L’anglais que j’avais rencontré a l’hostel il y a 4 jours a tenu parole. Il vient de louer un camping-car et nous nous appretons a quitter Los Angeles ce matin. C’est Ryan, un americain rencontré sur place qui nous amene au supermarche pour quelques achats, puis jusqu’au concessionnaire en debut d’apres-midi.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le camping-car est massif. Vraiment imposant avec absolument tout le confort.
Mark vient de Birmingham. C’est un gars sympas et son accent n’est pas trop compliqué. Quand on a affronté l’accent australien, on peut tout entendre… On a quelques points en commun comme ceux d’avoir traverser la Thailande, la Malaisie et d’avoir travaillé en Working Holyday Visa en Australie. Il a une semaine d’avance par rapport a moi sur le sol americain, mais n’a connu que Los Angeles. Nous partons donc a la decouverte de la cote ouest et il m’avoue une chose ; la seule chose qui l’effraie pour ce voyage : rouler a droite. Je lui fais part de mes 1ers kilometres en voiture lorsque j’ai roulé en Angleterre, il y a quelques annees, et effectivement, c’etait pas forcement evident.
Nous quittons Los Angeles en direction du nord. Au depart, il faisait plutot beau, maintenant le temps se gate. Nous traversons quelques « hauts lieux » devenus mondialement celebres : Malibu et… Santa Barbara. Mais il faut bien se rendre a l’evidence qu’au mois de fevrier, c’est assez different de ce qu’on imagine.
On a pas roulé forcement beaucoup aujourd’hui, mais sortir de Los Angeles ne fut pas chose aisée, la nuit nous tombe dessus assez vite, et conduire sous la pluie dans un aussi gros vehicule ne rassure pas Mark. Et puis surtout, on a reussi a se perdre plusieurs fois… Mes 6 mois d’apprentissage de la patience et le flegme anglais nous font neamoins progresser dans la bonne humeur.
Arrivé aux alentours de Montana de Oro et apres avoir repris Mark sur les quelques fois ou il roulait a gauche, nous nous arretons definitivement dans une aire de repos, quelques centaines de miles au nord (oui, on compte en miles aux USA ; et les litres, c’est des gallons). C’est ici que nous passerons la nuit, fraiche…
18 Fevrier 2011
Oui, fraiche, tres fraiche la nuit. On a tout le confort, mais pas de chauffage durant la nuit.
Nous rallumons le moteur du camping-car au petit matin et il fait a nouveau chaud. Et admirez plutot l’engin :
Une bonne facon de voyager aux Etats-Unis
Pas de quoi se plaindre...
Nous reprenons la Route 1, celle qui longe le Pacifique :
"Le long des cotes Pacifique..."
Le site de Piedras Blancas est la demeure d'une importante colonie d'elephants de mer. On dirait pas, mais ils sont bien en vie
Collines verdoyantes viennent se jeter dans la mer :
Vous n'imaginiez pas la Californie comme ca, pas vrai ? Et bien moi non plus
Nous arrivons dans la banlieue de San Francisco. Les bretelles d’autoroute a 6 voies s’entrecroisent parfois sur 3 niveaux. Ce qui n’empeche pas quelques ralentissements. Et il fait deja nuit et la pluie ne s’arrete pas :
Entree dans San Francisco...
Nous partons a nouveau a la recherche d’un coin tranquille pour garer le vehicule. A vrai dire, n’importe ou fera l’affaire.
Finalement, nous trouvons un simple emplacement dans les hauteurs de San Leandro, un des nombreux quartiers de San Francisco, loin des habitations.
Preparation du repas, film sur le PC portable : comme a la maison. Une vraie traversee « a l’americaine ».
19 Fevrier 2011
Nuit froide a nouveau, meme avec plusieurs epaisseurs de vetements. Qu’importe, on rebranche le moteur de « la bete » et c’est reparti. Direction le concessionnaire. Le voyage aura été de courte duree.
Mark a booké pour 2 nuits dans un hostel en plein coeur de la ville. N’ayant rien reservé, je decide de le suivre. Un taxi puis un train (les distances sont longues aussi a San Francisco), et nous voila dans le downtown (centre-ville).
Je pose mon sac dans la chambre puis je repars a pied : ne serait-ce que le trajet depuis la station de train jusqu’a l’hostel, j’ai vu vraiment de beaux batiments. Et je ne me trompe pas, le downtown est tout simplement magnifique. Des grandes places créees par le croisement diagonal (pour une fois) de certaines avenues ; des batiments d’ou ressortent les escaliers de secours exterieures ; et puis, c’est aussi ses nombreuses collines – ou circule notamment les fameux « cable cars » – qui fait le charme de cette ville :
Au centre, un des nombreux "cable car" qui fait, en partie, l'identite de San Francisco
On dirait pas, mais ca monte vraiment. C'est sur ce genre de cotes que sont generalement tournees les "scenes de poursuites" dans les series ou les films. Mais si, ca doit vous dire forcement quelque chose !
En montant l'une des nombreuses collines de la ville
Escaliers exterieures de secours. Ca fait son petit charme, surtout dans les grandes rues
Courants alternatifs
Depuis les annees 50, nombreuses évolutions ou « révolutions » ont contribuées a rendre San Francisco si « différente ».
La « Renaissance de San Francisco » a vu defilé bon nombres de poete avant-gardiste devenue plus tard ce qu’on appelera la « Beat Generation » qui s’etendit a l’art, la culture, et qui finit par ebranler les grandes certitudes americaines ; d’ou decoula le « Summer of Love » (l’été de l’Amour) toujours a San Francisco, et la decouverte au public de la liberation sexuelle et de la contre-culture hippie. San Francisco a souvent été LE point de depart ; et encore aujourd’hui, elle reste la ville « Gay/Les/Bi/Trans » des Etats-Unis.
Je marche sous une pluie battante. Je prends quelques heures pour chercher une boutique pas chere et me racheter un blouson et des gants. C’est bon, je peux a nouveau affronter les intemperies.
Je tombe dans le quartier chinois, sur Grant Avenue :
Grand rassemblement aujourd'hui
Effectivement, l’une des plus grandes compagnies aeriennes des Etats-Unis organise aujourd’hui sa grande parade annuelle du Nouvel An chinois. Les stands s’etalent sur toute l’avenue et ce soir, c’est l’heure de la parade.
De l'autre coté de l'avenue, toujours le quartier chinois
Pendant plus d’une heure et demi, je patiente, debout, en attendant la parade. Et pendant tout ce temps, je « prends la temperature » de cette ville que je trouve vraiment superbe. Les gens que je croise, quelque soit leur origine, ont plutot le sourire aux levres, malgré la pluie. Mexicains, blancs, asiatiques, afros, tous viennent en famille, petits et grands, assister au depart de la parade. C’est veritablement dans cette ville que pour la 1ere fois, j’ai l’impression que les Etats-Unis, c’est toi, c’est moi, c’est tout le monde.
La parade commence. Les photos ne rendront pas grand chose. La video, oui.
Je retourne a l’hostel pour une douche régénératrice et pour vous ecrire mes premieres impressions sur San Francisco.
Et elles sont tres bonnes !
Je quitte le dortoir en laissant dormir mes 3 autres compagnons de chambre, pour sortir a pied en direction du Golden Gate…
Je viens de passer la porte…Mmmouai… en fait, je ne sais pas du tout comment y aller. J’entre a nouveau dans l’hostel et je demande a la reception.
Avec toutes les collines que possedent le Nord de San Francisco, il ne peut y avoir de metro.
Pour autant, la ville est tres bien desservie au niveau des bus, ce qui me parait etre la meilleure solution.
Et c’est dans ce 1er bus que je rencontre une francaise qui me demande a quel station changer pour rejoindre le Golden Gate.
Il n’en faudra pas plus pour que l’on passe une bonne partie de la journee ensemble.
Et le voila, le Golden Gate, 2331m de cables.
Golden Gate Bridge
Il fait plutot beau aujourd’hui. Profitons en pour voir le maximum de choses qu’il y a a visiter a l’exterieur. Nous arpentons le Golden Gate jusqu’a la moitié.
Le pont relie la pointe nord de la peninsule de San Francisco a la ville de Sausalito, encore plus au nord
Superbe vue sur toute la baie de San Francisco. Nous partons ensuite jusqu’au port. Je n’aurais pas cru, mais tous les touristes sont amassés autour des docks. C’est une longue rue couverte de commerces et de magasins de souvenirs. A fuir immediatement !
Ca ne vaut meme pas la peine de prendre une photo.
Nous partons enfin vers Russian Hill et son lot de rues pentues. La pire fait 32 pour cent de denivelé. En photo, on ne verra pas grand chose. Par contre, je ne peux m’empecher de photographier ces bas immeubles qui font tant le charme de cette ville :
Sur Leavenworth street
De retour dans notre quartier d’hostel, on finit la soiree dans un snack comme on les fait ici, ou Julie, apres m’avoir indiqué quelques bons sites a visiter pour la journee de demain, me fait part de ces precedents voyages dans les autres villes des USA.
Elle est une mine d’infos et d’anecdotes sur les villes americaines.
Mon trajet pour demain est pret. Nous nous donnons rendez-vous demain matin pour un brunch.
21 Fevrier 2011
Oui, un brunch, incontournable. Julie m’amene au Lori’s Diner pour prendre un vrai dejeuner/repas a l’americaine : pancake, oeufs, bacon, saucisse, confiture et litres…pardon… gallons de cafes !
Et apres ca, tu n’as plus faim pendant un bon moment.
C’est ici que nos chemins se separent. Je trouve Mark pied-nus a la reception, a peine reveillé. Il me demande ce que je fais cet apres-midi et decide de me suivre dans mes excursions.
Le 1er arret sera Little France. Et, en verité, c’est assez ridicule. C’est juste une rue avec 2 brasseries au nom francais, le reste etant des restos japonais ou italiens.
La seconde etape, c’est le quartier GLBT (gay/les/bi/trans) de la ville qui, parait-il, vaut le detour. Je n’imagine pas un arrondissement de Paris aussi coloré, surtout avec l’immense drapeau arc-en-ciel qui flotte au-dessus.
Parait-il que la nuit est nettement plus animée. Bon… j’irais pas verifier….
The Castro District
Le quartier est ainsi coloré toute l’annee
Harvey Milk Si vous n’avez pas vu le film, Harvey Milk, comme de nombreux homosexuels au debut des annees 1970, encore méconnu, demenage pour San Francisco. Il montera un magasin de photo dans le quartier de Castro Street. Se distinguant de plus en plus comme meneur pour la cause homosexuelle, il tenta a 2 reprises de se presenter aux elections municipales, sans succes.
