A crocs

1er Septembre 2010

Depart de Sibiu pour Lotru. Simple station.

Petite excursion dans les hauteurs ; j’atteinds le village de Brezei.

Dans les environs de Brezei

Les gens te fixent longuement, mais ils repondent sympathiquement quand tu les accostes. Meme en campagne, le francais reste present chez les anciens.
Les femmes ont un large sourire quand elles te voient arriver : les voyageurs sont rares dans ces contrees.
Premiere experience en milieu rural et premiere morsure de chien : je passe devant lui, il ne reagit pas et reste couche. C’est une fois le dos tourne qu’il m’attaque au mollet.
Precautions prises avant le depart, merci Pasteur !
Mes conclusions sur la Roumanie rurale : je prefere l’accueil des femmes a celui des chiens.

Je rejoins en car la ville de Ramnicu Valcea, puis je prends un train jusqu’a Petra Olt. Arrive pourtant dans une ville de changement de trains, j’interroge un commercant qui me repond : « no hotel ». Oblige de me rendre a Slatina, la grande ville la plus proche.
Dans le train, je fais part de mon futur trajet a un roumain. Je lui dis que mon but est de rejoindre la Bulgarie.
En 1/2h de discussion, il finit par m’indiquer le plus court trajet, en passant par Bucarest… Exces de gentillesse de sa part : il regle tous les details au guichet pour le lendemain. Depart a 5h46. C’est tot. Il n’a pas du sentir que j’avais encore 2 ou 3 jours devant moi en Roumanie.
L’avantage par rapport a Budapest, je sais l’heure a laquelle je quitte Bucarest, et c’est suffisamment tot pour ne pas etre pris au depourvu une fois arrive en Bulgarie. J’aurais le temps de visiter et de me faire ma propre opinion sur l’interet de Bucarest.
La nuit tombe et je suis toujours dans le train. La, debarque une amie de ce monsieur, qui parle un peu anglais. Elle m’indique l’hotel le plus proche. Durant le trajet a pied, Maria me fait part de sa vie en Roumanie, de son travail en usine, sa famille, de sa croyance en Dieu qui la protege de la crise qui frappe la Roumanie. « I live for him », me dit-elle.
Elle m’amene jusqu’au pied de l’hotel.

2 Septembre 2010

Je la croise le lendemain matin vers 5h30. Elle se rendait a son travail en train. Je sentais qu’elle voulait approfondir son anglais.
Son train arrive. Elle continue a me parler.
Mon train arrive. La, elle voit son train partir. En plein milieu de la conversation, elle court en traversant les voies ferrees et cherche a l’attaquer de face, en s’aggrippant au dernier barreau du wagon. Tres mauvaise idee. Le train avait deja une bonne allure. Au bout de quelques secondes, elle lache prise et retombe violemment sur les cailloux ( c’est mieux que sur la ferraille), sous les yeux ebahis de tous les usagers qui lui hurlaient de lacher. J’etais quasiment dans mon train quand ca s’est produit. J’ai pas eu le temps d’aller la voir et je m’en mords les doigts, sachant que je ne la reverrais jamais. J’ai vu de loin qu’elle allait bien mais je me sens un peu responsable. C’est alle vraiment trop vite. Elle a failli se tuer. Grosse frayeur !
La veille, je me rappelle qu’elle riait quand je lui parlais de la securite dans les trains et sur les voies ferrees en Roumanie. Certaines portes de wagons restent ouvertes durant tout le trajet parce qu’elle ne peuvent plus se fermer. Les gens traversent les voies ferrees sans utiliser les souterrains.

Le soleil se leve. Dans le train, les gens se reveillent petit a petit. Moi, j’ai ecris durant tout le trajet ces quelques lignes…

Arrive a Bucarest. J’en ai maintenant la certitude, cette ville n’a aucun interet. Bruyante, polluee. Des decors fades.

3h plus tard, mon train part pouyr la ville de Russe, en Bulgarie.
Je quitte la Roumanie avec un gout amer par rapport a ce qui s’est produit ce matin…

Plein soleil. Sur la route de Russe, je rencontre justement une russe accompagnee d’une anglaise. Elle me parlent de la ville de Varna comme etant une tres bonne destination si je veux voir la mer Noire.
Allez, va pour la mer Noire, ca me changera les idees.
Je prolonge mon trajet jusqu’a Varna. La nuit tombe.
C’etait une journee longue et eprouvante.

Cyrillique, si lyrique

3 Septembre 2010

Je peux enfin voir la mer Noire de jour. Bol d’air marin quelques minutes et deja, je dois penser a rejoindre l’arriere-pays bulgare. Il parait que ca en vaut le detour.
L’alphabet cyrillique va me jouer des tours. J’ai achete une carte de Bulgarie en francais, j’espere que ca suffira. En bulgare, c’est indecodable.
Mon train part pour Veliko Tarnovo. J’ai 2 jours d’avance sur mon programme. Je les garde pour la vaste Turquie.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Dans les terres

3 Septembre 2010 (suite et fin)

Avant de quitter Varna, je voulais vous faire part de :

L’ennemi financier
Certaines personnes t’accostes dans la rue pour te demander si tu veux changer de monnaie. C’est leur petit business. Au passage, ils prennent une large commission.
L’un vient vers moi. Il me demande ma nationalite. Je lui reponds surtout que je n’ai besoin de rien. Je continue mon chemin. Un second m’accoste et me parle directement en francais… Ils sont bien rodes…
Pas tetu, je fais mine de ne pas comprendre, puis il me dit :
– « French ? »
– « No, English. Why do you speak to me in french? »Il m’a laisse tranquille. Desole, je ne traite qu’avec les banques.
A cause de l’alphabet cyrillique, il m’aurait refile des billets russes, j’aurais pas vu la difference.

