{"id":1180,"date":"2011-06-25T07:55:46","date_gmt":"2011-06-25T06:55:46","guid":{"rendered":"http:\/\/letourdalex.ilinux.fr\/?p=1180"},"modified":"2011-06-25T07:55:46","modified_gmt":"2011-06-25T06:55:46","slug":"amazonie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letourdalex.ilinux.fr\/?p=1180","title":{"rendered":"Amazonie"},"content":{"rendered":"<p>20 Mai 2011<\/p>\n<p>Le taxi m&rsquo;amene jusqu&rsquo;au terminal des cars de Quito. Quelque soit la ville de montagne, le foss\u00e9 est enorme entre les generations : les vieilles dames s&rsquo;habillent encore de maniere traditionnelle (poncho de laine et nattes tress\u00e9es) tandis que la jeunesse est a la mode, talons claquant, portables en main.<\/p>\n<p>Le paysage \u00e9volue au fur et a mesure que nous amorcons la descente vers le bassin amazonien. Je dois rejoindre la ville de Coca. Il y a 2 voies pour s&rsquo;y rendre : la voie du sud via Loreto ou la voie du nord via Lago Agrio ; dans les 2 cas, c&rsquo;est un \u00e9norme detour de plusieurs heures. Pour mon car, ce sera la 2eme option et pour quelques temps, je retourne dans l&rsquo;hemisphere nord avant de revenir dans l&rsquo;hemisphere sud.<br \/>\nIl est maintenant 21h, apres 10h de car, j&rsquo;arrive a Coca au bord du Rio Napo, un des nombreux affluents du fleuve Amazone.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai un objectif : celui de prendre un cargo pour rejoindre Iquitos, au P\u00e9rou. Pour cela, la route est longue. Je dois me lever tot demain pour esperer prendre un 1er bateau jusqu&rsquo;a la frontiere &#8211; pour les formalit\u00e9s de sortie de territoire &#8211; avant de trouver veritablement un cargo qui poursuivra sa route jusqu&rsquo;a Iquitos.<br \/>\nJe ne promets pas de r\u00e9ussir&#8230;<\/p>\n<p>21 Mai 2011<\/p>\n<p>Il est 5h du matin, je trouve un taxi dans la p\u00e9nombre du matin qui m&rsquo;amenera jusqu&rsquo;au port.<br \/>\nLa, j&rsquo;interroge des responsables. Il n&rsquo;y a pas de bateau qui partent aujourd&rsquo;hui, seulement demain. J&rsquo;interroge un autre responsable, devant la capitainerie.<br \/>\nIl me dit qu&rsquo;une barque part dans la journ\u00e9e, mais elle ne met pas 10h pour y aller comme les autres embarcations, elle mettra en fait plus du double ! Il ajoute que l&#8217;embarcation est uniquement pr\u00e9vue pour le transport de mat\u00e9riel. Ca, je m&rsquo;en serais accomod\u00e9, par contre, plus de 20h, ca n&rsquo;en vaut pas la peine. Autant attendre demain.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1181\" aria-describedby=\"caption-attachment-1181\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7600.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1181\" title=\"Le port de Coca\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7600.jpg?w=225\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1181\" class=\"wp-caption-text\">Le port de Coca<\/figcaption><\/figure>\n<p>J&rsquo;ai tent\u00e9 le coup aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est rat\u00e9&#8230;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1182\" aria-describedby=\"caption-attachment-1182\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7619.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1182\" title=\"Une rue de Coca\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7619.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1182\" class=\"wp-caption-text\">Une rue de Coca<\/figcaption><\/figure>\n<p>Par contre, l&rsquo;ouverture de la billetterie est a 8h aujourd&rsquo;hui. Je reprends un autre hotel, pas trop loin du port.<br \/>\nJe repars a nouveau en direction du port en fin de matin\u00e9e. J&rsquo;ai mon billet dans les mains, le reste de la journ\u00e9e, ce sera repos.<\/p>\n<p>22 Mai 2011<\/p>\n<p>Je prends ce matin un <em>peki-peki<\/em>, un longue barque a moteur couverte pouvant accueillir environ 80 personnes. D&rsquo;ailleurs, ce matin, la barque est pleine. Et si on ajoute toute la marchandise que les gens emportent avec eux, la barque est archi-pleine !<br \/>\nEn quittant Coca ce matin, je quitte aussi tout acces par voie terrestre jusqu&rsquo;au centre du P\u00e9rou.<\/p>\n<p>Le voyage en bateau durera 10h jusqu&rsquo;a Nuevo Rocafuerte, la ville-frontiere.<\/p>\n<p>Le 1er arret ne se fera qu&rsquo;au bout de 5h, pour une pause au comedor : 3 maisonnettes au bord de l&rsquo;eau. Au menu, riz\/poulet comme d&rsquo;habitude.<\/p>\n<p>Le Rio Napo, c&rsquo;est l&rsquo;unique moyen de ravitaillement pour ceux qui vivent dans la foret amazonienne, au bord de l&rsquo;eau. Il est rare que ces familles aient l&rsquo;espagnol comme langue maternelle. C&rsquo;est le meme cas dans les montagnes. Ce sont de vieilles langues datant de l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9-hispanique.<\/p>\n<p>Sur le bateau, il y a 2 employ\u00e9s : 1 qui s&rsquo;occupe du moteur et du gouvernail a l&rsquo;arriere ; 1 autre a l&rsquo;avant, qui indique la route a suivre ; car meme en ligne droite des bancs de sables accumul\u00e9s se forment par endroit et le Rio Napo n&rsquo;est pas un fleuve tres profond. Il faut parfois longer la berge, puis revenir au centre, avant de longer l&rsquo;autre berge.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1184\" aria-describedby=\"caption-attachment-1184\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7628.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1184\" title=\"Le Rio Napo\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7628.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1184\" class=\"wp-caption-text\">Le Rio Napo<\/figcaption><\/figure>\n<p>Par contre, je ne sais pas comment les locaux et les employ\u00e9s parviennent a s&rsquo;orienter. Pour moi, ce n&rsquo;est que de la foret sur des centaines de kilometres. Eux doivent avoir des points de reperes que je ne vois pas pour retrouver leur habitation parfois totalement invisible, cach\u00e9e derriere les arbres.<\/p>\n<p>L&#8217;embarcation commence a se vider de ses passagers et de leur bagages. Au fur et a mesure, on fait passer les sacs de courses et toute sorte de fourniture depuis le bateau pour qu&rsquo;ils restent sur la berge sans avoir a faire d&rsquo;aller-retour.<\/p>\n<p>Nous ne sommes qu&rsquo;une poign\u00e9e a rejoindre Nuevo Rocafuerte. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une heure ou 2 avant de d\u00e9barquer que je vois un autre touriste dans le bateau. Ca se repere rapidemment : T-shirt de 3 jours, barbe de 8 et un bermuda comme moi, alors que tout le monde porte un pantalon pour limiter les piqures de moustiques. Il s&rsquo;appelle Andre, il est br\u00e9silien et me demande ma destination. Je lui reponds Iquitos, au P\u00e9rou. Lui aussi ne sait pas vraiment comment s&rsquo;y rendre.