laisser passer. Il me dit qu’ils recherchent armes, drogues et explosifs. Dans l’Etat du Chiapas, j’ai deja traversé plusieurs check-points de ce genre, et des camions militaires me doublent de plus en plus au fur et a mesure qu’on se rapproche de la frontiere.
Autour des check-points, je les vois ratisser le sol, au cas ou un individu se serait debarassé d’une marchandise trop encombrante…
Ils ont aussi beaucoup de problemes avec l’immigration clandestines, et les camions sont souvent fouillés.

Au bout de 10kms, je m’arrete, seulement pour prendre une photo. Je suis sur un pont de pierre et une voiture s’arrete. Les gens croient souvent que je suis americain. Un pere de famille avec ses 2 filles me demandent ou je vais. Je leur reponds :
– « A Pijijiapan »
– « C’est pas la bonne direction »
– « Si c’est par la » (j’en suis certain)
– « Non, c’est de l’autre coté ; la, tu vas a la mer… »

Je leur dis au revoir, dubitatif.
Je suis sur que c’est la bonne direction. Sur le pont, un jeune me confirme que je suis dans la mauvaise direction. J’ai parcouru 10kms pour rien et je dois refaire 10kms dans le sens inverse.
Il fait beau, tout le monde a le sourire, je suis dans un coin tranquille, on fait pas le Tour de France, je prends tout ca avec philosophie.

J’ai le temps de discuter avec les pecheurs en contrebas.
Non, en fait, je n’ai pas vraiment le temps, j’ai surtout la flemme de faire le chemin inverse et de trop reflechir au fait que je me suis levé a 5h30 du matin pour faire 20kms inutiles.

Donc, pour l’instant, je prefere plaisanter avec les pecheurs :

Ils prennent la pose

Et je reste un bon moment avec eux avant de me decider a repartir. Il est presque 10h30 et je suis maintenant a environ… 3kms de Tonala.
Je remets mon compteur a 0. Par contre, mes jambes, elles, ne sont pas a 0.
Je n’en reviens pas, j’ai traversé ce 1er pont au dessu de la route, a l’entree de Tonala, alors qu’il faisait a peine jour. Je ne suis pas allé verifié si j’ai vraiment loupé un panneau indiquant Pijijiapan. De mon coté, c’est bien marqué et de toute facon, le mal est fait. Allons-y gaiement.

Un rancho traditionnel. J'en vois beaucoup au bord des routes. Derriere, un feu controlé. Du moins, j'espere...

Ca y est, le soleil cogne et je peine a avancer. Le pire c’est que je rajoute 20kms dans ma tete a chaque fois que je regarde le compteur.
Je devrais toutefois arriver avant la nuit, mais moralement, je commence a faiblir.
Puis, au bout de 40kms je vois un panneau ecris : « Hotel a 10kms ».
Bon, calculons. Je devais aller a Pijijiapan pour rester 24h car je voulais faire une pause. Cet hotel, lui, est en plein milieu de l’autoroute. Il n’y a rien autour et ca ne m’enchante guere de rester plus d’une nuit ici.
Puisque je n’ai pas rempli mon objectif du jour, je decale les autres destinations, je gagne un jour et je ferais mes 24h de pause dans 3 jours, a la frontiere.
Allez, on fait comme ca.

Je suis maintenant dans cet hotel-de-bord-d’autoroute, et de l’autre coté, une cocina. J’avale mon plat a toute vitesse parce que je me fais bouffer par les moustiques. Il a fait chaud cet apres-midi : environ 36 degres.
En fait, c’est a peu pres la meme temperature tous les jours.

9 Avril 2011
Mexico-Panama : 22eme jour

Je reprends l’autoroute. Cette fois, impossible de se perdre. Je me suis levé a 5h30 du matin, et ce n’est pas pour rien.

Quelques gouttes de pluie. Precipitations pas tres abondantes, mais suffisantes pour enfiler le K-WAY et recouvrir mes affaires du siege-bébé avec un pancho. Aux 1eres lueurs du jour, plus un seul nuage, mais il ne faudra pas oublier que le facteur-pluie peut entrer en jeu a tout moment car le mois d’Avril est, pour la quasi-totalité des pays d’Amerique Centrale – et du Sud du Mexique – le dernier mois de la saison seche. Souvent, les gens me disent qu’en Avril c’est le mois incertain : beau temps ou pluie.

Je poursuis ma route.
J’apprecis les gens lorsqu’ils me disent bonjour, meme en criant. En pleine montée, je n’ai pas la force de leur repondre ; sur le plat et la descente, pas de probleme. La seule chose que je trouve insupportable c’est que, parfois, ils te sifflent. Je trouvais ca vraiment impoli mais j’ai remarqué que c’etait non seulement pour attirer ton attention ou t’appeler – meme lorsque la personne est a quelques metres de toi – mais aussi pour te saluer.
Dans les 2 cas, j’ai vraiment du mal avec ce « code », surtout lorsqu’ils sont de l’autre coté de la route ou meme assis a la table d’en face. Qu’ils n’esperent pas un sourire de ma part a ce moment, desolé.

Il est midi, j’ai parcouru plus de 50kms. Coup de fatigue.
Je dors a l’ombre d’un arbre durant plus de 2h. Tant pis pour les serpents, les lezards et les tarentules que je vois souvent trainer au bord de la route.

Ça se couvre

Au bout de 75kms, je m’arrete dans la toute petite ville de Sesecapa. Elle est un peu en contrebas et je me demande pourquoi elle apparait sur ma carte routiere. Je tente le coup pour un hotel, mais une fois arrivé en bas, on me confirme qu’il n’y en a pas ici.

Je dois faire 20kms de plus, puis encore 3 ou 4 kms en retrait de l’autoroute pour rejoindre Escuintla.
Bingo ! Avant meme d’entrer dans la ville, je vois un panneau publicitaire indiquant un hotel dans cette ville.
Je peux prendre une photo sans m’inquieter de la nuit qui tombe :

On est a 5kms d'Escuintla, pas de route de nuit pour aujourd'hui

L’hotel est en plein centre-ville. Apres avoir posé tout mon packtage dans la chambre, le comedor du coin me sert des tacos viande-radis !

Il est maintenant 22h30, je tombe de sommeil.

10 Avril 2011
Mexico-Panama : 23eme jour

Puisque j’ai fait 20kms de plus la veille, j’en ferais moins aujourd’hui ; et ca tombe plutot bien car mon vélo necessite une reparation : ma roue arriere est encore gondolée car quelques rayons sont cassés.

Je quitte Escuintla vers 8h du matin pour faire 33kms jusqu’a Huixtla, une ville de 30000 habitants.
On m’indique un stand de reparation tenu par une bande de jeunes, ou plutot, un seul jeune entouré de ses potes qui n’ont pas grand chose a faire le dimanche.
Il est midi, j’ai tout mon temps. Un des jeunes me demande si on change les rayons pour 30 pesos.
Je lui dis :
– « 30 pesos par rayon ? »
– « Non, pour tous »

A ce prix la, allons-y, autant avoir du tout neuf avant d’attaquer un nouveau pays.

Je trouve l’hotel Don Quijote.
Au moment de sortir manger vers 15h, c’est l’averse. Et c’est vraiment la 1ere fois qu’il pleut vraiment a plein torrent.
J’ai de la chance, cette apres-midi, je ne roule pas.

Huixtla, apres la pluie

Mais j’ai peine a croire que j’eviterais la pluie sur la route jusqu’a la fin de l’expedition…

11 Avril 2011
Mexico-Panama : 24eme jour

Cette fois, c’est sur, c’est mon dernier jour de velo avant de prendre 24h de repos.
Depuis 7 jours que je longe le Golfe de Tehuantepec, l’air est un peu plus frais le matin.
L’océan est encore trop loin pour que je puisse sentir l’air marin. C’est prevu, je m’arreterais voir la mer en temps voulu, mais pas au Mexique.

Surtout que le Mexique touche a sa fin. Je pars au levé du soleil pour atteindre, 40kms plus tard, la ville de Tapachula. Je la traverse assez rapidemment pour prendre une toute derniere autoroute, celle-ci en tres bon etat, qui me conduit jusqu’a Ciudad Hidalgo : la derniere ville avant de passer la frontiere.
Cette frontiere, je la garde pour apres-demain. Je n’ai pas fait de grande pause depuis 10 jours et je sens quelques courbatures bien persistantes.

L’hotel que je choisis est moyen, mais contrairement a celui d’Escuintla, je n’ai pas encore ecrasé un seul cafard.

En prevision pour apres-demain, j’interroge le receptionniste car les panneaux sont rares. Litteralement, ca fait :
– « C’est quelle direction Guatemala ? »
– « La ville ? »
– « Non, le pays… »

12 Avril 2011
Mexico-Panama : 25eme jour

Journée a ne rien faire. Du moins la matinée.