Vers la fin des annees 70, les superviseurs (equivalent francais de conseiller municipal) ne sont plus elus au niveau municipal mais au niveau des districts. Obtenant un soutien de plus en plus large de la communauté gay, il se fait élire superviseur du 5eme district, incluant le quartier de Castro.
Harvey Milk devient le 1er homosexuel ouvertement declaré a etre elu dans une grande ville des Etats-Unis.
Pour « incompatibilité d’humeur », il fut froidement assassiné par l’ancien superviseur du district, peu de temps apres.
Le tueur fut condamné pour homicide involontaire…
Harvey Milk sera desormais toujours consideré comme un martyr de la communaute gay.
Et en arpentant les rues du quartier de Castro, je vois plusieurs photos et dessins representant Harvey Milk, resté le symbole du militantisme pour les droits civiques des homosexuels.
Nous partons en direction des Twin Peaks qui surplombent la ville.
La superbe ville de San Francisco
De l’autre cote. Toujours ce meme style d’immeubles a 2 ou 3 etages
Je comprends pourquoi on ne voit jamais d’obeses a San Francisco. Ca monte tout le temps ! Et contrairement a Los Angeles, la voiture n’est pas du tout la reine ici, notamment a cause des bouchons (c’est la 2eme agglomeration la plus densement peuplée apres New York), et aussi parce que le prix des parkings sont chers.
Du coup, les San-Franciscains marchent et prennent les transports en communs.
Nous nous rendons ensuite au quartier Haight-Ashbury, un quartier populaire resté a l’epoque des sixties :
Le quartier du Haight-Ashbury
La rue principale du Haight-Ashbury
Encore la meme rue
Toujours la meme rue
L’atmosphere est cool dans ce quartier
On y reste volontiers pour admirer l’art urbain et visiter quelques magasins « decalés »
Un autre exemple d’art urbain
En plein travail…
L’atmosphere du quartier me rappelle Berlin, avec ce meme genre « d’exploitation de l’espace urbain ». On colore les rues et c’est loin d’etre de simples tags !
Et enfin, nous traversons le Golden Gate Park, la ou tout a commencé, la ou la contre-culture hippie a vu le jour. Et c’est sans doute pour ca que le quartier du Haight-Ashbury est en bordure du parc. Bien que gigantesque, c’est aujourd’hui un parc comme un autre, avec des enfants qui jouent, des jeunes qui s’essayent a la musique, et parfois, on respire quelques senteurs d’herbes… et pas forcement celle qui pousse d’habitude dans les jardins…
A force de marcher, nous trouvons l’ocean Pacifique. Fin de la journee et retour a l’hostel.
22 Fevrier 2011
Et voila la derniere chose que je voulais faire a San Francisco. Mark a booké pour le meme depart, et c’etait impensable de quitter San Francisco sans l’avoir fait : l’ile d’Alcatraz . On ne peut y echapper :
L’ile d’Alcatraz
The Rock
« Si on baffoue les regles, on va en prison. Si on baffoue les regles de la prison, on va a Alcatraz », c’est ce que j’ai pu lire sur un panneau de l’ile. Cela resume bien les 30 annees d’existence de la prison la plus securisée des Etats-Unis.
Autrefois un fort, elle devient prison d’état au debut des annees 30. Elle accueillit des prisonniers celebres tels que Mickey Cohen (gangster renommé de Los Angeles affilie a la Yiddish Connection), Georges « Machine Gun » Kelly (dangereux criminel reputé pour l’utilisation quelque peu « excessive » de la mitraillette) et Al Capone, qu’on ne presente plus.
La visite fait froid dans le dos :
Les couloirs de la prison
Un exemple de cellule. Grande comme une boite a chaussure, et plusieurs annees pour la contempler…
Cellules plus larges et mieux exposé au soleil, le Bloc D etait pourtant le pire bloc de la prison. Les prisonniers restaient 24h/24 dans leur cellule. On peut voir en bas au centre les cellules d’isolement
Les cellules d’isolement plongeaient les detenus les plus agressifs dans un noir total pendant une periode ne depassant jamais 19 jours. Ils y entraient lorsqu’ils commetaient des violences voire des crimes durant leur periode de detention.
L’evadé d’Alcatraz Mais si… le film avec Clint Eastwood dans le 1er role ! Et ce qu’il contient (et qui est en grande partie vraie), retrace l’histoire de l’evasion de 3 detenus. Juste en face de moi, les cellules de ces 3 prisonniers. C’est certainement l’une des evasions les plus perfectionnées de l’histoire des Etats-Unis. Apres avoir elargies les bouches d’aeration de leur cellule, les 3 fuyards escalader les conduits ou circulent les canalisations pour ainsi atteindre le toit de la prison, tout en ayant pris le soin de sculpter 3 fausses tetes qu’ils placerent dans leur lits afin de duper les gardiens. On a jamais su si les 3 detenus purent rejoindre San Francisco a la nage.
La visite s’est faite au moyen d’un casque audio (en francais), et on imagine tres bien, avec l’aide des bruitages et temoignages, l’ambiance qui regnait entre ces murs. Les anecdotes croustillantes sont nombreuses. Impossible de tout raconter…
Certains batiments ont brulé durant un incendie, quelques annees apres la fermeture de la prison
L’ile etait suffisamment grande pour que certaines familles de guardiens decident d’y vivre durant plusieurs annees. En contrebas, des batiments furent amenagés pour ces familles qui, disait-on, vivaient comme dans n’importe quel autre quartier de San Francisco, juste « avec un mauvais voisinnage ». Plus tard, les enfants de ce quartier declareront qu’ils n’eurent jamais vraiment le sentiment d’habiter a coté des prisonniers ; et rares furent les familles qui laisserent fermer a double-tour la porte de leur maison durant la nuit.
Nous restons plus de 3h sur l’ile d’Alcatraz avant de rentrer a San Francisco. Un petit passage au In-and-Out Burger (MacDonald’s est loin d’avoir le monopole aux USA) et la nuit tombe doucement. Nous rentrons a l’hostel en cable-car, tantot en montée, tantot en descente ; toujours avec une superbe vue et sous les lumieres de la ville.
Je dois booker mes prochaines destinations ce soir. Ainsi s’acheve pour moi la visite de la belle San Francisco. Une ville dont on a du mal a se separer…
Nuit courte a l’hostel. Je me leve vers 4h pour preparer mon sac a dos avant d’affronter a pied le froid matinal. Il fait encore bien nuit et j’observe sur le chemin le silence qui regne dans les rues de San Francisco.
1 ou 2 voitures, quelques personnes dans les fast-foods ouverts 24h/24 ; les employes communaux nettoient les trottoirs, les SDF dorment au pied des buildings, caddies a proximité d’eux.
J’ai pris le Discovery Pass de la compagnie de bus Greyhound. C’est une carte qui me permet de prendre n’importe quel trajet, autant de fois que je veux, et sur tout le territoire americain. Les gars comme moi l’amortissent vite…
Il est 6h du matin, je prends le bus en direction du Nevada.
Quelques arrets garnissent ce voyage de 14h. Et c’est dans l’arriere-pays californien, dans ces villes eloignées des cotes, que je trouve une population plus « typique ». Moins de retenue et plus de « surcharges ponderales », envelopées dans des robes ou des survetements unis flottants.
Le paysage passe des vertes collines, a de vastes plaines aux couleurs brunes, parsemées de touffes d’herbes au teintes vertes pales. On entre progressivement dans le desert.
Une lumiere au loin. Il est 20h, il fait nuit depuis longtemps et nous franchissons la frontiere du Nevada.
Une demi-heure plus tard, encore de la lumiere, plus puissante, etendue sur une surface bien plus vaste. La lumiere grandit, et grandit encore jusqu’a en etre completement envahis.
Nous sommes dans Las Vegas. Les hotels defilent trop vite sur l’autoroute et toutes ces heures de route m’ont fatigué. Le bus nous depose a la station.
Ce n’est pas fini, je dois trouver l’hostel que j’ai booke. Au guichet de la compagnie, je demande la direction :
– « Vous voulez prendre le bus ou un taxi ? »
– « Le bus »
Un type au guichet, juste a cote de moi :
-« Vous prenez le bus ? »
-« Oui »
– « Prenez ma carte »
-« Ah, vous quittez la ville ? »
-« Oui, la carte est valable 30 jours pour tous les bus de la ville »
Ca, c’est sympa de sa part. Je marche jusqu’a la station centrale avant de prendre le bus qui me depose au 1236 South Las Vegas Boulevard.
L’hostel se situe entre une White Wedding Chapel, un Adult Shop et une boutique de tatouage. Bienvenue a Las Vegas…
24 Fevrier 2011
Fin de matinee. Je pars a la decouverte du « Strip », la longue rue principale. Il fait ni trop chaud, ni trop froid ; un temps impeccable pour visiter la ville.
Voici Las Vegas. Le jour, c’est assez different mais on constate neanmoins tous les exces et la demesure de la ville : parcs d’attractions, saut a l’elastique depuis le haut de certaines tours, essaie d’armes a feu, shows sexy a chaque coin de rue, immenses spectacles dansants, plongee au milieu des requins et surtout…vastes casinos. Et parmi les plus connus, citons :
Le Circus CircusLe RivieraLe Encore et le WynnLe Treasure IslandLe VenetianLe MirageLe Caesar PalaceLe Paris-Las VegasLe BellagioLe Monte CarloL’ExcaliburLe MGM GrandLe New-York, New-YorkLe Luxor
Et le panneau pour la fin, tout au bout du Strip :
Oups… mauvais coté !
Nous y voila :
Welcome to fabulous Las Vegas
Ayant les trajets illimités grace au Pass, je m’amuse par la suite a prendre le bus, n’importe lequel… Il m’amene dans les quartiers residentiels de Las Vegas ; il y a meme un Chinatown. Et a 2 pas de ces quartiers, le desert.
Il commence a faire nuit, je pars cette fois-ci dans une direction voulue : le downtown, et notamment au Fremont Street.
Les ampoules et les neons s’allument, c’est un festival de lumiere. Fremont Street est connu pour son plafond entierement pavé d’ecrans numeriques.