<br \/>\nToujours avant d&rsquo;accoster, un homme appelle Andre pour lui dire de venir. Je les vois discuter longtemps. Puis Andre revient s&rsquo;assoeir a cote de moi. Il vient en fait de faire l&rsquo;interlocuteur : l&rsquo;homme en question va aussi a Iquitos, et nous dit qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de transport public pour s&rsquo;y rendre.<br \/>\nMon but de la journ\u00e9e, c&rsquo;etait d&rsquo;arriver a Pantoja, le 1er village p\u00e9ruvien situ\u00e9 a 45 minutes de Nuevo Rocafuerte. C&rsquo;est faisable avant la nuit, mais meme pour ce court trajet, pas de transport public.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme s&rsquo;appelle Roberto, un <em>padre<\/em> d&rsquo;une mission catholique bas\u00e9e a Iquitos. Habill\u00e9 comme tout le monde, mais avec une croix de Jesus autour du coup qu&rsquo;on ne peut pas louper.<br \/>\nAndre fait ce trajet sur le Rio Napo pour rentrer dans son pays par le Nord. Son probleme, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas parvenu a retirer d&rsquo;argent a Coca, et n&rsquo;a que quelques dollars en poche. Ca m&rsquo;est arriv\u00e9 plusieurs fois durant ce voyage et tu restes bloque au meme endroit en attendant que la situation s&rsquo;am\u00e9liore. J&rsquo;ai eu plutot de la chance a ce niveau, peut-etre que lui aussi est de nature a en avoir car il a quand meme decid\u00e9 d&#8217;embarquer sur le bateau, a l&rsquo;aveuglette. C&rsquo;est os\u00e9.<br \/>\nDe mon cot\u00e9, j&rsquo;ai quelques dizaines de dollars en poche mais, mais je n&rsquo;ai pas de moyen de transport dans une region ou le bateau est le seul moyen pour relier un point a un autre. Finalement, je ne suis pas plus avanc\u00e9 qu&rsquo;Andre.<\/p>\n<p>C&rsquo;est Roberto qui va nous sauver la mise. Un ami a lui possede une petite embarcation a moteur. Lui aussi (personne n&rsquo;y echappe) doit effectuer les formalit\u00e9s d&rsquo;entr\u00e9e au P\u00e9rou, et donc faire un arret obligatoire a Nuevo Rocafuerte, puis a Pantoja.<br \/>\nIl est 17h, apres 10h de trajet au total, les quelques personnes, Roberto, Andre et moi debarquont a Nuevo Rocafuerte. Il n&rsquo;y a que quelques maisons, un poste d&rsquo;immigration et une Mission Catholique. Apres le precieux coup de tampon, nous partons en direction du local a combustible de la Mission. L&#8217;embarcation a besoin d&rsquo;essence pour rejoindre Pantoja, puis, dans 2 jours, Iquitos. C&rsquo;est depuis Iquitos, au Nord du P\u00e9rou que je chercherais un cargo pour rejoindre le centre du pays. Ici, c&rsquo;est clair, il n&rsquo;y a rien.<\/p>\n<p>Une fois le tonneau charg\u00e9 dans la nouvelle embarcation, il est d\u00e9ja presque 18h et la route de p\u00e9nombre voire nocturne est plus compliqu\u00e9e car les bancs de sables ne se reperent qu&rsquo;au dernier moment. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui se produit a plusieurs reprises : le bateau racle le fond, ca peut serieusement endommager la coque et le gouvernail. Il fait nuit noire, le trajet dure plus d d&rsquo;1h au lieu d&rsquo;une demi-heure en temps normal. Mais nous parvenons neanmoins a rejoindre Pantoja.<\/p>\n<p>Apres avoir decharg\u00e9 le bateau de nos bagages, le poste-frontiere nous tend les bras. C&rsquo;est bon, je suis officiellement au P\u00e9rou.<br \/>\nDurant le trajet en bateau, je faisais travailler ma memoire en me demandant si c&rsquo;etait la 1ere fois que je passais une frontiere en bateau. Non, de la Malaisie a l&rsquo;Indon\u00e9sie, c&rsquo;etait en bateau. En revanche, par voie fluviale, c&rsquo;est une premiere.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai pu \u00e9changer une partie de mes dollars contre des <em>soles <\/em>avec Roberto, sans commission bien entendu.<\/p>\n<p>Nous nous rendons avec Andre dans le seul hotel du village pour une courte nuit.<\/p>\n<p>23 Mai 2011<\/p>\n<p>Lev\u00e9 a 4h30. D\u00e9part en bateau a 5h. C&rsquo;est tot mais la recompense, c&rsquo;est un beau lev\u00e9 de soleil sur le Rio Napo pendant que l&#8217;embarcation file droit vers l&rsquo;Est. Roberto nous fait payer le 1\/3 du prix habituel pour ces 2 jours de voyage. Et oui, avec nos sac a dos de routard, on fait consommer du fuel&#8230;<\/p>\n<p>Le seul arret de la journ\u00e9e se fera a Angoteros, un village avec une autre Mission tenue par 2 <em>hermanas<\/em> (soeurs) vivant de la meme maniere que les villageois et dans le meme genre d&rsquo;habitation :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1185\" aria-describedby=\"caption-attachment-1185\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7636.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1185\" title=\"Mission Catholique d'Angoteros\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7636.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1185\" class=\"wp-caption-text\">La Mission Catholique d&#039;Angoteros<\/figcaption><\/figure>\n<p>D&rsquo;ailleurs, nous restons plus d&rsquo;1h ce qui nous permet a Andre et moi de visiter le petit village :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1186\" aria-describedby=\"caption-attachment-1186\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7634.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1186\" title=\"Le village d'Angoteros\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7634.jpg?w=225\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1186\" class=\"wp-caption-text\">Le village d&#039;Angoteros<\/figcaption><\/figure>\n<p>Andre en profite pour me dire qu&rsquo;hormis ce que font les soeurs pour le village, il a du mal a comprendre comment on peut imposer une religion a un peuple plus tourn\u00e9 vers des croyances animistes. Je lui dis que je suis entierement d&rsquo;accord avec lui, et pourtant Andre est catholique ; bon sens du discernement de sa part. Je vois aussi le role important que les soeurs tiennent dans le village : soin, ravitaillement&#8230; d&rsquo;ailleurs elles-aussi vetues tres simplement. Je ne sais pas dans quelle mesure et avec quelle intensit\u00e9 la religion catholique est ici impos\u00e9e. Mais Roberto nous affirme que les rituels religieux propres a ce peuple se pratique encore maintenant.<br \/>\nBref, je laisse ce long d\u00e9bat de cot\u00e9 et m&rsquo;en vais a nouveau, apres le repas, filmer ce qu&rsquo;il se passe au village. Les enfants sont timides voire appeur\u00e9s. Ils ne parlent pas bien l&rsquo;espagnol. Je me sens moins seul&#8230; Je fais quelques gestes, m&rsquo;accroupis, et tourne l&rsquo;\u00e9cran du camescope a 360 degr\u00e9s pour qu&rsquo;ils puissent se regarder pendant qu&rsquo;ils sont film\u00e9s. Ca les fait rire.