A l’hotel, il y a tres souvent les chaines satellites ou tu peux voir des bons films en VO (sous-titrés espagnol). Par contre dans les comedor, les mamas ne te laissent pas le choix. C’est LEUR programme et le grand retour (depuis l’Indonesie) des series niaises ou Maria vient de quitter Pedro pour José…

En ce debut d’apres-midi, je me rends sur Internet pour vous ecrire la 4eme partie de cette expedition.

Mais avant de quitter le Mexique, je tiens a dire une chose sur ce pays : Venez !

Je sais que le Mexique a mauvaise reputation particulierement a cause de la lutte armée contre les narco-trafiquants dans le Nord du pays ; mais le Mexique a bien des atouts.
Il n’est d’ailleurs pas loin de devenir, un jour, un grand pays, j’en suis sur. Il y a plusieurs choses qui me font croire cela : l’education est la (et croyez-moi, ca se ressens lorsqu’il n’y en a pas), les prix sont fixes, les infra-structures ne sont pas trop mauvaises, l’hygiene est presente (oubliez le cafard d’Escuintla, c’est le seul que j’ai vu !), les sites touristiques sont nombreux, notamment a Mexico et dans le Yucatan. Et sa population, l’une des plus aimable que j’ai pu rencontrer.

Alors venez sans crainte, le pays a besoin de tourisme.
C’est ce que je retiens de ses 28 jours passés au Mexique.

Demain, direction le Guatemala.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Le choc à l’envers

7 Decembre 2010

Apres une courte nuit passee sur un banc de l’aeroport de Jakarta, je verifie une derniere fois le contenu de mon sac avant la fouille ; ce que je conseille, au passage, a tout le monde de faire avant de franchir chaque frontiere, histoire d’etre sur. Entre 5 minutes de verif’ et une eventuelle perpetuite, le choix est vite fait.
Je prends l’avion.

Mais ou sont donc passes les australiens qui sont censes rentrer chez eux ?
Je n’en vois qu’un, le reste etant des balinais…
Ce que j’ignorais, c’est que nous transitions a Denpasar, la capitale de Bali. Bali, mais c’est bien sur ! Ils sont tous la et l’immense majorite des touristes australiens (et d’ailleurs) qui partent a Bali, restent a Bali durant tout leur sejour. C’est bien dommage, mais c’est ici que je les retrouve au complet. Tu les reperes de loin, une bonne proportion de blonds ; un peu plus que la moyenne…

L’avion decolle pour atterir quelques heures apres a Perth, au Sud-Ouest de l’Australie. L’Australie !

Mais avant ca, passage et fouille tres minutieuse de mon sac. La nourriture exportee est controlee : cafe de Bulgarie, sucre et pates de Turquie. Pas d’aliments « a risque », je peux prendre le bus en direction du Beatty Lodge, une auberge de jeunesse. Je vois Perth a travers la vitre, et tout ce que je peux dire… et ben… c’est que c’est pas l’Indonesie…
Il y a des panneaux d’indications partout (ecrit en vert sur fond blanc), pas un papier qui traine, les routes et les trottoirs sont larges, pas un coup de klaxon, on respecte les feux rouges, on a l’impression que les voitures viennent de sortir de l’usine. Lunettes de soleil, bermuda, tee-shirt ou chemise deboutonnee, tatouages et cheveux longs. Pas tous, mais une chose est sure, on s’habille de maniere beaucoup plus decontractee qu’en Indonesie.
On ne crache pas, on ne se mouche pas avec les doigts, on ne met pas les pieds sur les sieges, on ne fume pas dans les lieux publics, on entend plus le muezzin qui, j’avoue, meme si je respecte les religions, devenait vraiment lourd a entendre 5 fois par jour dans des hauts-parleurs souvent surpuissants ; mais surtout, fini les films a l’eau de rose et les chansons niaises que je me tapais depuis la Turquie.

Tout redevient clair et comprehensible pour s’informer, se deplacer. Les prix sont fixes (vallait-il la peine de le preciser…). Finie la chaleur tropicale.
A Perth, c’est l’equivalent d’une belle fin de printemps en France ou un mois de juin a peine trop chaud. On respire, l’ocean indien n’est pas loin.

Fini, plus personne ne me regarde en riant ;  et avec les cheveux longs, je passe ici pour un veritable australien.
Le bus passe de la musique americaine. Non, pas les Beach Boys, mais avec ce soleil sans nuage et toutes ces tenues decontractees, ca s’y preterait bien n’empeche !

J’ai connu une transition brutale entre la Turquie et l’Inde.
Le choc a l’envers, ca existe ? Oui, ca existe, et c’est prendre le vol Jakarta-Perth ; c’est passer d’un bateau de peche accroupi a manger du poisson avec les doigts et me retrouver dans un bus climatise sur une autoroute a 5 voies entoure de surfeurs ; c’est quitter le monde oriental, ses coutumes, ses traditions vieilles de plusieurs siecles pour trouver un pays jeune avec une culture occitendale, la tienne. Je m’y sens bien, forcement, c’est la culture que j’ai toujours connu… Par endroit, j’ai l’impression d’etre revenu en Europe.

J’ai reserve le Jakarta-Perth le 21 juillet dernier car il etait obligatoire d’avoir un billet de continuation pour obtenir le visa indonesien ; et je n’en reviens pas d’etre ici le 7 decembre 2010, exactement a l’endroit ou je devais etre apres avoir traverse 11 etats. Pas d’avance, pas de retard, je suis pile-poil dans les temps pour ce 12eme pays.

Le bus de l’aeroport me depose non loin du backpacker (auberge de jeunesse). C’est immense a l’interieur. Il y a toutes les nationalites. Je croise un couple de francais. Ils sont en Australie depuis 3 mois. La fille me demande : « et toi ? »
– « Moi, je viens juste d’arriver, je reviens de 35 jours de voyage en Indonesie »
– « Ca se voit a tes yeux »
– « … »
– « T’as l’air fatigué »

Elle a raison. Elle a bien raison la petite francaise, je suis epuise. Le choc des cultures reste difficile a encaisser, et la fatigue te fait perdre la capacite a apprehender rapidemment cette nouvelle facon de vivre : a l’australienne.
Que ce soit le passage vers un pays pauvre ou vers un pays riche, les transitions aussi brutales te font perdre un peu pied.
La meilleure chose a faire pour le moment ? dormir…

8 Decembre 2010

Je me reveille dans le dortoir prevu pour 6 personnes. Australiens, neo-zelandais, allemands. On n’a pas le temps de tous se presenter. On se croise, on s’apercoit ; le backpacker est tellement grand.

Frisson du matin
Voila un commentaire que je voulais laisser depuis un certain temps.
Quand on decide de faire un tour du monde, changer constamment d’endroit nous amene parfois a rechercher un minimum de reperes a chaque etapes, des choses qu’on a toujours connu. Ca n’a rien a voir avec le fait de rester toute une annee au meme endroit dans un pays etranger ou les reperes se trouvent assez rapidemment. Dans mon cas, les gens changent, les villes changent, les cultures changent. En remplissant les feuilles de reservations d’hotel, je mets parfois plusieurs secondes pour me rappeler du nom de la ville d’ou je viens, de celle ou je suis, et de celle ou je compte aller.
Il arrive meme que la nuit, tu reves de l’Inde ou de la Thailande et tu te reveilles le matin en te demandant : « Je suis ou deja ? » « Ah oui c’est vrai ». Tu te demandes : « Comment se fait-il que j’ai mis autant de temps a savoir ou j’etais ? »
C’est ca qui peut etre effrayant, ce sont ces quelques petites secondes ou tu te sens perdu, a la fois partout et nulle part. Tu sais que tu es dans un pays etranger, mais lequel ?
Il n’y a qu’en changeant frequemment d’endroit qu’on peut avoir ce genre de petit « frisson du matin ».
C’est difficile a expliquer. Il faut vraiment le vivre pour le comprendre.

 

Je commence par visiter le quartier autour du backpacker. La ville est calme. Ma « transition culturelle » se fait du coup plus en douceur.

On est bien loin de l'Indonesie...

J’ai beaucoup de choses a faire. Creer un compte bancaire pour eviter de payer des taxes tres lourdes a chaque paiement, reparer mon camescope, rapatrier quelques affaires en France, determiner mon futur trajet dans cet immense pays et acheter du materiel de camping. Et oui, c’est reparti pour le camping. Il y en a enormement en Australie et dans des coins superbes parait-il.

Je rejoins le centre-ville. Tout est grand, tout est propre.

Perth

Beaucoup d’illuminations. Comme en Sulawesi, on chante l’approche de Noel sous le soleil.
J’en profite pour acheter une partie de ce dont j’ai besoin ; notamment un guide de tous les camping d’Australie. C’est de cette facon que je compte essentiellement voyager.

Je devais rester 2 jours a Perth, mais il me faut 2 jours supplementaires pour profiter vraiment de cette ville et de l’Ocean Indien qui est a 2 pas.

9 Decembre 2010

Ce matin, super beau temps et pas un nuage a l’horizon.
Je passe la matinee dans Perth a rechercher les 2 ou 3 choses essentielles avant de partir pour de bon.