C’est de la folie, partout des incitations a venir jouer : photos des gagnants au mur, filles sexy, affichage des dollars accumulés dans les machines a sous, histoire de faire saliver. Du bruit, de la musique, des shops en tout genre. Batman croise Spiderman qui croise Dark Vador qui croise des French Cancan. Il est possible de se faire prendre en photo avec eux. Costumes plus ou moins réussis…
La plupart des choses a Las Vegas ne coute pas tres cher du moment qu’elles dependent d’un hotel-casino : boisson, nourriture, logement, ticket de spectacle sont peu onéreux. En contrepartie, les hotels-casinos esperent que les clients viendront depenser leur dollar dans les machines a sous, par la meme occasion.
Je retourne au Strip pour filmer la « folie electrique » de cette ville. Limousines circulent dans le boulevard.
Une chose est immanquable la nuit, c’est la fontaine du Bellagio d’ou jaillit les eaux sur une musique classique peu a peu entrainante. Apres 1h ou 2 de marche, c’est neanmoins sur cette bonne note – la fontaine du Bellagio – que j’acheve mon parcours dans Las Vegas.
Je rentre a l’hostel. Mark a pris le meme que moi et je le retrouve dans la piece commune. Il compte reserver pour la visite du Grand Canyon depuis Las Veags dans les jours qui suivent.
Pour moi, c’est deja booké, et c’est demain.
25 Fevrier 2011
Un mini-bus passe me chercher pour me deposer vers un car un peu plus consequent. J’ai ete obligé de booker pour un tour en groupe. Je n’ai pas franchement d’autres moyens de m’y rendre.
Il faut plusieurs heures de routes pour s’y rendre depuis Las Vegas.
La premiere etape est celle du Hoover Dam :
Hoover Dam
Ce barrage marque la separation (avec le fleuve Colorado) entre le Nevada et l’Etat de l’Arizona.
C’est lui qui alimente – en partie – la ville de Las Vegas en electricité. L’ouvrage est consequent : plus de 220m de hauteur et 200m d’epaisseur de béton a sa base.
L’Arizona se presente a mes yeux comme une vaste contrée desertique et rocailleuse :
L’Arizona
Le bus empreinte une partie de la mythique Route 66. Un peu de neige persiste sur les bas-cotés.
The Mother Road La Route 66, depuis la fin des annes 20 au milieu des annees 80, fut la premiere route transcontinentale goudronnée des USA. Elle traverse 3 fuseaux horaires et 8 etats, en partant de Chicago dans l’Illinois, puis en traversant le Missouri, le Kansas, l’Oklahoma, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona pour finir en Californie, a Santa Monica. Meme si cette route n’a plus d’existence officielle aujourd’hui, elle reste la plus connue des routes americaines, et perdure, depuis les annees 90, grace a plusieurs mouvements de preservation.
Nous arrivons au Grand Canyon. Classé au Patrimoine Mondiale de l’Humanité par l’UNESCO, son existence remonte a plusieurs milliards d’annees. C’est sous la neige que j’admire ses 1500m (en moyenne) de profondeur. Pendant 3h, c’est quartier libre pour le groupe, et je longe la falaise jusqu’au point culminant :
Le Grand Canyon – Et ce n’est qu’une petite partie…
Il est un peu plus de 3h, je dois rejoindre le car, de l’autre cote de la falaise. Je n’ai pas vu beaucoup de gens de mon groupe faire de marche. Il faut noter qu’une bonne partie ont un certain embonpoint… Je voulais pas le voir au depart, mais c’est quand meme flagrant !
Retour a Las Vegas pour quelques heures seulement, le temps de vous ecrire, de rassembler mes affaires pour repartir en direction de l’Est.
Il est deja minuit, je dois me rendre a la gare routiere Greyhound. Un rapide au revoir a Mark, j’en profite pour lui filer mon pass-bus de Las Vegas.
Je m’en vais, loin, tres loin, cette fois.
Il a beaucoup neigé. Chaque arret est rythmé par une station ou il est possible d’acheter tout type d’aliments… gras, le plus souvent : poulet fris, barres chocolatées, ou bien biscuits aperos et soda. Pour trouver des fruits, c’est plus difficile.
Je traverse de nombreuses villes sans pour autant suivre un chemin lineaire.
De temps a autres, je croise quelques indiens.
Les natifs americains Leur histoire est a peu pres similaire a celle des Aborigenes d’Australie ; a part que les massacres ont ete largement plus important du coté américain, au point que les Indiens ne representent aujourd’hui plus que 1,5 pour cent de la population americaine. Ceux qui vivent encore dans les quelques réserves créees par l’Etat vivent, comme les Aborigenes, essentiellement du tourisme en vendant leur artisanat. Et comme les Aborigenes d’Australie, ou meme les natifs d’Alaska, on constate un taux d’alcoolisme, d’homicide et de suicide totalement disproportionnés par rapport au reste de la population americaine. Ceux que j’ai pu croiser sont parfaitement integrés, habillés comme tout le monde (il va sans dire) et parlent un anglais impeccable. Cheerokee, Sioux, Chippewa… tous parlent l’anglais, pour la grande majorité, depuis la fin du XIXeme siecle, ou une politique visant a « integrer » les Indiens dans la societe, les forcerent a abandonner leur langage et leur culture.
Les Navajo demeurent toutefois une exception, avec 2/3 d’entre eux parlant quotidiennement leur propre langage.
Les villes de l’Est m’interesse particulierement, mais je voudrais aussi voir l’arriere-pays au maximum. C’est ce que je fais en partant d’abord au Nord.
Je franchis une toute petite partie de l’Arizona, avant de me retrouver dans l’Utah (changement d’heure), puis a Denver, dans le Colorado. La nuit tombe.
27 Fevrier 2011
Je monte encore plus dans le Nord, dans le Wyoming jusqu’a Buffalo, en longeant les Rocheuses.
Le soleil se leve a nouveau. A present, beaucoup de plaine, et souvent de la neige.
Vous avez vu le film « Fargo » ? Imaginez alors un tableau, tracez une ligne horizontale en son centre, laisser la partie basse en blanc et coloriez la partie haute en bleu : voila ce que je vois pendant plusieurs heures, depuis que j’ai quitté les Rocheuses : du blanc, encore et toujours du blanc, a perte de vue. Mais un ciel sans nuage.
Arrivés dans le South Dakota. Nous sommes dans les grandes plaines centrales. A cette epoque de l’annee, c’est definitivement la visite des grandes villes – ou la temperature remonte – qui priment sur la decouverte de l’espace naturel… immaculé. Surtout dans le Nord du pays. On sent franchement la difference de temperature qu’il y avait avec Las Vegas.
Des plaines de neige encore a perte de vue.
Il est environ 15h, j’arrive a Sioux Falls, toujours dans le South Dakota. Le car a eu un probleme de contact, ce qui a fait manquer toutes les connections. D’autres cars prennent la releve mais les numeros des vehicules ont changés, les horaires et les arrets aussi. Par contre, le transfert des bagages se fait automatiquement. J’ai quand meme un leger doute, comme une apprehension…
J’attends le car de remplacement dans le hall d’accueil, toujours a Sioux Falls. Les passagers de la Porte 1 montent a bord. Moi, c’est la Porte 2, du moins, c’est ce que j’ai compris.
La fille qui encaisse la monnaie de mon sandwich gere egalement l’accueil de la compagnie de car, et passe d’un comptoir a l’autre. En achetant mon repas, je lui montre quand meme mon billet. C’etait la Porte 1 ! En direction de Chicago ! J’ai juste le temps de monter dans le car. Si elle ne tenait pas la caisse du snack, je loupais la connection. Coup de bol numero 1 ! J’y suis vraiment pour rien, tout est deréglé…
Dans le car, je m’installe, sandwich en main. Nouvelle apprehension…Il s’apprete a partir. Je jette un regard sur l’exterieur. Un autre car, juste a coté, est lui aussi, a l’arret. Je m’approche un peu mieux de la vitre et je regarde un peu mieux les bagages dans la soute.
Soudain, j’apercois mon sac a dos, et il est dans le mauvais car ! Je redescends pour avertir le chauffeur puis je fais MOI-meme le transfert de MON bagage pour etre certain qu’il reste avec MOI !
Transfert automatique, j’t’en fou***** !!!
Si les soutes a bagages du car d’en face avaient été fermées, ca aurait été le debut d’une enorme galere ; et rien a voir avec ce que j’ai pu connaitre ses 6 derniers mois… N’empeche, coup de bol numero 2 !
Avec le recul, je me dis que c’etait peut-etre autant de la vigilance que de la chance : je me souviens qu’au depart de Las Vegas, apres avoir posé mon sac sur un chariot, alors que le chauffeur me disait « montez dans le car », j’attendais de voir de mes yeux le porteur placer mon bagage dans la soute ; sans ca, pour moi, il n’y etait pas.
Manque de confiance, mefiance, vigilance… tout ce que j’ai pu acquerir de l’Asie se retrouve. Pays developpés ou non, ayons l’oeil… jusqu’a la fin de ce voyage…
Le car s’arrete quelques heures plus tard au MacDonald. Si c’est pas une station essence avec snack integré, c’est un fast-food… En commandant une salade de pommes/fromage blanc (histoire de ne pas finir obese avant d’avoir rejoindre la cote Est), je constate que meme le fromage est ultra sucré.
La clé d’un ventre rond En fait, aux Etats-Unis, l’eau et les fruits sont presque aussi chers que les burgers ou le soda. Et lorsque tu commandes du soda, il te donne un gobelet vide que tu peux remplir a volonté, a la fontaine. Et c’est comme ca dans tous les fast-food.
Et comme les australiens, les americains mangent a n’importe quelle heure de la journee.
J’en parle beaucoup, forcement, quand je vois autant de « laisser-aller au metre carré » ca m’afflige ; surtout lorsqu’ils prennent un siege et demi sur 2, et que tu en es reduit a la petite moitié restante. Bon, ca ne m’est arrivé qu’une seule fois, mais ca rend le voyage tout de suite beaucoup moins agréable.
Il fait nuit. J’arrive a Omaha, dans le Nebraska. En descendant du vehicule, je vois la soute a bagage vide :
– « Vous cherchez votre sac ? »
– « Oui !!! »
– « Je l’ai deja mis dans ce bus qui partira a Chicago »
Bon, ca ira… Faites gaffe, je mors desormais.
2h d’attente dans le hall avant de changer de car. Finalement, a peine 1h plus tard, nous repartons (un jour peut-etre, je comprendrais comment ils fonctionnent…).
Je m’endors jusqu’a la ville de Des Moines, dans l’Iowa. Il est 21h30.