<\/p>\n<p>Le village possede l&rsquo;electricite. Les barques de pecheurs sont accost\u00e9es le long du rivage :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1187\" aria-describedby=\"caption-attachment-1187\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7638.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1187\" title=\"Barques de pecheurs\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7638.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1187\" class=\"wp-caption-text\">Barques de pecheurs<\/figcaption><\/figure>\n<p>Tout est construit sur piloti : le Rio Napo peut brusquemment sortir de son lit.<\/p>\n<p>Nous reprenons le bateau jusqu&rsquo;a 17h en direction de Santa Clotilde, un village un peu plus grand ou l&rsquo;on se d\u00e9place meme a mobylette.<\/p>\n<p>24 Mai 2011<\/p>\n<p>Dernier jour avant d&rsquo;arriver a Iquitos.<br \/>\nA 10h, c&rsquo;est la fin du voyage sur le Rio Napo. Le fleuve poursuit sa descente a l&rsquo;Est, et, sur plusieurs kilometres, il longe meme l&rsquo;Amazone. La solution est de rejoindre une autre ville cette fois-ci par voie terrestre afin d&rsquo;\u00e9conomiser plusieurs heures de bateau. C&rsquo;est en <em>motocarro<\/em> (qui ressemble en tout point au richshaw indien) que se fait le trajet via un sentier bitum\u00e9, jusqu&rsquo;a atteindre le village en question. De la, il ne reste plus qu&rsquo;a prendre un dernier bateau pour 3\/4 d&rsquo;heure.<\/p>\n<p>Il est 11h, nous arrivons enfin a Iquitos. Une ville comme une autre : mobylette, motocarro, voiture&#8230; beaucoup trop meme. Iquitos est vraiment pollu\u00e9e.<br \/>\nTout transite par les eaux ou par avion. Iquitos est tres touristique, beaucoup d&rsquo;agences propose des tours au coeur de la foret.<\/p>\n<p>Roberto est toujours a nos cot\u00e9s et sincerement, il nous a fait \u00e9conomiser beaucoup d&rsquo;argent depuis la frontiere. Etant p\u00e9ruvien, il a bien fait attention a ce qu&rsquo;on paye le meme prix que les locaux, que ce soit en bateau ou en motocarro.<\/p>\n<p>En sortant du port, il nous propose de laisser tout nos bagages pour nous aider a trouver un logement pas cher a Iquitos. Il pr\u00e9conise d&rsquo;aller au couvent (qui ne ressemble pas du tout a un couvent mais plutot a une suite de logement pour tous les religieux qui excerce dans le secteur d&rsquo;Iquitos) puis d&rsquo;aller trouver un hostel pas cher. Il me dit que, sans ca, je risquerais de me faire voler mon appareil photo et mon camescope si on me voit me balader avec&#8230; Bon&#8230; il ne m&rsquo;est jamais rien arriv\u00e9, mais si il insiste&#8230;<\/p>\n<p>Un passage au couvent, nous reprenons encore un motocarro en direction du centre-ville. Je trouve que ca fait beaucoup d&rsquo;aller-retour pour rien mais grace a lui, nous trouvons un dortoir dans un backpacker pour 15 soles (3euros).<br \/>\nRetour au convento et r\u00e9cup\u00e9ration des bagages. Nous remercions chaleureusement Roberto pour nous avoir aid\u00e9 durant ces quelques jours. Andre le remercie aussi de l&rsquo;avoir avanc\u00e9 en attendant d&rsquo;avoir pu trouver une banque a Iquitos.<\/p>\n<p>Andre et moi reprenons un motocarro en direction du centre-ville.<br \/>\nDe mon cote, je pars a la laverie, a une rue de l&rsquo;hostel.<br \/>\nEt puis nous repartons a nouveau en direction de Port Henry, la d&rsquo;ou partent les bateaux pour Pucallpa, au sud et pour la frontiere br\u00e9silienne, a l&rsquo;Est.<br \/>\nSur place, pas de billeterie. J&rsquo;avais rep\u00e9r\u00e9 un office de tourisme a 2 pas de l&rsquo;hostel (c&rsquo;est l&rsquo;avantage d&rsquo;etre dans une ville touristique). Nous nous y rendons, et nous apprenons qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de billeterie a proprememnt parler. Pour acc\u00e9der a un navire, il suffit de se rendre directement sur place et d&rsquo;interroger les gens<br \/>\nEn revanche, ils sont sur d&rsquo;une chose : 1 cargo part ce soir pour Pucallpa, au centre du P\u00e9rou (la 1ere ville depuis Iquitos ayant un acces par voie terrestre). Rapide r\u00e9flexion. La ville d&rsquo;Iquitos n&rsquo;est pas attrayante. Elle est bruyante et pollu\u00e9e ; en plus, je n&rsquo;ai meme pas encore pay\u00e9 le backpacker. Le voyage doit durer 5 jours, autant partir des ce soir.<\/p>\n<p>Je file a la laverie r\u00e9cuperer mes vetemements propres. Andre reste a l&rsquo;office de tourisme, il cherche a faire un petit tour en foret avant de quitter Iquitos.<\/p>\n<p>Je retourne au backpacker, mes bagages sont rapidemment prets. Andre revient. Il va partir pour la visite d&rsquo;un peuple indigene 2 ou 3 jours. Il explique au propri\u00e9taire de l&rsquo;hostel que je dois finalement partir maintenant. C&rsquo;est sympas de sa part.<br \/>\nUne accolade (geste universel) avant de le quitter. Il passera ensuite les 2 prochains mois a visiter le Nord de son pays avant de rejoindre sa ville, au sud.<br \/>\nOn m&rsquo;a signal\u00e9 a l&rsquo;office que je devais me rendre non pas a Port Henry, mais a Port Masusa, a 2 kms du centre-ville.<\/p>\n<p>J&rsquo;aurais bien couru a droite a gauche aujourd&rsquo;hui, mais me voila arriv\u00e9 a Port Masusa.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ici que j&rsquo;interroge un manutentionnaire. Il me dit que le <em>Pachito<\/em>, le cargo qui se trouve en face de moi part ce soir. Il est pour moi&#8230;<br \/>\nL&rsquo;utilit\u00e9 premiere de ce bateau est le transport de marchandise, de courriers, de vivres&#8230; Mais il peut accueillir des passagers au 1er et 2nd etage (ces memes \u00e9tages qui peuvent aussi servir d&rsquo;entrepot). Et pour ca, il y a le choix entre 2 options : La premiere, c&rsquo;est d&rsquo;acheter un hamac qu&rsquo;on accroche sur les nombreux tubes metalliques qui parcourent le bateau. Concernant le hamac, pour une petite sieste je ne dis pas&#8230; mais avez-vous deja pass\u00e9 une nuit complete dans un hamac ? Personnellement, j&rsquo;en ai deja fait l&rsquo;experience en France : c&rsquo;est incomfortable, on est de plus en plus comprim\u00e9 a l&rsquo;interieur au fil des heures ; on peut suffisamment bouger les bras mais pour se retourner compl\u00e9tement, il faut a chaque fois mettre une main ou un pied au sol pour prendre appui. Je prefere d&rsquo;ailleurs largement un sac de couchage au sol. Mais la encore, on est pas suffisamment sur\u00e9lev\u00e9 et on ressent toutes les vibrations du bateau. 1 nuit ou 2 ca peut aller (comme je l&rsquo;avais fait plusieurs fois en Indon\u00e9sie), mais 5 nuits ca fait beaucoup. Et puis par terre, ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;herbe touffue, c&rsquo;est de la tole ! A ce niveau le hamac a l&rsquo;avantage de palier aux vibrations et aux secousses des vagues provenant des autres bateaux qui nous croisent.