Une ruelle de Perth

J’entends encore les 50-60 ans me dire : « En France, dans les annees 60-70, il n’y avait qu’a se baisser pour trouver du travail ». Pour ma generation, c’est inconcevable.
Mais ici, en Australie, je vois partout des offres d’emplois. Tu veux un job ? Tu trouves un job. Il ne te convient pas ? T’en trouves un autre sans aucun probleme. On peut vraiment le dire : il n’y a qu’a se baisser.
J’ai l’impression qu’on construit un nouveau pays et je suis pas loin de la verite. 2 habitants au kilometre carre, tous les secteurs recrutent. Des grues, en veux-tu, en voila. L’Australie n’a pas connu la crise et on vient du monde entier pour travailler.
Plein-emploi et consommation de masse.
Le pays est tout neuf. Gym, body-building et quelques « beaux bebes » : un pourcentage d’obesite assez eleve. C’est les Etats-Unis de l’hemisphere Sud.

Les australiens sont vraiment sympas. Il faut souvent tendre l’oreille parce qu’ils n’articulent pas, mais sans ca, ils sont vraiment cool. Cool, cool… c’est un mot qui revient souvent ici. On peut le placer a peu pres n’importe quand.
On ne dit pas « hello », on dit : « Hi, man ». A la caisse, ils te disent a chaque fois : « How are you today? ».

En gros, pour un francais, tu entres en Australie comme dans un moulin, tu as le soleil, les plages, les blondes (et oui, s’il y a des blonds, il y a aussi des blondes), on t’offre du travail, et tout ca, avec le sourire.
Pour trouver ton chemin, c’est comme a Manhattan, c’est a l’angle entre la rue machin et la rue truc. Tout est trace a la regle… et a l’equerre. Que des routes perpendiculaires avec des bons angles droits.

Je finis de faire mes achats pour ma traversee d’Australie et je repare mon camescope.

10 Decembre 2010

Je passe la fin de matinee dans Perth, je parviens a ouvrir mon compte australien et je file l’apres-midi a Fremantle, la banlieue Ouest de Perth, une ville au bord de l’ocean.

Fremantle - ca fait quand meme penser a Disneyland par endroits

A la plage, pas de surfeurs, mais le coin est sympas.

Plage de Fremantle

Demain, c’est le grand depart pour l’Australie central. Les distances sont immenses… Ca s’annonce long, mais ca promet de bonnes rencontres avec tous ces habitants qui ne vivent pas au bord de la mer. Et oui, il y en a…

On va sortir un peu des cliches en partant dans le coeur de l’Australie.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

La clé du voyage

11 Decembre 2010

Faux depart. Je suis toujours a Perth et je me reproche de ne pas avoir suffisamment apprehendé les distances : l’Australie est bien moins une ile ou un pays qu’un CONTINENT !
J’ai un billet de train entre les mains – depart prevu pour demain – , et je m’interroge, car ce billet ne m’amenera pas vraiment loin, dans une petite ville et pour un prix assez elevé.
La traversee d’Ouest en Est coute enormement d’argent.
Je dois trouver une autre facon de voyager…

Je decide de rester dans Perth, mais dans un autre backpacker, en centre-ville, la ou les gens sont nombreux et pourront chacun m’eclairer sur la meilleure facon de voyager. C’est ca, ou atterir dans une ville de moindre importance qui offrira beaucoup moins d’opportunites.
J’entends parler de differentes facons de voyager. Certains restent sur place et prennent l’avion pour la cote opposee. Moi, ca ne m’interesse pas, je veux traverser l’Australie sans tricher. On me dit alors de poster des annonces sur Internet et de demander autour de moi, a l’interieur du backpacker, pour partir a plusieurs.
C’est ce que je fais, je publie des annonces, j’affiche un message a l’accueil du backpacker et j’attends.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’un resident. On passe une soiree arrosee (voire tres arrosee pour certains) pour l’occasion. Et ca tombe plutot bien apres tous les dilemmes que j’ai a surmonter.

12 Decembre 2010

Etre a l’heure australienne, c’est avoir un permis de travail (pour plus tard), c’est fait ; un compte en banque, c’est fait ; et un numero de portable australien, pour etre joignable. Procedons par etape.
Je retourne a la gare pour me faire rembourser mon billet de train, je passe a la boutique de telephonie pour mon nouveau numero et je retourne au backpacker : pas de reponse affichee au mur. Personne n’a l’air interesse. Je consulte Internet ; pas de reponse non plus. En plus de ca, on est dimanche, c’est un peu mort…
Je traine dans les rues de Perth. L’Apple Store est ouvert et internet y est gratuit.

BINGO !

En consultant les autres annonces, un allemand possedant un van cherche des covoitureurs pour partager les frais. Il est sur Perth et une partie du voyage qu’il a programmé m’interesse. Je peux desormais telephoner avec mon numero local.
Il est d’accord. Ca y est, mon veritable depart est prevu pour demain !

13 Decembre 2010

C’est avec 1 allemand et 1 allemande egalement que je ferais une partie du voyage. Steffen et Karin.
J’ai regle toutes mes affaires en cours et j’avoue que pour ce 6eme jour a Perth, c’est pas trop tot pour partir…

Il est un peu plus de 17h. Je me place a l’angle de Wellington Street (la rue principale) et de William street.
Ils arrivent dans un van que Steffen a amenagé. Steffen a 21 ans et a travaille durant 7 mois dans la region de Perth. Il a pu mettre de cote pour acheter ce van et partir vers l’Est. Karin a 30 ans, et deja 1 an qu’elle est en Australie, enchainant les boulots.
Lorsque les europeens viennent ici, c’est generalement pour y rester 1 annee entiere : voyager puis travailler, puis re-voyager puis re-travailler…

Pour notre 1ere destination, nous partons en direction de Bunbury. Je leur prepare un the (ce que j’ai herite de l’Asie) puis nous nous rendons a la plage. Eux dorment dans le van ; moi je lance ma tente juste a cote, a l’abri du vent.

14 Decembre 2010

Je pense avoir trouve une bonne facon de voyager en Australie.

Bunbury
Avec vue sur l'Ocean Indien

L’entente franco-allemande est bonne pour ce 2eme jour. Pas de prise de tete. Personne ne semble pressé alors on prend notre temps.

Nous partons pour Margaret River plus au Sud. Un long arret s’impose pour nettoyer les vetements et organiser l’interieur du van. Steffen n’a pas eu vraiment le temps d’installer tout son materiel. Voyager a 3 exige un minimum d’organisation.
Nous repartons pour a peine quelques kilometres de plus, au bord de la cote. On trouve une table le soir pour cuisiner et de discuter de tout : de l’Allemagne, de Berlin, de l’Inspecteur Derrick, de Tokio Hotel et du groupe Scorpion ; de Paris, Nice, Cannes, Monte-Carlo, de la Corse et de la raison pour laquelle les francais sont plus nuls que les allemands en anglais. Et on a toujours pas la reponse… Neanmoins, de mon cote, je me rends compte des progres que j’ai realise depuis ma rencontre avec les allemands et les hollandais de Budapest.
Puis vient la nuit, un peu fraiche avec ce vent. Je trouve un bon emplacement sous les arbres juste au bord de la plage. Steffen et Karin restent en haut, sur le parking.

15 Decembre 2010

Encore une belle journee bien ensoleillee. Le seul hic, c’est les mouches. Il y en a vraiment partout, en ville comme a la campagne. C’est comme ca dans toute l’Australie et ca rend fou par moment.

Plage de Margaret River

Karin me dit que ce matin, les flics les ont reveille, leur disant qu’il est interdit de « camper » dans la voiture. 100 dollars d’amende ont ete evité de justesse. En revanche, s’ils m’avaient vus en contrebas, l’amende, on l’aurait eu, c’est certain.

Nous partons pour quelques kilometres en direction d’une plage ou Steffen, qui vient de s’acheter une planche, tient absolument a surfer. Arrive sur place, ils sont stupefait par la hauteur des vagues. Des championnats ont lieu chaque annee a cet endroit.
Ils me demandent si j’ai deja vu des vagues aussi importantes.
En bon francais et sans mentir, je leur reponds qu’on a les memes a Hossegor.

Nous repartons pour Augusta, la pointe Sud-Ouest de l’Australie.

Augusta
La pointe d'Augusta

Nous partons pour une autre destination, Pemberton, a l’Est ; et le Gloucester Tree, l’arbre le plus haut du Parc du Gloucester National Park, mais egalement l’arbre arpentable le plus haut du monde : 73m de haut et 153 barreaux a monter.

Gloucester Tree avec Steffen

A la cime, une superbe foret qu’on appelle le bush.

Karin restee en bas

Plutot que de risquer une autre viste des flics dans un endroit interdit au camping, je propose a Karin et Steffen un camping gratuit vers Walpole, plus a l’Est. Le seul probleme, c’est qu’on ne le trouve pas, que la nuit tombe, qu’on est en plein milieu d’une foret qui n’en finit pas et qu’on a presque plus d’essence.
On tombe finalement sur un camping mais pas le bon. Celui-ci est payant. Pas le choix, c’est ici qu’on passera la nuit.