Toutes ces heures de trajets me rappelle l’Indonesie : je n’aurais jamais fait autant de kilometres la-bas qu’ici ; avec toutes ces routes defoncees et ces mini-bus petits et inconfortables. Ici, il n’y a pas de soucis pour voyager. Il y a tout le confort. Le bus est chauffé et generalement, il y a de la place pour mes grandes jambes. Il n’y a plus qu’a profiter du voyage.
Nous n’etions que 3 passagers au depart d’Omaha ; le car est quasiment plein au depart de Des Moines. Autant j’ai pu croiser quelques indiens natifs, autant pour la 1ere fois, je vois un couple Amish s’installer au fond du car.
Witness Witness, c’est le nom d’un film, certainement le film qui parle le plus de cette communauté restée, pour l’immense majorité, a l’écart de la modernité.
Anabaptiste ayant fuit les persecussions religieuses de la Suisse au XVIIeme siecle, ils parlent un dialecte allemand et appliquent plus ou moins a la lettre le Nouveau Testament selon les communautés.
D’une maniere generale, les Amish se vetent de couleurs foncées, ont une longue barbe et un chapeau large. Pour les femmes, elle ont une robe unie et une coiffe blanche.
Leur regle d’or : rester modeste.
Les communautés ouvertes possedent l’electricité et des automobiles ; mais pour l’immense majorité, ce sont de strictes communautés croyantes qui vivent de la culture et de l’elevage, se deplacant a cheval, n’utilisant pas l’electricité, le telephone ou d’engins motorisés. Ils n’achetent aucun objets issus du monde moderne, ne payent pas d’impots, pas d’assurance, ils n’ont pas de securité sociale, ne cotisent pas pour la retraite et ne participent pas non plus au service militaire.
Certaines compagnies organisent des tours, et en font des « betes de foires » ; pour ma part, j’ai plutot de la chance d’en croiser, car il est rare qu’ils se rendent a la ville.
28 Fevrier 2011
Il est 5h30 du matin, j’arrive a Chicago, dans l’Illinois (re-changement d’heure). Sortir en pleine nuit et dans le froid pour rejoindre mon hostel ne m’attire pas tant que ca. Surtout que les métros risquent d’etre encore fermés a cette heure-ci.
Allez, je finis ma nuit sur un siege du hall. Il est 7h, un peu frileux, je prends le métro jusqu’au HI-Chicago, certainement dans le TOP 3 des meilleurs hostels que j’ai pu faire jusque la.
Douche, rasage, je me rends en ce debut d’apres-midi a la bibliotheque juste en face – ou Internet est gratuit – pour vous parler de… euh…voyons… et j’enleve 2 heures de decalage horaire… ah ouai… quasiment pile-poil… de ces 50h de voyage a travers les Etats-Unis !
Mes bonnes impressions sur cet hostel se ternissent a cause d’une fouille non consentie de mon sac a dos, par un individu X.
Il cherchait certainement de l’argent parce qu’apres de minutieuses verifications, X ne m’a rien volé.
J’en averti quand meme la reception, en esperant que ce soit la derniere fois.
Bon, ce n’est pas cet hostel en particulier ; c’est le risque dans tous les backpackers. Ma camera, mon camescope, ma monnaie, mon passeport : tout est toujours sur moi.
Ca n’empeche mon attachement sentimental pour ce sac et ce qu’il y contient. On a vecu tellement d’histoire…
Petite balade avant que le soleil ne se couche. J’apercois de beaux buildings. On se les garde sous le coude jusqu’a demain.
1er Mars 2011
Vous avez aimé San Francisco, vous allez adorer Chicago !
Du peu que j’ai vu hier, je peux deja le dire : cette ville vaut le detour.
Il fait 36 degres ce matin. Oui, c’est possible qu’il fasse 36 degres a Chicago le 1er jour du mois de mars, surtout quand les degres sont des Farenheit ; ce qui correspond a environ 2 degres Celsius…
Mais la journee est ensoleillée. Pas un nuage a l’horizon. Enfin, a l’horizon… du moins au-dessus des grattes-ciels, car la ville en compte un certain nombre. C’est d’ailleurs ici, a Chicago, qu’a reellement debuté la folie des grattes-ciels americains.
Je pars ce matin en direction de Union Station :
Le Great Hall de la classique Union StationAmi cinephile, ca ne vous dit rien ? Regardez de plus pres...
C'est ici que fut tournée la scene de l'arrestation du comptable d'Al Capone dans le film "Les Incorruptibles" de Brian de Palma. Une scene qui fait elle-meme reference a la sequence des grands escaliers dans "Le Cuirassé Potemkine"
Je pars ensuite au Skydeck. la Willis Tower, anciennement appellee « Sears Tower ».
Le Skydeck, qui reste encore le plus haut gratte-ciel des Etats-Unis
Je me trouve maintenant dans le quartier des finances. Les edifices sont vraiment imposants :
En face, le Chicago Board of Trade
Lorsqu’il fait beau, les villes sont vraiment sympas a visiter l’hiver, et surtout le matin. Il y a moins de circulation, moins de touristes et les photos donnent de meilleures couleurs.
The Rookery, toujours dans le quartier des finances
Je fais un leger detour dans mon parcours pour prouver ce que j’ai ecris il y a quelques jours :
Chicago est le point de depart de l'historique Route 66
Et Capone dans tout ca ? et les annees sombres ? la prohibition ? les gangsters ?
Chicago ne nie pas son passé et cette mauvaise image qui lui colle a la peau. Mais il faut bien le dire, c’est de l’histoire ancienne. Il est bien possible de prendre une photo de la demeure de Capone, de prendre un verre dans son bar-jazz favori, de se rendre sur l’endroit ou furent arretés quelques gangsters connus ; mais franchement, ce n’est plus du tout cette image mafieuse que donne la ville aujourd’hui.
Chicago, depuis longtemps, a pris les devants lorsqu’elle a decidé d’etre un haut-lieu d’architecture et de culture.
Elle a osé, et le Millenium Park ou je me trouve maintenant en est la preuve :
Le Cloud Gate que les citadins surnomment "The Bean" (le haricot)ou se refletent les grattes-ciels. Elle se trouve en plein coeur de la ville
Pour cloturer ma visite de la journee, je prends la Michigan Avenue, en direction de 2 superbes tours :
Le Wrigley Building et la Tribune Tower (du journal "Chicago Tribune") d'aspect gothique
2 Mars 2011
J’ai toujours mon infection au pied. Ca a beaucoup degonflé depuis Alice Springs mais ca dure depuis 1 mois, et meme si je ne sens plus rien, ce n’est pas normal que ca persiste aussi longtemps. Je me rends a la clinique, a quelques pas de l’hostel, histoire d’etre sur.
Quelques cachets a prendre pendant 10 jours et des bains de pieds, 2 a 3 fois par jour !!! Je veux bien, mais j’ai rarement vu des baignoires dans les hostels…
Je pars en direction du Lac Michigan :
Quelques beaux buildings pris depuis la Chicago RiverEt la Chicago RiverQui donne elle-meme sur le lac Michigan
Un petit coucou de loin, mais alors vraiment de loin a nos amis canadiens ; qui me repondent en m’envoyant leur vent froid : il fait 29 degres Farenheit (environ – 2 degres Celsius). Je me refugie dans un bar pour un café avant d’aller a la bibliotheque vous ecrire mes fraiches journees a Chicago.
Je quitte Chicago et l’Illinois en car, pour le Nord-Est.
Changement d’heure.
Je traverse l’Indiana, l’Ohio, une partie de la Pennsylvanie jusqu’a Buffalo, dans l’Etat du New York.
Ici, je croise beaucoup d’Amish : 2 familles entieres font le trajet. Les « gens de la plaine » comme on les appelle peuplent, pour beaucoup l’Ohio et la Pennsylvanie.
Je suis donc a Buffalo, dans le hall, en attendant mon changement de car. 2h30 d’attente.
Je suis assis a cote d’un Amish d’une quinzaine d’annees. Je me dis que c’est veritablement en prenant les memes transports que la classe moyenne americaine qu’on trouve le plus de vie : les afros qui parlent entre eux, les latinos aussi, les douaniers qui verifient les passeports et les cartes d’identités de chacun, quelques natifs que l’on croise de temps a autres ; des jeunes d’une vingtaine d’annees, assis par terre non loin d’une prise electrique murale pour alimenter leur PC portable, juste a cote des Amish, eux, habillés dans les tenues les plus strictes et les valises les plus sobres.
Etrange cocktail que sont ces USA.
4 Mars 2011
Et pan ! Ca y est, comme pour l’Australie, je viens de traverser les Etats-Unis d’Ouest en Est, en cette fin de matinée : j’arrive a Boston, dans le Massachussets.
La journee s’annonce belle, je dormirais plus tard. Je pose toutes mes affaires dans l’hostel. Un café, une douche, puis je prends le metro en direction du centre-ville.
Pour tout ceux qui veulent retrouver un peu du vieux continent aux Etats-Unis, Boston est faite pour vous. Les rues sont etroites, non-rectilignes, donc pas d’angles droits ; quelques grattes-ciels, mais bien moins imposants que dans d’autres villes. Les habitations sont generalement sur 3 niveaux, pas plus.
L’influence europeenne est tres presente, et c’est notamment du a l’immigration massive des irlandais. Partout l’on trouve des pubs, le drapeau irlandais flottant a cote de celui des USA.
Pour la visite, rien de plus simple, il suffit de suivre les briques rouges :
Le Freedom Trail qui commence au Boston Common : le plus vieux parc des Etats-Unis
Et des briques rouges, il n’y en a pas que par terre. Les maisons individuelles autant que les immeubles en sont recouvertes.
En fait, beaucoup d’americains ont un attachement particulier a la ville de Boston. Elle a ete le berceau du 1er soulevement americain contre les anglais ; et donc le berceau de la Revolution Americaine.
Old South Meeting House : un des hauts lieux du 1er rassemblement contestataire americainOld State House : Le plus vieux batiment de BostonAu 1er plan, le vieux Boston
Apres la grande vague d’immigration irlandaise, ce fut au tour des italiens, un siecle plus tard.