<br \/>\nLa seconde option, c&rsquo;est d&rsquo;opter pour une cabine. Elle ressemble en tout point a une cellule de prison mais au moins elle possede un lit, une table, une chaise, un wc, un lavabo, une douche, de la place pour d\u00e9baller tes affaires et surtout&#8230; un peu d&rsquo;intimit\u00e9 !<\/p>\n<p>C&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9, ce sera la cabine. Le Port Masusa n&rsquo;a pas de quai, c&rsquo;est plutot une plage de terre ; une simple planche de bois relie le Pachito a la terre ferme. Je le franchis. Tout autour, on s&rsquo;affaire a charger le mat\u00e9riel avant le d\u00e9part. J&rsquo;essaye de trouver un responsable mais je ne vois que des employ\u00e9s sur le cargo.<br \/>\nJe monte au 1er etage. Les hamacs sont install\u00e9s en ligne et les affaires des gens se trouvent a leur pied. Je trouve un commis de cuisine qui appelle aussitot le responsable des chambres. Il m&rsquo;ouvre une 1ere chambre toute de tole revetue. Ca ira tres bien. De toute facon, toutes les cabines sont semblables. Puis il me propose la meme chose au niveau sup\u00e9rieur. J&rsquo;accepte ; autant prendre de la hauteur. Moins de monde, donc moins de bruit et par la meme occasion, on s&rsquo;\u00e9loigne du moteur de l&rsquo;engin.<\/p>\n<p>Les sanitaires ne sont pas trop mal ; quelques toiles d&rsquo;araign\u00e9es mais pas de cafards. Je lui indique qu&rsquo;on m&rsquo;avait parl\u00e9 de 120 ou 140 soles pour une cabine. Il r\u00e9pond oui tres rapidemment. A mon avis, ce n&rsquo;est pas lui qui doit encaisser la monnaie.<br \/>\nIl referme d&rsquo;ailleurs la porte de la chambre pour me diriger vers le contremaitre qui me demande 250 soles ! Ca y est, Roberto n&rsquo;est plus la, on tente a nouveau de me faire payer le prix fort. Je repete le chiffre a haute voix sur le ton de l&rsquo;etonnemement et je m&#8217;emploie a utiliser le meilleur castillan possible (lorsqu&rsquo;on parle bien la langue, les prix baissent plus facilement). Il est tres occup\u00e9 et part r\u00e9gler une affaire. Je fais part au responsable des cabines que le prix ne me convient pas, et que j&rsquo;avais entendu un chiffre bien moins \u00e9lev\u00e9.<br \/>\nLe contremaitre revient, je lui repete que c&rsquo;est trop cher. De nombreuses cabines sont inoccup\u00e9es, ca va jouer sur la balance&#8230; Finalement, nous convenons d&rsquo;un prix : 200 soles, pas moins (40 euros). C&rsquo;est moins de 10 euros par nuit avec 3 repas par jour compris. Je m&rsquo;en sors pas trop mal.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1188\" aria-describedby=\"caption-attachment-1188\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7645.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1188\" title=\"Le 2eme etage du Pachito\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7645.jpg?w=225\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1188\" class=\"wp-caption-text\">Voici a quoi ressemble le 2eme etage du Pachito. Le 1er etage, c&#039;est pareil<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1189\" aria-describedby=\"caption-attachment-1189\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7647.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1189\" title=\"Copie du Pachito\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7647.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1189\" class=\"wp-caption-text\">La copie quasi-conforme du Pachito, sur lequel je me trouve<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est 17h30, le bateau prend du retard. Je m&rsquo;installe tranquillement.<br \/>\nIl est presque 19h et dehors, on continue de charger le cargo :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1190\" aria-describedby=\"caption-attachment-1190\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7640.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1190\" title=\"Port Masusa\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7640.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1190\" class=\"wp-caption-text\">Le port Masusa. Un peu moins organis\u00e9 que celui de Hambourg...<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le cargo a l&rsquo;arret, il fait chaud dans la chambre et je n&rsquo;ai pas de ventilateur. Je cherche a savoir ou s&rsquo;approvisionner en eau durant le voyage. Je redescends au niveau z\u00e9ro, chez mon pote le contremaitre. On me fait savoir qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de ravitaillement sur le bateau. Je demande alors ou est-ce que je peux en acheter. Il faut que je retourne sur la terre ferme, dans un commerce. J&rsquo;ai le temps me dit-on. Il faudra 2 allers-retours pour porter les 20L que je viens d&rsquo;acheter a la superette du coin. Je n&rsquo;avais absolument pas penser a l&rsquo;eau et ca aurait \u00e9t\u00e9 un \u00e9norme probleme. Un verre par repas, c&rsquo;est peu.<\/p>\n<p>Il est plus de 21h, le bateau part enfin apres 3h30 de retard ; une goutte d&rsquo;eau dans l&rsquo;Amazone compar\u00e9e a la dur\u00e9e totale du trajet.<\/p>\n<p>25 Mai 2011<\/p>\n<p>1ere nuit pass\u00e9e dans la cabine. Le moteur garde la meme intensit\u00e9 sonore, pas d&rsquo;a-coup, pas de secousses soudaines ; finalement la nuit a \u00e9t\u00e9 tranquille. Il est 7h, je descends a l&rsquo;\u00e9tage inf\u00e9rieur pour prendre un petit dejeuner : riz\/viande\/pomme de terre.<br \/>\nA Iquitos, j&rsquo;etais all\u00e9 dans un snack sp\u00e9cial touriste pour un vrai hamburger-frite : je m&rsquo;attendais a ne pas en voir la couleur pendant un bon moment.<\/p>\n<p>J&rsquo;installe mes affaires dans les rangements pr\u00e9vus.<br \/>\nOn est parti pour rester un bon moment dans cette cage en tole. Mais c&rsquo;est quelque chose que je voulais faire dans ce tour du monde : voyager en cargo quelques jours. Comme le v\u00e9lo, c&rsquo;est une autre forme de voyage. C&rsquo;est prendre le temps, et meme r\u00e9apprendre a prendre le temps, ne presque jamais regarder l&rsquo;heure. Pas de t\u00e9l\u00e9, pas de DVD, pas de PC, pas d&rsquo;internet. Dans un cargo, tu lis, tu \u00e9cris, tu \u00e9coutes de la musique, tu regardes le paysage qui n&rsquo;\u00e9voluera pas tellement d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n<p>5 jours pour rejoindre Pucallpa en remontant le fleuve Amazone&#8230; On verra si je ne deviens pas fou par autant d&rsquo;immobilit\u00e9.<\/p>\n<p>La journ\u00e9e passe finalement vite. Ciel d\u00e9gag\u00e9 et nuit etoil\u00e9e. Je n&rsquo;avais pas vu autant d&rsquo;\u00e9toiles depuis l&rsquo;Indonesie sur le bateau de peche avec Salman, au large du Sulawesi. L&rsquo;air est frais, on respire.<\/p>\n<p>26 Mai 2011<\/p>\n<p>Vers minuit, le cargo s&rsquo;arrete dans une scierie.