16 Decembre 2010

Nous partons en direction du Parc National de Walpole, cette fois-ci, de jour.
En fait, l’Australie est tellement jeune qu’elle ne possede pas vraiment d’edifice vraiment interressant. J’entends par la que tout ce qui vaut le detour en terme de patrimoine religieux, militaire, administratif… est forcement recent dans ce pays tout neuf. Le passe n’est pas reellement charge d’histoire.
En Thailande, on visite un temple bouddhiste datant de plusieurs siecles. En Australie, on prend en photo surtout les buildings.
Du coup, les australiens se rattrapent avec leur patrimoine naturel : cotes, plages, forets, animaux…

Le Parc National de Walpole, c’est une foret tout simplement, a laquelle on a rajoute des passerelles metalliques bien moches pour voir les arbres d’un peu plus haut. Rien de bien excitant. L’entree coute 10 dollars, Steffen et Karin decident d’y aller. Moi, je reste a l’entree. C’est trop cher, il n’y a rien a voir et c’est une usine a touristes… L’Inde, la Thailande et le Nepal m’avaient habitue a d’autres formes de visites et sans forcement suivre un parcours pre-etablis.

La suite est tout aussi « drole ». Nous nous rendons au bord d’une plage pour voir soi-disant une pierre en forme d’elephant.

Elephant Cove - C'est celle du milieu...

Ca me fait rire parce que les gens font des kilometres pour s’y rendre. Nous, heureusement que c’est sur la route menant a l’Est car je n’aurais pas fait 500 kms de detour pour m’y rendre.
Bon d’accord, ne soyons pas trop negatif, c’est vraiment sympas pour une balade du dimanche et la cote qui borde les plages est vraiment jolie.

La cote

J’attends quand meme le jour ou ils trouveront le rocher en forme de chien, de chat, d’ours et pourquoi pas, de kangourou !
Bon, c’est vrai, ce sont parfois mes gouts de luxe venant d’Asie qui reprennent parfois le dessus. Allez, j’arrete, mais c’est bien parce qu’aujourd’hui n’est pas un jour comme un autre :

4 mois !

Steffen et Karin me deposent a Denmark, dans un backpacker avec acces a Internet, mais la nuit tombe tres vite. Je leur dis que j’en ai pour un bon moment. Et finalement, je decide de prendre une nuit dans ce backpacker pour rediger tranquillement ces quelques lignes pour qu’eux, puissent trouver un bon emplacement pour dormir tant qu’il fait encore jour. En esperant qu’ils viennent me recuperer demain…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Grande vadrouille

17 Decembre 2010

Steffen et Karin me recuperent comme prevu au backpacker de Denmark.
Nous traversons le bush et des champs immenses. A certains endroits, les terres ont brulees.
Plus de 550 kms separent Denmark d’Esperance, plus a l’Est ; et si on regarde une carte d’Australie, ce qu’on a fait n’est pas enorme.
Neanmoins, on s’arrete.

La bonne education
Meme lorsque c’est a mon tour de passer a l’arriere du van, Steffen et Karin font toujours l’effort de parler anglais, au cas ou je m’insere dans la conversation. Ils ne parlent finalement que tres rarement l’allemand. Et pour ca, je les ai remercié.
La preuve, ce soir, on rencontre des francais de notre age qui, eux aussi, voyagent en van. On tente quelques mots d’anglais pour que tout le monde comprenne mais au bout de quelques secondes, ca devient risible et ca finit par quelque chose du genre : « Ah bah yes ! ».
C’est comme ca, on creve d’envie de placer un petit : « c’est pas donné », « ca fait pas un pli », « j’en mettrais pas ma main au feu » ou bien « le fond de l’air est frais » mais on ne sait pas le dire en anglais, ou alors, ca ne se traduit pas, tout simplement. Qu’est-ce que vous voulez, l’anglais est trop fade pour nous, et la langue francaise, trop riche en expression pour se retenir de la parler (COCORICO!!!).
Je m’excuse quand meme aupres de ma communaute germanique qui n’ont evidemment rien compris a la conversation.

J’avais l’opportunite de partir avec les francais mais j’ai refuse car je ne parlerais plus anglais apres ; et ce serait dommage.
Je ne veux pas choisir la facilite. Et puis, question de cohesion franco-allemande : on commence ensemble, on finit ensemble.

18 Decembre 2010

Apres une nuit sur un parking de gravier, non loin de la plage, nous restons le matin a Esperance pour quelques achats.

Esperance

L’apres-midi, nous la passons au Cap Le Grand, 60 kms plus a l’Est.

Parc National du Cap Le Grand
En direction du Cap Le Grand

On y trouve d’etranges varietes de plantes :

Flore locale

C’est surtout un superbe paysage qui s’offre a nous.
Nous nous dirigeons vers Lucky Bay – toujours a l’interieur du parc –  elue plage la plus blanche du Western Australia.

Lucky Bay

Et pour terminer, et la encore c’est encore risible, nous terminons par le Whistle Rock (le rocher qui siffle). C’est finalement un gros caillou qui ne ressemble pas a grand chose et qui ne siffle meme pas malgre la presence du vent.
Ils pourraient s’abstenir de mettre des panneaux d’indication lorsqu’il n’y a absolument rien a voir…

Neanmoins, c’etait une superbe journee, avec au retour, de nombreux kangourous occupant les champs.
Nous laissons Karin dans une auberge de jeunesse (besoin urgent de confort). Je reste avec Steffen sur une table exterieure au bord de la plage. Il ouvre une bouteille de vin blanc. Il fait moins de 15 degres, on trinque dans le van.
On sort ensuite dans un pub-karaoke. Il y a une vingtaine de tele au mur, toute diffusant le meme clip ou alors une partie de cricket. L’ambiance est a la biere, mais les gens se tiennent bien. Les australiens ne sont pas de nature violente.
N’oublions pas que c’est le pays des gens cool !

19 Decembre 2010

Apres un petit dej’ au bord de la mer, nous partons a 2 vers l’Est.
Mais sommes-nous prets a affronter l’immensite de…

 

nullarbor

…Nullarbor Plain
La Plaine de Nullarbor, c’est une immense region calcaire semi-aride de la grande baie australienne, au sud, qui occupe une superficie de 200000 kms carres. Les aborigenes l’ont appeles Oondiri (« sans eau »).

Et on s’apprete a la traverser pendant plus de 2000 kms !

Au supermarche du coin, en posant la question : « De quoi avons-nous besoin pour traverser Nullarbor ? »
Il nous repond en riant : « FUEL ! »

Les stations ne seront pas nombreuses. Chaleur, faible trafic, pas de reseau telephonique, tres peu point d’eau : une panne peut s’averer tres dangereuse dans Nullarbor.

Apres un plein d’essence, 40 l de securite en jerricanes, l’achat de 30 litres d’eau et un au revoir a Karin qui a decide de rester un peu plus longtemps sur Esperance, nous partons vers 14h pour Norseman, 200 kilometres au Nord, point de depart pour cette longue traversee.
Nous passons d’abord le bush, a perte de  vue.

En direction de Nullarbor Plain

Un petit tournant de temps en temps, mais qui laisse tres vite place a de longues lignes droites, tres longues…
De bas coniferes bordent la route sur des centaines de kilometres. La terre est rouge brulante. On frole les 30 degres.

Steffen est le seul a conduire, je n’ai pas fait fait la demarche de prendre mon permis international avant de partir ; mais, ce n’etait pas une condition pour que j’integre ce covoiturage. Pour autant, il va devoir avaler des milliers de kilometres sans relais. Ca n’a pas l’air de le deranger.

Un allemand et un francais ecoutant les Doors, fenetres ouvertes, installes confortablement dans un van, tout en parcourant l’Australie. Tout ne peut qu’aller ! Pour le moment…

Car apres 375 kms de route depuis Esperance, nous arrivons a Balladonia. L’essence coute horriblement chere, meme en la partageant. Mais avons-nous le choix ?

A partir de Balladonia, nous entrons veritablement dans la plaine de Nullarbor. Et la plaine, et bien… c’est plat…
Et pour commencer, une bonne ligne droite de 160 kms, le record du monde !
Vegetation epineuse, nettement plus basse, et hautes herbes jaunatres sur tout le chemin… et a perte de vue.

Au bout de quelques dizaines de kilometres, on s’arrete sur une aire de repos, au milieu de rien. Pas un bruit, pas un nuage. Si il fait une trentaine de degres l’apres-midi, la nuit, ca descend jusqu’a une dizaine de degres seulement.
On se fait des sandwichs, des pates et du cafe pour cette longue route que nous reprenons.
Il fait nuit noire desormais et le van poursuit sa route sur cette ligne droite interminable.

Steffen me conseille d’aller dormir a l’arriere du van au cas ou il souhaite etre relayé durant la nuit.
Pourquoi pas.
Il est 20h30, je ferme les yeux et j’essaye de trouver le sommeil malgre les bosses de la route et les mauvaises suspensions du van.

Et vers 21h15, c’est le choc !