Hanover Street : la "Little Italy" de Boston
Partout, je vois ecris : gelateria, caffe, ristorante, trattoria…
J’entre d’ailleurs au caffe dello sport pour marquer une petite pause.
quasiment tous italiens, ils regardent un match de football : Rome contre Lecce sur une chaine du pays. L’interieur est entierement decoré aux couleurs de l’Italie. Et quand les gens parlent, c’est pas de l’americain…
Au passage, n’allez pas chercher ailleurs : si vous voulez du vrai café, c’est dans ce genre de bar, et pas dans les Starbucks ou j’ai bu les cafés les plus infames.
Je traverse le North Square :
North Square. Toujours des briques rouges
Je franchis ensuite la Charles River avant de constater que la nuit tombe, et qu’il commence franchement a faire froid. 28 degres Farenheit cet apres-midi (environ 2 degres Celsius) mais a partir de 18h, les temperatures s’effondrent.
Je rentre.
Boston a vraiment quelque chose de particulier. Elle donne l’impression d’etre une ville a taille humaine. C’est l’une des plus vieilles villes des Etats-Unis mais aussi l’une des plus jeunes avec son Universite connue du monde entier…
5 Mars 2011
Allez, direction Harvard.
45 prix Nobel viennent d’Harvard depuis sa creation. Elle a accueilli bon nombre de futurs grands entrepreneurs, de presidents americains (8 au total, dont Barack Obama) et de chefs d’Etats etrangers.
Mais Harvard est la plus vieille universite des Etats-Unis, et on s’y rend surtout pour la beauté de ces batiments datant pour beaucoup, du debut et milieu du XVIIeme siecle.
Harvard Yard : une toute petite partie de l'UniversiteEtudes, logements... l'annee universitaire coute environ 50000 dollars. Mais l'admission ne tient pas compte du revenu. Elle est basee sur les resultats, et des bourses sont offertes pour tous les etudiants admis
L’Universite est immense. Comme pour toutes les grandes universites du pays, on circule a velo et il y a meme des rues et des avenues accessibles uniquement en voiture.
Je peux desormais le dire : « j’ai fait Harvard »… et « je n’est pas fait Harvard »…
C’est parti pour une longue, tres longue descente du continent americain. Et ca commence ici, a Boston. Mon car decolle a 8h30 ce matin et la pluie s’installe durant le trajet. Je longe l’Atlantique durant quelques dizaines de minutes.
L’Atlantique ! Un ocean que je n’avais pas encore vu durant ce tour du monde.
Il est 13h, j’arrive a New-York, et il pleut encore. Ca s’etait calmé depuis San Francisco. Dommage…
Quelques problemes surviennent : j’ai dechiré par mégarde l’adresse de mon hostel (erreur de debutant), le bureau des informations du hall central est fermé (on est dimanche), il y a le wifi partout mais je n’est pas de PC portable et il pleut toujours…
Je demande aux commercants ou est-ce que je peux trouver un Internet Café :
– « Je crois qu’il y en a un sur la 43eme rue »
– « Et je suis ou ? »
– « Sur la 37eme »
– « … »
– « Ou alors peut-etre le Dunkin’ Donuts juste a l’angle »
Je m’y rends. Aucun PC ne fonctionnent. Il va falloir forcer la chance aujourd’hui. Bon, c’est pas trop la galere. A Sydney, il pleuvait, mais en plus, je n’avais pas de toit. Ici, j’ai un toit, mais je ne sais pas ou il est.
Je demande a un couple si je peux leur emprunter leur PC, juste pour consulter mon mail de confirmation de booking.
C’est ca, le Wanderers Inn West sur la 113eme rue. C’est a Harlem. Il faut prendre le metro.
Je vous imagine faire les grands yeux lorsque j’ecris « Harlem ». Mais ca a bien changé. Quartier historique des afros- americains, depuis plusieurs dizaines d’annees, il n’est plus le ghetto d’autrefois. Il se renove petit a petit, et l’on croise toutes les nationalités dans les rues.
C’est un coin sympas, si on arrive pas un jour de pluie…
L’hostel est situé a l’interieur d’un immeuble traditionnel avec son perron typique de quelques marches, a l’entree.
Je ressors quelques temps pour me balader dans les rues de Harlem. A vrai dire, pas longtemps parce qu’il pleut beaucoup.
Il faut quand meme immortaliser ce 1er jour a New-York. Allez, une photo juste avant de rentrer :
113e rue, a Harlem ; L’hostel est sur la gauche
7 Mars 2011
Je prends le 1er metro. Il va en direction de Manhattan, au Sud.
Pour vous reperer, Manhattan est au sud jusqu’a la pointe ; Harlem est au Nord, le Bronx est encore plus au Nord ; le Brooklyn et le Queens sont au sud-ouest, sur l’ile de Long Island. A l’Ouest, c’est l’Etat du New Jersey, et au sud de Manhattan, il y a quelques iles dont Liberty Island, Ellis Island, Staten Island…
Pour le moment, le metro m’amene en direction de Manhattan, mais je n’ai pas verifié ou est-ce qu’il fallait changer. Ca m’amene inevitablement dans un endroit non souhaité, mais qu’importe, ca faisait partie de mon programme pour ces quelques jours a New-York :
J’arrive dans Brooklyn, sur Long Island en passant par le pont de Manhattan.
J’apercois le pont de Brooklyn au loin. Il fait beau aujourd’hui, mais un vent froid me glace le sang durant la traversee du pont pour rejoindre Manhattan. J’atteinds l’autre rive, puis je pars en direction des docks, au sud-est de Manhattan, la ou le vent souffle moins :
Au 1er plan, le Brooklyn Bridge ; derriere, le pont de Manhattan ; a droite, le quartier du Brooklyn
Je continue ma route le long des docks jusqu’a atteindre le guichet pour Liberty Island et Ellis Island.
Le vent souffle beaucoup au bord de l’eau, mais ces etapes que sont les visites de la Statue de la Liberté et d’Ellis Island sont incontournables.
Lady Liberty
Cette statue represente beaucoup pour les New-Yorkais. Elle a pris beaucoup de significations a travers les ages. C’est un francais qui l’a concu, et c’etait notamment pour contester les promesses non tenue de la Revolution Francaise : A la fin du XIXeme siecle, c’est toujours un monarque qui gouverne la France (Napoleon III). De ce point de vue, Bartholdi voyait les Etats-Unis comme une terre de liberté et d’opportunité que la France n’avait toujours pas pleinement obtenue.
C’est dans ce contexte qu’il decida d’offrir aux Etats-Unis « La Liberté eclairant le monde » (c’est son nom complet).
Au debut du XXeme siecle, c’est le symbole d’un nouvel espoir et d’une seconde vie pour tous les immigrés arrivant sur le sol americain. La statue est d’ailleurs tournée vers le Vieux Continent.
Les guerres successives menées par les Etats-Unis donnent de nouvelles significations a cette statue, aux yeux des americains : le combat pour accéder et maintenir la liberté dans le monde.
Lors des grands incendies et des attentats du 11 Septembre 2001 notamment, elle a symbolisé la longue convalescence et la guerison de New-York et des Etats-Unis. Elle est restée debout par tout temps, et c’est ce qui en fait sa grandeur.
D’autres enfin, y voient egalement l’amitié qui lie eternellement les Etats- Unis et la France.
Lady Liberty
Et quand on la voit de pres, elle est vraiment impressionnante. C’est la 1ere chose que voyait un immigré depuis le bateau. Mais d’abord, il fallait passer l’epreuve de l’Office d’immigration d’Ellis Island. Contrairement a ce qu’on peut penser, rares furent les gens refoulés du sol americain. Si une maladie mineure survenait durant le trajet, l’individu etait soigné sur Ellis Island d’entrer sur le sol américain. Seuls etaient renvoyés les maladies incurables et les criminels soupconnés de voyager sous une fausse identité.
Ce qui peut etre assez emouvant pour certaines personnes, c’est qu’il est possible de retrouver le registre de ses ancetres ayant franchis les portes d’Ellis Island et des Etats-Unis.
Par contre, une ombre au tableau : durant ma visite j’apprends qu’a la fin de la construction du site, seuls les hommes avaient été autorisés a assister a l’inauguration de la statue. Donc, non seulement cette oeuvre represente tout le contraire de cette discrimination ; et en plus, Lady Liberty, c’est une femme ! Il faudrait pas l’oublier quand meme !!!
Alors que j’etais sur ces iles, au sud de Manhattan, j’ai pris cette photo, depuis Liberty Island, et ca fait bizarre de regarder ce New-York, ou j’arrive l’annee des 10 ans depuis les attaques du 11 Septembre :
Comme si elle avait été amputé des 2 bras…
8 Mars 2011
11 septembre 2001, que les americains appellent 9/11 parce que les jours et les mois sont inversés. 911, c’est aussi le numero national des Urgences. Et pure coincidence, je regarde ma montre avant de partir ce matin : 9h11…
C’est aujourd’hui que je decide de me rendre a Ground Zero, l’emplacement des tours du World Trade Center.
Je n’ai jamais vu un metro aussi compliqué que celui de New-York. Normalement, ils sont d’une grande simplicité, mais la, c’est vraiment tiré par les cheveux : il y a la meme couleur pour plusieurs lignes differentes ; le metro passe par des arrets qui ne sont meme pas ecrits. Il y a des lignes portant des chiffres, d’autres, des lettres ; et lorsque tu prends l’autre coté du quai, ce n’est pas forcement le chemin inverse, ce peut etre une ligne completement differente.
Du coup, je me retrouve a nouveau ce matin dans Brooklyn, et en voulant m’en sortir, j’entre encore plus dans Brooklyn.
Apres m’etre battu contre la logique du metro, me voici enfin arrivé a Ground Zero, ou des dizaines et des dizaines d’employés reconstruisent le site : 4 immeubles au total seront batis, dont le plus haut, la Freedom Tower ; ainsi que 2 fontaines carrées, construites a l’emplacement exact des 2 anciennes tours.
Ground Zero
Ca fait a peine 10 ans et c’est encore tout frais dans nos tetes. L’audio-guide parle des evenements, mais effleure le sujet. Je suis consterné par le manque d’informations. Je ne sais pas vraiment ce que j’imaginais en me rendant a Ground Zero, mais je n’en sais pas plus en France qu’ici, au coeur de Manhattan. Trop d’incertitudes, trop d’interrogations : aucune boite noire retrouvée, les passeports des terroristes retrouvés dans les decombres comme par magie, les importantes transactions financieres effectuées au World Trade Center avant meme le detournement du 1er avion (comme si certains savaient deja ce qui allait se passer).
J’invite tout ceux qui me lisent a regarder le documentaire « Loose Change » qui fait beaucoup reflechir a ce sujet…
Je considere que la verité n’a toujours pas été établie sur ce qui s’est reellement passé ce jour-la.