<br \/>\nEt ce matin, depuis deja plusieurs heures, la vie sur le 1er niveau du bateau est rythm\u00e9 par le ballet incessant des employ\u00e9s de la scierie empilant les planches de bois :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1191\" aria-describedby=\"caption-attachment-1191\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7651.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1191\" title=\"La scierie\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7651.jpg?w=225\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1191\" class=\"wp-caption-text\">La scierie...<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1192\" aria-describedby=\"caption-attachment-1192\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7649.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1192\" title=\"Et ses alentours\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7649.jpg?w=225\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1192\" class=\"wp-caption-text\">... et ses alentours<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ca dure toute la matin\u00e9e&#8230; et toute l&rsquo;apr\u00e9s-midi. Je me demande une seule chose : est-ce ce genre d&rsquo;arret aussi long est compris dans la dur\u00e9e totale du voyage ?<\/p>\n<p>Il est plus de 17h, je descends au 1er etage. En attendant que le service de restauration ouvre, une jeune fille me demande l&rsquo;heure. Elle entamme la conversation et se demande avec une certaine lassitude, quand est-ce que nous arriverons a Pucallpa. Elle me dit : \u00ab\u00a0peut-etre lundi maintenant\u00a0\u00bb. Je lui dis : \u00ab\u00a0non, dimanche. C&rsquo;est pas ca ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je le sens venir, les arrets ne sont pas compris dans le calcul. Je n&rsquo;ai pas le temps de savoir ce qu&rsquo;elle fait ici qu&rsquo;elle s&rsquo;en va d\u00e9ja.<br \/>\nJe m&rsquo;assoeis sur une petite table en attendant mon repas. On doit etre une cinquantaine de passager sur le bateau.<br \/>\nL&rsquo;homme qui est assis a cot\u00e9 de moi commence a discuter. Il me demande comment je trouve cette region. Je lui dis que c&rsquo;est tres beau, a part les moustiques&#8230; Ils ne sont pas bien gros (bien plus petit qu&rsquo;en France), on les distingue a peine ; les piqures ne sont pas aussi visibles que celles provoqu\u00e9es par des moustiques en Europe et pourtant la douleur est bien plus importante. J&rsquo;ai appliqu\u00e9 de la creme des le d\u00e9part, mais ca n&rsquo;a pas suffit. Sur le trajet entre Coca et Iquitos, je dois avoir recu une centaine de piqure r\u00e9partie sur les 2 jambes ; et ca me gratte constamment. A peine tu passes la main sur ta jambe, la douleur se r\u00e9veille meme plusieurs jours apres la piqure.<br \/>\nJe suis vaccin\u00e9 contre la fievre jaune mais je me demande si ce ne sont pas ces piqures qui me donnent des vertiges.\u00a0 La malaria ? Non&#8230; comme un m\u00e9decin en Indonesie me l&rsquo;avait bien fait comprendre, si j&rsquo;avais un d\u00e9but de malaria, je l&rsquo;aurais tout de suite senti. Les symptomes sont bien plus terribles que de petits vertiges. Dans tous les cas, j&rsquo;ai les jambes en feu, elles ont meme un peu grossi. Il faut arreter de gratter, penser a autre chose durant plusieurs minutes.<\/p>\n<p>Je profite pour interroger ce monsieur sur notre date d&rsquo;arriv\u00e9e.<br \/>\nSur un ton tres sur, il me dit : \u00ab\u00a0Mardi\u00a0\u00bb<br \/>\nMardi ??? Ca fait 48h de plus que pr\u00e9vu ! 7 jours au lieu de 5&#8230; Je lui fais confiance, les gens que j&rsquo;interroge sont tous au 1er etage, pres des employes du cargo. Au 2eme etage, je ne suis au courant de rien. J&rsquo;imagine en France la cohut que ce serait d&rsquo;apprendre que le bateau aura 48h de retard a l&rsquo;arriv\u00e9e&#8230; Ici pas de mutinerie. Pour ma part non plus, je ne change absolument pas d&rsquo;humeur. J&rsquo;apprends la nouvelle, c&rsquo;est tout.<br \/>\nAu moment ou il m&rsquo;a dit \u00ab\u00a0Mardi\u00a0\u00bb, j&rsquo;ai tout de suite pens\u00e9 a 2 choses : \u00ab\u00a0Est-ce que j&rsquo;ai suffisamment de quoi lire ?\u00a0\u00bb OUI. \u00ab\u00a0Est-ce que j&rsquo;ai suffisamment d&rsquo;eau?\u00a0\u00bb OUI. Pas de quoi entammer les restrictions, j&rsquo;ai pr\u00e9vu suffisamment large.<\/p>\n<p>Le bateau commence a manoeuvrer. Il s&rsquo;est pass\u00e9 plus de 20h depuis l&rsquo;amarrage du bateau a la scierie.<\/p>\n<p>27 Mai 2011<\/p>\n<p>C&rsquo;est bon, c&rsquo;est bien ancr\u00e9 dans ma tete. Ce ne sont plus 5 jours mais 7 jours de cargo.<br \/>\nLe bateau fait de nombreux arrets dans les villages. Le ravitaillement leur sont necessaire :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1194\" aria-describedby=\"caption-attachment-1194\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7652.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1194\" title=\"Village d'Amazonie\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7652.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1194\" class=\"wp-caption-text\">Un des nombreux villages au bord du fleuve Amazone<\/figcaption><\/figure>\n<p>Mais les arrets sont d\u00e9sormais de courtes dur\u00e9e. La chaleur n&rsquo;est pas insupportable lorsque le cargo est en marche. En revanche, un long arret en plein soleil r\u00e9chauffe toute la chambre assez rapidemment.<br \/>\nJe passe toute la journ\u00e9e a lire. Vous voulez savoir pour quel livre en francais j&rsquo;ai \u00e9chang\u00e9 un bouquin achet\u00e9 a Bogota ? C&rsquo;\u00e9tait un livre sur Vercingetorix. Meme en plein coeur de l&rsquo;Amazonie, on a toujours un petit cordon ombilical reli\u00e9 a l&rsquo;Auvergne. Je ressors aussi de mon sac a dos ce que j&rsquo;avais commenc\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire\u00a0 en Europe, continu\u00e9 de r\u00e9diger en Thailande les jours de pluie, peaufin\u00e9 a Jakarta, durant les longues heures d&rsquo;attente dans l&rsquo;aeroport.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est d\u00e9ja le coucher du soleil. Ca passe plutot vite quand lorsqu&rsquo;on est occup\u00e9.<\/p>\n<p>Mais je me rend compte surtout d&rsquo;une chose : depuis mon arriv\u00e9e sur le continent am\u00e9ricain, les jours sont courts. Aux USA, je tombe en plein hiver ; je descends a v\u00e9lo l&rsquo;Amerique Centrale et puis jusqu&rsquo;au niveau de l&rsquo;Equateur pendant que les jours rallongent en Am\u00e9rique du Nord. J&rsquo;arriverais au Sud de l&rsquo;Am\u00e9rique latine au d\u00e9but de leur hiver et ce sera rebelote : A partir de 18h, c&rsquo;est la p\u00e9nombre. A 18h30, la nuit noire. Des mois que ca dure et que ca me suit.