Steffen vient de heurter un kangourou. Le pare-buffle  est bien tordu mais il a sauvé le vehicule.
La regle en Australie est de trouver l’animal pour le deplacer sur le bas-cote.
On laisse le moteur allumé. Steffen tremble un peu. Ca le fait souvent apres un choc. Je lui dis de prendre son temps. Moi, je n’ai rien vu, j’etais a l’arriere.
On s’equipe de lampe-torche et on part a pied quelques metres en arriere.
A part le ronronnement du van, il n’y a pas un bruit et on confond la silhouette du kangourou avec les arbustes.
Pas d’animal, la bete est allee crever dans la plaine.

Nous repartons. Je retourne a l’avant : 4 yeux valent mieux que 2. Mais les kangourous ont la facheuse tendance a se jeter sous les roues, et je ne suis pas sur qu’on soit plus efficace a 2.

Les 160 kms de lignes droites prennent fin a Caiguna. Un second kangourou passe a seulement 1m du vehicule, 200m avant de prendre de l’essence.
Arrive a la station, un australien nous suggere d’utiliser une corde attachee a un tronc d’arbre pour detordre le pare-buffle. On s’en occupera demain.

Nous repartons pour quelques dizaines de kilometres encore. Certes, on a franchit les 160 kms de lignes droites, mais c’est pas pour autant que la suite est tres folichonne…
On a le temps d’ecraser 2 lapins (avec les grosses roues du van, je peux vous assurer qu’ils n’ont pas souffert). Il est impossible de traverser ces routes sans ecraser au moins un animal. Ils sont en tres grand nombres a Nullarbor. Kangourous, lapins et serpents morts sont nombreux a joncher le bord des routes.
Steffen decide de s’arreter definitivement pour la nuit, a Cocklebiddy.
Il est un peu plus de 23h, nous avons roule 640 kms depuis Esperance.

20 Decembre 2010

Reveil a 7h30.

Nullarbor Plain – et toujours cette meme vegetation

Apres un petit dej’ rapide, nous reprenons la route a la recherche d’un gros tronc d’arbre.

Le pare-buffle en a pris un bon coup

Nous attachons une corde autour de l’arbre ainsi qu’autour du pare-buffle.
Machine-arrire toute ! C’est bon, a quelque chose pres, c’est redresse.
Nous repartons. Les carcasses d’animaux sont presents a chaque kilometres, chaudement degustes par les aigles et les corbeaux, au bord de la route.
Il est 10h du matin, il fait a nouveau chaud, mais c’est supportable. On est pas veritablement dans un desert aride. On longe l’ocean (qu’on ne voit pas d’ailleurs), mais a une cinquantaine de kilometres a l’interieur des terres.

On s’arrete vers un point d’eau, en retrait, quelques kilometres avant Mundrabilla.

Derriere, un des rares point d’eau

On refait le plein d’essence.
Tous les arrets que nous avons fait depuis Norseman ne sont pas des villes, ce sont simplement des stations essences. Presque personne ne vit dans Nullarbor.
70 kms plus loin, nous franchissons la frontiere entre le Western Australia et le South Australia.
On change d’heure : 1h30 de plus.
Mais comme toutes les frontieres terrestres, le paysage ne change pas. On est toujours sur la plaine de Nullarbor et ca fait des heures qu’on roule.

La d’ou on vient…

Avec le rythme et la voix lente de Johnny Cash, mais malgre un ciel sans nuage et l’Ocean que nous retrouvons pendant quelques centaines de kilometres, ca devient monotone…

Et pan ! 1000 kms exactement depuis notre depart d’Esperance ! On prend un petit verre de vin blanc pour feter ca. Juste un…
Nous entrons dans le Parc National de Nullarbor. Pas de grand changement de paysage, meme si ca porte le nom de « Parc National »…

La ou nous allons…

Nous franchissons ensuite la Reserve Aborigene de Yalata. Vegetation plus haute.

Le compteur de fuel est au rouge depuis 60 bornes ; et c’est a la station de Nundroo que je vois pour la premiere fois des aborigenes, habilles comme tout le monde, a discuter. Steffen me dit qu’ils sont partout en Australie, aussi bien dans les lointaines contrees que dans les grandes villes telles que Perth. En revanche, tout ceux qui ont decide de vivre comme n’importe quel autre citoyen australien, ont la reputation, me dit-il, d’etre souvent ivre. Je suis pas alle verifie…

Apres 150 kms, nous arrivons dans la ville de Ceduna. La premiere veritable ville depuis Norseman.

FIN DE LA TRAVERSEE DE LA PLAINE DE NULLARBOR.

Le temps de manger un morceau, nous repartons encore pour quelques kilometres jusqu’a ce que Steffen, tombant de sommeil, ne decide de s’arreter definitivement pour la nuit, dans une aire de repos, apres 1040 kms parcourus dans la journee !
Il est un peu plus de minuit, nous sommes quelque part apres Ceduna, au milieu de rien. Va savoir ou…

21 Decembre 2010

Quelque part

Il nous reste plus de 200 kms avant d’atteindre Port Augusta. On y reste quelques heures avant de reprendre la route, cette fois-ci en direction du sud.
Le paysage change un peu.

Lac rouge sur la route

On apercoit enfin quelques collines, puis ca redevient plat jusqu’a Adelaide.
C’est a Adelaide, apres quelques 315 kms parcourus depuis ce matin, que nous decidons de faire une longue pause.

Et c’est la aussi d’ou je vous ecris ces quelques lignes, a propos d’un long periple a travers le Nullarbor Plain.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Vers Noël

22 Decembre 2010

Apres avoir passe la nuit dans le van, dans une rue d’Adelaide, nous partons a la recherche de notre nouvelle « travel partner » dans un beau quartier d’Adelaide. Priscilla, francaise, 30 ans, auvergnate vivant a … Aubiere !
36000 communes en France et on tombe sur une fille qui habite la commune la plus proche de mon village natal. Sacree coincidence. En meme temps, il y a plus de chance de rencontre en Australie qu’en terre Bugis dans le Sulawesi…
Par contre, 5 minutes apres l’avoir rencontre, nous posons les conditions des le debut : pas de francais quand on est tous les 3 avec Steffen.
Et on s’y tiens…a quelques choses pres…

En Australie, il faut traverser des distances considerables avant de voir un site interessant.
Du coup, notre programme pour aujourd’hui : rouler et encore rouler, dans le but d’avoir la journee du lendemain plus detendue.
On marque toutefois un arret a Kingston S.E. pour manger.

Kingston S.E

Mais a part un homard geant, le paysage est, par la suite, vraiment monotone !
C’est la raison pour laquelle on a pas forcement envie de s’arreter une seconde foi.
170 kms apres Kingston, nous entrons dans l’etat du Victoria.

Changement d’heure, encore… Avec le passage a l’heure d’hiver d’hier, ca nous fait seulement 30min de plus que dans le Southern Australia.
On a fait que rouler jusqu’a Warrnambool. Il fait frais, le temps se couvre, on roule demain sur la Great Ocean Road. Notre veritable destination.

23 Decembre 2010

Apres 1 nuit passee en tente (derriere des chiottes publiques), il ne nous reste que quelques kilometres avant de rejoindre la Great Ocean Road.
Et la Great Ocean Road, c’est une route assez connue d’Australie, qui longe une partie de la cote meridionale. Incontournable si l’on decide, comme nous, de traverser le pays par le sud :

1er Arret :

Bay of Island

2eme arret, le London Bridge :

London Bridge

3eme arret, « les 12 apotres », les rochers les plus celebres du Victoria, isoles au milieu de l’ocean a cause de l’erosion.
Aujourd’hui, ils ne sont plus que 6 a tenir encore debout :

Les 12 apotres

Nous traversons ensuite des superbes forets peuplees de perroquets et de koalas avant d’arriver a Melbourne, ou Priscilla est attendue par un couchsurfeur, avec qui l’on se rend dans une pizzeria. On en profite pour chercher un backpacker « non complet »… et la… c’est plus dur…
Tout est FULL !!! Fetes de Noel forcement…

Il va peut-etre falloir prendre l’hotel. Neanmoins les prix pratiques sont plus abordables dans le Victoria qu’a Perth. Perth etant la metropole la plus isolee au monde (la plus proche d’elle est Adelaide, a plus de 2500 kms de Perth !).

Ce n’est pas une raison suffisante, je passe finalement une derniere nuit dans le van de Steffen. Ca fera des economies.

24 Decembre 2010

Apres un au revoir a Steffen et une accolade de remerciement pour ces 11 jours passes en sa compagnie, je remets mon sac a dos sur les epaules (ca m’avait manque) et me dirige vers un cafe pour un petit dej’ ou Priscilla me rejoint. On passe l’apres-midi dans les rues de Melbourne, a trainer et a trouver entres autres un endroit ou passer le reveillon de Noel. L’idee de depart etait un resto ou l’on pourrait manger du kangourou : acte symbolique pour tout ces kilometres « avalés »…
Mais au moment ou d’entrer, ils commencent a fermer. Et pourtant, il n’est que 21h… C’est le probleme en Australie, ils ferment tres tot, beaucoup trop tot pour les europeens.
Le second resto etait finalement le bon. Tenus par des asiatiques (pour qui Noel a peut-etre moins de valeur), on passe un super bon moment a deguster des plats excellents, melange de specialites asiatico-franco-mexicain, quelque chose dans le genre… Je suis evidemment bien content de ne pas passer ce Reveillon tout seul et pour Priscilla, c’est reciproque. On a pas eu notre kangourou mais tant pis, sans regrets, c’etait bon et pas cher.