Je me change les idées en partant du coté de Wall Street.
Ici, c’est autre chose qui s’est effondré, et pas qu’une fois !
Wall Street et le New-York Stock Exchange a droite
Les buildings sont aussi imposants que le quartier des Finances a Chicago. Si puissant d’exterieur, si faible a l’interieur…
Je passe la fin d’apres-midi dans les parcs de Manhattan, pour etre un peu au calme. D’abord Riverside Park :
Riverside Park qui longe la Hudson River, a l’ouest
Puis je traverse une partie de Central Park au coucher du soleil.
Mais il y a toujours un endroit qui te rappelle, meme au coeur de Central Park, lorsque tu regardes au loin, que…
…les 2 tours ne sont plus la, et je sais pas ce que j’aurais donné pour les voir encore debout
9 Mars 2011
Dernier jour a New York. Je pars en direction de Little Italy. Contrairement a ce que j’ai pu voir a Boston, la Little Italy de New-York est plus qu’une rue. C’est tout un quartier, qui malgré le rachat de certaines boutiques par les chinois de Chinatown, reste tres atypique et animée :
Little Italy. Au loin, l’Empire State Building
Je pars ensuite en direction de quelques monuments celebres :
Le Flatiron Building qui, contrairement a ce qu’on a pu dire, n’etait pas le plus haut gratte-ciel de son epoque, au tout debut du XXeme siecle, mais seulement l’un des plus haut. C’est son architecture qui le rendit celebre
Je passe ensuite vers l’Empire State Building – que j’avais vu depuis Little Italy – , redevenu le plus haut gratte-ciel de New-York depuis les attaques du 11 Septembre.
L’Empire State Building
En fin d’apres-midi, je traverse le Time Square illuminé, qui me rapelle Picadilly Circus a Londres, mais en plus imposant.
Time Square. Des neons, des ampoules et… de la pub !
En esperant que cela restera un concept purement anglo-saxon et que ce style de deco ne finira pas un jour sur les Champs-Elysees.
C’est la fin de mon passage a New-York. 3 jours a marcher…
Je ne sais pas comment etait New-York avant le 11 Septembre 2001. Mais a ce que j’ai pu apprendre et ressentir durant ces 3 jours, c’est que les New-Yorkais ne sont pas desagreables du tout. A peine ils t’effleurent, tu entendras toujours un « pardon » ou un « excusez-moi ».
Et d’une maniere generale, j’ai de bonnes impressions sur les americains quelque soit la ville ou je me trouvais.
10 Mars 2011
Je viens de quitter le brouillard matinal de New-York en car.
Apres seulement 4h et demi de voyage, la traversee du New Jersey, d’une partie du Delaware, du Maryland et en ajoutant a cela 1km a pied sous la pluie, je vous ecris ces quelques lignes depuis l’hostel, dans une ville – dont je n’ai encore rien vu – comprenant des buildings, des voitures… et une grande maison blanche !
Apres avoir quitté Harlem et mon dortoir comprenant une francaise, une quebesoise, un espagnol, une indienne, une bresilienne, un australien et un coreen, j’occupe a Washington un nouveau dortoir avec un argentin. L’Argentine et le Bresil sont les seuls nationalités d’Amerique Latine que j’ai rencontré jusqu’ici. Il est (administrativement) beaucoup plus difficile pour les autres pays d’Amerique du sud ou meme d’Amerique centrale d’entrer dans le pays.
Il pleut sur Washington et la journee est deja bien entammée.
Allez, une petite photo – sans trop se mouiller – de mon 1er jour a Washington :
Une rue de Washington depuis le 6eme etage de mon hostel, un jour de pluie...
Rien d’autre a faire que d’attendre, en esperant que demain soit un jour sans pluie. Je ne reste pas longtemps.
11 Mars 2011
Miracle, il ne pleuvra pas de la journee ! J’ai booké pour une petit visite guidée gratuite offerte par l’hostel.
Nous prenons le bus, avant de commencer la visite a pied.
Washingto D.C (pour District of Columbia; – et Columbia pour Christophe Colomb) est considéré comme une zone neutre car elle n’est pas un Etat et n’est pas representée au Senat.
Ici, pour des raisons de preservations historiques, vous ne verrez aucun gratte-ciel, et ca change toute une ville.
Seulement 600000 habitants la nuit et le double le jour : la plupart viennent des Etats limitrophes que sont le Maryland et la Virginie.
Nous traversons d’abord :
Union station, la gare centrale de Washington
Puis nous parourons quelques centaines de metres en direction du Capitole :
Le Capitole. L'aile Nord, a gauche, est le siege du Senat. L'aile sud, le siege de la Chambre des representants
Le Capitole, c’est surtout la ou chaque presidents ont preté serment, face a des milliers de gens…
... installés sur le parc du National Mall. Au loin, le Washington Monument dedié a Georges Washington, 1er president des Etats-Unis
La Bibliotheque du Congres, que les habitants considerent comme le plus beau batiment de Washington D.CLa Court Supreme
La visite s’acheve apres la visite de l’interieur de la Court Supreme.
Pour ma part, je continue tout seul en direction du National Mall, derriere le Washington Monument.
En chemin, je tombe sur le National Air and Space Museum. Tous les musees sont gratuit a Washington, profitons-en.
Sont exposés entre autres : Le Spirit of Saint Louis de Charles Lindbergh, la capsule Apollo 11, l’avion des Freres Wright, le Breitling Orbiter de Bertrand Piccard… En fait, ce musee possede la plus grande collection d’avions et de vehicules spatiaux du monde.
Il faut marcher presque 2km pour se rendre au Lincoln Memorial, en traversant le parc dans toute sa longueur.
Le Lincoln Memorial en l'honneur d'Abraham Lincoln, 16eme president des Etats-Unis, associé a la Guerre de Secession et a l'abolition de l'esclavage
Et pour conclure ma visite, il manque le plus connu, mais du coté ou je suis, tout est bloqué pour je ne sais quelle raison. Je dois prendre la photo de tres loin :
La Maison Blanche. Non, j'ai verifié en zoomant au camescope : Mr Obama n'y est pas.
Je ne veux pas trop m’avancer, mais d’apres des recherches, il me semble que l’interview se deroulant en face de moi est le porte-parole de la Maison-Blanche repondant aux journalistes sur la question libyenne.
De ce coté, on voit plus clair :
The Black and White House
C’est un vent nouveau qui souffle sur Washington D.C et les USA depuis deja quelques temps, et je suis assez fier de me rendre dans cette ville durant le mandat de Barack Obama.
Les attaques du 11 septembre, la crise financiere et l’election d’Obama sont les choses qui, quoiqu’on dise, ont definitivement rendus un visage plus humain aux Etats-Unis. Si vous vous rendez aux USA, vous sentirez que ce pays a changé, et aux yeux meme des americains.
Au passage, partez sans apprehension et oubliez les discordances : les americains aiment les francais. Et lorsque je dis : « je suis francais », j’entends souvent par la suite cette meme interjection (« Aaaah ») de l’americain passionné.
Oui, le francais est nul en anglais, mais il reste romantique aux yeux du monde entier. Et ca, je l’ai entendu dans tous les pays !
J’ai pu rester a l’hostel jusqu’a 22h sans payer une autre nuit, avant de parir pour la gare routiere.
1km a pied, sans pluie cette fois. Mon car part a 11h30.
12 Mars 2011
Il s’arrete a Richmond, en Virginie, durant plusieurs heures, et meme plus qu’il n’etait prévu, car je decolle finalement a 7h30 du matin apres une courte nuit passee sur les bancs metalliques du hall d’accueil.
Les horaires sur mon ticket ne sont plus a jour desormais. Ca va etre drole…
Apres Richmond, je sais que j’ai traversé plusieurs villes. Ells sont ecrites sur mon ticket mais j’en ai plus le moindre souvenir jusqu’a Charlotte en Caroline du Nord. J’ai dormi tout le temps.
Le temps s’adoucit : je sais au moins que je descends vers le sud. Je continue de rattraper mes heures de sommeil, jusqu’a la nuit.
Arrivé a Atlanta en Georgie. 2eme changement. Il fait encore plus doux. Plus besoin du manteau de San Francisco.
Depart d’Atlanta vers 21h30.
13 Mars 2011
J’ai traversé pendant la nuit la frontiere entre la Georgie et l’Alabama. Changement d’heure.
Arrive vers 4h du matin a Mobile en Alabama. Dernier changement de car, normalement… car c’est ici que le cafouillage commence. Cafouillage qui m’amene d’abord a Jackson dans le Mississipi, trop au Nord, puis a Baton Rouge, trop a l’Ouest pour enfin arriver a la Nouvelle-Orleans vers 21h.
J’avais tenté depuis Washington de trouver un hostel, mais rien de libre. Ce n’est plus vraiment ca qui m’arrete desormais, et j’avais decide, quoiqu’il arrive, d’aviser une fois sur place, et comme d’habitude, compter sur la chance.
Dans le hall d’accueil de la gare routiere, je m’approche du telephone dedié a la recherche d’hotel. Un peruvien tente la meme chose. On a tente d’appeler tous les backpackers, mais rien de libre.
Je lui propose en dernier recours de partager une chambre dans un veritable hotel, plus cher, mais ou l’on est sur de trouver une chambre double. Il accepte.
Donc me voici en compagnie de Diego, originaire du sud du Perou, qui vient de passer 3 mois a Alexandria, en Louisiane a travailler dans un Burger King, avant de repartir en avion demain matin pour Arequipa, la 2eme plus grande ville du Perou. Je lui demande si ce n’est pas trop difficile pour les peruviens d’entrer aux USA. Il me repond qu’il avait tous les papiers, et que c’etait pour travailler, pas pour voyager. Dans ces cas-la, les demarches sont plus simples.
Nous partons a pied en direction du Holiday Inn, un hotel proche de la gare routiere.
Arrive a la reception, nous demandons une chambre double. J’en profite pour demander :
– « Ou est-ce que je peux trouver du jazz ce soir ? »
– « French Quarter » (le quartier francais)
– « C’est pas trop tard ? »
– « C’est jamais trop tard pour le jazz »
Diego me dit que demain, c’est son anniversaire. Raison de plus pour sortir. Son anglais est approximatif, et ca le fait autant marrer que moi lorsqu’il me dit qu’il voudrait , lui aussi, voir le French Toast… Sur le chemin, je lui explique que Napoleon avait vendu la Louisiane aux Etats-Unis pour 15 millions de dollars. Il replique :
– « Ah oui, Napoleon et la bataille de Water pool… » (rires a nouveau).
Et la, j’ai vu la plus belle chose de tout mon voyage aux USA : le French Quarter, coloré, decoré, de la musique, du bruit partout, des gens qui font la fete au son du rock, electro, blues, jazz… dans les bars, comme a l’exterieur. Bourbon Street est la plus animée. On est dimanche, et j’ai l’impression qu’aujourd’hui est un jour particulier. Et ce quartier, c’est le plus beau que j’ai jamais vu aux USA. On danse partout, verres et cigare a la main.
14 Mars 2011
Je regarde ma montre alors que nous sommes dans un bar a jazz. Minuit. Je souhaite a Diego un bon anniversaire en lui offrant une biere, au son d’un jazz entrainant, magnifique a entendre. L’ambiance, l’atmosphere, les couleurs, la douceur du climat de la Louisiane a cette epoque, je respire ! Plus besoin d’etre emmitouflé dans un gros manteau encombrant, je n’est pas ete en tenue decontractée depuis plus d’un mois, et j’ai l’impression d’etre passé de l’hiver au printemps en 1 jour et demi. Et lorsqu’on arrive la nuit au coeur du French Quarter avec autant d’aisance dans ses mouvements, sans ressentir le froid, de la musique plein les oreilles dans un lieu aussi magique, c’est un choc : on adore cet endroit dans la 1/2 seconde ! C’est difficile a decrire, mais ce lieu a quelque chose. On est aux Etats-Unis et pourtant, on l’oublierait presque.
Le jazz se termine. Nous rentrons a l’hotel.
A la reception, j’en profite pour demander :
– « Il y avait quelque chose de particulier aujourd’hui ? »
Elle me repond en riant :
– « Non, peut-etre parce que c’etait pour preparer mardi, et les gens pensent encore que ce mardi, c’est mardi gras… »
Et oui, Mardi Gras a la Nouvelle-Orleans, c’est sacré ; mais ca fait une semaine que c’est terminé…
En gros, pas d’evenement particulier aujourd’hui si ce n’est l’envie de faire la fete tout le temps !
Apres une courte nuit de sommeil, je dis au revoir a Diego. La veille, il parlait via Internet a ses parents restés au Perou. Il avait tourne le PC dans ma direction pour que je leur parle. Et bien meme si je ne parle pas l’espagnol, j’ai compris ce qu’ils me disaient sans traduction : que j’etais le bienvenue chez eux lorsque je viendrais au Perou.
On s’echange nos adresses avant de se quitter. Je laisse mon sac a dos en consigne a l’hotel et je retourne au French Quarter, voir a quoi il ressemble, de jour…
Juste avant, je pars a la Poste pour envoyer un colis et me decharger un peu avant d’attaquer un nouveau pays (tiens, tiens…). J’en profite pour prendre en photo l’hotel, en guise d’avant-gout :
Clarinette en trompe-l'oeil, un des symboles de la Nouvelle-Orleans
La Nouvelle-Orleans est surnomee « The Big Easy ». Effectivement, tout est tranquille, je trouve une douceur de vivre incroyable a l’interieur du French Quarter.
On flane, on traine, on entend toujours un joueur de jazz ou tout un groupe entier, parfois en plein milieu de la rue. Des rues pleines de caractere.
Orleans Avenue menant a la Cathedrale Saint Louis
La Nouvelle-Orleans est la ville qui organise le plus de festivals au monde. Pres de 500 manifestations de tout type dans differents quartiers !
L’architecture francaise a presque disparu depuis qu’un grand incendie s’est declaré dans le French Quarter a la fin du XVIIIeme siecle. Ce sont principalement les espagnols, durant une courte periode, qui imposerent leur style, avant que la Nouvelle-Orleans soit retrocédée a la France… puis vendu par Napoleon pour financer la guerre contre les anglais. Ironie de l’histoire, c’est une banque anglaise qui avanca les fonds pour que les USA puisse racheter la Louisiane…
Maison typique du French Quarter decorée aux couleurs du Carnaval (Mardi Gras)
Ici, la fete ne se termine jamais veritablement.
Une rue du French QuarterA gauche, le presbytere, pris depuis le Jackson Square
On se sent incroyablement bien dans cette ville. Il fait 25 degres, un temps impeccable pour errer dans ces ruelles etroites qui rappelle la douceur de vivre a l’europeenne. Les commerces vendent toute l’annee des masques, des colliers de perles, tout pour le Carnaval. La musique, c’est le coeur et le poumon de la ville. Les gens vivent pour ca. Meme un lundi, l’ambiance n’est pas au travail, elle est a la fete.
Les cajuns y sont pour beaucoup dans cette ambiance tellement particuliere.
Les quoi ?
Les Cajuns ou cadiens sont les descendants de francophones europeens, du sud-ouest de la Louisiane, du Quebec, d’Haiti avec les Creoles, ou directement de la France, durant le regime francais.
La population Creole est arrivee la plus en masse dans l’histoire de la Louisiane du sud.
Le francais reste present, malgré le processus d’acculturation mene par les Etats-Unis depuis des annees.
Ce qui n’empeche pas de voir quelques signes d’attachement au passé francais tels que le rythme des festivités et bien sur, son atmosphere.
Le second drapeau en partant de la gauche : celui de la Nouvelle- Orleans (qui reprend les couleurs du drapeau francais avec 3 fleurs de lys d'or, symbole de la royauté)
Le Mississipi, au loin, on peut voir encore un de ces quelques bateaux avec roue a aube, encore en etat de marche
J’aurais tellement voulu reste plus longtemps ici, mais au moment ou je vous ecris, je suis encore a verifier s’il n’y a pas un hostel de libre. Tout est pris d’assaut.
J’y retournerais un jour. Promis.
Finir les Etats-Unis par la Nouvelle-Orleans, c’etait vraiment finir en beauté !
Je quitte le French Quarter de la Nouvelle-Orleans a pied jusqua l’hotel pour recuperer mon sac a dos. Direction la gare routiere.
On s’attache tres vite a cette ville et sincerement, elle est tres difficile a quitter.
Retour a Baton Rouge, puis depart a nouveau pour Lafayette. Baton Rouge, Lafayette, les francais sont passés par la…
Je pars en direction du Texas.
15 mars 2011
En plein milieu de la nuit, j’arrive a Houston, puis je prends un car quasiment remplis de mexicains, en direction du sud. Je vois le decor sud-texan evoluer et tourner lentement vers une architecture et un caractere nettement plus hispanique, bien avant la frontiere.
A Los Angeles, je me souviens avoir dit que les inscriptions dans les services publics etaient traduits systematiquement en espagnol. En fait, j’ai vu ca partout aux USA.
J’arrive a Mc Allen, encore bien loin de la frontiere ; et deja, partout dans le hall de la gare routiere, on parle espagnol, et je peine a trouver un anglophone pour savoir ou et quand sera mon prochain car.
La fille me dit que les horaires sur mon ticket sont faux.
Je paye 3 dollars pour le prochain car qui m’amenera a la frontiere.
J’arrive a Reynosa, la frontiere americano-mexicaine. Des immenses grillages ont été dressés de part et d’autre du fleuve Rio Grande. Le car s’arrete a la douane pour une fouille des bagages. Fouille pas tres approfondie pour les mexicains ; pour moi, encore moins, ils me laissent passer sans rien regarder, et sans meme un coup de tampon sur mon passeport.
La car roule toute l’apres-midi et toute la nuit.
16 Mars 2011
Perdu dans un sommeil profond, le chauffeur me secoue, il n’y a plus personne dans le car : on est arrivé a Mexico. Il est 4h30 du matin et il fait froid la nuit : 11 degres. Je dois remettre le polaire et le manteau. On m’indique on sont les taxis qi me permetront de rejoindre l’hostel que j’ai booké.
Itagnol
Italien, 2eme langue vivante au lycée… voila pour resumer mon niveau en espagnol.
Pour autant, si la personne ne parle pas trop vite, j’arrive a peu pres a comprendre. Les verbes sont plus ou moins les memes, et les chiffres quasiment similaires.
Par contre, la frustration, c’est de ne pouvoir repondre correctement a mon interlocuteur, ou alors dans une langue que je viens de creer, que j’ai baptisé « Itagnol », saupoudré dánglais.
La priorité lorsquón est dans un pays dont on ne parle pas la langue, ce n’est pas d’apprendre : « quel heure est-il ? », « je veux aller a… », « ou sont les mexicaines »… c’est tout d’abord la politesse : mots de courtoisie et sourire, c’est le sésame pour tous les pays du monde. Donc en premier lieu : « ola », « buenas dias », « buenas tardes », « gracias », « muchias gracias, « perdon », « disculpe », « con permiso »… d’autant plus que les mexicains sont plutot a cheval sur la politesse.
Le trajet en taxi me rapelle la 1ere nuit ou je suis arrivé a Delhi. C’etait a la meme heure, je voyais flou, et le chauffeur traversait les avenues a tout vitesse, comme maintenant.
Il faut toujours avoir un peu de monnaie pour un pourboire lorsqu’un assistant place ton sac dans la soute, ou lorsque le chauffeur de taxi le sort du coffre pour te le mettre sur le dos. Une petite piece, pas plus.
J’arrive devant l’hostel. Il est fermé. Je frappe a la porte. Pas de reponse.
Bon, c’est vrai qu’il est tot, mais generalement, c’est ouvert 24h/24. J’ai reperé une epicerie qui vient juste d’ouvrir dans cette nuit noire. Donuts et café. J’en profite pour demander, dans un itagnol impeccable, a quelle heure ouvre l’hostel. 8h… et il est 5h.
Il n’y a plus qu’a se poser sur un banc avec mon café, mes donuts et mon bouquin sur « comment-maitriser-parfaitement-l’espagnol-entre-5h-et-8h-du-matin-sur-un-banc-public » : « je cherche », « je veux », « je voudrais », « je ne comprends pas », « je suis francais » (gorgée de café), « combien », « quand », « pourquoi », « ou est-ce que je peux trouver », (j’attaque mon 2eme donuts), « haut », « bas », « gauche », « droite », « celui-ci », « celui-la », « ici », « la-bas », « rue », « avenue » (il me faut un 3eme donuts), « aller », « regarder », « pouvoir », quelques adverbes et surtout, le meilleur : « je suis perdu »… Pour le passé composé, on verra plus tard.
La place de la cathedrale etait calme, on se serait presque endormi si il ne faisait pas aussi froid.
La porte s’ouvre enfin. Je vois sur le comptoir qu’un tour guidé (et anglophone) en petit groupe est proposé.
Depart a 9h. Bon, je dormirais plus tard. C’est une bonne maniere de tater le terrain plutot que de rester 3 jours dans le meme quartier. Je vous dirais bientot pourquoi.
Le mini-bus part en direction de Tlatelolco, une cité antique minuscule située en plein coeur de Mexico.
Mexico, une des plus vieilles ville du monde, et la 3eme en population.
Fondée en 1325 par les Azteques, elle fut d’abord entourée par un lac que les Conquistadores espagnols assecherent au fil des siecles. Ils construisirent parallelement leur batiment en prenant soin de detruire chaque temple azteque pour y placer, au meme endroit, une eglise dans le style hispanique.
D’ailleurs, beaucoup d’azteques furent convertis de force.
Aujourd’hui, la ville de Mexico fait environ 1500 km2. En gros, on peut rouler d’un bout a l’autre durant une quarantaine de kilometres.
Nous partons ensuite dans un « complexe » d’eglises plus ou moins recentes vraiment remarquables.
Preuve a l’appui, en video…
Mais la ou nous passons le plus de temps est a 1h de Mexico, avec les temples de Teotihuacan. Et la chaleur arrive : plus de 30 degres.
Avant cela, nous mangeons dans une « cuisine mexicaine » quelques plats traditionnels pour un prix derisoire. Ca fait vraiment plaisir d’avoir des fruits et des legumes comme repas, je faisais une overdose des burgers americains.
Nous partons a pied pour le site historique.
C’est apres l’ascension du Temple de la Lune que je decide de m’ecarter du groupe pour quelque chose qui arrive tous les 16 du mois :
7 mois !
Bah oui, j’allais quand meme pas oublier. Celui que l’on voit au loin, c’est le Temple de la Lune. Le 2eme plus gros apres, apres ? apres ?
Le Temple du Soleil bien sur...
Dommage (et non), la partie haute etait en renovation…
Ainsi que la plupart des autres temples
L’origine de la fondation de Teotihuacan est assez mysterieuse car on retrouve des zones de construction successives d’aspect tolteques, mayas, zapoteque et mixteques… (rien a voir avec les bretons).
Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’elle a été durant des siecles, la plus grande ville de toute l’Amerique pré-colombienne (avant la decouverte de l’Amerique par les europeens) avec 200000 habitants, étendue sur 30km2.
Une autre photo du Temple de la Lune
Une longue allée centrale, qu’on appelle « l’Allée des morts », bordés par ces petits temples, separe les 2 grands. Je n’ai pas de photos d’ensemble, mais le site est immense. 68 temples n’ont pas encore été debrouissaillé. Teotihuacan est classé au Patrimoine de l’Unesco, et ca vaut vraiment le detour.
Par contre, alimentation nouvelle, chaleur, manque de sommeil et c’est parti pour une bonne tourista, qui m’amene directement dans les chiottes, a l’autre bout du site. Il n’y a pas vraiment de facon d’eviter ce genre de désagrement. Il faut toujours un temps pour s’acclimater.
De retour sur le site, je ne trouve plus mon groupe. Je rejoins alors l’une des 5 portes par laquelle nous etions entré. Pas de mini-bus.
Je trouve une flic a l’entrée. C’est le moment de restituer ce que j’ai appris : « Estoy perdido » (je suis perdu), puis j’ajoute quelques mots d’italiens. C’est bon, l’essentiel est compris. Elle empoigne son talkie-walkie. Le mini-bus viendra me chercher 15 min plus tard.
Retour a Mexico. Je longe a nouveau ces kilometres de quartiers pauvres. Les maisons sont faites de parpaings grisatres. Arrivé dans le coeur de la ville, il fait presque nuit et l’ambiance me rappelle un peu Palerme, avec la meme agitation. Aujourd’hui, c’etait la journee culturelle. Les 2 prochains jours seront consacrés a la realisation d’un vieux projet.
17 Mars 2011
Je l’avais en tete depuis des mois : rejoindre Panama depuis Mexico a vélo. J’ai passé beaucoup de temps aux USA dans les cars. Je voudrais, pour un temps, changer de mode de transport et adopter un autre style de voyage,.
Hier soir, le guide m’avait conseillé d’aller faire un tour a San Pablo, le meilleur endroit, dit-il, pour trouver un vélo. Il m’a par ailleurs mis en garde en me disant de ne pas y aller seul, et de s’y rendre avec un ami mexicain, car le quartier n’est pas sur… J’ai pas franchement d’ami mexicain, donc on va y aller tout seul comme un grand.
Je prends une sorte de tuk-tuk ou de rickshaw mexicain pour me rendre a l’Avenidad San Pablo.
En fait, il n’y a pas vraiment de quoi avoir peur, c’est simplement le quartier des prostituées. Elles ne mordent pas que je sache… (a part si on en fait la demande).
Beaucoup de gens et surtout un nombre pas croyable de commerces en tout genre ; et spécialement des boutiques de vélos. Agreablement surpris, je n’imaginais pas que les mexicains etaient autant « branchés » 2-roues-non-motorisées. Ca va de la simple bicyclette au VTT tuning. Une foule d’accessoires en prime a des prix imbattables.
Ce que je cherche (a part un vélo bien sur), c’est une remorque capable d’accueillir mon gros sac a dos.
Et c’est bien la le probleme, personne n’en vend. Je reflechis en meme temps que j’erre dans cette longue avenue. Comment transporter mon sac sans remorque. Il est toujours possible de confectionner un plateau a l’arriere en ajoutant quelques sandoves pour maintenir le tout ; mais je suis quelque peu dubitatif sur la viabilité de cette idée. Trop compliqué a faire et j’ai peur qu’au final, le sac ne bascule a la moindre bosse.
Ou alors, une cagette en plastique… Non… pas assez large sur les cotés.
Finalement, je trouve. A force d’en voir, l’idée me traverse l’esprit doucement. J’en rie, au début. Puis je me dis : « Et pourquoi pas, c’est concu pour etre a l’arriere d’un vélo, ca aura simplement une autre fonction… ».
C’est ca qu’il me faut : un siege-bébé !
Le dossier est suffisamment élevé pour que mon sac se maintienne en hauteur, et suffisamment incurvé pour qu’il ne bascule pas sur les cotés. En plus, ca s’adapte sur quasiment tous les vélos.
Mon sac a dos, je le connais par coeur. Meme sans l’avoir pris avec moi, je connais ses dimensions. Et en voyant ce siege-bébé juste en face de moi, il ne me faudra pas longtemps pour me dire : « c’est celui-ci qu’il me faut pour mon gros bébé de 24 kgs ».
198 pesos. A peine 11 euros, pourquoi s’en priver.
Plans du Mexique et de Mexico, gants de vélo, butagaz, poncho imperméable, briquet, boussole, sandoves, guide de traduction… Aux Etats-Unis, j’aurais mis un temps pas croyable pour trouver tous ces articles. A Mexico, c’est simple, on trouve tout, pour pas cher et jamais tres loin de chez soi.
Le centre de Mexico est un quartier plutot bien entretenu. Pas de manque d’education, tout le monde jette ses dechets a la poubelle, on s’affaire a nettoyer les sols et les vitrines de sa boutique, d’effacer les tags sur ses murs, de bien présenter son magasin. Pas de négociations possible et c’est tant mieux.
Cette multitude de petits magasins donne l’impression que chacun possede son commerce, ce qui a pour avantage de faire fortement baisser les prix, meme en plein centre.
La police est omniprésente devant les bijouteries, les banques. Armés de fusils a pompe, d’uzi et meme de fusils d’assaut. La ville est bruyante mais les klaxons sont beaucoup plus discrets que dans certains pays d’Asie. A peu pres comme en Italie, ca reste vivable de marcher dans la rue.
Il me manque encore quelques articles (et le principal) mais c’est tout pour aujourd’hui.
Je retourne a l’hostel, articles et siege-bébé en main.
La place principale coté droitEt coté gauche. La grande place se situe derriere la cathedrale
18 Mars 2011
Et c’est reparti pour une journee complete a denicher les quelques articles manquants. Le mieux, c’est de trouver tous les accesoires qu’il me faut avant d’acheter un velo (que je devrais trainer par la suite dans chaque commerces).
Je prends le taxi, siege-bébé en main. Le chauffeur parle vite. C’est dur a suivre.
Accessoires de reparation, roues de secours, cadenas, je crois avoir presque tout.
C’est le moment d’acheter un vélo. Et j’en trouve un. Il est possible de fixer le siege-bébé a l’arriere du vélo mais j’ai oublié un accessoire a l’hostel. Pas le choix, je dois rentrer juste pour une piece metallique indispensable, qu’aucun commerce ne possedait. Petit passage dans une boutique de sport pour essayer un short rembouré special VTT, puis j’achete aussi un petit sac a dos d’appoint avant de retourner a San Pablo.
Tous ces allers-retours me font perdre du temps, mais ca y est, il est 16h, je suis de nouveau a San Pablo, le siege-bébé est fixé, et j’ai officiellement tout ce qu’il me faut pour quiter Mexico. Je retourne a l’hostel a vélo tout en testant mon nouvel achat.
Un dernier passage a l’épicerie du coin pour pouvoir faire cuire quelques aliments le 1er soir. Si il y a quelque chose qui remonte le moral lorsqu’on est seul au milieu de nulle part, c’est bien de savoir qu’un bon repas, au fond de ton sac, n’attend plus que d’etre cuisiné. C’est un tres bon reconfort, je le sais d’experience.
Il me faut encore une chose, mais c’est une surprise, je tiens a prendre en photo mon vélo uniquement lorsqu’il sera entierement terminé.
Voila, tout est pret. Mon vélo dort tranquillement dans le compartiment a bagage fermé de l’hostel pendant que je vous ecris tout ce qui s’est passé depuis mon depart de la Nouvelle-Orleans.
Nouveau pays, nouveau défi.
Vous connaissez pour une fois ma prochaine destination, mais il va se passer quelques semaines avant de l’atteindre.
A partir de demain, on va vivre au jour le jour durant quelques temps, et je l’espere, jusqu’a Panama city, ma ville d’arrivée. On verra bien jusqu’ou j’irais.
Mélange d’impatience et d’anxiété : ca me rappelle le jour de mon depart…