<\/p>\n<p>28 Mai 2011<\/p>\n<p>J&rsquo;ai toujours quelque chose a faire et je me demande comment font les gens : parfois ils discutent entre eux mais la majeure partie du temps ils sont assis sur les bancs qui longent la coque du bateau, debout a regarder le fleuve ou dans leur hamac a dormir. Les enfants eux, jouent a cache-cache, courent partout et font resonner la tole sous leur pied.<br \/>\nMoi, j&rsquo;ai toujours ma porte d&rsquo;entr\u00e9e ouverte. Install\u00e9 devant le bureau, j&rsquo;apprends les circonstances de la d\u00e9faite a Alesia tout en jettant quelques coups d&rsquo;oeil dehors : c&rsquo;est bon, c&rsquo;est toujours la foret. Tiens d&rsquo;ailleurs, je n&rsquo;ai meme pas pris encore de photo de mon superbe studio de tole. Je dois fermer la porte, il y a trop de lumiere pour l&rsquo;appareil photo :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1195\" aria-describedby=\"caption-attachment-1195\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7661.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1195\" title=\"Chambre\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7661.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1195\" class=\"wp-caption-text\">C&#039;est pas trop mal. On s&#039;y fait vite<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rosi, la jeune fille que j&rsquo;ai rencontr\u00e9 il y a 2 jours passent me rendre visite ce matin. Elle s&rsquo;assoeit sur le rebord de ma porte et commence a discuter. Elle en a marre d&rsquo;attendre, elle a hate de rentrer a Pucallpa car ca fait 6 mois qu&rsquo;elle est rest\u00e9e a Iquitos a travailler avec sa mere dans le comedor familial. Elle fait le voyage du retour toute seule. Je lui demande pourquoi elle ne monte pas au second \u00e9tage, il y a moins de bruit de moteur et moins de monde. Elle me dit qu&rsquo;elle a peur parce qu&rsquo;elle a entendu des histoires comme quoi il valait mieux ne pas dormir en haut lorsqu&rsquo;on est une fille toute seule. Elle prefere rester avec tout le monde en bas.<br \/>\nElle me dit qu&rsquo;elle a le mal de mer. Du moins, c&rsquo;est ce que je croyais jusqu&rsquo;au moment ou elle me dit <em>fiebbre<\/em>. C&rsquo;est pas vraiment dans ce cargo qu&rsquo;on trouvera une infirmerie ou une pharmacie&#8230; Je sors mon test-fievre frontal. Elle ne sait pas ce que c&rsquo;est. Je lui explique rapidemment que 37 c&rsquo;est bien, et que 38 c&rsquo;est pas bien. Et c&rsquo;est un bon 38 qui s&rsquo;affiche. Je lui donne un Nurofen pas trop fort et lui dit de repasser plus tard.<\/p>\n<p>Au repas, j&rsquo;interroge a nouveau. Parait-il qu&rsquo;on arriverait lundi soir au lieu de mardi. Ce qui ferait finalement 6 jours.<br \/>\nDans l&rsquo;apres-midi, nous accostons dans un village assez important. Les vendeurs de fruits entrent dans le bateau. Rosi vient me voir et m&rsquo;offre une moiti\u00e9 de noix de coco. Une \u00e9ternit\u00e9 que j&rsquo;en avais pas mang\u00e9.<\/p>\n<p>Elle me parle un peu plus de ses origines. Elle habite un petit village du nom de San Francisco, au Nord de Pucallpa. Chez elle, la langue maternelle est le Shipibo : une tres vieille langue pr\u00e9-hispanique. Elle me propose de venir visiter son village, une fois arriv\u00e9s a Pucallpa. J&rsquo;accepte.<br \/>\nEncore un 38 de fievre. Je lui redonne un cachet.<br \/>\nLa nuit, nous montons au 3eme \u00e9tage de l&rsquo;appareil, la ou il fait le plus frais.<br \/>\nElle me chante quelques airs Shipibo et me parle de tous les animaux dangereux qui peuplent la foret. Elle est n\u00e9e en Amazonie, elle connait. Moi je suis n\u00e9 a Clermont-Ferrand, forc\u00e9ment, il y a beaucoup moins d&rsquo;alligator et d&rsquo;anaconda&#8230;<\/p>\n<p>29 Mai 2011<\/p>\n<p>Avant-dernier jour sur le bateau. Et oui, un cargo, par d\u00e9finition, ca avance plutot lentement. Avec les arrets dans les villages a charger et d\u00e9charger, ca avance encore plus lentement ; et avec tous les m\u00e9andres que forme le fleuve Amazone ca avance encore&#8230; encore plus lentement ; et pour finir, n&rsquo;oublions pas qu&rsquo;on est a contre-courant !<br \/>\nRosi arrive a ma porte ce matin. Elle me dit qu&rsquo;elle a besoin d&rsquo;un autre m\u00e9dicament. Je prends sa temperature. 39&#8230; Ca avait baiss\u00e9 hier et ca regrimpe. Et mal de gorge en plus. Une angine c&rsquo;est possible ? A force de prendre les courants d&rsquo;air au 1er etage peut-etre&#8230; Je n&rsquo;en sais pas grand chose. Dernier Nurofen de la boite. Pour la gorge, baume du tigre achet\u00e9 a Delhi. Je m&rsquo;en \u00e9tais servi pour les muscles des jambes vers la fin de mon voyage a v\u00e9lo.<br \/>\nElle n&rsquo;a pas emport\u00e9 un bouquin, pas une musique, rien pour se distraire. Elle reste comme tout le monde, a regarder dehors ou a rester dans le hamac. C&rsquo;est la ou je deviendrais fou.<br \/>\nJe lui prete mon MP3 (avec plaisir, j&rsquo;ai les memes musiques qui tournent en boucle depuis plus de 9 mois). Elle part avec et je ne la revoit plus de la journ\u00e9e, jusqu&rsquo;a ce qu&rsquo;elle revienne en debut de soir\u00e9e pour me dire : \u00ab\u00a0je crois qu&rsquo;il y a plus de pile\u00a0\u00bb.<br \/>\nFais-voir la temperature&#8230; 37, nous voila sauv\u00e9 !<\/p>\n<p>30 Mai 2011<\/p>\n<p>Re-changement : on arrive finalement mardi en fin de matin\u00e9e m&rsquo;a-t-elle dit hier. Donc aujourd&rsquo;hui, avant-dernier-jour, le vrai de vrai cette fois.<br \/>\nJe suis bien remis et pret a poursuivre ce voyage. Meme si le cargo etait bruyant parfois, ca reste plus reposant que mon rythme habituel. J&rsquo;attends vraiment d&rsquo;arriver, mais c&rsquo;est finalement avec un r\u00e9el plaisir que j&rsquo;ai accueilli ces jours cons\u00e9cutifs de \u00ab\u00a0temps-devan- soi\u00a0\u00bb sur le Pachito. Depuis Alice Springs en Australie, je n&rsquo;\u00e9tais jamais rest\u00e9 aussi longtemps au meme endroit&#8230; et tout en avancant&#8230;<\/p>\n<p>31 Mai 2011<\/p>\n<p>J&rsquo;utilise le fond de ma derniere bouteille des 20L que j&rsquo;avais pris au d\u00e9part. Le calcul n&rsquo;\u00e9tait pas trop mauvais.<br \/>\nJe rassemble mes affaires. Arriv\u00e9e pr\u00e9vue en fin de matin\u00e9e.<br \/>\nNous accostons finalement vers midi.<br \/>\nLe frere de Rosi vient nous aider a porter la pile de bagage que sa soeur a emport\u00e9. Nous partons au motocarro. Pucallpa est en fait un peu plus dans les terres. Nous n&rsquo;irons pas pour le moment. Le motocarro nous d\u00e9pose a cot\u00e9 d&rsquo;un <em>collectivo<\/em> (un taxi partag\u00e9) comme celui que j&rsquo;ai pris en Colombie ; sauf qu&rsquo;au lieu d&rsquo;etre 6 a l&rsquo;interieur, nous sommes 9, dont 2 <em>ni\u00f1os<\/em> mais 9 quand meme, avec tous les bagages dans le coffre.