On ressort un peu avant minuit…

25 Dcembre 2010

Et lorsqu’arrive minuit, les illuminations sont toujours la, la ville est tout aussi vivante sans etre euphorique. Il fait doux ce soir. Les conditions sont simplement ideales pour marcher, errer dans cette tres jolie ville sans vraiment savoir ou aller.

Federation Square
Le centre-ville de Melbourne

On reste jusqu’a 3h du matin a marcher dans la ville avant de se decider a rentrer au backpacker, pour quelques heures de sommeil.
Nous passons une bonne partie de l’apres-midi au Royal Botanic Gardens.
Le long de la Yarra River, toutes les nationalites se cotoient, chacun preparant sa specialite sur les « barbecues publics », presents quasiment dans chaque ville d’Australie.
C’est comme ca que les australiens fetent Noel le midi : dehors, etales sur des draps ou des tables pliantes le long du fleuve ou a picnicker dans les parcs.

Royal Botanic Gardens

La fin d’apres-midi, je la reserve pour vous ecrire ces quelques lignes, et vous decrire le decor original dans lequel je suis, un jour de Noel en Australie.

Ah, oui, j’allais oublier.

 

JE VOUS SOUHAITE A TOUS :

 

Un très Joyeux Noël !

 

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Finding New Year’s Day

25 Decembre 2010 (suite et fin)

Nous retournons chez Max, le couchsurfeur de Priscilla. Il nous amene au Crown, un complexe immense rassemblant boutiques, hotel de luxe, gaming zone et Casino !
Notre repas du 25 decembre se fait justement dans le Casino : machine a sous, table de poker, de black jack, roulette et tout le tralala qui fait rever…

26 Decembre 2010

Toujours a Melbourne, et journee entierement consacree a la recherche du meilleur moyen de partir pour Sydney, de dormir la-bas alors que tout est complet depuis des mois ; de trouver un moyen de quitter Sydney juste apres, et enfin, de trouver, eventuellement un job pour plus tard.
On passe l’apres-midi sur Internet, a chercher un lift (place dans une voiture ou un van pour un covoiturage), a trouver des couchsurfeurs prets a nous heberger, meme dans leur jardin, puisque j’ai toujours ma tente.

L’Australie est finalement nettement plus complique que l’Asie : les distances sont beaucoup plus longues entre elles et toutes les solutions dites « normales » telles que le bus ou le train sont tres cheres. Pour ca, l’Asie permettait quelques detours et meme quelques erreurs de parcours… En Australie, mieux vaut etre sur de son objectif si on veut garder son portefeuille en bonne sante !

Je voulais longer la cote et en meme temps aller dans le coeur du pays, la ou rien ne ressemble aux villes proches de la mer. Et des milliers de kilometres les separent entre elles…

Bon, concentrons-nous sur les objectifs a court terme.

27 Decembre 2010

La matinee semble plus prometteuse que ces 24 dernieres heures.
La reponse vient de tomber : 3 polonais peuvent venir nous chercher a Melbourne. Eux aussi, vont a Sydney pour le Nouvel An.
Je dois prolonger mon sejour au backpacker d’une nuit car nous partons seulement le 29 au matin. Pour ce qui est de dormir a Sydney, on attend toujours les reponses ; mais le but principal est d’y etre pour le 31. On verra les autres details plus tard.
Pour le moment, il n’y a plus qu’a attendre.

Pour l’apres-midi, on se change les idees en louant un velo, direction la plage.

Melbourne, en direction de la plage

Aujourd’hui d’ailleurs, c’est bien moins l’Australie caniculaire que la Normandie. Le temps est mauvais. Melbourne est connu pour etre la ville « des 4 saisons en une seule journee ». Et c’est vrai ! Il y a beaucoup de vent. Il fait a peine plus de 10 degres.
Nous retournons au backpacker. Pas de nouvelles et pas de confirmation pour les polonais.
On passe la soiree chez Max avec son cousin anglais.
Max a beaucoup voyage en Europe de l’Est dont une annee en Allemagne.
Son cousin est un ancien militaire de l’armee britannique, envoye en Bosnie il y a quelques annees. Une autre facon de voyager…
Il tient a rester toute sa vie en Australie car il n’y a pas de travail pour lui en Angleterre.

Pour ca, l’Australie est vraiment la terre promise, pour un bon nombre de jeunes ; et de moins jeunes d’ailleurs. C’est ici qu’on peut veritablement changer de vie. La situation est propice pour travailler, quelque soit le secteur ; avantageux si l’on veut monter sa propre affaire.
Et le cadre de vie est parfait pour les familles avec enfants.
Pour ma part, je trouve les villes du bord de mer presque trop parfaites : pour rejoindre un monument, tout est guidé, des chemins de bois sont construits, chaque parcours est fleché.
L’aventure ne se trouve pas dans les grandes villes, et pourtant la ville est jolie. Jugez plutot :

Melbourne de jour, j’en avais pas encore pris une

Le pays est trop jeune. Ce n’est pas reprochable, mais l’identite de la nation est incertaine et les batiments sont parfois construits en « faux vieux » tels que les batiments administratifs, les colleges, les universites…
A certains endroits, ca ressemble vraiment a Disneyland.

Ceux qui partent d’Europe pour l’Australie voient quelque chose de grandiose. Mon detour en Asie, meme si ca a ete difficile parfois, m’a definitivement fait comprendre que les vieux pays avaient quelque chose de plus a apporter. Les australiens sont vraiment sympas ou que tu ailles, mais ca manque d’histoire au bord des cotes.
Ca y est, j’ai trouve : ca manque d’ame !
J’espere trouver un peu plus d’aventure et d’authenticite dans l’arriere-pays.

28 Decembre 2010

Et finalement, cet apres-midi, au detour d’une rue, on tombe sur le quartier populaire de Melbourne. Aaaah enfin ! J’avais parlé trop vite. Fitzroy, la banlieue, abrite de nombreux petits commerces, aucun building, des bars-cafes, une circulation moins dense et des rues plus etroites. L’ambiance est beaucoup plus tranquille. Sans les quelques batiments construits typiquement dans le style victorien, Fitzroy pourrait ressembler a une petite rue du XVe a Paris.

Fitzroy, la banlieue de Melbourne

N’empeche, si on est en train de chercher un peu de France en Australie, c’est bien qu’il y a un probleme quelque part, non ? J’en avais jamais ressenti le besoin dans les pays precedents…
On passe la soiree dans Chinatown, un autre coin sympas de Melbourne.

29 Decembre 2010

Le matin, je booke mon vol pour… vous le saurez bien assez tot !
J’ai a nouveau toutes mes affaires sur le dos. Tant mieux, je n’en pouvais plus de ce backpacker. Trop bruyant. Trop l’usine.
On tente le coup d’aller au musee l’apres-midi. Et finalement, on y reste qu’une heure car les australiens ferment tot. Certes, ils travaillent consciencieusement, mais pas franchement longtemps.

Il est 21h45, les polonais l’ont dit, les polonais l’ont fait !
Ils arrivent dans une superbe Skoda, la derniere voiture en location de Melbourne, nous disent-ils. Olga, la fille, et Swawek et Michaw, 2 amis de longues dates.
Pour notre 1ere nuit, nous partons en direction de l’Est. On deploie les tentes dans un terrain vague, quelque part ; je sais pas vraiment ou. A l’Est, toujours plus a l’Est en tout cas…

30 Decembre 2010

C’est bon, on est reparti. Hier, nous n’avions fait que quelques kilometres. Suffisamment pour quitter la ville de Melbourne. Et ca fait plaisir de savoir qu’on se rapproche de plus en plus de Sydney. Et oui, le reveillon approche a grand pas et nous n’etions pas convaincu qu’ils arriveraient et qui plus est, dans une voiture aussi flambant neuve.

Nous traversons les Snowy Mountains en debut d’apres-midi.

Une partie des Snowy Mountains. Comme son nom l’indique, ca rend mieux sous la neige

J’en profite pour prendre une petite photo de la voiture :

Swawek et Michaw

On roule beaucoup mais la bagnole est vraiment confortable, meme quand on est 5 a l’interieur.
Le soleil se couche. Nous decidons de faire une halte a Canberra.

En se perdant autour de Canberra

Les environs sont charmants mais la ville en elle-meme est totalement ininterressante.