Veliko Tarnovo

Arrive a Veliko Tarnovo, je rencontre un allemand. Il voyage seul et a velo.
Je lui pose une question importante. Combien de kilometres parcourt-il a velo par jour ? Il me repond environ 100kms. Ca me parait beaucoup, mais ca me donne une petite idee pour les Ameriques : si mon sac n’est pas trop encombrant, je m’achete un velo au Mexique et je le revends avant de quitter l’Amerique du Sud. C’est une idee. Mais certaines contrees d’Amerique latine ont des pentes assez rudes. On verra.
Les neerlandais de Budapest n’ont pas repondu a mon message. Peut-etre qu’ils ne l’ont pas recu. Et neanmoins, si ils l’ont recu, je peux comprendre qu’emettre de la Hongrie a la Bulgarie depuis un operateur neerlandais a celui d’un francais peut s’averer problematique…

Le « Hikers Hostel », une auberge de jeunesse, est quasiment au sommet d’une des collines, dans la vieille ville. Vue magnifique. La nuit, des effets de lumieres venant des centaines de projecteurs eclairent la vieille citadelle, sa forteresse, ses remparts situes sur la colline d’en face. Il fait chaud, la nuit douce, le ciel etoile, l’endroit tres calme, je decide de rester 2 nuits le temps de visiter le quartier historique, la citadelle et de souffler un peu.

4 Septembre 2010

Journee tranquille et visite de la ville.

Veliko Tarnovo
Definition d'une auberge de jeunesse en une seule photo !

Et la politesse ?
J’en parlais avec une parisienne a l’auberge, les pays de l’Ouest sont plutot a cheval sur la politesse. Dire « bonjour », « merci », « au revoir ».
Generalement, en Bulgarie, personne ne prononce ces mots.
Ils sont souvent ensemble et dehors a discuter.
Le fait de te voir tout seul leur parait etrange. Ils n’ont pas forcement tous le sourire aux levres, mais ils te prennent tout de suite sous leur aile des que tu leur demande un renseignement.
En Roumanie comme en Bulgarie, personne ne te laissera tomber. Si tu cherches un hotel en pleine nuit, ils partent avec toi pour t’aider, quitte a passer des coups de telephone autour d’eux. Si tu cherches l’office de tourisme, ils t’acco;pagnent jusque devant la porte. D’une maniere generale, en Europe de l’Ouest, la politesse se situe dans les paroles et la gestuelle ; a l’Est, elle est dans les actes.
Les codes de politesse sont simplement differents.

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

La vallée des roses

5 Septembre 2010

Descente a pied jusqu’a la place principale  de Veliko Tarnovo, taxi, train, autre train, bus et gerant de l’hotel venu ne chercher sur la place du village de Shipka en fin d’apres-midi ; voila comment s’est passe ma journee pour atteindre la vallee des roses et ce petit village a flanc de colline. Hormis le fait que cet hotel propose des chambres a moindre cout, je l’ai selectionne parce que le gerant organisait des randonnees durant la haute saison. Pour la seconde fois, je decide de rester 2 nuits sur place le temps de crapahuter  dans l’un des sites naturels les plus connus de Bulgarie.

6 Septembre 2010

Avant de partir en excursion pedestre, le gerant de l’hotel m’indique la route a suivre pour rejoindre le sommet des montagnes qui bordent la vallee.
Le temps est couvert, c’est dommage. Mais panorama splendide.

La vallée des roses

7 Septembre 2010

Je prends le bus de Shipka jusqu’a Plovdiv pour passer la nuit, une nouvelle fois, au « Hikers Hostel ». Le concept est le meme : une maison amenagee en auberge de jeunesse dans les hauts de la ville. La vue est moins belle qu’a Velika Tarnovo. Mais l’ambiance est bonne. La plupart viennent du « Hikers Hostel » precedent.

Je plains le timoré
Il arrive parfois, souvent dans les villes de taille importantes, que les personnes a qui je demande une information me disent : « tu as de la chance de tomber sur nous… » ou « fais attention dans cette ville, dans ce pays… ».

Je plains ce genre de personne qui craignent l’exterieur et les pays voisins car ils ne voyageront jamais. Ils font confiance aux medias qui ciblent la catastrophe, le conflit… L’amalgame est vite fait entre une situation tendue, tres localisee et l’idee que l’on se fait d’un pays tout entier.
C’est comme si deux etrangers se disaient :
-« Tu vas en France ? Attention, il y a les attentats corses et l’ETA… Al-Quaida a promis des represailles contre la France »

En Roumanie, on m’a mis en garde car recemment, des bulgares se sont deguises en flic, sont entres dans un bus de touristes et en ont profite pour les voler.
En Bulgarie, on me dit de faire attention aux turques.
Et en Turquie alors, ca va etre quoi ???

Preuve a l’appui sur l’importance  de mes propos. Au « Hikers Hostel » de Plovdiv, j’ai retrouve Josue, rencontre 3 jours plus tot. Originaire du Montana, il enseigne aujourd’hui l’Economie en Irak, dans la region Nord. Il a evite de visiter Bagdad pour le moment, mais il a beaucoup voyage dans la region kurde sans aucun soucis.

En voyage, on rencontre toute sorte de personnes qui demontent vos a priori et qui vous donne l’envie de voyager encore plus. Un cercle vertueux…

Des bises a tous. On se retrouve au sommet !

Théories de voyage… et beaucoup de pratique !