<br \/>\nA 30min de Pucallpa se trouve San Francisco, le village Shipibo de Rosi, au bord de l&rsquo;Amazone. Le sentier est boueux, tellement boueux que la voiture s&rsquo;engouffre dans une flaque sans pouvoir s&rsquo;en extraire. Et panne de batterie. On bloque le passage des autres v\u00e9hicules dans cet \u00e9troit sentier. La voiture qui arrive s&rsquo;arrete et on s&rsquo;affaire a trouver une solution.<br \/>\nOn tente de pousser la voiture a la force des bras. Pas suffisant.<br \/>\nNous sortons toutes les affaires de la voiture pour l&rsquo;all\u00e9ger. Toujours pas suffisant.<br \/>\nPuis une autre voiture arrive derriere nous. Ils ont une corde pour tirer la voiture. Il faut un couteau pour ajuster la longueur. Personne n&rsquo;en a. Je les entends dire : \u00ab\u00a0le francais en a peut-etre un\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Oui, peruviens, j&rsquo;ai un Opinel.<\/p>\n<p>Nous parvenons finalement a extraire le taxi de la boue. Et a peine 5min apres, nous arrivons a San Francisco.<br \/>\nRosi me pr\u00e9sente a toute sa famille. Je discute plus amplement avec Ronel, son frere. Il me dit que toute la rue appartient a leur famille. Et tous parle le Shipibo.<\/p>\n<p>J&rsquo;en apprendrais plus demain. Il est d\u00e9ja tard. J&rsquo;ai eu le temps de d\u00e9jeuner avec eux et de gouter aux poissons tir\u00e9s du fleuve. Mais pour le moment je laisse mes affaires a San Francisco et je retourne a Pucallpa : je n&rsquo;ai pas donn\u00e9 de nouvelles depuis longtemps.<br \/>\nJe passe la nuit a Pucallpa.<\/p>\n<p>1er Juin 2011<\/p>\n<p>Rosi me rejoint a Pucallpa pour faire quelques courses au march\u00e9 couvert. On achete de tout : fruits, l\u00e9gumes, riz. Des r\u00e9gimes entiers de bananes, que dis-je, des branches entieres. Ca pese une tonne. Mais cette vari\u00e9t\u00e9 se conserve longtemps.<\/p>\n<p>Il y a plusieurs facons de rejoindre San Francisco : motocarro, collectivo ou un canot a moteur par le fleuve. Et pour le coup, avec toute les courses, il est plus sur de prendre un canot jusqu&rsquo;a San Francisco. Ca secouera moins et c&rsquo;est plus rapide. Du point d&rsquo;achat jusqu&rsquo;a la berge ou se trouve les barques, il faut tout charger dans un motocarro. Il n&rsquo;y a que 200m, mais c&rsquo;est vraiment lourd.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1198\" aria-describedby=\"caption-attachment-1198\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7674.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1198\" title=\"En motocarro\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7674.jpg?w=225\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1198\" class=\"wp-caption-text\">En motocarro<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1199\" aria-describedby=\"caption-attachment-1199\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7677.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1199\" title=\"En peki-peki\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7677.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1199\" class=\"wp-caption-text\">En canot<\/figcaption><\/figure>\n<p>Nous arrivons au pied du village de San Francisco. Ronel nous attend avec une brouette. Il a quelques problemes au dos. Je me charge de remplir la brouette et de la remonter sur toute la pente jusqu&rsquo;a la maison familiale.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1200\" aria-describedby=\"caption-attachment-1200\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7691.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1200\" title=\"Les habitations Shipibo\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7691.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1200\" class=\"wp-caption-text\">Les habitations Shipibo<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1201\" aria-describedby=\"caption-attachment-1201\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7689.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1201\" title=\"La partie cuisine\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7689.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"233\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1201\" class=\"wp-caption-text\">La partie cuisine avec les 2 derniers ni\u00f1os de la famille<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ronel m&rsquo;explique lentement la culture Shipibo et me prete un livre pour comprendre mieux.<\/p>\n<p>Les Shipibo sont un groupe ethnique d&rsquo;Amazonie qui se concentre le long du fleuve Ucayali (le nom du fleuve Amazone sur cette partie du territoire) et de ses affluents sur environ 300 kms. A part a Pucallpa, ou tout le monde parle espagnol, tout le reste sont des dialectes datant de l&rsquo;ere pr\u00e9-hispanique. L&rsquo;Amazonie concentre 90 pour cent de toutes les langues parl\u00e9es au P\u00e9rou. Le Shipibo est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des 6 langues de la famille linguistique Pano (comme le francais et l&rsquo;italien sont de la famille linguistique romane). Avec le Shipibo, il y a 41 autres langues parl\u00e9es au Perou.<\/p>\n<p>Pour la suite, on est loin de la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution de Darwin mais voici ce qu&rsquo;est la pens\u00e9e Shipibo :<br \/>\nLa cosmovision shipibo est la relation entre l&rsquo;homme et la nature. Jusque la, rien d&rsquo;extraordinaire ; mais les Shipibo affirment que la conversion de l&rsquo;homme en animal s&rsquo;est produit dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme punition pour avoir transgress\u00e9 aux regles de la coexistence sociale. Cette faute a produit 2 effets : 1) negatif, puisqu&rsquo;en ayant attent\u00e9 aux droits collectifs, l&rsquo;homme se punit par la d\u00e9shumanisation : l&rsquo;expulsion de l&rsquo;individu de la communaut\u00e9 humaine pour le confronter au monde de la nature<br \/>\n2) positif, parce que cette conversion a permis le repeuplement de la vari\u00e9t\u00e9 des especes animales dans la montagne.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans la nuit que se reveille les etres enchant\u00e9s et malfaisants, represent\u00e9s par des animaux lors des invocations : hibous, pumas, crocodiles. Les constellations sont \u00e9galement peupl\u00e9es d&rsquo;etres magiques autant que dans les eaux du fleuve.<br \/>\nBeaucoup de dieux et de d\u00e9mons gouvernent le monde Shipibo. Le Soleil repr\u00e9sente bien entendu le pouvoir maximal. Il est le cr\u00e9ateur et le maitre du cosmos. Il partage cet espace avec la Lune, d\u00e9esse masculine et virile, convertit en homme amoureux des Shipiba (je n&rsquo;ai rien invent\u00e9).