 

Canberra

Un bout d’histoire sur Canberra
Lors de la creation du Commonwealth d’Australie au tout debut du XXeme siecle, la rivalite entre Sydney et Melbourne imposa la solution de creer une capitale sur un territoire neutre, sortie du bush, a mi-distance entre les 2 villes. La Nouvelle-Galles du Sud ceda plus de 2000 km carrees pour creer Canberra, un nom aborigene signifiant « lieu de reunion ».

Notre seul « lieu de reunion » a Canberra aura ete le Mac Donald, la seule chose d’ouverte a cette heure tardive.

Nous reprenons la route ; et a peine 5 minutes apres etre sorti de la ville, Michaw, on ne sait comment, se prend les 2 roues gauches sur le trottoir d’un rond-point. PAN ! PAN !
Les 2 roues sont eclatees.
Il n’avait bu que du cafe, parole ! Mais ca nous a tous sauté aux yeux ce trottoir qui arrivait a pleine vitesse… sauf a lui !
Comment a-t-il fait pour se le prendre ?

Bon, en France, on se mettrait dans tout nos etats. Ici, pas d’affolement. Ca nous fait plutot marrer.
« Don’t worry, be happy » , nous repete-t-il.
On est a 3kms de Canberra, eton a tout ce qu’il faut pour dormir, une station essence ouverte a 2 pas et des telephones qui peuvent emettre. On est loin du scenario catastrophe.

N’empeche que les roues sont a plat !

Contre toutes attentes, c’est la compagnie d’assurance qui joue sur nos nerfs. Olga et Swawek repartent avec la depanneuse en direction du concessionnaire le plus proche. On reste au bord de la route, en compagnie de Michaw, qui finit par s’excuser. On ne lui en veut pas.
L’aventure, c’est l’aventure !
Il fait bon et heureusement, il ne pleut pas. On est confiant pour le moment.

C’est a leur retour qu’on apprend la nouvelle : pas de vehicules de remplacement, les closes du contrat le stipule.

31 Decembre 2010

Il est minuit passé et pas le choix, on prend un petit bout d’herbe, derriere un quartier commercial pour y lancer les tentes. On reflechira a une solution apres une nuit de sommeil.

Courte la nuit de sommeil… on se reveil vers 7h30.
Bon, quelles sont les solutions pour rejoindre Sydney quand on est a pied et proche d’une station essence ? L’autostop ? D’apres mon experience, les habitacles des camions ne peuvent generalement accueillir qu’une seule personne avec sac a dos. Et nous, on est 2. Les polonais partent de leur cote. C’est effectivement preferable qu’on se separe. Michaw s’excuse une derniere fois. On lui repond : « Don’t worry, be happy ! »

Sydney est a 300kms et Sydney se merite. On va bien finir par trouver la solution.

Nous partons finalement a pied en direction de la station essence, ou nous rencontrons un automobiliste en 4X4. Il se dirige vers l’Est, mais seulement a quelques kilometres. Ils preconise pour notre cas particulier de prendre le bus jusqu’a Sydney depuis la station centrale de Canberra. Reste a savoir si les bus sont complets eux aussi…
Il se propose de nous y emmener. Priscilla et moi acceptons. Je refile le tuyau aux polonais avant de partir : se trouver un automobiliste qui les conduiront a la station des bus de Canberra, et tenter sa chance.

Arrive le moment crucial : reste-t-il des places dans le bus ?

La guichetiere nous repond : « You are lucky! »
Et effectivement, il ne restait que 3 ou 4 places et le bus part dans 10 minutes.
Le miracle du 31 ! Canberra nous aura offert beaucoup plus qu’on l’esperait. Le trajet coute naturellement beaucoup moins cher qu’en partance de Melbourne. Et c’est tant mieux.

Il est 12h45, grand soleil, 32 degres et ca y est, je peux le dire : j’ai enfin traversé l’Australie d’Ouest en Est !

Tenter de frapper a la porte de chaque backpacker pour un dortoir serait vain. On entre neanmoins dans l’un d’entre eux pour y prendre discretement une douche. C’est pour le bien commun !
Mais le gros probleme reste le sac a dos qui pese lourd sur les epaules dans une ville aussi grande. Il m’est impossible de le laisser en consigne puisque ca nous oblige a y retourner le soir-meme ou le lendemain, mais trop tard pour mon prochain vol.
On les garde, et on prend le bus gratuit, direction la bais de Sydney.

Une foule est attendue pour le feu d’artifice.
Sydney est nettement plus imposante que Melbourne.
La ville est tres cosmopolite. Il y a toutes les nationalites. Les gens s’installent deja le long de la berge, assis sur des transats a l’ombre de leurs parasols ou carrement installés comme pour un bivouac. Et il n’est que 16h…
On decide finalement de faire la meme chose. Mieux vaut anticiper l’arrivee de la foule de minuit. On cree notre zone vitale autour de nos sacs a dos puis on attend… tres longtemps…
J’en profite quand meme pour m’eclipser quelques minutes pour trouver un bon angle de vue pour :

Le Pont du port de Sydney

Et de l’autre cote de la berge, l’incontournable :

Opera de Sydney

La nuit tombe doucement et les degres aussi. Les gens sont plutot calme. Forcement, les fouilles sont systematique et l’alcool prohibe sur une bonne partie de la baie.

Je recois un appel. C’est Steffen qui nous rejoint. Il nous trouve et on passe un moment avec lui avant de le perdre definitivement dans la foule. Ca m’a bien fait plaisir de le revoir.
Quelques mini-feu d’artifice eclatent de temps en temps pour mettre en bouche. L’attente devient tres longue. On a eu le temps de dormir a-meme le sol l’apres-midi mais la vue est bonne, a 2 ou 3 palmiers pres.

Il est un peu plus de 23h. La police a bloque depuis longtemps notre cote de la baie ; ce qui a pour avantage de ne pas se sentir etouffe. On a bien fait d’arriver tot.
Il fait doux maintenant, les lumieres de la ville et les bateaux enguirlandes se refletent sur l’eau.
Je me rememore l’annee ecoulee ; dont une bonne partie passee sur les routes du globe jusqu’a ce soir, ici, a Sydney. La encore, c’est exactement l’endroit ou je revais d’etre pour le reveillon avant meme de partir pour un tour du monde.
Et dire que tot ce matin, on faisait coucou a notre voiture de location, embarquee dans une depanneuse a l’Est de Canberra, sans avoir de solution de secours…

On attend le decompte qui apparait soudain sur l’ecran geant du pont.

10…
9…
8…
7…
6…
5…
4…
3…
2…
1…

1er Janvier 2011

BONNE ANNEE !!!

Le feu d’artifice est magnifique, grandiose !!! Ou plutot, les feux d’artifice. Ils eclatent en meme temps au-dessus des buildings, du pont et au-dessus de l’eau. C’est superbe.

Je vous souhaite a tous une tres bonne annee 2011.
Un gros bisous a toute ma famille, a mes amis, a ceux que j’ai rencontré au cours de mon voyage, qui m’ont aidé, quelque soit la maniere, a progresser dans mon aventure ; et a tout ceux qui m’ont rencontré rien qu’en surfant sur Internet.
Merci de me lire et merci a tous pour vos commentaires.
Et permettez-moi ce jeu de mot, j’espere que ce tour complaît !

On continue l’aventure. La meme chose, mais maintenant, en 2011.
Je vous embrasse tres fort.

Je referme par la meme occasion ce 1er chapitre sur l’Australie. Le second sera quelque peu… different.
Apres une nuit passee dans un espace vert, non loin du bord de l’eau, je dis au revoir a Priscilla dont qui a partage ma route depuis Adelaide ; j’envois un petit texto de bonne annee a Steffen, qui a fait l’effort de nous rejoindre ; ainsi qu’un message aux polonais, pour savoir si ils ont reussi a atteindre Sydney a temps, comme nous. A l’heure ou je vous ecris, ils n’ont toujours pas repondu…

Je me dirige vers l’aeroport de Sydney. Je voudrais allier la decouverte d’une terre lointaine et l’obtention d’un job dans ces contrees.
Mon choix s’etait arrete depuis longtemps sur cette ville, perdue au milieu de rien. Et autour de cette ville, un immense territoire qu’on appelle l’outback.

Il est plus de 10h du matin. En ce 1er jour de l’annee 2011.
Je pars pour Alice Springs.

Je vous laisse vous remettre du reveillon, et on attaque ensemble ce second chapitre australien.

Tres bonne annee 2011.
Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

L’Australie, la vraie

1er Janvier 2011 (suite et fin)

A l’aeroport, je trouve 2 journaux avec en 1ere page, le feu d’artifice de la veille.

C'etait vraiment un super beau spectacle

J’atteris a Alice Springs.
Changement d’horaire, 1h30 de moins qu’a Sydney.

Il fait lourd, tres lourd.
Mon arrivee debute par une enorme averse. Je prends le Shuttle Bus de l’aeroport pour me rendre au backpacker que j’ai selectionne. Ambiance tres « friendly ». C’est la plus petite auberge de jeunesse d’Alice Springs, et c’est exactement ce que je voulais apres la cohue de celle de Melbourne, ou finalement, je n’avais rencontre personne.