<br \/>\nRonel s&rsquo;occupe aussi des rituels. Je peux d&rsquo;ailleurs y participer si je reste plusieurs semaines. A coup de plantes hallucinogenes et d&rsquo;invocations, l&rsquo;individu participant a ces rituels finit par avoir des visions, notamment d&rsquo;ordre animales et v\u00e9g\u00e9tales. C&rsquo;est un rituel qui leur appartient. Je leur laisse.<br \/>\nMais ce qui est interressant c&rsquo;est que ces visions sont repr\u00e9sent\u00e9es sous formes de peintures sur le corps, mais aussi sur les poteries et les tissus.<br \/>\nAinsi, l&rsquo;anaconda y est souvent repr\u00e9sent\u00e9 car les Shipibo pensent qu&rsquo;acheter une tete d&rsquo;anaconda porte bonheur et chance. Chaque famille en possede au moins une :<\/p>\n<figure id=\"attachment_1202\" aria-describedby=\"caption-attachment-1202\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7688.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1202\" title=\"Tetes d'anaconda\" src=\"http:\/\/letourdalex.files.wordpress.com\/2011\/06\/dscf7688.jpg?w=300\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-1202\" class=\"wp-caption-text\">A quel autre moment aurais-je l&#039;occasion de toucher une tete d&#039;anaconda...<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il me pr\u00e9cise que l&rsquo;anaconda ne se mange pas. En revanche, sa graisse possede des vertus therapeutiques lorsqu&rsquo;on l&rsquo;utilise comme creme de corps. Autre pr\u00e9cision : l&rsquo;anaconda n&rsquo;a pas de probleme pour avaler un poulet entier !<\/p>\n<p>Ronel m&rsquo;apporte un objet en c\u00e9ramique retrouv\u00e9 dans la terre. C&rsquo;est une toute petite poterie cr\u00e9ee par les ancetres Shipibo. A ce sujet, il m&#8217;emmene faire une visite du village. Il m&rsquo;explique que pour la cr\u00e9ation des tissus, il faut aller dans des lieux pr\u00e9cis autour du village pour trouver la terre particuliere afin d&rsquo;obtenir la couleur orange, la couleur blanche, la couleur noire&#8230; On trempe le tissu puis on l&rsquo;expose au soleil, puis on le retrempe ; en tout 8 fois avant que le tissu soit totalement impregn\u00e9 de sa couleur definitive.<br \/>\nJe rencontre une vieille dame peignant une poterie finalis\u00e9e. J&rsquo;entre ensuite dans une propri\u00e9t\u00e9 tenue par un artiste qui peint lui aussi ses visions, mais sur de grands tableaux.<\/p>\n<p>Les Shipibo, ce sont des menuisiers, des artisans et des pecheurs. Les traditions ont quand meme beaucoup \u00e9volu\u00e9 en l&rsquo;espace d&rsquo;une ou 2 g\u00e9n\u00e9rations : avant, le mari avait 3 femmes ; et ces memes femmes, qui avaient la tenue traditionnelle, la trouve aujourd&rsquo;hui beaucoup moins agr\u00e9able a porter que nos vetements contemporains.<br \/>\nOn vit toutefois ici bien diff\u00e9remment qu&rsquo;en ville. Par exemple, on prend le repas accroupis, la famille r\u00e9unie autour d&rsquo;un meme plat. A mon retour de visite, je trouve Rosi en train de frotter ses vetements a la bassine, un par un.<br \/>\nUne de ses petites cousines arrivent jusqu&rsquo;a elle. Un insecte a pondu ses oeufs a l&rsquo;int\u00e9rieur du bout d&rsquo;un de ses orteils. La ou normalement la technique moderne serait de sortir une aiguille et du produit d\u00e9sinfectant, Rosi s&rsquo;en va arracher une \u00e9pine d&rsquo;un arbre pour justement s&rsquo;en servir comme aiguille.<br \/>\nApr\u00e9s avoir sorti les oeufs du pied (je n&rsquo;ai pas entendu une seule fois crier la petite fille ni meme se plaindre), Rosi lui annonce que c&rsquo;est termin\u00e9. Mais je leur dis d&rsquo;attendre. Rosi l&rsquo;aurait laiss\u00e9e partir, la plaie a vif, avec comme instrument de soin une \u00e9pine en guise d&rsquo;aiguille&#8230; Je dois bien avoir quelque chose de mon cot\u00e9. Je sors ma trousse de soin et c&rsquo;est ainsi que ma creme antibiotique achet\u00e9e a Los Angeles (USA) finira ses jours&#8230; a San Francisco (P\u00e9rou).<\/p>\n<p>Je prends le temps de filmer la famille, les enfants. Rosi me lit quelques lignes du livre en Shipibo-Espagnol. Meme si je ne comprends pas entierement les phrases en espagnol, je m&rsquo;apercois d&rsquo;une chose : elle saute des syllabes entieres. Je lui demande si elle lit souvent. Elle me r\u00e9pond un oui rapide comme pour se d\u00e9barasser. Je lui demande de m&rsquo;en lire encore plus et si elle serait capable de lire plus vite. Elle me dit que non. Elle a fini l&rsquo;\u00e9cole depuis un certain temps d\u00e9ja et a les premiers signes de l&rsquo;illettrisme. C&rsquo;est un probleme tellement fr\u00e9quent dans ces r\u00e9gions recul\u00e9es. Peu de lecture, peu d&rsquo;\u00e9criture, ca se perd tres vite. Mais ca, j&rsquo;ai pas os\u00e9 lui dire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est d\u00e9ja la fin de l&rsquo;apres-midi, j&rsquo;ai pass\u00e9 toute la journ\u00e9e dans ce village, et je dois d\u00e9sormais repartir. Ronel s&rsquo;en est all\u00e9, je n&rsquo;ai pas pu le remercier. Dans tous les cas je remercie Rosi qui m&rsquo;a invit\u00e9 dans sa famille durant cette journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Je vais reprendre a nouveau mon rythme de voyage en me disant avant de quitter San Francisco (pour la enieme fois) : \u00ab\u00a0je quitte un endroit que j&rsquo;appreciais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Je prends un collectivo jusqu&rsquo;a la station de car de Pucallpa.<br \/>\nIl est 18h, je pars pour Lima.<\/p>\n<p>2 Juin 2011<\/p>\n<p>Il fait nuit. Je suis entre \u00e9veil et sommeil. Le car fait des m\u00e9andres. On escalade la Cordillere d&rsquo;Est en Ouest mais j&rsquo;ai encore l&rsquo;esprit dans la foret a force de l&rsquo;avoir vu durant presque 2 semaines. Meme apres 20h de car, meme arriv\u00e9 a Lima dans le trafic surcharg\u00e9 de la capitale, meme dans l&rsquo;hostel que je viens de trouver et d&rsquo;ou je vous \u00e9cris ces quelques lignes \u00e9voquant des missions catholiques, des peuples shipibo, des rituels ancestraux, des tetes d&rsquo;anacondas, des cargos, des barques, des centaines de kilometres de m\u00e9andres.. et bien meme maintenant, je suis encore en Amazonie.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai mis des heures pour tout \u00e9crire. Mais comme d&rsquo;habitude, je me devais de le faire pour ne jamais oublier ce que j&rsquo;ai vu et v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Des bises a tous. On se retrouve au sommet !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>20 Mai 2011 Le taxi m&rsquo;amene jusqu&rsquo;au terminal des cars de Quito. Quelque soit la ville de montagne, le foss\u00e9 est enorme entre les generations : les vieilles dames s&rsquo;habillent encore de maniere traditionnelle (poncho de laine et nattes tress\u00e9es) tandis que la jeunesse est a la mode, talons claquant, portables en main. 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