J’etais intimement convaincu depuis quelques temps qu’Alice Springs m’offrirait quelquechose de nouveau par rapport aux autres villes du bord de mer.

Je viens de trouver l’ame de l’Australie !

J’aurais jamais imagine qu’il puisse exister une ville comme celle-ci en Australie ! Une certaine decadence et un melange ethnique tellement improbable qu’elle en fait une ville australienne authentique.
Je m’explique, et il y en a des choses a dire…
Alice Springs etait a l’origine une simple station de relais telephonique. Elle n’est pas devenue une metropole pour autant : a peine 30000 habitants.
Neanmoins, elle reste une ville de taille assez consequente a l’echelle du Northern Territory, etrangement placee au beau milieu du bush et des deserts.
Et les Aborigenes sont tres nombreux dans cette ville.

Et si on en parlait un peu plus de ces Aborigenes ?
Il est absolument impossible de parler de l’Australie sans evoquer les Aborigenes. C’est indissociable.
Il y a 200 ans, l’homme blanc a commence a revendiquer des territoires immenses de l’Australie. La prise de ces territoires se sont deroules soit dans un bain de sang soit en rachetant les terres aux Aborigenes pour une bouchee de pain.
Le 1er scenario fut de loin, le plus recurrent. La creation d’une nation s’est toujours faite ainsi…
Par la suite, les dirigeants australiens reconnurent les massacres perpetres a l’encontre des Aborigenes. Depuis, les australiens cotisent a une caisse d’indemnisation pour les exactions commises a leur encontre.

Aujourd’hui, et particulierement a Alice Springs, ils sont nombreux, habilles comme tout le monde, trainant en groupe dans les rues, peuplant les grands jardins de la ville et les bords de la Todd River, et vivant sous le ponts ; non pas par pauvrete mais par culture.
Ce ne sont pas des mendiants que l’on voit, ce sont des gens qui vivent dehors, au milieu des bois clairsemes d’Alice Springs. Ils cotoient les australiens blancs.
Leur metier ? L’immense majorite des aborigenes ne travaillent pas. Ils percoivent leurs indemnites et les depensent notamment dans l’alcool.
Je me souviens lorsque Steffen me disait qu’il etaient mals vus puisqu’on les retrouvaient souvent saoul sur les trottoirs. Et c’est vrai ! L’abus d’alcool est un vrai fleau pour ce peuple.
L’ambulance et la police ont souvent affaire a eux pour des cas de troubles a l’ordre public, degradation ou violence. Ils parlent et crient le plus souvent dans leur langue, passent la journee assis devant les vitrines des magasins, des fast-food, consomment les memes choses que les blancs, mais vivent toutefois plutot exclus de la societe australienne.
Et les australiens ont souvent le sentiment de travailler uniquement pour payer de l’alcool aux aborigenes.
Comme quoi, l’argent ne regle pas tout…

Et c’est sur un petit velo prete gracieusement par le backpacker que je sillonne les rues, que je vois l’Australie telle qu’elle est veritablement : le resultat d’une terre conquise sur un peuple aux croyances ancestrales qui se sont effacees ; une terre volee ou les aborigenes profitent toutefois de la modernite apportee par les blancs (voiture, laverie automatique, fast-food, magasins de vetements, portables…).

C'est ca l'Australie d'aujourd'hui

Que penser de tout ca, 200 ans plus tard, a l’heure ou tout le monde peut profiter de ces nouvelles technologies ?
Fin du debat, ca prendrait des heures…
Ils ne sont pas mechant pour autant. Il est toutefois deconseille de trainer la nuit dans les rues, surtout quand ils ont un coup dans le nez. Sans ca, durant la journee, blancs et aborigenes se cotoient sans trop se parler. Certains vendent dans la rue quelques peintures « folkloriques » provenant d’on ne sait ou. Les peuples aborigenes ayant veritablement conserves toute leur tradition demeurent rares en Australie. Il y en a. Il faut les chercher longtemps, en evitant ceux qui le sont pour des raisons purement touristiques (posez-vous des questions si vous en voyez un porter un tee-shirt Nike…).

Je tiens a rester a Alice Springs pendant un certain temps. J’ai trouve ce que je cherchais en ce 1er jour de l’annee : la verite sur l’Australie !

La terre est rouge, la vegetation seche, les oiseaux sont des perroquets de toutes les couleurs, les serpents bruns sont tres venimeux et rodent dans les environs, les araignees a dos rouge (redback spider) sont elles aussi dangereuses et un nombre pas croyable d’insectes et de sauterelles se balladent dans et hors du backpacker. Le vent souffle rarement et le soleil ne brille pas ici, il brule !

Bienvenue dans l’Outback, bienvenue dans le Red Center

2 Janvier 2011

Apres avoir traduit mon CV en anglais (et oui, je suis ici pour bosser ne l’oublions pas), je prospecte avec mon velo dans tout Alice Springs.
Alice Springs est belle parce qu’on y trouve la population la plus authentique : je croise et j’interroge des gens au visage vraiment particulier : barbe, piercings, tatouages, cheveux longs, chapeaux de pailles incurves ou en peau de crocodile ; les traits marques, toujours sympas ; et toujours prets a t’expliquer en detail comment te reperer, comment trouver du boulot.
Le probleme, c’est qu’on est dimanche.

Les jours feries vus par les australiens
A vrai dire, ca fait un certain temps que j’ai l’impression d’etre dimanche tous les jours. En fait, Noel est tombe un dimanche cette annee. Et forcement, 7 jours plus tard, le Nouvel An aussi.
Si en France, on se dit « tant pis », en Australie, les jours feries qui tombent le week-end sont systematiquement reportes au lundi suivant.

3 Janvier 2011

Du coup, j’ai passe toute la journee d’hier a chercher les commerces d’ouvert, et aujourd’hui, lundi, Public Holiday, meme topo…
Je fais quelques demarches par mail et telephone. Mais cet accent, cet accent !… C’est un reel handicap. Meme en pretant l’oreille, c’est difficile a decrypter quelquechose par telephone.
« Plus fort, moins vite et articule » : voila ce que je voudrais leur dire. Mais je peux pas, ils sont beaucoup trop gentils pour que je leur dise quoique ce soit.
Je me presente dans les agences specialistes en excursion autour d’Alice Springs. Certains recherchent de la main-d’oeuvre.
Je relance par telephone une autre agence similaire qui reouvrira seulement demain.
Pareil pour la principale agence pour l’emploi de la ville.

Voila tout ce que je peux faire aujourd’hui.

Bon…
Et maintenant…
Que vais-je faire…
De tout ce temps…

Ah ! ca y est, j’ai trouve une occupation pour l’apres-midi. Vous souhaitez certainement voir a quoi ressemble Alice Springs.
Je reprends mon velo pour une seance de photos :

Les jardins publics d'Alice Springs
La Todd River, generalement assechee
Todd Mall - Un coin "bar et shopping" ombrage tres sympa
Toujours Todd Mall - Oui je sais, c'est mort aujourd'hui...
Un quartier residentiel d'Alice Springs
A droite, le Alice's Secret, mon backpacker. Au fond, toujours ces memes collines rocheuses - aux couleurs particulieres et a lavegetation epineuse - qui entourent la ville

4 Janvier 2011

C’est bon, tout est reouvert. Les fetes de fin d’annee sont belles et bien terminees.
Je constate une nouvelle annonce collee sur le mur du tableau d’info du backpacker.
Je telephone, on me dit de rappeler dans 10 min, j’en profite pour leur envoyant un petit texto d’accroche, puis je rappelle comme convenu, 10 minutes plus tard. Ils recherchent un cuisto pour une excursion de plusieurs jours dans le Red Center.
2 jours plus tot, un patissier norvegien (et pourquoi pas !) m’avait dit de postuler dans Alice Springs pour des job de cuisinier. Je lui dis que je suis loin d’etre un Grand Chef Cuisinier. Il me repond :
– « Dis-leur que t’es francais, ca suffira »
C’est un tres beau compliment pour la Cuisine Francaise mais je suis loin d’en etre l’ambassadeur. Et aujourd’hui, Clara, une francaise du backpacker, me confirme que les australiens ne cuisinent pas comme nous, et qu’ils n’attendent absolument pas quelque chose d’aussi fin et grandiose que la cuisine de l’Hexagone.

Et pan ! J’ai un rendez-vous. C’est une fille de mon age qui arrive directement au backpacker pour me rencontrer. Je me presente : 25 ans, francais, diplomé de tourisme et cuisinier basique.
Ca lui va, je suis pris :

– « Tu es francais ? je l’ai deja dis a mon patron, ca ne peux qu’aller. Tu peux commencer des demain. On demarre a 5h du matin pour un tour de 4 jours dans l’outback avec une douzaine de touristes europeens. »
-« !!!… Waouuu…ok… et ben… let’s go ! »

Elle me donne tous les documents et tout ce que je dois savoir avant de partir. Et c’est tres bien payé en plus de ca.
Je file d’abord sur Internet pour vous ecrire ces quelques lignes avant de passer le reste de l’apres-midi a potasser le planning du tour.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !